Discrimination : le monde à l’envers ou l’écharpe de Sue

Lu ce matin une chronique du Journal de Montréal signée Richard Martineau. Un esprit impertinent et très pertinent à la fois. Il commente l’action d’éclat de Madame la Maire d’un arrondissement de Montréal, Sue Montgomery.

 

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Qu’a-t-elle fait? Elle a tricoté une écharpe pendant les débats du Conseil Municipal. Avec de la laine rouge quand les hommes parlaient et verte quand c’étaient les femmes. Devinez: à la fin il y avait plus de rouge que de vert.

Je trouve l’idée amusante et joliment décalée, même s’il n’est pas précisé qu’il y a autour d’elle davantage d’élus de sexe masculin que d’élues femmes. Mais son écharpe n’est pas de la science, c’est de la communication. Elle symbolise la tentation victimaire, le serpent (de mer) de la discrimination.

Madame Montgomery déclare avoir ainsi démontré le sexisme en politique, où les femmes n’auraient pas assez la parole. Elle ajoute doctement:

« Les hommes s’écoutent parler, alors que les femmes sont concises et vont droit au but ».

Mais alors, pourquoi se plaindre? Il lui suffit d’être moins concise et de parler plus longuement. Elle fait ici une différenciation dénigrante et généralisée selon le sexe. C’est exactement le socle du sexisme. Bon, rien de nouveau: le féminisme est, globalement, une idéologie sexiste.

On pourrait toutefois renverser l’intention exprimée par cette phrase et lui faire dire le contraire: Les hommes s’écoutent parler (parce qu’ils réfléchissent en même temps). Les femmes sont concises et vont droit au but (parce qu’elles n’ont pas grand chose à dire). Et paf! Je blague bien sûr.

Mais imaginons maintenant qu’un mâle dise d’une femelle élue: elle passe son temps sur son portable ou à se regarder les ongles. Cela vaut bien le les hommes s’écoutent parler.

 

 

montreal,sue montgomery,sexisme,écharpe,hommes,femmes,discriminationRenversé

Le premier aurait fait l’objet d’une pétition mondiale lancée par une actrice millionnaire contre ce symbole de la «domination masculine». La seconde passe presque pour normale. 

Valérie Plante, mairesse de Montréal, a enclenché automatiquement la solidarité de sexe: « C’est intéressant qu’elle passe par une démarche artistique ». Ah. Bien. Si c’est de l’art…

Enfin, c’est de l’art ou du cochon. Car combattre prétendument le sexisme par un nouveau sexisme, le compte n’y est pas. C’est comme les tout-inclusifs: ils n’incluent jamais leurs adversaires politiques ou les artistes qui ne sont pas de leur avis.

Le monde ne change pas, il se renverse. Le mythe d’un nouveau monde, d’une nouvelle société, d’une nouvelle humanité, se révèle être un simple rapport de force avec ses clivages automatisés, ses rigidités intellectuelles, ses nouveaux tabous et ses nouveaux maîtres.

Richard Martineau décrit ce monde renversé dans un raccourci non dénué de pertinence, en particulier au Québec:

« Les antiracistes sont obsédés par la race, les féministes défendent le port du voile, les antifascistes adoptent des méthodes fascistes, les adeptes de la diversité sont pour la pensée unique, les femmes luttent contre le sexisme en disant que les hommes sont des porcs et les gais s’allient avec des fondamentalistes religieux qui considèrent que l’homosexualité est une maladie mentale. »

À force de manger sa queue, le serpent se prend la tête…

 

 

 

Catégories : Féminisme, Humour, Politique, société 2 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • "les gais s’allient avec des fondamentalistes religieux" et les mots roses avec les athées ? ;-)))

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