14 novembre 2018

Incendies en Californie : the lost Paradise

Pas assez entretenues et accablées par l’une de ces grandes sécheresses périodiques qui touchent la région, les forêts de l’État sont en souffrance. 129 millions d’arbres morts sont prêts à brûler. 129 millions: l’information date de décembre 2017. Elle émane du Département de l’agriculture du gouvernement américain (USDA).


californie,incendies,climat,réchauffement,sécheresse,diablo,sierra nevada,noaa,paradisCoupe-coupe

Pour mémoire, les sécheresses et même les méga-sécheresses sont connues en Californie depuis plus de 1’000 ans, selon les paléoclimatologues. Au moins deux études écartent une cause due à la variation climatique haussière actuelle. Le réchauffement ne serait pas la cause de ces sécheresses ni des incendies.

Par contre les conditions régionales particulières sont suffisantes: un anticyclone à demeure détourne les perturbations. Quatre autres éléments régionaux s’ajoutent:

  • des vents chauds et secs surnommés Diablo, qui déboulent des sierras à 100 kmh – et parfois davantage car plus aucune condition modératrice (plans d’eau, végétation verte basse et haute) ne les freine; ce sont ces vents très rapides, porteurs d’un ouragan de feu, qui ont surpris et pris au piège de nombreux habitants;
  • le déficit en eau et la dégradation des terres liés à une exploitation intensive des ressources (voir vidéos en fin de billet);
  • californie,incendies,climat,réchauffement,sécheresse,diablo,sierra nevada,noaa,paradisle manque de soins apporté à la forêt (coupe du bois mort et débroussaillement). En comparaison, la forêt méditerranéenne du sud de la France a connu par le passé d’énormes incendies, souvent meurtriers. Un meilleur nettoyage et une surveillance bien maillée ont réduit fortement et le nombre et la gravité de ces feux;

 

 

Sécheresses

  • le nombre élevé de morts est la conséquence d’une urbanisation qui s’est développée dans des zones à risques pourtant connues.

Ce sont les causes majeures. Elles sont admises par de nombreux acteurs professionnels. Néanmoins certains médias continuent à incriminer le coup de chaud du climat. Le réchauffement produirait plus de sécheresses, et plus longues.

J’ai lu en maints rapports que chaque degré moyen supplémentaire augmente l’humidité de l’atmosphère de 7%. Cela devrait donc produire davantage de précipitations, non seulement en intensité mais en fréquence et durée. Nous devrions voir se produire un effet étuve plus que des sécheresses.

californie,incendies,climat,réchauffement,sécheresse,diablo,sierra nevada,noaa,paradisJe n’explique pas cette contradiction. Sauf si l’on considère que des conditions régionales ou continentales prévalent sur les tendances moyennes globales. Si c’est le cas cela laisse place à de nombreuses variations supplémentaires dans l’interprétation du réchauffement.

Il me semble que depuis deux ou trois ans les experts insistent surtout sur les sécheresses. Pourquoi? Les prédictions passées se heurtent-elles à une complexité climatique bien plus importante qu’on ne le pensait?

 

 

Fait scientifique?

J’ai cependant la désagréable impression que l’idéologie alarmiste s’adapte après coup à la réalité, au cas par cas. S’il pleut plus, ou moins, s’il fait plus froid ici et plus chaud là, c’est toujours à cause du réchauffement.

La Californie est-elle particulièrement sujette à des variations régionales? Oui, pour les raisons citées plus haut. Je reviens cependant sur la question du réchauffement, incriminé dans ces incendies entre autres sur France TV Info:

californie,incendies,climat,réchauffement,sécheresse,diablo,sierra nevada,noaa,paradis« C’est un fait scientifique établi. Les températures ont augmenté en Californie : +3 degrés en un siècle selon l’agence pour l’environnement. Résultat, le taux d’humidité est ici tombé à 4% alors qu’il devrait atteindre plus de 10% au minimum. »

Plus 3 degrés en Californie, alors que les mesures généralement admises mentionnent + 0,8 degrés environ entre 1880 et 2015 (image 2 de la Royal Society)? J’ai vérifié sur le site de la Noaa, l’agence états-unienne pour l’information environnementale. Les images 3 et 4 montrent les températures moyennes en Californie sur plus d’un siècle, en juin-juillet et novembre-décembre.

 

 

Lost paradise

On constate entre 1900 et 2018 au mieux 1,5 degré Celsius. Le pic de température autour de 2016 n’est pas compté: il est la conséquence d’El Niño de 2016, particulièrement intense. La très faible Niña qui lui a succédé n’a pas suffi à rafraîchir l’atmosphère.

En tous cas l’écart de 3° n’est pas confirmé.

californie,incendies,climat,réchauffement,sécheresse,diablo,sierra nevada,noaa,paradisUn détail en passant. L’image 2 montre une courbe en montagnes russes. Le réchauffement semble d’autant plus impressionnant que l’on voit une montée irrésistible. C’est un effet d’image, la courbe étant étalonnée entre -0,5° et +0,7°, soit un intervalle de 1,2 degrés.

Si l’on place cette même courbe sur un graphique proposant un intervalle de 30 degrés, ladite « courbe » est quasiment plate, sans l’effet visuel anxiogène (image 5).

Les forêts brûlent pour se nettoyer et se régénérer. Si l’eau manque à cause d’un usage intensif, s’il y a des habitations placées en zones dangereuses, ce n’est pas dû au climat mais à l’intervention humaine.

Sans obstacle, le vent a ainsi poussé le feu dans la petite ville de Paradise, au nord de Sacramento. Au pied de la Sierra Nevada. 6’700 habitations ont été détruites. C’est devenu une ville fantôme. Un paradis perdu.

Lost Paradise.

 

 

Les récents incendies:

 

 

Le problème de l'eau:

 

 

 

 

 

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13:31 Publié dans Environnement-Climat, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : californie, incendies, climat, réchauffement, sécheresse, diablo, sierra nevada, noaa, paradis | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

On prêche dans le désert crée par les réchauffistes...Est-ce que la teneur en CO2 peut expliquer les températures actuelles selon leur modèle ? J’en doute fortement...

Écrit par : Géo | 14 novembre 2018

Merci pour ce billet très informatif.

Je vois qu'ici, pour nettoyer les sous-bois, on y laisser brouter de plus en plus de moutons, chèvres et parfois ânes. Très efficace.

Pomper l'eau des aquifères est probablement la pire des solutions, un serpent qui se mord la queue. Mais l'écologie n'est pas à l'ordre du jour dans cette partie du monde semble-t-il.
Bonne journée John

Écrit par : Colette | 15 novembre 2018

Les commentaires sont fermés.