24 août 2018

Ariane Dayer en pilotage automatique

La rédactrice en chef du Matin dimanche a livré un édito d’enfer le 19 août en page 2. Devenue temporairement prophétesse dominico-matinale, elle décrit d’une manière rapide le supposé calvaire des femmes dans l’espace public.


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Sous le titre: « Femmes, acte II » la rédactrice rappelle d’abord les manifestations de solidarité, qu’elle juge habituellement rares, suite à l’agression de Genève. Au passage elle chevauche le slogan viral Une attaque contre une est une attaque contre toutes. C’est dans la droite ligne de Je suis Charlie ou de l’évangile: Ce que vous ferez au plus petit d’entre les hommes c’est à moi que vous le ferez.

Sauf que la solidarité n’attire pas les foules: environ deux cents personnes à Genève et un millier entre les quatre manifestations en Suisse – organisées par les Jeunes socialistes.

Il faut croire que l’écrasante majorité des femmes en Suisse ne voit pas dans cette agression une preuve d’une supposée violence faite aux femmes de manière spécifique, délibérée, méchante, dominatrice, et de tout ce qui va avec. Les féministes voudraient récupérer l’héritage chrétien. Mais non: elles ne représentent qu’elles-mêmes.

femmes,espace public,agression geneve,le matin,dayer,évangile,radar,Dans son enthousiasme de conquérante madame Dayer assure même que ces manifestations mettent en lumière un réveil national des femmes. En suggérant implicitement, au passage, le fait que la Nation serait soudainement devenue vertueuse. La belle Ariane prend ses désirs pour la réalité. En fait de Réveil national cela ne concerne que quelques journalistes obligées de suivre le mouvement, et environ 1200 manifestants et manifestantes dans l’ensemble du pays.

 

 

Assignés à défendre

Pour étayer son propos elle se met en pilote automatique et répète sans les développer quelques antiennes habituelles. Par exemple: « Les femmes suisses veulent se réapproprier l’espace public, exister, figurer au radar. »

C’est un thème à la mode victimaire: les femmes seraient exclues du centre des villes. Par exemple sur le site de Terrafemina:

« Il s’agit en effet d’un enjeu majeur et d’un vrai problème pour des milliers de femmes qui ne peuvent marcher dans la rue et se rendre où bon leur semble sans être abordées, sifflées, insultées. Juste par ce qu’elles sont des femmes. »

L’article précise encore:

« Les femmes ne sont pas absentes de l’espace public, elles en développent une occupation particulière. Les hommes l’occupent, les femmes s’y occupent... Elles gèrent les fonctions d’accompagnement, les courses, les enfants. Elles sont rarement dans une situation de flânerie ou de détente sur un banc. Cela est lié aux injonctions que les femmes reçoivent depuis toujours. Enfants, dès la cour d’école, elles apprennent les frontières à ne pas dépasser alors que les garçons sont encouragés à oser, à se dépasser, à prendre le territoire. »

C’est un peu vite oublier que les hommes ont été assignés à l’espace public (entre autre par les femmes) pour le surveiller et le défendre. Ce sont historiquement eux qui prennent le plus de coups.

 

 

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C’est aussi un déni de réalité. Il suffit de se rendre au centre-ville et d’observer pendant une heure. Aux alentours de midi j’ai compté (approximativement) plus de femmes que d’hommes dans la rue. J’en ai vues certaines se diriger d’un point à un autre avec détermination, d’autres traîner devant les vitrines, d’autres encore être assises sur un banc ou à une terrasse et parler naturellement avec des hommes.

Je n’ai vu nulle femme empêchée de faire ce qu’elle veut ni d’aller où elle veut. Ni traitée de prostituée si elle flâne. Pas plus que je n’ai vu d’homme en importuner de manière voyante ou insistante. Ce n’est pas nouveau. Ma mère se déplaçait seule en ville sans inconvénient. Les femmes du Moyen-Âge tenaient échoppes de marchés et estaminets, entre autre.

Mais comme le plan de vol féministe prévoit le contraire, la réalité attendra. Pour s’aligner sur ce plan de vol, Ariane Dayer, kador de la presse romande, se met en pilotage automatique. Elle répète une litanie déconnectée du réel. Car elle a le pouvoir, elle se déplace où elle veut comme elle veut. Mais elle voudrait encore être victime  pour bénéficier d’un double statut: celui de victime et celui de femme libre et puissante.

Les femmes suisses, donc elle-même, n’existeraient pas dans l’espace public. Mais que signifie exister? C’est d’abord être là, physiquement. C’est ensuite être vu par les autres, ce que dit figurer au radar. Vues? Elles le sont, et je ne parle pas uniquement des corps exposés et très peu habillés. J’en ai discuté avec plusieurs amies, qui tombent des nues en entendant cela.

Ariane Dayer n’existerait pas en ville? Qu’elle se rassure, moi non plus. Enfin, pas plus qu’elle, veux-je dire.

 

 

 

11:25 Publié dans Politique, société | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : femmes, espace public, agression geneve, le matin, dayer, évangile, radar | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

La belle Ariane ! On aura tout lu...Il se trouve que justement vous avez mis sa tête en ligne. Vous avez vu ses yeux ? Je ne sais ce que vous y voyez, mais moi j'y vois le pire du pire. Des yeux remplis de haine et complétement déments. Si je la croise au fond des bois, je pars en courant en appelant ma maman...

Écrit par : Géo | 24 août 2018

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La photo ne l'avantage pas. Je l'ai vue en vrai, elle est mieux!
:-)

Écrit par : hommelibre | 24 août 2018

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Moi aussi, chaque fois que j'évoque Christiane Taubira, je n'oublie jamais de préciser : "la belle Christiane Taubira à la voie si harmonieuse".

Écrit par : Giona | 24 août 2018

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"Je l'ai vue en vrai, elle est mieux!" Ce qui revient à dire que quand on parle de politique, il faudrait peut-être laisser tomber ce genre de critère. Dans le canton de Vaud, on a un PLR qui édite un journal qui s'appelle "tribune libre" et dont la rédactrice s'appelle Fabienne Guignard. Elle nous concocte des éditoriaux d'une bêtise absolument époustouflante et se la joue cougar en nous vantant les mérites du beau Tsipras, qui jusqu'à preuve du contraire est un leader d'extrême-gauche. Je ne sais si les PLR genevois sont aussi cons que les vaudois, mais moi cela m'enrage la moindre...
Ariane Dayer est la preuve vivante que les femmes ne valent pas mieux que les hommes. C'est déjà ça, me direz-vous...

Écrit par : Géo | 24 août 2018

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Le "beau Tsipras" ? Non, mais... quel goût de ch.!

Écrit par : Madelaine | 24 août 2018

En ce moment, sur le journal de la radio "les demeurés parlent aux demeurés", une pétasse du festival de Locarno, à l'annonce d'une femme à sa tête : "C'est incroyable ce que nous allons pouvoir faire !".
Et voilà, il suffit d'avoir des ovaires pour passer pour un génie. On craignait le pire, mais on était loin de la réalité...

Écrit par : Géo | 24 août 2018

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Belle ? Bof... Quant au reste, elle était déjà c... du temps de l'Hebdo, alors...

Écrit par : Madelaine | 24 août 2018

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Le combat féministe des années 50 se retourne maintenant contre toutes les femmes. Cela veut donc dire qu'il n'y a pas d'autre hiérarchie à établir, celle qui est désignée depuis la nuit des temps est la bonne: Dieu, l'homme, la femme.

Et comme toujours si chacun reste à sa place les choses vont bien, sinon c'est la cacophonie voire même l'anarchie....et c'est ce qui nous attend. Les femmes ont mieux à enfanter que ce genre de catastrophe destructrice.

Regardez toutes ces mamans les trentenaires-quarantenaires qui ont des enfants, un boulot, un foyer, elles sont toutes en limite burn-out au mieux et gravement malade au pire. Que faut-il de plus pour comprendre...?????

Écrit par : Corélande | 25 août 2018

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Qu'une femme en arrive à faire un burn-out à force de vouloir assumer les deux genres en même temps cela crée vite une tempête du slip

http://boutique.galeriedesdunes.com/428-large_default/burne-out.jpg

Écrit par : aoki | 25 août 2018

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M’enfin John, c’est quoi ces commentaires qui s’en prennent au physique d’Ariane D. ? Tous ces rombiers, toutes ces rombières si critiques n’oseraient même pas afficher leurs bobines à l’identité judiciaire, laids qu’ils doivent être comme les poux défaits après leur combat d’avec les morpions…

Qu’ils nous parlent des qualités professionnelles, journalistiques et analytiques de la dame en question : sont-elles réelles, surfaites, ou carrément nulles (biffer à choix) ?

Valaisanne, éduquée chez les sœurs, elle ne doit pas être foncièrement mauvaise… Une chose certaine : à lire son CV, elle semble traîner la scoumoune. Là où Ariane passe, la presse écrite trépasse (l’Hebdo, Saturne, Le Matin).

Écrit par : Gislebert | 25 août 2018

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Vous vous fichez le doigt dans l'oeil jusqu'au coude, Gislebert. On ne s'attaque pas au physique d'Ariane Dayer mais à la photo qu'elle a cru bon de publier d'elle-même. C'est complétement différent et c'est curieux que vous ne l'ayez pas compris. Sur cette photo, Ariane Dayer a un regard fortement déplaisant et elle nous envoie un message en le publiant. A mon avis...
J'affiche ma bobine où vous voulez quand vous voulez. Elle était d'ailleurs visible sur le blog que Mabut m'a supprimé.

Écrit par : Géo | 25 août 2018

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*** Comme Adonis, un pou vélocycliste, ça doit en effet être autre chose qu'un morpion motocycliste... Pardonnez mes références de carabin, mais je vous aime bien Géo...

Écrit par : Gislebert | 25 août 2018

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@ Aoki:

(ô∖ô) !!

Les nouvelles amazones chevauchent le vent toutes burnes out!

Écrit par : hommelibre | 25 août 2018

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Il y a un bug, HL. Le commentaire de Gislebert n'a aucun sens tout seul...

Écrit par : Géo | 25 août 2018

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Les ressentis sont différents, dont
A. Dayer a un regard singulièrement éloquent!

On ne saurait assez se méfier des apparences.
Rencontré en cours de vie le pire menteur qu'il puisse exister devant l'Eternel au regard... à s'agenouiller devant.

Elire un homme à la présidence de la République
parce que "jeune et beau"!

Il y avait des bourreaux nazis
coupant les seins des femmes
pour en faire des cendriers

ou les violant
avec des cafetières à l'ancienne

aux visages d'anges
yeux bleus et cheveux blonds

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25 août 2018

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Géo, c'est la fin qui me semble importante.

Écrit par : hommelibre | 26 août 2018

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