10 février 2019

Sentir frais

Voici une expression à sens multiples bien sympathique. On l’utilise pour désigner  une sensation de fraîcheur, liée à la peau donc au toucher. Elle désigne aussi une sorte de parfum et concerne alors l’odorat.


frais-01.jpgOn dit parfois: sentir frais, ça sent frais, sans l’article. Pour simplifier. Je l’ai mis ainsi en titre, je trouvais plus joli. Plus frais.

On peut imaginer un visage souriant, qui respire un linge sur un fond de ciel bleu. On entend presque la réplique: « Hummm, ça sent frais. »

La voix est douce. L’expression du visage retourne à l’enfance, au bonheur. Le regard vient vers la caméra. On devine dans l’oeil une flèche argentée dirigée droit vers vous, potentiel client ou cliente.

Sentir le frais, donc, est associé au froid. Le froid est léger, léger et pénétrant, une odeur sans couleur. Une présence claire.

Le chaud est lourd. C’est un envahisseur. Sauf au premier vent de sud, au printemps. Mais dès avril il envoie le soleil cogner à votre visage.

Dans certains cas, frais veut aussi dire: récent. Par exemple un produit peut être frais. Il sent le frais. Mais un poisson frais, sent-il vraiment le frais? Je trouve qu’il sent fort le poisson, et je dirais que c’est frais uniquement en comparant mentalement avec ce que serait l’odeur d’un poisson avarié.

frais-02.jpgAlors j’imagine un pécheur au bord du fleuve Niger. Je lui demande: « Il est frais ton poisson? » Il me répond: « Comment veux-tu qu’il ne soit pas frais, je viens de le pêcher? » « Et si ce n’est  toi qui le pêches, comment sais-tu? » Il répond: « À l’odeur. »

Ici le froid n’a rien à voir. Un poisson peut être frais dans un pays chaud.

Frais c’est aussi: vif, comme les couleurs d’une robe légère. Parfois frais désigne un comportement agréable, une manière légère.

Et un coup de vent pour les marins:

« Avis de grand frais au large d’Ouessant! »

Les marins sont alertés par radio. Le vent atteint la force 7 sur l’échelle de Beaufort. Si les hommes sont en mer, les femmes scrutent le ciel avec inquiétude.



 

 

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Commentaires

Voilà qui nous rafraîchit agréablement, même poétiquement , pas comme la bise, qui "nous les gèle".

Écrit par : Mère-Grand | 11 février 2019

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Quel joli billet HL. Merci.

Le vert clair est frais ou nous le ressentons ainsi. Peut-on imaginer un brun-noir ou un rouge frais?
En poésie nous avons, je cite de mémoire, le frais cresson bleu du Dormeur de val, Rimbaud, l'homme des couleurs...

Bonne journée, soleil pâle ici et oui, il fait délicieusement frais.

Écrit par : Colette | 11 février 2019

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Etre frais, en parler populaire, sinon argotique signifie également par antiphrase être dans la m… (en parler vulgaire, comme il est écrit dans les dicos). Rien d'une senteur de fleurs des prés... Curieuse et passionnante langue que le français et la richesse de ses subtilités.
Bonne fin d'après-midi, John, fraîche et tonique...

Écrit par : Gislebert | 11 février 2019

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En effet Gislebert.

Frais se dit aussi quand on est reposé et en forme. C'est encore une autre référence.

À peu de frais nous partageons la richesse de la langue.
:-)

Écrit par : hommelibre | 11 février 2019

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C’est fresh ;)

Écrit par : Frieda | 11 février 2019

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Et cool

Écrit par : Calendula | 12 février 2019

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"Les marins sont alertés par radio. Le vent atteint la force 7 sur l’échelle de Beaufort. Si les hommes sont en mer, les femmes scrutent le ciel avec inquiétude."

Eh oui, le vent fraîchit ! Pas le moment pour l'équipage de mollir en attendant que le vent, lui, veuille bien...mollir !

Frais, oui, bien sûr, c'est bien ! Mais fraîchement, ce n'est pas toujours bien. Être accueilli fraîchement ne milite pas en faveur de votre poésie.

Le chaud est lourd ? Pas toujours. Votre texte m'a fait chaud au coeur...et je ne l'ai pas trouvé lourd.

Écrit par : Michel Sommer | 12 février 2019

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Mais qui va faire les frais de tout ça ? Juste un peu de Lacan pour f..tre la m....

Écrit par : Géo | 12 février 2019

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Géo lacanien ? Mais bien sûr, c'est l'évidence, moi qui le croyait en orbite dans la fachosphère, propulsé par un ukase macherelien sur un blog voisin… Ainsi s’expliquent les apparentes incohérences dénoncées par cet intervenant rigoriste, Lacan ayant renié tous ses concepts initiaux et leurs contraires tout au long de sa vie.

Écrit par : Gislebert | 12 février 2019

corr. : ...moi qui le croyaiS, vais faire allumer pour l'orthographe par les gardiens du temple...

Écrit par : Gislebert | 12 février 2019

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On dit également qu'il fait frisquet ou que cela "caille"!

Un bon bol d'air frais attendu.

Merci pour cet article revigorant… ragaillardissant et bonjour aux gars de la Rochelle!

D hisse… matelot...

Écrit par : eMyriam Belakovsky | 12 février 2019

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Moi c'est l'arrangement végétal dans la colonne à droite (sous la Celtic Woman...)que je trouve rafraîchissant.

Quoique la Celtic Woman ... je prend aussi pour l'évocation comme un vent frais dans de vieillissantes artères.

Écrit par : aoki | 12 février 2019

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:-)
:-)
:-)

Votre plaisir me fait plaisir!

Écrit par : hommelibre | 12 février 2019

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Aoki, j'ai choisi les Celtic Women pour la fraîcheur de la musique et du décor, et pour les robes.

L'arrangement végétal est parfaitement délicieux, n'est-il pas?¿?

:-D

Écrit par : hommelibre | 12 février 2019

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J'espère que vous n'avez pas manqué "Dans la tête d'un macho", du frangin de la pasionaria nationaliste italienne Ada Marra (lui s'appelle Luigi).
On y voit au début de l'émission une "théoricienne du genre" qui vient de l'université de cette cité interlope qui se cache sous les jupons de Mama Helvetia et qui se complait à foutre le maximum de bigntz dans la Confédération, Piogre.
La dame, Caroline Dayer, nous donne une définition du sexisme à faire pâlir tous les sbires du Dr Goebbels dans le genre mauvaise foi assumée : "le sexisme consiste à différencier les sexes et prétendre que le sexe masculin est supérieur." ou qqch dans le genre. Voir au début :
https://programmes.rts.ch/#/schedules/2019-02-13

Écrit par : Géo | 14 février 2019

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Je n’ai pas vu. Merci pour avoir mis le lien. Je viens de regarder le début. Je cntinuerai plus tard pour la suite.

Le reportage à New York en début est un très mauvais choix. Il y a un sérieux soupçon de racisme!

http://www.slate.fr/story/94075/harcelement-de-rue-racisme

Je l’avais d’ailleurs démonté en deux billets:

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2014/10/30/harcelement-de-rue-a-new-york-gros-coup-de-pub-261252.html


http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2014/10/31/harcelement-sexuel-a-new-york-un-autre-son-de-cloche-261308.html

Écrit par : hommelibre | 14 février 2019

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