12 décembre 2017

Les ours blancs vont bien, merci

Retour sur cette image largement diffusée dans les médias. Il y a comme un syndrome Aylan: l’ours est seul, peut-être mourant. Un seul spécimen tire des larmes au monde entier. Son agonie serait la preuve de la situation supposée dramatique des ours polaires.

 


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Le photographe à l’origine du cliché (image 1) et de la courte vidéo, Paul Nicklen, travaille pour le National Geographic, ainsi que pour une association écologiste militante qu’il a fondée, Sea Legacy. Il affirme que l’animal meurt de faim. La raison: l’impossibilité supposée de trouver sa nourriture à cause du rétrécissement de la banquise arctique.

Sur quoi se fonde cette certitude? Il pourrait aussi être vieux, ou malade. Une autre image (2) avait déjà servi à illustrer cette supposée disparition. Or il s’agissait de propagande. L’image est fausse. C’est un montage avec photoshop, comme indiqué sur le site source: « This images is a photoshop design. Polarbear, ice floe, ocean and sky are real, they were just not together in the way they are now ».

En 2015 également, l’image d’un ours polaire amaigri seul sur une plaque de glace prétendait illustrer la fin de cette espèce. Sans apporter aucune preuve d’un déclin de l’espèce, à part la parole de la photographe Kerstin Langenberger. Sa photo a été prise sur l’archipel norvégien de Svalbard, où l’espèce se porte bien et où, plus que le réchauffement, c’est le tourisme qui nuit aux ours.

 

 

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Le WWF a déjà annoncé la disparition probable de l’ours polaire à cause de la fonte de la banquise. Les alarmistes cultivent l’irrationnel et la peur dans ce débat. Il y a des années, Al Gore annonçait par exemple la disparition totale de la banquise arctique certains mois d’été, précisant même la date de 2013 pour cette première. Cela n’est pas arrivé.

Les études sur les populations d’ours polaires varient. Certaines annoncent une diminution du nombre d’individus, d’autres au contraire une croissance, en particulier entre les années 1950 (environ 5’000 ours) et 2015 (25’000 ours). La principale menace a toujours été la chasse intensive menée par les humains, chasse aujourd’hui très réglementée.

Le réchauffement est-il une menace pour cette espèce? Pas certain: l’ours polaire (ursus maritimus) a survécu à la dernière période interglaciaire, qui a été évaluée comme plus chaude que celle que nous vivons maintenant. Il mange certes du phoque. Pour lui c’est comme notre steack-frites. Mais il mange aussi des restes de baleines échouées, ou d’autres mammifères marins, et des poissons, des lemmings, des oeufs d’oiseaux et parfois des végétaux. Il fouille les poubelles dans des coins habités, comme le font les ours bruns. Très bon nageur, il n’hésite pas à se lancer à l’eau et à parcourir 50 ou 100 kilomètres pour trouver son repas.

 

 

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On a par ailleurs observé deux groupes d’ursus maritimus: les casaniers, qui restent sur la terre ferme, et les autres, qui utilisent la banquise comme terrain de chasse. On ignore le pourquoi de cette distinction. À tout le moins les ours se débrouillent bien sans banquise.

Un chiffre peut nous intéresser, celui fourni par les services officiels canadiens. Précisément le chiffre annoncé par le gouvernement du Nunavut, province où se trouve l’île de Baffin où a été prise la photo de Paul Nicklen:

« Alors que les populations d’ours polaires ont suscité de nombreuses inquiétude ces dernières années, celles-ci seraient en meilleure forme que ne le prévoyaient les prédictions. C’est du moins ce que révèlent les données d’une enquête menée en aérien à l’ouest de la baie d’Hudson considéré comme l’une des zones les plus à risque, rapporte l’AFP. Selon les chiffres dévoilés par le gouvernement du Nunavut, 1.013 ours polaires vivaient en août dans cette région du monde alors qu’ils étaient 935 en 2004. Les prévisions établies prévoyaient que la population d’ours serait de 610 d'ici 2011. »

Les faits observés invalident les prédictions alarmistes.

D’ailleurs, quand les ours polaires entendent parler d’extinction de leur espèce ils se marrent comme des baleines.

 

 

11:57 Publié dans Environnement, Science | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : ours polaire, ours blanc, extinction, espèce menacée, pole nord, banquise, réchauffement | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Merci !

Écrit par : Stephane Bernabe | 12 décembre 2017

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Au cours de la soirée d'hier, cette image (ou une autre version équivalente) a été utilisée deux fois lors d'émissions à la télévision française. Et cela sans aucun commentaire critique.

Écrit par : Mère-Grand | 12 décembre 2017

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Ces photographes militants et ceux qui les relaient ne font qu'accréditer la thèse des "fake news", n'est-ce pas?

Écrit par : nEmo | 12 décembre 2017

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@ nEmo:

Fake news, je ne sais pas si l'on peut nommer ainsi ces images. La question pour moi est ce qu'on veut leur faire dire, comment une thèse est appuyée par des démonstrations visuelles qui font appel à notre émotionnel et nos projections sur l'animal, et non à notre raison.

Écrit par : hommelibre | 13 décembre 2017

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Cet excellent billet montre combien certains sont prêts à colporter n'importe quoi mais surtout dans le but de s'enrichir eux en premier
Ce billet corrobore ce qu'on peut aussi lire sur le journal Contrepoint
Le sieur Macron aurait il trouvé la parade du changement climatique pour obtenir de l'argent afin de pouvoir engager et surtout payer plus de profs afin que les élèves de France retrouvent une place plus honorable que ce 34me degré sur l'échelon international de la scolarité et réservé aux bonnets d'ânes
Savoir bien s'exprimer par devant caméra n'est pas signe d'intelligence ,le sieur Macron devait pourtant le savoir ¨
Il est aussi vrai que vouloir changer le climat est un thème plus facile à aborder que trouver le matériaux nécessaire afin d'aider les enfants scolarisés à se sortir de l'ornière des cancres
Bonne journée

Écrit par : lovejoie | 13 décembre 2017

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Quelques rares papiers ont quand-même questionné cette vidéo et la cause de l'état de l'ours (famine due au réchauffement du climat) est mise en doute.

https://www.theglobeandmail.com/opinion/is-fake-news-okay-if-the-cause-is-good/article37290997/

« Mais même les scientifiques concernés conviennent qu'un ours émacié n'est pas une preuve du changement climatique. "Il est beaucoup plus probable qu'il soit affamé en raison de problèmes de santé", a tweeté le biologiste de la faune arctique Jeff Higdon. »



« Les médias d'information ne peuvent pas résister. Dans ce cas, au moins un organe d'information a embelli l'histoire en nous disant que l'ours «se bat pour trouver de la nourriture à travers un paysage stérile qui devrait être recouvert de glace». C'est ridicule. L'ours est sur la terre. C'est l'été. C'est à quoi ressemble la toundra en été. »

Écrit par : hommelibre | 13 décembre 2017

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En résumé, personne ne sait ce qui afflige/affecte cet ours.
Mais il n'y a pas que les animaux qui disparaissent.
http://www.sacbee.com/news/state/california/water-and-drought/article85312432.html
https://www.universityofcalifornia.edu/news/our-forests-are-dying
https://www.universityofcalifornia.edu/news/our-forests-are-dying

Écrit par : Roland | 13 décembre 2017

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Comme le rappelle ce documentaire, le climat change tout le temps. Il y est rappelé, par exemple, qu'au Moyen-Âge, les températures étaient plus élevées qu'aujourd'hui.

https://www.youtube.com/watch?v=6N1udn3-62o

Écrit par : G. Vuilliomenet | 13 décembre 2017

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Bonsoir hommelibre

Je sais que le sujet c'est l'ours blanc et la manipe qu'on en fait...

J'aimerais toutefois pousser un léger "coup de gueule" parce que pendant ce temps là, à Genève (pour rester sur ce que JE vois), disparaissent plein de mini-ours, genre mulots, gerbilles, musaraignes et autres hérissons.

De petites bestioles, mais loin dêtre insignifiantes...un virus est bien plus petit encore...

Écrit par : absolom | 13 décembre 2017

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@ Daniel:

La question des arbres et forêts est majeure dans l'équilibre climatique.
En analysant les images satellite on a découvert que la Terre reverdissait. Grâce au CO2. Rétroaction négative possible, mais ce couvert végétal en augmentation n'est pas forcément des arbres, plus importants que les taillis et couverts herbeux.

Écrit par : hommelibre | 14 décembre 2017

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