07 janvier 2018

Du bon usage de la prudence en climatologie : l’exemple de Martine Rebetez

Le visage presque grave, les sourcils froncés, un micro à la main, elle est face à la caméra. Le présentateur du 19:30 de la RTS salue en elle la climatologue reconnue (professeur à l’Université de Neuchâtel). Puis, à propos des récentes tempêtes, il lui pose la question devenue inévitable (pavlovienne): le réchauffement climatique est-il en cause?


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Madame Rebetez commence à répondre en mentionnant un potentiel d’humidité supplémentaire dans l’atmosphère de 7% pour chaque degré de plus. Il y aurait donc un potentiel renforcé de précipitations. En théorie c’est juste.

Dans les faits on ne sait pas où ce renforcement prendrait effet sur la planète. Car les observations ne confirment pas la théorie: depuis plusieurs décennies la tendance a été au déficit hydrique, particulièrement sensible dans le déficit chronique des nappes phréatiques. Du moins en Europe de l’ouest. 

La perte récente de glace du Groenland est également due à un déficit pluriannuel de chutes de neiges, en partie stoppé cette année par d’importantes précipitations.

Puis elle expose que le réchauffement de l’Arctique produit des phénomènes de gouttes froides. Il faut alors l’écouter (vidéo 2 ci-dessous à 6’14’’): « … et il semble que ce phénomène-là a bien des chances de renforcer le risque d’avoir ce type de phénomène de goutte d’air froide qui vient de l’Arctique. »

Et admirer son immense prudence: « Il semble que… a bien des chances de… renforcer le risque… » 

 

climatologie,réchauffement climatique,martine rebetez,vague de froid,tempêtes,eleanor,rts,hiver 56,hiver 1963,gouttes froidesRétroaction négative?

Cette scientifique au langage volontairement approximatif (bien des chances de…) est d’une exemplaire prudence. Au bout de sa phrase on ne sait rien de plus et l’on se dit: peut-être, éventuellement. 

En tous cas rien de catastrophique dans ce discours. Cela change. On se dit même que des tempêtes un poil plus fortes que d’habitude sont parfaitement gérables moyennant des précautions.

À partir de 7’05’’ elle souligne le phénomène de modification bien connu de circulation dans l’Atlantique, qui s’est produit il y a 11’000 ans. 

La conséquence a été un refroidissement de l’ordre de 5° sur plusieurs siècles: « … un refroidissement qui était naturel lié au passage entre l’ère glaciaire précédente et l’interglaciaire actuelle. Donc c’est quelque chose qui peut tout-à-fait se produire qu’on ait un  froid extraordinaire qui est dû paradoxalement au réchauffement climatique. »

Fichtre: le chaud va nous faire geler, si l’on comprend bien, et le froid, pire ennemi de notre prospérité, est le plus à craindre. Mécanisme de rétroaction négative, ou phénomène encore trop mal connu? Mal connu assurément comme le reconnaît la climatologue dans l’interview.

Tempêtes et réchauffement: madame Rebetez est donc dans la plus grande prudence. C’est assez rare pour être souligné.

 

climatologie,réchauffement climatique,martine rebetez,vague de froid,tempêtes,eleanor,rts,hiver 56,hiver 1963,gouttes froidesEffets positifs

À propos des gouttes froides comme celle qui sévit actuellement en Amérique du Nord, le réchauffement serait responsable des déformations du jet stream qui en est la cause. Pourtant, bien avant le réchauffement des années 1980-1990, des gouttes froides descendaient régulièrement comme le montrent les archives imagées. On connaît depuis longtemps l’Oscillation arctique avec ses phases positives et négatives (image 3).

L’image 1 (cliquer pour agrandir) est l’hiver 1956, aux terribles records de froid. L’image 2 est un moment de l’interminable et glacial hiver 1962-1963. On voit une situation bloquée par un anticyclone monstrueux de 1064 hPa (!) qui fait mur aux perturbations atlantiques et favorise l’écoulement continu d’air froid sibérien par l’est.

Les déformations du jet-stream et les gouttes froides ne sont donc pas des phénomènes spécifiques au réchauffement, qui dure rappelons-le non pas depuis les années 1950 mais depuis la fin du petit âge glaciaire. Une période dont les famines récurrentes ne devraient pas nous faire regretter le froid de l’époque. Et si le même scénario se produisait à nouveau, comme il y a 10’000 ans, le retour du grand froid n’est pas à exclure. D’ici à ce que nous regrettions le CO2 et ses bienfaits sur la production vivrière...

Quant aux tempêtes et ouragans ils sont nécessaires à la circulation de l’atmosphère, des masses d’air et au cycle de l’eau. Sans phénomènes extrêmes divers la planète ne serait encore qu’un bloc de roches arides, inhabitable.

Les ouragans, eux, sont comme des boutons de fièvre qui évacuent une partie de la chaleur tropicale vers la stratosphère.

Les inondations façonnent à long terme la douceur des paysages et favorisent le dépôt de limon et d’autres substances nutritives. En Égypte les crues du Nil permettaient d’assurer la subsistance de la plus grande civilisation de l’époque antique. Combien d’extrêmes bien plus extrêmes qu’aujourd’hui ont dû avoir lieu pour creuser des vallées et installer des plaines fertiles?

Verra-t-on enfin, bientôt, des climatologues parler des effets positifs à venir du réchauffement climatique?

 

 

Froid. La vidéo 1 (1’40’’) rappelle le lien entre le froid actuel aux USA et les tempêtes européennes:

 

Rebetez Martine, climatologue (2’34’'):

 

 

 

Commentaires

Au départ, j'allais écrire que Martine Rebetez est tellement caricaturale qu'elle mériterait une marionnette aux Guignols si cela existait encore. Mais sans réfléchir plus longtemps, l'évidence m'a sauté aux yeux : elle n'a pas besoin de marionnette, elle est elle-même une caricature de "scientifique"...
On a eu, dans votre blog même, des personnes qui écrivent encore des commentaires méprisants sur ceux qui remettent en doute les dogmes des sectaires du réchauffisme. Sous prétexte que remettre en doute des "scientifiques" est en quelque sorte criminel...
Je remarque que de plus en plus on entend des professionnels de la profession venir dire "que les scientifiques peuvent se tromper", que les avis du public sont importants et qu'il faut en tenir compte. Ce matin-même, sur la chaîne de propagande RTS la Première que nous payons 451 francs par an (quels salauds !), un vétérinaire l'affirmait.
Je ne veux pas répéter une fois de plus mon discours sur le niveau des mers, totalement incompatible avec celui de la secte, mais je voudrais souligner que les océans occupent le 70% de la surface terrestre, et que s'il y a réchauffement, il y a forcément plus d'évaporation et donc plus de précipitations :

"Dans les faits on ne sait pas où ce renforcement prendrait effet sur la planète. Car les observations ne confirment pas la théorie: depuis plusieurs décennies la tendance a été au déficit hydrique, particulièrement sensible dans le déficit chronique des nappes phréatiques. Du moins en Europe de l’ouest."

Alors, si le FIT s'agrandit, le Sahara doit reverdir prochainement. Et effectivement, le sud de l'Europe devenir plus sec...

Écrit par : Géo | 07 janvier 2018

"D'une manière plus générale, les lois régulant les médias ne fonctionnent pas dans la jungle anonyme de la communication numérique. La réfutation argumentée des mensonges se perd dans le bruit du buzz. L'émotion l'emporte sur la raison. la croyance sur les faits. L'héritage des Lumières risque bel et bien de se dissoudre dans ce mélange d'ignorance, de crédulité et de cynisme. Et à qui profite le crime, sinon à ceux qui "s'amusent des faiblesses de la démocratie", comme l'a relevé Emmanuel Macron."
Quelqu'un qui s'insurgerait enfin dans la presse des turpitudes de la COP 21 et de ses 100 milliards de dollars à verser annuellement aux pires dictateurs crapuleux et crapoteux de la planète ? Pas du tout, bien au contraire : un défenseur de la presse officielle, aux ordres des pillards, le rédac'chef adjoint du Matin-Dimanche, JJ Roth.
"La réfutation argumentée des mensonges se perd dans le bruit du buzz. L'émotion l'emporte sur la raison. la croyance sur les faits." Quel meilleur exemple que celui de ce niveau des mers qui aurait augmenté de 20 cm depuis le début du 20ème siècle, alors que personne ne dispose du niveau zéro à cette époque ?

Écrit par : Géo | 07 janvier 2018

Au fait, HL, connaissez-vous "Antipresse" ? La version d'aujourd'hui, 110, vous plairait sûrement...
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Écrit par : Géo | 07 janvier 2018

Je ne connaissais pas mais je vais découvrir. Despot est quelqu'un d'intéressant.

Écrit par : hommelibre | 07 janvier 2018

Au fait les minutes de parole de madame Rebetez que j'indique sont reprises de l'ensemble du JT, il faut retrancher quelques minutes.

Écrit par : hommelibre | 07 janvier 2018

Si la vague de froid extreme qui touche les E.U. et la vague de chaleur qui touche simultanément Sydney en Australie sont toutes deux issues du "réchauffement climatique", on peut se poser des questions sur l'état des connaissances en lois physiques.

http://www.drroyspencer.com/2018/01/sydney-heat-and-bomb-snowstorm-pimped-out-for-climate-change/
"The trouble is that neither of these two events are exceptional from a meteorological perspective. That is, they have happened before (Sydney’s 117 deg. F peak was exceeded in 1939), and they will happen again.
It is only when we can demonstrate that such events are increasingly occurring over, say, 50 to 100 years that we can begin to invoke climate change. (And even then we must debate the various causes of climate change.) So far, that evidence is sorely lacking."

Écrit par : Ben Palmer | 07 janvier 2018

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