Saga du climat (2) : Antarctica, chaud effroi

Le continent Antarctique est couvert de glace sur plusieurs milliers de mètres. Il a ceci de particulier qu’il continue à se refroidir. Ou à se réchauffer, semant l’effroi dans les rédactions. Ou les deux. Remontons le temps.

 

froid,réchauffement,antarctique,fonte glaces,volcans2019: six fois plus que prévu

La plus récente annonce à propos du continent blanc est que la glace fond beaucoup plus rapidement que prévu:

« L’Antarctique aurait en effet observé une perte de masse de glace annuelle multipliée par six entre 1979 et 2017. Plus précisément, l’Antarctique a perdu 40 milliards de tonnes de glace fondante dans l’océan chaque année de 1979 à 1989. Et ce chiffre est passé à 252 milliards de tonnes chaque année à partir de 2009 jusqu’en 2017. »

La région ouest et la péninsule antarctique étaient habituellement les plus chauds. Cependant:

« Il est ressorti de ces données – outre le fait de constater une perte de glace accélérée – que l’Est de l’Antarctique était particulièrement impacté. Jusqu’à présent, seule la partie Ouest semblait inquiéter les chercheurs. Aujourd’hui, c’est donc tout un continent qui est concerné. »

 

 

2018: Accélération monstre de la fonte des glaces

Dans la Tribune de Genève du 14 juin 2018, même annonce alarmiste mais chiffres différents:

« Avant 2012, le continent blanc situé au pôle Sud perdait environ 76 milliards de tonnes de glace annuellement… (…) Depuis cette date, ce chiffre a bondi à 219 milliards de tonnes par an. »

Attendu qu’il serait moralement indéfendable de jouer un chiffre plutôt qu’un autre à pile ou face, on doit en rester au constat suivant: pour la même région et la même période, les données sont différentes d’une équipe de recherche à l’autre. Qui demande pourquoi sera exilé sur Mars.

 

 

froid,réchauffement,antarctique,fonte glaces,volcans2018: record absolu de froid

L’Antarctique ne semble pas prêt à se réchauffer. Le dernier record de froid en 2018 date de 2018: - 98 degrés Celsius!

« Cette température extrême a été enregistrée sur la calotte glaciaire du milieu de l’Antarctique au cours d’un long hiver polaire. La découverte a été publiée cette semaine dans la revue Geophysical Research Letters. Les scientifiques pensent qu’il s’agit de la température la plus basse que nous pouvons rencontrer dans notre zone du système solaire. À cet endroit, nous sommes si proche de la limite de la Terre que cette température aurait pu être relevée sur une autre planète », a indiqué Ted Scambos, auteur principal de l’étude et chercheur au National Snow and Ice Data Center de l’Université du Colorado. » 

 

 

2016: une partie de l’Antarctique se refroidit à nouveau

Dans le Nouvel Obs du 20 juillet 2016:

« La péninsule antarctique, l’une des régions du monde où le réchauffement climatique était le plus rapide au siècle dernier, connaît depuis le tournant du millénaire un refroidissement dû à des phénomènes météorologiques locaux, écrivent des chercheurs dont les travaux ont été dévoilés mercredi. Depuis 1998 environ, les températures y ont baissé à un rythme d'à peu près 0,5 degrés Celsius par décennie, soit le même que celui de la hausse observée entre le début des années 1950 et cette date. » 

Des phénomènes locaux sur la péninsule antarctique c’est comme une zone pluvieuses sur l’Espagne: ce n’est pas très significatif. Cette péninsule pointe vers le nord et est entourée d’eau, il est donc normal qu’elle soit un peu plus chaude que le reste du continent.

C’est dans l’ouest que l’on a repéré des volcans sous-marins, dont un au moins a été récemment en activité en 2004: le Jun Jaegyu. Que sait-on de la chaleur qu’il a dégagée? 

En plus des volcans déjà connus 91 autres ont été récemment découverts. Et l’on sait aujourd’hui que les volcans sous-marins peuvent être explosifs, malgré la pression de la colonne d’eau, et déverser lave et vapeurs brûlantes à plus de 3'000 degrés.

 

 

froid,réchauffement,antarctique,fonte glaces,volcans2015: à l’ouest

Encore d’autres chiffres dans cet article de Mediapart:

« De 1994 à 2003, cette perte était globalement négligeable : environ 25 kilomètres cubes par an (avec une marge d’erreur de 64 km3). Mais de 2003 à 2012, la situation change spectaculairement : la perte de glace sur l’ensemble du continent atteint en moyenne 310 km3 par an (plus ou moins 74 km3). »

250 milliards de tonnes, 219 milliards, ou 23 mille milliards de tonnes, qui dit vrai? Une marge d’erreur presque trois fois supérieure (64 km3) au résultat (25 km3). Une marge d’erreur ne doit-elle pas être plus petite que le résultat qu’elle nuance? D’autre part une marge d’erreur est entre plus et moins. À moins 64 km3 de marge, pour un résultat de 25 km3, la perte est négative: c’est donc un gain de 39 km3 certaines années. Où est-il comptabilisé?

Et pourquoi, pour le même lieu et sensiblement les mêmes années, les uns parlent de 219 milliards et les autres de 23’000 (23 mille!) milliards? Une variation de 1 à 100 entre les chiffres d’études sur le même sujet est-elle crédible?

Image 3: carte montrant les pertes d'épaisseur des barrières de glace de l'Antarctique (en rouge) et les gains (en bleu) de 1994 à 2012 © Paolo et al./Science

 

 

2015: selon la Nasa l’Antarctique gagne plus de glace qu’elle n’en perd

Relayé par France24:

« … la masse totale de glace aurait augmenté grâce à une accumulation continue de neige depuis 10 000 ans. Cet enneigement serait plus important que les pertes dues à la fonte des glaciers. »

En 2017 le Groenland a également repris de la masse.

 

 

froid,réchauffement,antarctique,fonte glaces,volcans2012: l’Antarctique se réchauffe deux fois plus vite que prévu

Il paraît, mais comment en être certain?

« L’Antarctique occidental est l’une des régions du monde dont le climat évolue le plus vite. Et selon une étude, publiée dans la revue Nature Geoscience, sa couverture de glace se réchaufferait deux fois plus rapidement que ce que les scientifiques pensaient. »

La fonte des glaces concerne en particulier les ice shelf, ces plateaux de glace issus de la fonte en amont et qui ne sont pas des banquises. Ils reposent néanmoins sur l’eau à la merci du moindre courant un peu plus chaud qui peut les ramollir. Ils fondent par le dessous, pas par l’air. L’image 4 illustre la topographie du continent en coupe transversale.

 

 

Encore une fois ce n’est qu’un petit aperçu de la variabilité des informations.

À la lecture de chiffres et études aussi disparates je me demande si nous avons le recul suffisant pour évaluer correctement la réalité. En l’état je ne peux souscrire à une théorie (le réchauffement anthropique) qui s’appuie sur des données aussi contradictoires.

L’île de la Déception propose des sources chaudes avec une mer à 30°, en pleine région polaire. La piste volcanique, mais aussi celle des courants profonds et de surface, est à étudier, entre autres. Et plutôt que de crier au secours chaque fois qu’un grand iceberg se détache (ce qui est normal quelle que soit sa taille), on devrait creuser dans les cycles qui rythment la vie des glaces du sud.

 

 

À suivre.

 

 

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