12 avril 2018

Les chercheu-se-s sont Charlie

Disparus! Qui? Les chercheurs. Où? Là, là! Dans la foule, comme Charlie? Vite, cherchons des visages pâlis, des yeux cernés, des lunettes rondes, des cheveux ébouriffés, des blouses usagées. Comme on cherche dans l’image les bandes rouges du pull de Charlie.


épicène,ouvert,fermé,inclusif,exclusion,féministe,androgyne,mandela,charlie,chercheurs,chercheusesRrrrr!…

Nous ne les trouverons pas. Ils ont disparus. Par une faute de frappe? Je ne le crois pas. Le choix de l’épicène est ici récurent. Sa formulation est étudiée. C’est un choix délibéré.

Ou un acte manqué.

De quoi s’agit-il? De peu de chose. D’une simple lettre de l’alphabet. Même pas la plus belle, qui pourrait être le L parce que c’est « Elle ». Ou le M, parce que J’♥️. Non, c’est le R.

Où? Dans le dernier billet du blogueur Olivier Perroux, où j’ai découvert un délicieux marshmallow épicénien. Au troisième paragraphe, ligne 7, il manque un R dont l’absence est peut-être significative: «  … emploie ou a employé plus de 150 chercheu-se-s. »

Avez-vous trouvé? Il manque le R de « chercheu.se.s ». J’ai vérifié les orthographes dites inclusives ou épicènes (ou androgyne) sur internet: toutes ont gardé le R: chercheurs/ses, ou: chercheur(e)s, ou: chercheurs(ses), ou: chercheur(se)s, ou encore: chercheur-se-s ou chercheur.se.s. Phonétiquement ces dernières formes donnent presque: cherche heureuses… Amusant.

Toutes les formules nécessitent un micro-temps d’arrêt pour déconstruire la forme visuelle et la traduire en inclusion dans notre propre esprit. Mais encore peut-on, à bien plaire et par gain de paix, admettre que les deux sexes sont présents malgré une formulation bâtarde.

 

 

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Alors que dans la formule utilisée par Olivier Perroux, le R a disparu. En conséquence il n’y a plus de marqueur spécifiquement masculin. Olivier Perroux a écrit uniquement « chercheuses », en y ajoutant deux points. Ce qui, en clair, exclut les hommes – du moins dans la lubie épicène. La tentative d’inclusion aboutit à une nouvelle exclusion.

Pourtant, autre point étrange, il écrit quelques lignes plus haut (§ 3, ligne 3): « Parmi les chercheurs qui ont travaillé avec lui, l’homme est apprécié. » Chercheurs est ici écrit dans la forme du neutre – soit, par convention, du masculin pluriel. Deux formulations, l’une féminine, l’autre masculine: serait-ce le retour de la séparation des sexes? La fin de la mixité? Je blague... mais pas seulement.

J’apprécie Olivier Perroux. L’homme accepte volontiers une discussion contradictoire et étaie ses arguments. J’ai suivi ses déboires de père séparé et largué, dont il s’est ouvert sur son blog. Il parle même de violence sociale à l’encontre des pères, principaux pénalisés par les divorces.

J’ai pourtant été surpris en lisant son billet daté du 8 mars 2017. Il mettait ouvertement en cause le système qui exclut et appauvrit de nombreux pères. J’ai trouvé ce texte courageux pour un ancien responsable des Verts (actuellement Conseiller municipal à Vernier).

Mais deux semaines plus tard, le 24 mars, il rentrait sèchement et rapidement dans le rang et dans le clan, comme s’il s’était brûlé les doigts (de pieds…). Il retirait ce billet et en publiait un autre, sous le titre (provocateur) de « Blog ouvert ».

 

 

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Ce nouveau billet expliquait, du point de vue correctement féministe, pourquoi il aurait dû ne pas écrire le précédent. On voit l’effet du recadrage idéologique.

Je croyais relire L’Enfance d’un chef de Sartre, ou comment entrer dans le moule. Il se soumet à la doxa féministe, invoque même Nelson Mandela dans un exemple surréaliste et parfaitement inadéquat, et termine ce nouveau billet par: « … un texte rédigé par une femme sera privilégié. »

Depuis il se tait en tant que père, et continue à travailler pour les Gorgones du féminisme. Celles qui lui ont fait comprendre comment il devait penser: pas par lui-même mais par elles-mêmes.

Alors, le « chercheu-se-s » ne peut être un hasard ou une faute de frappe. Le blogueur est surveillé, soumis, il n’a pas le droit à l’erreur. L’exclusion du R est forcément voulue. Depuis lors je n’ai plus envie de commenter ses billets. Parce que dans cette confusion du langage, comme en novlangue, ouvert veut dire fermé.

Est-ce un cas particulier, ou est-ce général chez les verts: soutenir les femmes a-t-il pour corollaire obligatoire l’auto-flagellation et la soumission des hommes? 

Question: pourquoi un homme devient-il proféministe – donc anti-hommes? Réponse: par narcissisme (c’est pour montrer sa grandeur d’âme) ou culpabilité naturelle, et pour coucher plus facilement. Je n’exclus pas qu’il puisse accessoirement y avoir d’autres raisons.

Et pourquoi un homme devient-il contre-féministe? Par amitié pour les femmes, par respect de lui-même, par refus d’objétiser féministement les femmes. Entre autres.

Pourquoi ce contre quoi nous luttions il y a trente ans: langue de bois et soumission, revient-il par la bande sous le mauvais nom de progressisme?

Question subsidiaire: y a-t-il besoin d’être proféministe pour aimer les femmes et au besoin les soutenir? Sûrement non. Au contraire, même. Se soumettre n’est pas aimer.

 

 

 

 

Commentaires

R comme "RRRRRRRR"

Écrit par : aoki | 12 avril 2018

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"Question: pourquoi un homme devient-il proféministe – donc anti-hommes?"
Cette question définit assez précisément là où ça coince chez vous.
D'abord un homme peut être féministe avant d'être pro-féministe. Et cela ne signifie pas anti-hommes, parce que cela dépend de quel féminisme on parle. Il y a celui des camionneuses qui haïssent les hommes et il y a le féminisme de celles qui veulent l'égalité des droits, qui me paraît assez légitime. Je me définis moi-même comme féministe de cette tendance...et je ne suis pas du tout anti-hommes, évidemment. Le problème de Olivier Perroux est différent : il est confus dans sa tête...

Écrit par : Géo | 12 avril 2018

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Peut-être est-il simplement un peu fainéant: encore qu'écrire "150 chercheuses et chercheurs", ce qui n'est pas plus compliqué que sa formule.
Mais peut-être aussi a-t-il hésité devant la nécessité de décider si le masculin ou le féminin devait venir en premier, ce que pourrait révéler l'absence totale du masculin.
Il faut dire que l'épicène fait plus moderne que le bon usage.

Écrit par : Mère-Grand | 12 avril 2018

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Etant moi-même une éminence en matière orthographique et titulaire d'une ceinture noire de l'acadnémie de Français. Je peux vous certifier qu'on peut utiliser parfois le mot "cherchieuse". Le mot "cherchieuse" signifie une femme qui fait des recherches dans un sens bien précis et par force de collaboration arrive à imposer son point de vue à un groupe d'individus. Les cherchieuses sont souvent très actives dans le monde de l'entreprise ou associatif. Les cherchieuses fonctionnent souvent en réseau et utilise souvent la comparaison (qui n'est pas raison) pour instaurer leur point de vue comme un objectif de premier plan pour le service ou la collectivité.

Le cherchieur existe aussi. Mais le cherchieur est souvent un Don Quichotte qui s'ignore. Il est isolé et passe pour un taré. Alors que bien souvent, il ses idées sont le fruit d'une vrai réflexion et non du prêt-à-penser.

Écrit par : Riro | 13 avril 2018

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@ Géo:

Non, rien ne coince chez moi. Ça doit être chez vous, à force de chercher la petite bête. Je vous explique: l’égalité en droits, la fin du code Napoléon qui assujettissait les épouses à leurs maris, le droit de vote, sont pour moi des évidences et des acquis que je soutiens. Comme je soutiens le droit de vote des hommes, pas si ancien que ça dans son universalité.

Je veux bien que vous tentiez de vous faire un CV féministe, mais ne me faites pas de procès d’intention, surtout quand on sait que j’ai toujours soutenu ces points. Pas besoin d’être féministe pour cela, il suffit d’être pour les bases juridiques de l’égalité – entre tous les humains, pas seulement entre les sexes.

J’en ai fait le tour des féminismes. Je vous fais remarquer que depuis longtemps plus aucun groupe féministe n’affiche sa tendance. Tous surfent sur le même fond de commerce victimaire, avec comme corollaire la culpabilisation des hommes dans leur ensemble. Pas besoin aujourd’hui de différencier: la radicalité post-marxiste gangrène tous les féminismes en imposant de nouveaux stéréotypes sur le mode victimaire.

Cela n’est pas nouveau, c’était déjà dans les années 1950-60: homme-patron, femme-prolétaire, etc.

Anti-homme? Bien sûr. L’exemple cité dans ce billet en est la démonstration: s’il ne fallait pas évacuer les hommes, il n’y aurait aucune raison de ne pas parler des problématiques masculines. Mais non, elle font concurrence à la victimisation féministe et pourraient faire rafler l’argent public par des mouvements d’hommes. Olivier Perroux n’avait au fond pas de raison de retirer son billet du 8 mars. Il pouvait le laisser et publier un complément par la suite.

Parce que la presse elle-même refuse de parler des problématiques masculines, ou de réfléchir à la lecture déformée de l’Histoire faite par les féministes, on pourra toujours parler d’idéologie anti-hommes.

Je ne me définis pas comme féministe, cela regarde les femmes et pas les hommes. C’est un mouvement spécifique, communautariste, véhiculant trop de mensonges – par exemple, la pseudo-inégalité salariale que les « légitimistes non radicales » brandissent elles aussi comme preuve supposée de la misère des femmes et de l’attitude des hommes à leur égard…

Si ça vous énerve que j’écrive sur ce féminisme unlimited, ne me lisez plus, Géo.

Concernant O. Perroux, je n’ai pas le même point de vue que vous. J’ai déjà eu un échange avec lui sur son blog, la discussion était claire et je ne vois pas ce que vous nommez confusion.

Par contre sur l’exemple de Mandela et de la femme blanche, il est moins clair. C’est même gonflé de prendre ce « haut exemple moral » pour justifier la « normalisation féministe » du blogueur.

Écrit par : hommelibre | 13 avril 2018

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À propos de "normalisation" du blogueur, en plus de la nouvelle de Sartre, cela me fait aussi penser à la normalisation en Tchécoslovaquie après le printemps de Prague.

Écrit par : hommelibre | 13 avril 2018

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@ Riro:

:-)
Comme quoi il faut garder le même esprit critique et la même rigueur face aux femmes comme aux hommes.

Écrit par : hommelibre | 13 avril 2018

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"Si ça vous énerve que j’écrive sur ce féminisme unlimited, ne me lisez plus, Géo."
Vous êtes dans la surréaction. J'approuve beaucoup de choses que vous écrivez mais je trouve que cette limite sur laquelle vous êtes revenu, le féminisme évident - l'égalité des droits - et le féminisme de choc, brutal, grossier et stupide des Coline de Senarclens et autres salopes, vous ne l'avez pas assez marquée. Si vous revendiquez l'égalité des droits, alors vous aussi vous êtes féministe...
J'ai parlé des centaines de fois du problème des limites, sous-jacent à 99% de vos billets. En science, c'est finalement le problème principal. La tendance actuelle est au confusionnisme : pas de différence entre hommes et femmes : on choisit son sexe, on ne naît pas avec...
Pas de différence entre humains et animaux. Ces tarés de végans représentent 1/millionième de la population, la radio de notre pays les met constamment en évidence, leur donne une publicité extraordinaire. Et nous on continue de payer une redevance pour se faire enchoser de cette manière aussi grossière...
Le but final, on le voit ces jours : la fin du discours rationnel et l'avènement, le renouveau de la pensée magique : pas de différence entre vie et mort. On laisse un demi-taré entouré de deux fascistes criminels de guerre (Bolton, GW II) décider pour nous de la vie sur cette planète sans trop de réaction. Un président d'un pays qu'on a tendance à croire civilisé - il est vrai qu'on en doute de plus en plus -, en tout cas européen - mais les Allemands qui ont mis au pouvoir 88 étaient aussi européens...- se met au côté de ce demi-fou et ses acolytes fascistes pour provoquer une guerre contre la Russie et l'Iran.

Écrit par : Géo | 13 avril 2018

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" Alors que bien souvent, il ses idées sont le fruit d'une vrai réflexion et non du prêt-à-penser."
"Etant moi-même une éminence en matière orthographique et titulaire d'une ceinture noire de l'acadnémie de Français."
En effet.

"Le but final, on le voit ces jours : la fin du discours rationnel et l'avènement, le renouveau de la pensée magique : pas de différence entre vie et mort. On laisse un demi-taré entouré de deux fascistes criminels de guerre (Bolton, GW II) décider pour nous de la vie sur cette planète sans trop de réaction. Un président d'un pays qu'on a tendance à croire civilisé - il est vrai qu'on en doute de plus en plus -, en tout cas européen - mais les Allemands qui ont mis au pouvoir 88 étaient aussi européens...- se met au côté de ce demi-fou et ses acolytes fascistes pour provoquer une guerre contre la Russie et l'Iran."

+1000

"sans trop de réaction."
Mon papa me dit qu'il devrait y avoir des millions de gens dans les rues pour manifester pour la paix. Or, rien, nada, nitchevo, nothing...
Ah si, ces crétins de trotzkystes qui ont manifesté contre le gouvernement de la Syrie. Va fan culo. Ils se sont vendus aux impérialistes.

Écrit par : Daniel | 13 avril 2018

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Votre papa a raison : ce silence est effrayant. Pour ma part, je pense que Poutine n'a pas le choix. Il n'a pas réagi la première fois, il y a une année. Aujourd'hui, s'il ne réagit pas, il perd complétement la face. Et s'il réagit, il ne peut être minimaliste, se contenter de tirer des missiles seulement sur le destroyer "Donald Cook". Si cela pète, autant prendre le moins de risques possible. Et donc empêcher tous les autres vecteurs de riposter. Si les Russes réagissent, et cela paraît une évidence, toutes les bases US, y compris Israël (qu'est-ce que c'est d'autre, au fond ?), vont en prendre plein la figure. S'il y a 1500 fusées du Hezbollah qui visent Israël, elles partiront toutes à ce moment. Plus toutes les autres venant d'Iran...
Trump et Macron vont-ils assumer tout ça ? J'en doute sérieusement. L'armée française ne pèse pas lourd. L'armée américaine a perdu toutes ses guerres depuis 1945, avec une nuance sur la Corée. L'argument de Pierre Servent, le budget de 600 milliards face au 60 milliards des Russes, n'est pas vraiment intelligent. Ces derniers savent mieux faire avec le dixième de ce que dépensent les Ricains.
Il semblerait que des gens en Amérique se bougent pour éviter ce conflit. Mais on se croirait revenu en 1962, avec les fusées russes à Cuba.

Écrit par : Géo | 13 avril 2018

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Bonjour hommelibre,

C'est un peu hors sujet, (quoique) mais en découvrant les vidéos de cette jeune femme, j'ai pensé à vous. Si vous ne la connaissez pas déjà, je pense qu'elle vous plaira.

https://www.youtube.com/watch?v=D3uwoX6yjEg

Écrit par : Kad | 13 avril 2018

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"Mais on se croirait revenu en 1962, avec les fusées russes à Cuba."

Sauf qu'en 1962 il y avait les deux K. Des hommes responsables, voulant la paix comme l'atteste le discours de juin 1963 de JFK: "nous respirons tous le même air" et pas de "pax americana". Ils ont négotié, Krouchtchev a obtenu tout ce qu'il voulait et il a laissé à JFK l'honneur d'apparaître comme le vainqueur du bras de fer. Poutine a beau être intelligent, face aux crétins criminels et menteurs qu'il a en face de lui, il risque de ne pas avoir le choix. Il est conscient de ce qui se joue. Il a déclaré (c'est l'idée pas les paroles exactes): un monde sans la Russie, que vaudrait ce monde? La réponse est évidente. Aux autres de faire leur choix.

Et quand on voit que 3 avions de lignes commerciales ont pu transpercer toutes les lignes de défense ussa, on peut imaginer ce que feraient des missiles russes de dernière génération. Ils sont tout nus les esclavagistes.

Mais suis-je bête, c'est vrai, ce sont ces mêmes esclavagistes qui ont massacré trois mille de leurs concitoyens. Avec l'aide de leur allié saoudien.

Écrit par : Daniel | 13 avril 2018

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Ne dit-on pas que la premier étape vers la guérison, c'est d'admettre qu'on a un problème ?

Écrit par : Alice | 13 avril 2018

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Bon, c'est fait, et les Russes n'ont pas répliqué. Enfin, pour le moment...
On parlait d'une mine de 3000 m de profondeur avec un géologue sud-africain. Vous savez que le gradient thermique terrestre moyen est de 30°C/1000 m. Il fait plus de 80°C dans cette mine, et on ne peut quitter le flux des ventilateurs à air conditionné. On entend des craquements sans arrêt, comme la glace d'un lac gelé.
Je lui dis que ce doit être assez effrayant, ces craquements. Au contraire, c'est quand on ne les entend plus qu'il faut s'inquiéter...
Même raisonnement pour la faille de San Andrea : plus les années passent, plus il y a d'énergie qui s'accumule.
Entre la Russie et son monde et les USA et le leur, cela y ressemble sérieusement.

Écrit par : Géo | 14 avril 2018

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Bonjour Kad,

Intéressante vidéo. Je ne prends pas tout, il y a des jugements moraux que je n'ai pas envie de partager, mais il y a aussi une analyse qui mérite qu'on s'y attarde.

Merci pour ce lien.

Écrit par : hommelibre | 15 avril 2018

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