Capturer le CO2 (2) : tourner les ventilos

En parallèle à la reforestation abordée hier, la capture mécanique du CO2 m’apparaît également comme un traitement d’urgence. La technologie avance rapidement et la valorisation du gaz offre des perspectives économiques.

 

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Les aspirateurs à CO2 feront peut-être demain partie de nos paysages. Diverses installations pilotes fonctionnent. En Islande le CO2 capturé est enfoui dans les roches. Efficace mais gourmand en eau.

En Italie il est transformé en méthane et revendu en concurrence des importations de gaz.

Aux États-Unis la société Carboengineering a récemment développé un procédé de capture moins coûteux que les systèmes en vigueur jusqu’alors. Cette technologie permet ensuite de transformer le CO2 en essence pour voitures à très bas taux de carbone. Ce carburant propre est compatible avec les moteurs existants. La capture du CO2 atmosphérique peut donc en partie se financer elle-même.

La firme fabrique des installations individuelles, collectives et industrielles. Ses responsables évaluent que 19’000 unités du type de leur installation pilote (vidéo en fin de billet) permettraient un bilan carbone maîtrisé.

Il faut encore créer des unités plus performantes afin d’en réduire le nombre et le coût.

 

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Il serait également utile de faire un test grandeur nature sur plusieurs années, avec une centaines d’installations réparties dans des régions et des climats différents, afin de tester la fiabilité de la technologie.

Toutefois tant ces hélices géantes que la multiplication des arbres doivent être pensées sur la durée. Une priorité est de ne pas déclencher de refroidissement climatique par un possible mécanisme de rétroaction encore inconnu ou par un emballement à l'envers.

Il faut garder à l’esprit que les températures moyennes ont été à la baisse sur un temps long de plusieurs siècles et millénaires (image 2, lecture inversée – le présent à gauche). Elles tendent à baisser en fait depuis le début de cette période interglaciaire, avec quelques variations haussières. Elles remontent un peu – heureusement! – depuis la fin du petit âge glaciaire.

Rappelons-nous qu’en 1975 Newsweek publiait un article intitulé The cooling world (le refroidissement planétaire), et que Times faisait sa une en janvier 1977 avec The Big Freeze (image 3). Les températures baissaient depuis 20 ans.

 

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Malgré une augmentation régulière do CO2 elles sont aujourd’hui quasiment stationnaires (ou en hausse très minime selon la présentation des données) depuis les années 2000, à part une montée temporaire due au puissant El Niño de 2015-2016.

En image 4, la tendance réelle mesurée par ballons sondes et par les satellites (en bleu et vert) s’éloigne de plus en plus des modèles du Giec obtenus par des simulations informatiques (en rouge).

La différence entre la réalité inventée par les modèles et la réalité mesurée est de 0,6° Six dixièmes de degrés c’est beaucoup. Beaucoup trop.

L’aspirateur à CO2 et la reforestation font partie des moyens recommandés par le Giec. Pourtant ce ne sont pas ceux dont on parle le plus. Politiques et écolos privilégient, me semble-t-il, les taxes et interdits de toutes sortes. Pourquoi pas les grands aspiros?

J’ai mon hypothèse. Comme le suggérait un commentateur sous mon précédent billet, ce n’est pas rentable électoralement.

 

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Une solution trop simple et relativement rapide, qui ne repose pas sur la peur, qui donne un espoir fondé,  ne mobilise pas des régiments de sauveurs prêts à s’encarter.

Les apocalyptiques misent sur la peur pour garder une pression et un pouvoir sur la société. La peur et la culpabilité empêchent de réfléchir à la globalité des questions et soumettent les populations.

Ils veulent également changer l’Homme, ses comportements, ses avidités, ses structures sociales, la gestion de ses besoins. Son mode de vie en somme. Une nouvelle morale, celle du salut de la planète, associe une dimension confusément spirituelle et la politique.

Se prévalant de la science, disant le bien et le mal dans la société et dans les âmes, l’écologisme est peut-être plus occupé à imposer son agenda et sa vision mystico-politique qu’à réellement « sauver la planète », selon sa propre terminologie.

Il me semble, de plus en plus, que l’écologisme, l’apocalypse annoncée et tous les maux qui sont supposés s’abattre sur une planète supposée moribonde, ont beaucoup plus à voir avec une doctrine politique qu’avec le climat.

Le « salut » de la Terre n’est pas un thème initialement neutre.

 

 

 

 

 

Catégories : Environnement-Climat, Politique 0 commentaire Lien permanent

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