04 octobre 2018

Asia Argento avoue et charge

Le feuilleton continue à la tête de MeToo. Les kadors, comme d’habitude, attirent toute la lumière sur eux. Nous étions restés à la menace de plainte pénale d’Asia Argento contre Rose McGowan. Sur ce front-là ça se calme, Rose ayant exprimé des excuses à l’actrice italienne.


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Les excuses portent sur une erreur de date et d’âge de Jimmy Bennett, la victime présumée – disons: l’accusateur. Mais elles ne modifient ni n’invalident les faits allégués: madame Argento aurait eu une relation sexuelle avec un mineur (de 17 ans, mais mineur aux yeux de la loi californienne).

Jusque là elle niait farouchement cette relation. Et pour cause: légalement elle aurait été coupable d’actes sexuels avec un mineur. Or elle a changé de défense depuis trois jours. Désormais elle reconnaît bien une relation sexuelle. Elle ne pouvait sans doute plus faire illusion tant les éléments de preuve divulgués dans la presse étaient probants.

En reconnaissant une relation sexuelle avec Bennett, Asia Argento reconnaît que les accusations contre elle étaient fondées et les preuves indiscutables. Elle ne pouvait plus faire illusion.

Mais comment s’en sortir une fois la relation sexuelle reconnue? Comment peut-elle sauver son honneur, sa carrière, sa parole, et le mouvement MeToo – ou du moins sa place au sein de ce mouvement? Et quel crédit accorder à ses propos au dernier Festival de Cannes? Avec un doigt d’honneur l’actrice-justicière déclarait, dans une sorte de mise au bûcher qui rappelle malheureusement certaines polices du XXe siècle:

« Parmi vous, il y a des gens qui ont eu un comportement indigne envers les femmes. Et nous nous savons qui vous êtes, et nous n’allons pas vous permettre de vivre dans l’impunité. »

Comment s’en sortir?

 

 

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C’est très simple, la méthode féministe  propose la solution: elle était victime de Jimmy Bennett, c’était lui l’agresseur. Selon ce que la presse a reproduit:

« Asia Argento a fermement démenti cette version (ndla: celle de Bennett), expliquant que le jeune homme lui avait demandé de l’aider à préparer une audition.

Il a commencé à m’embrasser et à me toucher, mais pas comme une mère et son enfant comme je le voyais moi, mais comme un garçon aux hormones déchaînées (...). Et cela m’a congelée , a-t-elle raconté. Il m’a dit que c’était un fantasme qu’il avait depuis l’âge de 12 ans (...). Pour lui, j’étais un trophée de chasse, a-t-elle expliqué. »

Deux remarques. Cela m’a congelée: « It wasn’t raped but I was frozen. » Pas violée mais gelée. Frozen, argument imparable même s’il est peu compatible avec le caractère connu de l’actrice. Mais je ne prends pas: si tu ne veux pas tu dis non clairement. Et trophée de chasse, comportement inévitable de l’homme dans le stéréotype courant.

Pour elle c’est simple: il faut criminaliser Bennett, rappeler qu’il est un mec avec son comportement masculin et ses hormones déchaînées. Seule la posture de victime peut permettre à Asia Argento de retrouver son innocence. C’est un cas d’école pour les amateurs de stéréotypes: la femme forcément victime et l’homme forcément agresseur.

J’ai déjà écrit que je ne donne pas de chèque en blanc à Jimmy Bennett. Un jeune homme de 17 ans avec une femme de 37 belle et célèbre, cela doit être tentant. Franchement, en Europe on n’en ferait pas un fromage. Et puis nous pouvons tous commettre des erreurs, Asia Argento aussi, qui ne sont pas forcément des crimes. Mais ce sont les États-Unis, c’est madame Argento, c’est Hollywood, c’est MeToo, c’est l’arroseur arrosé.

Ce qui dérange à propos de madame Argento, ce sont ses changements de version et ses mensonges déjà proférés, c’est l’argent versé à Jimmy Bennett. Cela ne plaide pas pour elle. On a plutôt le sentiment qu’elle a tenté, et tente peut-être encore, de sauver sa peau. Ou de sauver MeToo, bon cheval de bataille pour de futures carrières féministes.

 

 

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Commentaires

Bonjour, je suis tentée de la croire, ce n’est qu’une photo mais on a impression qu’elle est stone ou bourrée et lui prend une photo très content d’avoir réussi à avoir ce qu’il voulait,en préparant son chantage futur, c ´est bien en guise de trophée que la photo est prise.On peut immortaliser un moment intime avec son compagnon “attitré «  on va dire, mais un « plan cul »,c’est bien qu’il y a une idée malsaine de trophée derrière.

Écrit par : Frieda | 04 octobre 2018

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"mais on a impression qu’elle est stone ou bourrée"
C'est malheureusement un type d'excuse (ou de prétexte) utilisé pendant des siècles, surtout dans les pays ou règne le machisme, pour tout excuser, du viol jusqu'au meurtre.
Cela fait un peu moins distingué que "crime d'honneur", utilisé dans d'autres époques surtout, et d'autres cultures également, mais ce n'est guère plus brillant.

Écrit par : Mère-Grand | 04 octobre 2018

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De toute evidence ce "gamin" a vite appris le solfège hollywoodien mais la belle déjantée à elle aussi joué une très vilaine partition. Quoiqu'il en soit le gamin bouillonant et cupide avait 17 ans, il était mineur et aucun argument ne saurait lutter contre. Asia Agento avait sur son jouet le même ascendant que Harvey Weinstein à eu sur le sien. Elle a voulu jouer la passionaria, ce sera son dernier rôle et je n'aurai donc pas une once de compassion à l'égard de cette usurpatrice alors jeune femme arriviste, bouillonnante et cupide.

Écrit par : Giona | 04 octobre 2018

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Si elle est stone ou bourrée, c'est doublement condamnable aux Etats Unis où l'alcool est interdit aux mineurs et évidemment les drogues aussi. C'est elle l'adulte et ils auraient donc consommé ensemble ce qui serait un autre motif d'inculpation la concernant.

Écrit par : ALLINE | 08 octobre 2018

Bonsoir Mère Grand,
En l’occurence, ce serait lui qui aurait abusé d’une femme qui n’aurait pas tout ses moyens.Apres je ne dis pas que j’ai forcément raison, c’ est le fait qu’il ait une photo du moment, qui me fait questionner,
en plus je ne vois pas en quoi,si lui l’a fait, cela implique la totalité des hommes d’être des prédateurs.

Écrit par : Frieda | 04 octobre 2018

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@Frieda
Peut-être que je me suis mal exprimé.
Si elle n'avait pas tous ses moyens parce qu'elle était "stone ou bourrée" elle était, surtout en tant qu'adulte, la première coupable. Etant mineur, c'est, de par la loi et par définition lui qui est le moins responsable de ses actes.
Qu'elle ait recours à cette excuse face à une loi que l'on peut juger idiote en l'occurrence, est de bonne guère, mais elle me rappelle trop le recours qu'en font généralement les hommes dans les pays où "être bourré" fait partie de l'identité masculine.
Quant à votre dernière phrase, elle repose sur un malentendu: je suis moi-même un homme et ne considère nullement qu'ils sont tous prédateurs.

Écrit par : Mère-Grand | 05 octobre 2018

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@ Frieda:

Votre interprétation montre qu'il y en a plusieurs possibles. C'est d'autant plus intéressant d'en discuter.

Alors: est-elle stone et en partie inconsciente, ou consciente et abandonnée au plaisir?
Cette photo laisse les deux versions ouvertes a priori. Laquelle est la bonne? Quelques indices font pencher la balance selon moi.

1. Elle n'a jamais dit avoir été droguée, même dans ses déclarations à charge récentes contre Bennett.
2. Elle n'a pas dit avoir fumé, pris quelque substance de nature à altérer son jugement.
3. Dans ses dernières accusations elle décrit la scène supposée avec précision, ce qui invaliderait un état de conscience fortement altéré.
4. Pourquoi donner de l'argent au jeune homme, pourquoi taire, pourquoi cacher et travestir la vérité, si elle était vraiment victime?

Être "congelée", que je pourrait traduire par "sidérée", ne tient pas pour une femme de 37 ans, de 20 ans plus âgée que son partenaire, forte en gueule, et décrite par le Figaro comme borderline. Ou alors, si elle a pu être incapable de réagir parce que "congelée", alors sa santé pose question et donc ses propos.

Je viens de mettre sous mon billet une autre photo d'eux, de la même série. Ils font un autre selfie. Ce qui est certain quand on voit ces images: il y avait une proximité entre eux, proximité que les corps montrent. Proximité volontaire ou subie? C'est l'objet du débat. Mais la piste indiscutable est la proximité, indépendamment des autres considérations.

L'expression "trophée de chasse" est soigneusement choisie par AA, il fait mouche, vous-même lui accordez du crédit. La puissance des mots est impressionnante: en donnant sa version après de très longues réflexions (mise en place de sa nouvelle stratégie?) elle agit sur nos esprits. Pourtant je ne vois pas d'attitude bravache du garçon, ni d'expression de victoire ou de conquête.

Je n'ai pas de confiance aveugle en lui, mais encore moins en elle. Son propos est malheureusement le type de défense mille fois entendu ou lu sur internet, sans que rien de concret ne la valide.

Écrit par : hommelibre | 05 octobre 2018

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Cette histoire d'Argento!

N'épiloguons pas: il y a deux choses répugnantes dans cette affaire. La première est l’hypocrisie D'Argento en sainte féministe offensée qui s'en prend plein la tête, ce qui est franchement mérité. Et assez drôle.

La deuxième est le chantage (appelons un chat un chat: obtenir de l'argent pour ne pas divulguer une relation qui peut être considérée comme un "détournement de mineur" par la loi alors qu'on est demandeur est assez repoussant)... et beaucoup moins drôle, je dirais même assez dégueulasse.

Les photos et autres selfies, on leur fait dire ce qu'on veut. Les interprétations à posteriori sont multiples, et le choix du moment de leur réalisation souvent hasardeuse.
On ne peut pas se baser sur une prise de vue d'un 125eme de seconde à un moment aléatoire pour déterminer un fait. Ni en déduire une donnée psychologique.

Mon analyse est la suivante: Bennet avait envie de "se faire Argento" pour de simples raisons d'attirance sexuelle (et peut-être de score à son tableau de chasse, mais ça, on n'en sait rien), et inversement.

Je refuse d'aller plus loin: la conclusion que j'en tire, c'est que je n'aurais aucune envie d'avoir l'un des deux protagonistes dans mon cercle d'amis.

Quant au fait de "sortir" (pourquoi dit on "sortir"? "rentrer" me parait plus adéquat) avec une fille/un garçon de 17 ans, je ne jette absolument pas la pierre à Argento. Je serais mal placé pour le faire, et j'avoue qu'entre ma morale personnelle et le code pénal; à ce propos, il y a un hiatus certain. Et à ce jour, bien des années plus tard, personne ne m'a jamais demandé 350000 $ pour atteinte à sa personne.

Je suis chanceux, non?

PDO

Écrit par : PDO | 05 octobre 2018

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Votre raisonnement est intéressant mais un peu machiste...Vous devriez vous intéresser à ce phénomène que sont les cougars, et vous comprendriez que le demande de chair fraîche n'est pas l'apanage des hommes.

Écrit par : ALLINE | 08 octobre 2018

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