31 mars 2018

Dire, ne pas dire : le petit boucher de Trèbes

Ce week-end Tiangong tombera en poussière sur nos têtes. Ce serait un miracle si le Palais céleste chutait sur Lourdes. Une station spatiale chinoise dans le jardin de la Vierge, on frise l’offense! Pourtant les Pyrénées sont dans la bande potentielle de chute de Tiangong.


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On peut parler de cette station et sourire au fait que les experts en aient perdu le contrôle. Pékin n’enverra pas en représailles ses chars d’assaut ni ne rappellera ses diplomates. Mais il y a d’autres choses dont on ne peut pas parler.

Par exemple, on ne se réjouit pas de la mort du petit boucher de Trèbes, tué par le terroriste solitaire dans l’Aude. Il n’a pas demandé à être célèbre ni à faire la une pendant deux jours. Déjà qu’il est mort, on ne va pas lui ajouter le rire d’une vegan sadique.

Car c’est bien une vegan: sur les réseaux dit sociaux elle s’est réjouie de sa mort. Elle a été condamnée à sept mois de prison  avec sursis pour apologie du terrorisme. Les vegan sont les vegan. Ils ne sont pas avares de fatwas contre la société. Et qu’a-t-elle écrit précisément?

« Ben quoi, ça vous choque un assassin qui se fait tuer par un terroriste? Pas moi, j’ai zéro compassion pour lui, il y a quand même une justice. »

C’est idiot de se réjouir de la mort du petit boucher de Trèbes. Encore plus de le dire publiquement dans un moment ou le public partage silence et émotion. Il y a un temps pour chaque chose. La militante vegan n’a pas pris le temps de la France.

Elle n’a voulu voir que l’assassin d’animaux. D’accord, les bouchers ne demandent pas le consentement de l’animal: veut-il être tué et mangé? Vaste débat.

 

 

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Pour autant elle n’a pas félicité le tueur, n’a pas déclaré que le terroriste avait agi dans un esprit noble. Elle a seulement pris acte en ajoutant qu’elle n’avait aucune compassion pour le petit boucher.

On ne peut pas se réjouir de la mort de ses ennemis, semble indiquer ce jugement. La morale chrétienne dit la même chose.

Si c’est une apologie du terrorisme, elle est très indirecte et le tribunal fait là une extrapolation. Pour le juge c’est quand même une apologie du terrorisme. La militante écope de 7 mois avec sursis.

Pour presque la même raison un ancien candidat de LREM (erreur: LFI, relevée plus bas dans un comm) a été placé en garde à vue dans le Calvados. Ses deux tweets sur le décès du militaire Arnaud Beltrame. Le premier:

« À chaque fois qu’un gendarme se fait buter, et c’est pas tous les jours, je pense à mon ami Rémy Fraisse… Là c’est un colonel, quel pied! Accessoirement, encore un électeur de Macron en moins. »

Les réactions négatives n’ont pas tardé. Il a alors ajouté:

« Les léche-culs qui chougnent sur la mort d’un colonel de gendarmerie, quittez ma page ! Adieu »

C’est gros, bien gras, ça ne sent pas bon, et ça vient, comme pour la militante vegan, du Camp du bien. Ça en dit pas mal sur la capacité à exclure moralement. C’est humain, c’est courant, presque normal à force d’être courant. Et c’est une manipulation peu honnête de la mort d’un vrai héros.

Je n’y vois toujours pas d’apologie du terrorisme. Seulement une détestation, une réaction viscérale, un compte à régler avec la police.

Je ne partage pas ces détestations ni ces ricanements sur le ventre des morts, même si j’accepte qu’ils soit exprimés – ne serait-ce que pour s’en démarquer et délimiter des camps. On dit parfois des conneries par besoin de se défouler. Mais à l’évidence le moment et le ton sont mal choisis. Aujourd’hui tout est miné, le langage en particulier.

Attendre en silence eût été préférable, peut-être.

 

 

 

 

15:36 Publié dans Philosophie, Politique | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : trèbes, aude, terroriste, vegan, apologie, beltrame, fraisse, tiangong, chine | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Ce n'est pas un ancien LREM mais FI. Arrête de haïr Macron au point de dire n'importe quoi

Écrit par : Nessa | 31 mars 2018

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Je suis assez de votre avis, cependant en 2018 de moins en moins de gens ont du respect pour les autres. Du coup je trouve correct que des adultes, censés donner l'exemple à notre jeunesse, en prennent plein la tête quand ils dépassent les bornes du respect .. des morts qui plus est. Trouvez vous normal qu'un "presqu'élu" ait ce style de réflexion ?? Qu'il le fasse au café du commerce (il en a la tronche) ou auprès de ses amis alcoolos pourquoi pas ; mais pas en public. ID pour la végan qui est tellement c….. qu'elle compare la vie d'une vache à celle d'un homme. Franchement si ces gens ne sont pas capables de voir ces différences il faut les bastonner. Ils en ont pris plein la tronche ? C'est bien en voila au moins deux qui ne recommenceront Pas de sitôt.

Écrit par : jlduret | 31 mars 2018

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@ Nessa:

Acceptez mes excuses, j'ai fait une erreur de transcription. Merci de l'avoir relevée.
Je ne hais pas Macron, j'apprécie son "En même temps" et en partie son projet politique. Je mets plus en doute ses capacités émotionnelles, et un parfum d'autoritarisme, mais j'attends aussi de voir.

Écrit par : hommelibre | 31 mars 2018

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La végane nous montre l'intelligence des bouffeurs d'herbe !

Écrit par : Yvan Descloux-Rouiller | 31 mars 2018

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@ jlduret:

"Qu'il le fasse au café du commerce...". Oui, c'est ça, bien d'accord.
Mais pourquoi? On touche un tabou ancestral: la mort, surtout survenue dans ces conditions.

Écrit par : hommelibre | 31 mars 2018

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Il n’est pas question de tabou mais de respect de l’autre (un truc qui se perd) qui plus est si il est handicapé, gravement malade ou mort ou vieux ou .... tout ce que tu veux. Le respect, tu vois de quoi je parle ou bien ....?

Écrit par : Jlduret | 31 mars 2018

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Bon je n'ai en tout cas pas de compassion pour ces deux abrutis, (je sais j'aurais dû écrire abruti.e.s) mais vous avez raison, d'un point de vue juridique c'est douteux. La justice faisant respecter des valeurs morales, cela nous éloigne de plus en plus de l'état de droit.

Écrit par : Kad | 01 avril 2018

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Je constate comme vous votre conclusion.
Elle est dérangeante. Le droit c'est le respect du contrat social entre les humains. La morale c'est l'ancrage de nos comportements par des notions de bien et de mal. La mise en ancrage moral devrait se faire dans l'enfance, en famille et dans les lieux et activités de socialisation. Quand la justice ou la société politique entend faire de la morale, on n'est à mon avis jamais loin d'un totalitarisme, ou d'un gros déficit de transmission.

Écrit par : hommelibre | 01 avril 2018

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@Kad
Bien d'accord avec vous mais quand ces ancrages et ces "transmissions" de valeurs en se font plus, que faut-il faire ? Laisser les abrutis dégrader encore plus, par leurs publications alors non punies, les valeurs transmises par les réseaux sociaux ; avec comme conséquences des escalades et des "mentalités" qui continueront à dériver ?
Le risque de totalitarisme par ces mesures est tout de même bien faible face aux risques quasis certains de dérives des comportements.
Donc oui ces 2 ânes sont punis et c'est parfait.

Écrit par : jlduret | 01 avril 2018

L'aspect intéressant de cette affaire, c'est qu'il existe des articles de loi et qu'ils ont été appliqués.
S'agit-il d'apologie du terrorisme ? En tout cas, les personnes incriminées se sont félicitées du résultat d'un acte clairement terroriste.
Comme jlduret, je pense qu'il est utile de fixer des limites, que ce soit dans son cercle familial, amical ou professionnel, mais également au niveau de la nation. D'autant plus si les proférations proviennent de gens ayant des ambitions politiques.
S'il existe une loi pour condamner des paroles haineuses (car il s'agit quand-même de ça), pourquoi ne pas l'appliquer ici ?
Tant de personnes pensent qu'il y a deux poids-deux mesures. Comme si la liberté d'expression était à priori le droit de dire et d'écrire n'importe quoi.
Si on laisse passer les écrits évoqués dans le billet, que dire à ceux qui sur-enchériront ou qui en remettront simplement une couche semblable ? Est-il utile et nécessaire pour une société de tolérer ça ?
La bêtise ou la méchanceté ne sont pas hors-la-loi et elles s'expriment largement au bistrot ou dans les discussions privées dans la rue, les allées d'immeuble ou au supermarché.
Du moment qu'on s'y met en public et sur les réseaux sociaux, l'intention est autre, l'effet également.
Il me semble que dans le deux cas, il y a la possible incitation à justifier assassinat de bouchers et de gendarmes, par généralisation. Un système judiciaire ne peut pas tolérer ça ! Il ne s'agit pas du "Camp du Bien", mais de l'application de la loi.

L'apologie est, selon linternaute :

"Discours visant à prendre la défense de quelqu'un ou de quelque chose, à le justifier. Par extension, discours qui prononce un éloge. Antonyme : dénigrement, diatribe, diffamation.
Exemple : Faire l'apologie du terrorisme, faire l'apologie d'un crime.
Synonymes : plaidoyer, célébration, éloge, justification, panégyrique, discours, dithyrambe, défense, glorification"

http://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/apologie/

Dans cette période de regard rétrospectif sur Mai 68, je pense que le " interdit d'interdire" est à reconsidérer d'un œil critique et également l'idée que la morale pourrait être absente de l'acte de légiférer.

Écrit par : Calendula | 01 avril 2018

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J'entends bien. Oui il y a un risque de contamination de la parole, et d'incitation implicite par la "normalité" et la légitimité donnée aux crimes. Oui aussi il y a des lois sur le sujet. Je reste perplexe sur la définition juridique. Incitation à la haine aurait été plus adéquat, me semble-t-il. Mais je ne suis pas juriste.

J'admets qu'une parole de haine mérite sanction, mais quelle sorte de sanction?

Probablement devons-nous être nombreux à mériter une sanction pour toutes les fois où nous aurons eu des pensées malveillantes (ne serait-ce qu'au volant, sauf que là on sait que c'est réactif et provisoire, alors que pour le lieutenant c'est une pensée plus élaborée), et même si cela ne produit pas d'actes délictueux. Mais si nous pensons seulement, il n'y a pas de sanction parce que pas de parole ni de témoin. Pourtant penser ces propos me paraît aussi dangereux pour le monde que les dire.

Je préfère le débat. Je me méfie du refoulé par la sanction juridique. Et je doute de l'efficacité: la sanction ne change as le point de vue du sanctionné.

Seul bémol: ne rien dire qui soit faux (fake news, fausse accusation, etc), parce que c'est au-delà d'une détestation personnelle et à mon avis plus grave.

Écrit par : hommelibre | 01 avril 2018

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Mon problème se situe au niveau de l'impact de la parole.
S'exprimer en public ( ou sur les réseaux sociaux) est d'une autre nature que de formuler des pensées ou l'expression d'une idée dans la sphère privée.
La pensée est totalement libre, il me semble qu'on ne devrait rien s'interdire.
Choisir d'en parler implique déjà une responsabilité. Si je dis à mon amie que sa robe ne me plaît pas, je dois en supporter les conséquences, même si ce n'est pas de l'ordre du délit. ;-)) Il peut y avoir une sanction.
Dire à son voisin qu'on se réjouit de la mort de tel ou telle implique d'accepter que ce voisin réagisse à son tour et me sanctionne en me traîtant de débile ou en n'en pensant pas moins.
Si je m'exprime devant un plus large public, je m'expose à davantage de sanctions possibles, car mes paroles peuvent passer pour une incitation, ou du moins pour une sorte de catalysateur d'adhésion à des thèses mortifères. Je peux être accusée d'inciter à passer à l'acte.
Je ne trouve pas que c'est "castrant" de légiférer sur des paroles faisant l'apologie d'une sorte de peine de mort, décidée par des individus ayant leur propre morale et qui décident que le métier de boucher ou de gendarme est mal. Ils se mettent en position de décider selon leurs valeurs personnelles que le boucher ou le gendarme sont l'incarnation du Mal et qu'il est réjouissant qu'ils soient occis.
La justice a la responsabilité de faire appliquer la loi. Elle n'y arrive pas toujours très bien et la dissuasion n'est pas toujours au rendez-vous, mais dans un tel cas, elle met au moins des limites aux bornes ...

Écrit par : Calendula | 01 avril 2018

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Faites un peu attention aux qualifications. Arnica ne sait pas la différence entre un simple soldat et un colonel, et vous vous parlez d'un lieutenant pour un lieutenant-colonel. Tout cela est assez surréaliste, ou plutôt malheureusement, sous-réaliste. Un peu de rigueur dans la détermination des faits et leur analyse ne fait de mal à personne.

Écrit par : Géo | 01 avril 2018

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@Géo: à partir du moment où un homme est mort, on s'en fout un peu qu'il soit colonel, lieutenant-colonel, chef, sous-chef, sergeant-major, porte-drapeau ou autre, non?

Arnica reprend les termes utilisés par les médias, elle ne connaissait pas personnellement le GENDARME Beltrame.

Pour rester dans le sujet, on m'a appris à respecter les morts et qu'il ne faut pas salir la mémoire des défunts. Par conséquent, se réjouir de la mort de qqn est du plus parfait mauvais goût. Les véganes veulent imposer leur mode de vie à tout le monde et ont décidé que la profession de boucher ne méritait pas de vivre. Alors qu'ils se veulent, a priori "pro life" et "anti-violence"

Il faudra sans doute bientôt équiper les boucheries de portiques à rayon-X pour éviter que les clients n'entrent armés pour massacrer le boucher, la femme du boucher, ainsi que tous les employés et clients de la boucherie. Et d'éventuels lieutenant-colonels qui y feraient leurs emplettes.

Ma foi, le monde est plein de contradictions.

Écrit par : Arnica | 01 avril 2018

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Arnica@ Ne tourniquez pas dans tous les sens. La France abrite en son sein 11'000 vipères prêtes au meurtre de n'importe quel Français hic et nunc.
Ces vipères sont le fruit de l'immigration algérienne, que les Français ont cru bon de laisser entrer pour diminuer les salaires des ouvriers autochtones.
Il se trouve que non seulement ils venaient d'un pays qui venait de finir une guerre horrible avec les Français, qui auraient vraisemblablement violé une bonne quarantaine de milliers de femmes algériennes durant cette guerre, mais qu'en plus tous sont d'une religion qui par essence hait les juifs et les chrétiens.
Cela étant dit, les Français assistent à une série d'attentats dirigés contre l'essence même de leur vie, ce n'est pas nouveau.
Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame sait tout cela et visiblement ne veut pas le savoir. Et c'est pour cela que j'ai un gros malaise avec ce qu'il a fait. Il n'a pas rempli son devoir, il a fait tout faux. En raison d'une idéologie que l'on appelle christianisme.

Écrit par : Géo | 02 avril 2018

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@ Géo

"que les Français ont cru bon de laisser entrer pour diminuer les salaires des ouvriers autochtones"

ouvriers Algériens imposés par le FLN lors des accords D'Evian

http://journals.openedition.org/conflits/10503

Le « contingent » des travailleurs algériens, c’est-à-dire le nombre des ressortissants algériens qui se verront octroyer le droit d’émigrer en France devient, à compter des accords Nekkache-Grandval de 1964, un objet récurrent de discussions parmi les diplomates des deux pays. La question de l’émigration-immigration des travailleurs algériens se trouve alors inscrite irrémédiablement, de part et d’autre, dans une équation complexe d’enjeux économiques, militaires et politiques. Dans ces relations bilatérales, les représentants algériens disposent de certaines ressources. A compter des accords de 1964, ils jouent notamment sur l’expiration des délais prévus par les accords précédents pour renégocier à partir du régime de libre circulation établi à Evian. Ainsi, en 1967, et ayant bien compris que les agents du ministère de l’Intérieur français craignent plus que tout un retour à un régime de libre circulation, ces derniers « jouent la montre ». A tel point que, à l’expiration des délais prévus par les accords de 1964, seuls les accords d’Evian s’appliquent officiellement.

44L’accord d’octobre 1968 prévoit que les travailleurs algériens verront leur séjour encadré par l’instauration d’un certificat de résidence. Sur le plan des pratiques administratives, cet encartement correspond alors statistiquement à une décrue du nombre des expulsions (qui retrouvent leur niveau de 1963), et chronologiquement à l’extinction de l’ancien Service des affaires musulmanes. Produit de cette « bi-latéralisation » définitive, l’accord de 1968 prévoit également qu’un contingent de 35 000 travailleurs algériens sera autorisé à venir en France chaque année pour une durée de deux ans. Sur le même modèle, cet accord court jusqu’en 1973, date de l’arrêt de l’émigration par l’Algérie.

et les socialistes dans leur grande bonté ont autorisé le regroupement familial.

qui auraient vraisemblablement violé une bonne quarantaine de milliers de femmes

vraisemblablement !!!

le FLN faisait beaucoup mieux il massacrait.

http://raphaellebranche.fr/wp-content/uploads/2013/04/La-sexualit%C3%A9-des-appel%C3%A9s-en-Alg%C3%A9rie.pdf

http://popodoran.canalblog.com/archives/2010/03/09/17056552.html

Écrit par : leclercq | 02 avril 2018

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