19 novembre 2017

Les Sugar Babies comptent pas pour des lychees

Pourtant on n’en a pas parlé à l’époque. Ni l’ancienne ministre Najat Vallaud Belkacem, ni les députés d’alors. Silence radio. Il a fallu cette remorque publicitaire près d’une université pour qu’elles se rappellent à notre souvenir.

 


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En octobre dernier une remorque supportant un grand panneau publicitaire était garée près des Universités parisiennes (image 1, cliquer pour agrandir). Cette publicité s’adressait aux étudiantes et étudiants. Elle appelait les filles et les garçons à sortir avec un Sugar Daddy ou une Sugar Mama.

Un Sugar Daddy est une sorte de mécène, un homme assez riche riche, d’un âge en principe au-delà de la cinquantaine. La Sugar Baby est une jeune femme de moins de trente ans. Une copine tout sucre. Ils ont une relation de bonbon à bonbon. Avec sexe contre paiement des factures.

Un bon plan pour les étudiantes (surtout) et les étudiants (rares) dont le budget est serré. Enfin, pour autant que la nature les ait dotées d’un physique qui rappelle l’inégalité naturelle entre les humains.

Ce que la jeunesse a de beauté bandante et d’attraction physique s’échange contre l’argent des quelques-uns (et z-unes) qui en disposent suffisamment. La publicité en question renvoie justement à un site, richmeetbeautiful.fr. Il met en relation des femmes jeunes, principalement des étudiantes qui désirent payer leurs études sans se serrer la ceinture (qui n’est pas de chasteté), avec des messieurs aisés et plus tout jeunes.

Comme prévu en ce qui concerne la sexualité payante aujourd’hui, la publicité a fait polémique. Quelques bonnes âmes semblaient découvrir ce qui est aussi vieux que le monde: l’échange de sexualité contre de la sécurité et de l’argent, et du pouvoir supplémentaire sur sa vie, cela va avec.

 

 

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Un procureur a même été saisi pour que ce site soit fermé, selon cet article. En Belgique il a été accusé d’incitation à la débauche et à la prostitution. J’ignorais que la débauche était encore un délit.

Veut-on empêcher les jeunes femmes de vivre comme elle veulent? De mener leur vie sexuelle et financière comme bon leur semble? Ou veut-on seulement interdire aux hommes d’âge mur de fricoter avec elles – enfin, s’ils sont riches? Car les beautés sexy de la Sorbonne ou de Nanterre n’ouvrent pas leur lit aux ouvriers des travaux publics ou aux jeunes manutentionnaires de chez Conforama. Le monde est injuste.

Certains voient là une prostitution qui ne dit pas son nom. Peut-être. À mi-chemin entre la relation tarifée instantanée et le couple de longue durée, l’amour et les sentiments n’ont pas besoin d’être mis en avant pour coucher. De l’esthétique, de la douceur, des rencontres pas trop fréquentes, et voilà la petite fille pauvre et craquante des moyens de payer l’inscription dans des universités prestigieuses. Une sorte d’ascenseur social. Un film est paru en 2014 aux États-Unis, et un site donne même des conseils sur la manière de bien attirer un Sugar Daddy.

Pourquoi voudrait-on l’interdire? Au nom de quelle morale? Et de quel droit l’État ou la justice feraient-ils de la morale en pays libéral? Car le libéralisme c’est d’abord la liberté individuelle.

 

 

sugar babies,sugar daddy,étudiante,riche,prostitution,bonbon,libéralisme,sexualité,sorbinne,montpellier,nadia le brun6’000

Cette liberté est le pilier des lois sur les droits de la personne. L’individu est au centre, et la loi promeut l’individualisme. Au nom de cette loi chacun doit pouvoir agir comme bon lui semble, pour autant qu’il ou elle ne porte pas atteinte à autrui. Qui voudrait vivre autrement qu’avec cette liberté aujourd’hui?

Bien sûr la France a voté une loi contre les clients de prostituées. La question ici est: est-ce ou non du sexe tarifé? Aux États-Unis la justice a déclaré que ce n’en est pas. Le sexe est considéré comme tarifé dans le cadre d’une relation immédiate et sans suite. Peut-être est-ce mieux ainsi: si la Sugar Baby est une prostituée, alors tout contrat de relation un peu durable et comportant du sexe est de la prostitution.

Car le couple durable établit un contrat pour échanger du sexe en libre accès (sans sexe on ne se met pas en couple) contre d’autres avantages: l’argent, la fidélité, l’exclusivité sexuelle, par exemple. Certaines féministes dénoncent d’ailleurs le mariage et le couple comme de la prostitution institutionnalisée.

Mais revenons à notre panneau. Le site en question aurait enregistré 6’000 inscriptions en trois jours. 6’000! Vu les revenus on comprend que l’aventure soit attractive: 2 000 euros la nuit, 4 000 à 5 000 euros le week-end pour les plus canon et les plus sûres de leur attractivité. Dans d’autres cas ce sont les factures de l’étudiante que le Sugar Daddy prend en charge. Les relations sont claires et chaque partie y trouve son avantage.

 

 

sugar babies,sugar daddy,étudiante,riche,prostitution,bonbon,libéralisme,sexualité,sorbinne,montpellier,nadia le brunSans confession

La prostitution étudiante est donc sur la sellette. Elle est nommée pudiquement prostitution de précarité. Quelle est l’ampleur de cette pratique?

Selon le même article, une enquête datant de 2010 à l’uni de Montpellier III informe que « 2 % des jeunes femmes avaient répondu avoir déjà eu recours à un service sexuel contre de l’argent au moins une fois, et 15 % des personnes interrogées se disaient prêtes à accepter un acte sexuel en échange d’argent pour sortir de la précarité. »

2% qui l’assument ce sont 400 personnes dans cette Fac. 15% qui sont prêts à franchir le pas ce sont 3’000 personnes. Toutefois ce serait en réalité beaucoup plus. « Pour Janine Mossuz-Lavau, directrice de recherche au Cevipof , auteure de « La vie sexuelle en France », le phénomène de la prostitution étudiante est « beaucoup plus important qu’on le croit et le bouche-à-oreille » entre étudiantes favorise sa progression. »

Nadia Le Brun a publié récemment une étude sur le phénomène des Sugar Babies: « Les nouvelles courtisanes ». Extraits d’une interview:

« Un soir, où je retrouve un homme à une soirée, il me présente sa «sugar baby». Une étudiante en sciences po qui préparait l’Ena. Une jeune fille ravissante, sans aucun attribut d’escort, à qui on aurait donné le bon Dieu sans confession. Il l’entretenait.

 

 

sugar babies,sugar daddy,étudiante,riche,prostitution,bonbon,libéralisme,sexualité,sorbinne,montpellier,nadia le brunLychees

Autrement dit, il était son protecteur et subvenait à tous ses besoins financiers, le temps de ses études. En échange de rendez-vous réguliers et intimes avec elle, il lui payait le loyer de son appartement, ses factures, ses frais quotidiens, l’invitait dans des grands restaurants ou en voyage… »

Plus loin Nadia Le Brun déclare:

« Sont elles amoureuses de leur sugar daddy? Parfois elles les aiment bien. Quid aussi de la sexualité qui est au cœur de cette relation rémunérée? A tous et à toutes, j’ai posé la question et ils m’ont répondu sans tabous.

Beaucoup de ces jeunes filles m’ont dit qu’elles prenaient du plaisir et qu’elles se révélaient sexuellement avec ces hommes mûrs. Ce qui n’est pas le cas avec les garçons de leur âge, trop influencés par les films pornos et qui les déçoivent. »

Une relation vieille comme le monde doublée du stéréotype de l’homme d’âge mûr forcément plus attentionné qu’un jeune – mais surtout plus riche. Prostitution ou non, Najat Vallaud-Belkacem ne les a pas traitées dans sa loi puritaine et répressive contre les clients de prostituées. Comme si elles n’existaient pas.

sugar babies,sugar daddy,étudiante,riche,prostitution,bonbon,libéralisme,sexualité,sorbinne,montpellier,nadia le brunRévoltez-vous contre ce mépris, les filles. Soyez fières d’être sucrées.

Vive la Sugar Pride: les Sugar Babies ne comptent pas pour des lychees!

 

 

 

Commentaires

Il m'intéresserait de savoir, comment on met fin à une telle relation.
Si elle est uniquement contractuelle et ponctuelle( un service = un paiement), ça peut sembler simple. Le jour où j'ai fini mes études, ciao daddies !
Il me semble que l'être humain est plus compliqué que ça.
Si la relation est plus longue, c'est à dire sponsorisation durable, on peut anticiper des problèmes à l'obtention du diplôme.
Il doit y avoir beaucoup d'histoires différentes.
Je n'ai pas de problème moral, mais je pense que c'est affectivement plus difficile que ce qu'on aimerait.
La question de fond à mes yeux c'est la difficulté de fiancer des études pour des jeunes d'origine modeste. L'ascenseur social devrait mieux fonctionner.
Il est "injuste" que des hommes au salaire minimum ne puissent pas se payer de Sugar Baby, certes. Mais est-il juste que leurs filles doivent recourir à des stratagèmes du type Sugar Baby pour faire des études !
Dans ma vision du monde et de la formation la réponse est clairement : non !

Écrit par : Calendula | 19 novembre 2017

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J'en avais entendu parler mais franchement cela ressemble à de la "prostitution déguisée" ... puisque "Beaucoup de ces jeunes filles m’ont dit qu’elles prenaient du plaisir et qu’elles se révélaient sexuellement avec ces hommes mûrs. Ce qui n’est pas le cas avec les garçons de leur âge, trop influencés par les films pornos et qui les déçoivent. »

Bizarrement, les hommes disent la même chose puisque beaucoup d'entre eux préfèrent une amie/amante plus âgée qu'eux ...

Est-ce que dans quelques années, on retrouvera ces filles dénoncer viol, SM, ... "je ne voulais pas, mais il m'a forcée en me disant qu'autrement il ne paierait plus mes études" : la question est là !

Écrit par : Lise | 19 novembre 2017

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Sur vos deux phrases de conclusion, Calendula:

qui sera le mécène? L'État? La famille? Le Sugar daddy? Internet et le crow founding? Une institution privée? Tous les moyens pour faire de l'argent sont légitimes quand on est dans le besoin (sauf le vol ou le crime, bien sûr).

En Sugar Baby, une étudiante gagne tellement plus qu'avec un soutien de l'État, c'est plus qu'un stratagème: c'est un business. Celles qui n'ont pas froid aux yeux et qui sont attractives s'y lancent, les autres pas.

Écrit par : hommelibre | 19 novembre 2017

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Lise, logiquement, si elles s'assument, elles ne devraient pas.
Hélas le besoin de se refaire une virginité se trouve dans les humains, peut-être plus chez les filles que chez les garçons d'ailleurs (il me semble).

Pour moi il est important d'être cohérent. Je ne leur demande pas de crier sur tous les toits si elles ont payé leurs études de cette manière, mais pas non plus qu'ensuite elles jouent aux vierges effarouchées.

Écrit par : hommelibre | 19 novembre 2017

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Hommelibre : elles ne devraient pas, ce n'est effectivement pas le but de ces aides.

Toutes les femmes quelles qu'elles soient ne réagiront pas du tout de la même façon : certaines diront "non c'est non" et d'autres seront embarrassées si le "mécène" devient un peu ... pressant !

Écrit par : Lise | 19 novembre 2017

Remarques très importantes, les Sugar Babies, en principe ne couchent pas. Elles accompagnent leurs mécènes à des soirées, restaurants etc...

Ce n'est pas de la prostitution tarifée.

Néanmoins, je doute que la plupart feraient ce genre de choses si elles avaient les moyens de faire des études. Donc parler de liberté, c'est avoir une notion bizarre de la liberté.

Lorsque l'on subit une épreuve dans la vie, on a parfois le choix de comment y faire face, mais cela n'a rien à voir avec la liberté, c'est de la "survie".

Écrit par : motus | 19 novembre 2017

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L'extrait du livre, qui synthétise des témoignages, montre qu'au contraire il y a des relations sexuelles. D'ailleurs les sites annoncent en moyenne 4 jeunes femmes pour un homme. Les plus ouvertes auront plus de chance.

Je ne vois pas le monde enfermé comme vous Motus. Quelle que soit la situation, même de survie, il y a toujours un choix libre qui nous donne de la force. Choisir de survivre plutôt qu'abandonner par exemple. Je vois le monde plus ouvert, où l'on se pose comme libre, saufs exceptions à bien définir.
Certaines étudiantes font des petits jobs aussi, mais elles gagnent moins j'imagine.

Je pense que ces deux manières de voir le monde, soit enfermante et victimaire, soit ouverte et libre, sont ce qui nous sépare durablement. Ce sont deux options.

Écrit par : hommelibre | 19 novembre 2017

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@hommelibre,

Vous me demandez qui d'autre peut soutenir des jeunes d'origine modeste pour que l'ascenseur social marche.
Vous suggérez des pistes pour que l'on puisse se passer de Sugar D.:
"qui sera le mécène? L'État? La famille? Le Sugar daddy? Internet et le crow founding? Une institution privée? Tous les moyens pour faire de l'argent sont légitimes quand on est dans le besoin (sauf le vol ou le crime, bien sûr)."

Sachant que le système Sugar Daddy est injuste pour les garçons, je dirais que tous les autres moyens devraient être mis en action :
L'Etat par davantage de bourses et des allégements p.ex. d'assurance maladie ou en fournissant des logements
la famille l'est déjà, si elle en a les moyens
les institutions privées, par un sponsoring d'entreprise plus étendu

Dans un système "au mérite", la volonté de travailler et de s'engager sur le chemin de la formation supérieure ( aussi dans les HEP ou HEC) devrait être soutenue de toutes les façons. Les bourses d'étude existent, mais elles devraient être plus nombreuses. A mes yeux, une entreprise qui met des millions dans de la pub pourrait se faire une belle image en annonçant ce qu'elle met dans les bourses.
En Suisse, ce n'est pas l'inscription à l'université qui coûte cher ( contrairement p.ex. aux USA), mais la vie de tous les jours, l'assurance maladie, le loyer etc.
Si on préconisait au niveau de la société toute entière que les jeunes filles d'origine modeste auraient à payer de leur personne en devenant escort-girl pour accéder à un diplôme et que les jeunes hommes n'auraient que leurs yeux pour pleurer, il y aurait une sorte de biais.
Les étudiants masculins devraient soit trimer dans des petits boulots, soit renoncer aux études.
En renonçant à la promotion des études pour des jeunes d'origine modeste, la société valide le système Sugar Daddy comme une des seules possibles.
Elle donne ainsi l'occasion aux hommes riches d'accéder à des services sexuels ou d'accompagnement en ayant bonne conscience.
Le message qui sous-tend cette logique est démoralisante pour
les jeunes hommes sans le sou puisqu'ils n'auront que peu de chances d'avoir une Sugar mama,
les pères et mères qui voient leur fille dans l'obligation de recourir à un S.D.,
les hommes mûrs sans le sou qui constatent qu'une fois de plus il n'y en a que pour le fric,
les jeunes filles d'origine modeste n'ayant pas le courage ou le physique pour être Sugar Baby.
Tous ces gens pourraient se dire qu'il y a quelque chose de dysfonctionnel dans l'accession aux études supérieures :-))

Ce créneau est valable pour les belles jeunes femmes et celles qui ont le goût du risque. Tant mieux pour elles, si ça marche. Mais je comprends que l’État, la société ou un parent ne puisse pas dire à un jeune : Tu veux faire des études ? Vas te trouver un Sugar Daddy / une Sugar Mama!

Et je continue à penser que la fin d'une relation de ce type-là qui mêle argent et intimité est le moment, où on paye des pots cassés.
Toute relation humaine est compliquée et le fait qu'elle ait l'argent pour raison d'être ne la rend pas plus saine ou plus simple.

Écrit par : Calendula | 19 novembre 2017

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Attention : Le nouveau ''Collectif Genré des Baquaises Moustachues'' qui ne se rasent pas aimerait bien que les harcelleurs comme ROzon, s'occupent d'elles. Elles se cherchent un mentor a l'Assemblée nationale.

Écrit par : le | 20 novembre 2017

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Bien d'accord avec les propos et questionnements Calendula. Merci Homme Libre d'avoir ouvert le chemin à toutes des réflexions intéressantes.

Je me demandais si l'on sait combien de ces jeunes filles réussissent leurs examens, terminent leurs études. Le temps passé avec et pour ces messieurs, le confort (si pas le luxe) détournent-t-il ces étudiantes de leur but initial?

Rien n'est simple, en effet.

Écrit par : colette | 20 novembre 2017

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Tant que ça se passe entre adultes consentants, ça ne me dérange pas. (il en va de même d'ailleurs avec la prostitution, pour autant que les prostituées ne soient pas mises de force sur le trottoir, ce qui est malheureusement souvent le cas) Ce que je trouve plus dérangeant par contre, c'est le fait d'afficher de grandes publicités en face de la fac. Ce genre de choses doit rester du domaine du privé et ne doit pas s'afficher sur le domaine public.

Écrit par : Kad | 20 novembre 2017

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C`est-y quoi que vous regrettez, l`hommelibre? de ne pas etre assez vieux ou de ne pas etre assez riche pour jouer au sugar papy? A propos, si vous aviez une fille en age de se sugarbabisouiller et qu`elle le faisait parce`que vous ne pouvez pas lui payer sciences-peau, est-ce que ca vous amuserait encore autant?

Écrit par : JJ | 20 novembre 2017

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@ Calendula:

Je comprends aussi que ni l'État ni les parents ne puissent soutenir cette démarche.
Je constate que dès qu'un sujet implique la sexualité, il fait monter les tours de la morale (je parle de la presse et des réseaux).

Dans la hiérarchie du corps l'intelligence est en général placée au somment. Le travail manuel par exemple est peu côté. Socialement, maçon est nettement moins coté qu'ingénieur. La sexualité a une place à part, plus bruyante que les autres. Elle suscite rapidement des émotions, des désirs/refus, une moralisation, un scandale éventuellement.

Louer son corps pour un petit boulot ne pose pas problème, louer son corps, oui. Dès le moment où cette pub choque visiblement, elle est le signal d'une réprobation morale. Or dans le règne de l'auto-détermination personnelle, on ne devrait pas moraliser, ni évaluer cela comme plus problématique q'autre chose. Si l'on décourage c'est au nom du jugement social et de la morale classique sur le sexe. Sans ce recours à une morale "moralisatrice", y a-t-il une autre raison de décourager ce genre de pratique?

La fin doit être moins simple qu'une relation tarifée du type de la prostitution de rue, en effet.

Écrit par : hommelibre | 20 novembre 2017

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JJ:

Pas de regret. Je n'ai d'ailleurs pas suggéré cela dans mon billet. Je doute qu'une telle relation puisse m'intéresser, dans le cas où elle serait possible. Il y a trop d'éléments insatisfaisants.

Pour ce qui est de ma fille, l'argument est facile et bien moralisateur. N'étant pas dans cette situation je ne peux répondre. Je doute d'ailleurs qu'une étudiante l'annonce à sa famille. Le sexe reste plutôt tabou. Mais si l'on admet la liberté individuelle, il n'y a pas à tenir une position partisane parce que ce serait sa propre fille, du moins en théorie.

Écrit par : hommelibre | 20 novembre 2017

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Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n´baise pas, Monsieur
On n´baise pas, on babysugarise.

Écrit par : JJ | 20 novembre 2017

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La liberté individuelle dans la pauvreté n'est pas la même que dans la richesse.
Une étudiante sans souci d'argent ne va pas faire ce genre de chose.

Ne mettez pas la morale et la liberté, la ou il y en a pas.

Écrit par : motus | 20 novembre 2017

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Oui Monsieur, bien Monsieur...

Votre décret (en creux) concernant le lieu où doivent être placées la liberté et la morale ne fait pas loi. Il n'engage que vous. Avez-vous une statistique des origines sociales de celles qui le font? Votre morale est bien cela: enfermante et victimaire. C'est une option.

Écrit par : hommelibre | 20 novembre 2017

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Un point dérangeant dans votre discours est que vous considérez que certaines femmes sont moins libres, moins autonomes, que d'autres. Vous créez une catégorie qui nie le fait que chacun est responsable de soi à son niveau. Vous leur volez une part de leur responsabilité. Vous les mutilez pour en faire commerce.

J'ai une autre idée, plus positive, des femmes. Et je ne juge pas celles dont il est question. Chacun se débrouille avec ce qu'il a. Et s'il y avait plus de bourses de l'État rien ne dit qu'il y aurait moins de jeunes femmes tentées par l'argent relativement facile (leur beauté étant le mot de passe).

J'évite le jeu de mots facile sur les bourses de l'État...

Écrit par : hommelibre | 20 novembre 2017

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@hommelibre,

Vous demandez :
"Sans ce recours à une morale "moralisatrice", y a-t-il une autre raison de décourager ce genre de pratique?"

Je crois avoir déjà donné des arguments, mais allons sur le terrain de la morale moralisatrice !
Quand est-on dans une morale et quand est-on moralisateur ?

Pour moi, la morale n'est pas un gros mot. Elle donne des repères. Vouloir distinguer le bien du mal n'est pas une activité vaine ou abusive.
Dire " ce n'est pas bien de coucher pour de l'argent, même si c'est pour payer tes études" ou "c'est mal de payer une jolie étudiante dans le besoin" est insuffisant. Le dispositif est socialement douteux.( voir mes arguments plus haut)
Je n'irais pas "faire la morale" en tant que individu, mais si j'étais responsable d'une institution, je pense que je trouverais que une pub pour des Sugar Babies ne serait pas à sa place dans notre périmètre.
Le fond du problème est : est-il juste de faire une telle pub de cette façon-là, dans un espace donné ?
Ça me fait penser aux pages d'annonces de "charme" dans les quotidiens.
Une de mes filles, âgée alors de 12-13 ans, s'est mise à lire ces trucs à voix haute sur le siège arrière de la voiture dans la TdG. C'était vraiment grotesque, la famille a hurlé de rire, alors qu'au fond, c'est aussi un peu triste.
Il y a ce côté mécanique, la répétition des prestations, comme si on était dans un tunnel de lavage pour voitures.
Déjà, pourquoi appeler ça "charme" ? C'est quand même du sexe explicite ! Il y a des photos de fesses et de poitrines XXXL. Comment expliquer à des enfants pourquoi c'est là ? Sans entrer dans les détails des services proposés ...
Certes, nous ne sommes plus à une époque, où on supporterait une morale rigide et stigmatisante et tant mieux ! Mais il devrait malgré tout être possible de fixer quelques limites, sans passer pour rabat-joie ou moralisateur.
Je suis en faveur de la liberté individuelle, mais pas pour une pub envahissante.
Si une jeune femme de ma connaissance se lançait dans ce créneau et qu'elle m'en faisait la confidence, je serais curieuse d'avoir son feed-back sincère.
Qu'est-ce que ça fait de coucher pour de l'argent ? Est-ce valorisant ? Est-il possible de détacher son esprit de son corps ? Est-ce que le fait d'entrer dans une intimité avec un homme, dont la première des qualités est d'être riche est différente d'une relation dont la première raison d'être est l'attraction ?
Peut-on avoir un petit ami en même temps ? Si oui, sait-il ce qu'il partage ?
Est-ce que l'on a ensuite l'esprit aux études ? ( comme le dit Colette)

Vous écrivez :
"Louer son corps pour un petit boulot ne pose pas problème, louer son corps, oui. "
Probablement parce que le contact sexuel est d'une nature réellement autre.
Je vois dans la grande proximité et le toucher spécifique un univers totalement à part. Ça n'a rien à voir avec la morale, mais plutôt avec la difficulté à laisser quelqu'un arriver trop près. Il y a peut-être aussi un problème de confiance. Que faire, si ça dérape ? Un contrat de travail est
censé fixer des règles. Mais vers quel syndicat se tourner, si les conditions " de travail" ne sont pas respectées ?
Je peux essayer d'imaginer qu'on fasse le job, comme on lave une fenêtre ou qu'on passe l'aspirateur, mais ça demande beaucoup d'imagination !

Écrit par : Calendula | 20 novembre 2017

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Le débat est intéressant car il reprend la plupart des thèmes sur le sujet. J'ajouterais peut-être que, statistiquement, il me semble que ce sont massivement les étudiantes qui se prostituent. Les garçons vont plutôt bosser en dehors des cours et faire la plonge dans les restaurants jusqu'à 3 heures du matin. La prostitution n'est donc pas une fatalité quand on est pauvre.

Je crois aussi que la majorité de la prostitution ne se fait plus sur le trottoir mais par le net. Ceci permet sans doute de se passer des réseaux mafieux. La plupart de ces filles ne sont vraisemblablement pas des esclaves obligées de louer leur corps.

Toujours est-il que les ateliers de confection clandestins aussi emploient des femmes qui ne sont pas vraiment libres. Ceci tombe sous le coup de la loi. Mais pourtant personne ne pense interdire la couture (comme le fait remarquer Marcela Yacub). La prostitution forcée et les proxénètes doivent être pourchassés. Mais pourquoi prohiber la prostitution quand la personne est consentante. C'est pourtant ce qui se produit en France avec la pénalisation du client !

Écrit par : Henri | 21 novembre 2017

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Melania Trump, et cohorte d'autres épouses, rentrent-elles aussi dans la catégorie des Sugar B. ?

Écrit par : blunt | 21 novembre 2017

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La prostitution comme moyen de financer ses études ne date pas d`hier. C`est l`encouragement public a se prostituer en en faisant la réclame qui est nouveau. Ceux qui se veulent a-moraux applaudissent a la prostitution "entre adultes consentants" comme ils disent, sans se rendre compte qu`ils confondent moralité et dignité humaine.

Écrit par : JJ | 21 novembre 2017

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"A-moral", un terme fort. Trop fort à mon avis pour désigner celles et ceux qui pratiquent un travail du sexe. Tout dépend où l'on place la morale, et laquelle.

La loi laisse chacun libre de faire ce qu'il veut dans certaines limites. La loi n'a pas à dire si la prostitution est moralement défendable ou non. La morale, elle, doit venir d'ailleurs. Sur la dignité, nouveau terme dans cette discussion: chacun a son propre sentiment de sa dignité, et la place là où il pense qu'elle est valorisante pour lui.

Le sexe est chargé d'une longue histoire entre désirs et interdits. Peut-on s'affranchir de cette histoire et ne plus méjuger le travail du sexe (même si ce sont nos enfants)? Au même titre que les parents s'affranchissent des jugement négatifs sur l'homosexualité quand leur enfant fait un coming out.

Écrit par : hommelibre | 22 novembre 2017

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Légaliser la prostitution est une chose, en légaliser l`incitation publique en est une autre. La société qui permet l`incitation publique a la prostitution a un probleme de valeurs. Pendant ce temps-la des meutes d`imbéciles qui font le bonheur des politiciens-escrocs de partis dits "conservateurs" revent de faire la chasse aux réfugiés du monde musulman sous prétexte de protéger les "valeurs chrétiennes" de l`Europe. Un peu le petschi tout ca, msieudames.

Écrit par : JJ | 22 novembre 2017

@JJ,

Cela ne vous surprendra pas, si je me dis d'accord avec vous.
Ce genre de publicité ostentatoire dépasse le simple cadre du monde estudiantin et pose une réel problème de l'utilisation de l'espace public.
Où placer la limite ?
A Genève, les affiches allusives pour un "salon de massage" inspirées de Magritte avaient causé des remous. A côté de l'affiche montrée dans ce billet, elles étaient vraiment subtiles ;-)))

Entre l'opinion d'un particulier, qui n'a aucune responsabilité autre que de gérer sa propre vie, et celle d'un directeur d'un campus ( ou d'une directrice, mais elle pourrait être soupçonnée de faire du féminisme déplacé ...) , il y a un monde.

Entre une publicité géante et une information postée sur un tableau d'affichage également.

Toute la discussion sur les chichis autour du sexe et de la vente de son corps ont une vraie raison d'être :
à ce stade de notre vie en société, la sexualité devrait être de l'ordre du privé.
Il y a un tabou et cela ne me dérange pas. En fait, je trouve ça même très bien, on n'a pas à étaler ces images très stéréotypées pour inciter à consommer, que ce soit un CD, un parfum, ou une relation tarifée, aussi haut-de-gamme soit-elle !
Comment fait-on pour ignorer un panneau de 2 mètres sur 3 ? Il n'y aurait donc aucun autre moyen de s'adresser aux étudiantes éventuellement intéressées à se lancer dans cette aventure ? Je recommande le bon vieux flyer, les réseaux sociaux ou le panneau d'affichage bien situé.
Malgré les exhibitions tentées par des Madonna & Co, malgré la publicité porn-glam, malgré l'accès facilité à la pornographie, malgré toute cette ambiance suggestive, on est encore certainement une majorité à penser que cette partie de nos vies n'a à se dérouler sur la place publique. Et peut-être aussi que ce n'est pas central, pas assez en tout cas pour mériter toute cette publicité ( dans tous les sens du mot).

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/publicit%C3%A9/64964

Toutes ces pubs donnent à penser que si on n'est pas en train d'avoir des jouissances fréquentes et selon le standard exposé, on est un loser. Les hommes peuvent se demander s'ils ne sont pas privés de quelque chose de normal et les femmes peuvent se dire qu'elles devraient quand-même acheter le soutien-gorge pigeonnant rouge à dentelles, les bas-résille et le parfum à 150 fr. Que le bonheur est à ce prix.
Ou pas ...

Écrit par : Calendula | 23 novembre 2017

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Vous avez parfaitement exposé la chose, Calendula. J`ajouterais que, au nom d`une "liberté morale" mise a toutes les sauces, les sociétés européennes deviennent trop permissives a l`égard de toutes sortes de mic-macs qui ne peuvent qu`affaiblir une société. Ainsi des diverses manieres de saboter la vie sociale comme par exemple de la vente de drogues dites "douces" ou des manieres d`utiliser un véhicule comme une quasi-arme. Je crois savoir qu`a Geneve au-moins, les autorités vont essayer de redresser la barre a l`avenir.

Écrit par : JJ | 23 novembre 2017

Pour moi ce sera sans parfum, ce tue l'amour qui m'agresse partout, systématiquement. C'est devenu tellement grave que je refuse l'entrée de ma maison à quiconque porte du parfum. Les copines de mes filles ont compris. Je deviens presque odieux tant je ne supporte pas.
Les bas résille, j'ai jamais compris.

Écrit par : Pierre Jenni | 23 novembre 2017

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Si vous saviez le nombre de déo que j'ai testé pffff
Pour ces dames un message, question cosmétique entre autres, LESS is definitively MORE

Écrit par : zenboy | 23 novembre 2017

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La pierre d'Alun fait parfaitement son office. On peu aussi l'utiliser pour cicatriser les micro-lésions après rasage.

Écrit par : Pierre Jenni | 23 novembre 2017

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Oui je l'utilise mais seulement en hiver même si elle contient des sulfates d'aluminium. Merci PJ

Écrit par : zenboy | 23 novembre 2017

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Tout n’est pas dit, beaucoup s’en faut, JJ.
Aujourd’hui la loi fixe les conditions dans lesquelles les relations humaines sont illicites (ou sinon, permises par défaut).

On doit distinguer ce qui est de la loi et ce qui relève de la morale.

La loi pose comme balises la libre disposition de soi, ainsi que le consentement. Hors de ces principes, toute activité ou action qui ne porte pas préjudice à autrui est licite par défaut. En particulier la prostitution.

Mais, comme tout ce qui à trait à la sexualité, il y a un long passé de traitement spécifique. Par exemple, louer son cerveau ou ses bras n’est pas perçu de la même manière que louer son sexe.

Pourquoi la morale s’est-elle constituée de cette manière (souvent restrictive) sur la sexualité? Qui a décidé de cette morale? Qui a le premier posé un discours sacralisant sur la sexualité? Possiblement les religions, mais peut-être pas seulement.

La mise en garde des filles sur les grossesses non désirées, l’importance prise par le couple, ainsi que l’importance de la filiation dans la transmission des biens patrimoniaux, ont pu être la cause de ces restrictions. (Ce n’est pas exhaustif).

Je ne suis pas opposé à la morale, et je ne considère pas les prostituées comme indignes ou a-morales. Je veux bien faire la distinction entre la loi civile et la morale. Par exemple, le problème du panneau publicitaire est d’ordre technique plus que moral: la remorque avait-elle le droit de stationner là en faisant une pub non réglementaire (les panneaux prévus étant limités et payants)?

La proximité avec une faculté choque. C’était probablement fait pour. La pub a bien fonctionné. Question: sur quoi peut-on faire de la pub envers les étudiants, et sur quoi pas, et pourquoi pas? On peut en faire sur des stages, sur un soda, mais pas sur une sexualité mal vue dans le fond culturel de nos sociétés, même si la loi a pris de parti de respecter la liberté individuelle.

On revient donc bien à la morale, soit un ensemble de règles de comportement avec ses interdits et ses bons points. Là, la question de la prostitution n’est pas très différente de celle de la liberté sexuelle. La seconde n’est pas payante mais transgresse également les règles morales qui ont longtemps prévalu.


Faut-il empêcher les étudiantes de connaître un site dont elles vont peut-être entendre parler de bouche à oreille? Les filles ne sont pas bêtes, elles ont des idées, l’argent gagné par la partie du corps nommée sexe vient d’une offre et d’une demande – et la demande semble dissymétrique et assez abondante et régulière pour justifier que des femmes reprennent cette pratique de l’offre à leur compte.

Quelle morale leur enseigner? Et au nom de quoi, sur quels fondements, selon la décision de qui?


Au fond est-ce vraiment la publicité en elle-même qui dérange? Non, sans quoi on l’interdirait partout (à Genève une initiative dans ce sens devra être soumise au vote, mais c’est un autre débat). Ce qui dérange est l’aspect sexualisé de ces publicités. C’est parce qu’il est question de sexe. Le sexe restant une partie du corps soumise plus que d’autres à interdits ou réprobations sociales.

La sexualité devrait-elle être de l’ordre du privé? Selon une certaine vision, prévalente de longue date dans la plupart des sociétés, oui. En fait on ne sait pas exactement pourquoi s’est imposée cette privatisation de la sexualité. Peut-être pour les mêmes raisons de transmission patrimoniale (savoir de qui est l’enfant).

Il y a tabou, et ma foi c’est plus pratique que d’avoir à côtoyer tous les jours des couples en coït dans la rue. Mais quel est le fondement du tabou, et approuvons-nous toujours cette manière de voir? L’expansion de la pornographie (le sexe sans tabou, justement, qui montre ce que les autres cachent), du nu, la sexualisation forte du corps féminin dans de nombreuses occasions, ont sérieusement écorné le tabou.

JJ passe de la notion d’indignité, peu étayée en l’occurence, à l’approbation d’une notion dont on ne connaît pas l’origine, soit la privatisation de la sexualité en tant que spectacle. Je ne comprends pas ensuite le passage de la morale aux sociétés européennes trop permissives, au drogues douces et au terrorisme. Le mélange me paraît exprimer un désaveu de fond sur la société, et cette forme de location sexuelle d’étudiantes n’est qu’un prétexte devant une problématique plus globale. Au fond je vois que pour JJ le vrai débat est ailleurs.


« Toutes ces pubs donnent à penser que si on n'est pas en train d'avoir des jouissances fréquentes et selon le standard exposé, on est un loser. Les hommes peuvent se demander s'ils ne sont pas privés de quelque chose de normal et les femmes peuvent se dire qu'elles devraient quand-même acheter le soutien-gorge pigeonnant rouge à dentelles, les bas-résille et le parfum à 150 fr. Que le bonheur est à ce prix. »

Je ne crois pas que les hommes se laissent autant impressionner par tout cela. Quant aux femmes qui veulent plaire, ont-elles jamais eu besoin de la publicité pour savoir ce qui marche? Non. Et si c’était le cas, faudrait-il interdire dans l’espace public (TV comprises) les pub de lingerie, de vêtements d’été très courts et sexy, et dans la foulée on interdira les pubs pour les protections périodiques, contre les hémorroïdes, contre les flatulences, ainsi que contre les fuites urinaires, entre autres, tout cela étant tellement de l’ordre du privé?

D’ailleurs, si la pub en cause dans mon billet était bien visible sur l’espace public, l’activité suggérée est bien de l’ordre privé. La réaction d’un directeur d’académie est portée par une morale non explicitée, non expliquée. Ne faudrait-il pas redéfinir la morale de ce qui est bien, digne et admis, de ce qui ne l’est pas? Il faudrait aussi dire sur quoi est fondée cette morale, ses origines et usages dans l’Histoire, et lancer un référendum pour déterminer si nous sommes collectivement en accord avec cette morale.

Aujourd’hui à part quelques fondamentaux à peu près lisibles (pas de contrainte, ne pas toucher aux enfants), on ne peut plus invoquer la morale sans expliquer laquelle, ainsi que son origine et ses bienfaits.

Écrit par : hommelibre | 24 novembre 2017

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"Aujourd’hui à part quelques fondamentaux à peu près lisibles (pas de contrainte, ne pas toucher aux enfants), on ne peut plus invoquer la morale sans expliquer laquelle, ainsi que son origine et ses bienfaits."

Pourquoi n`allez-vous pas au bout de votre logique en incluant aussi ces "quelques fondamentaux" comme par exemple les enfants? Il y a dans le monde beaucoup de gosses qui sont aussi amenés a se prostituer et, en général, ils le font avec tout aussi peu de plaisir que la plupart des prostitués adultes. D`ailleurs, quand et en vertu de quelle magie un prostitué enfant a protéger devient-il un prostitué adulte acceptable? En quoi ces "fondamentaux" méritent-ils que votre dérision de la morale les épargnent? Ayez donc les couilles de vos convictions, mon cher.

Écrit par : JJ | 24 novembre 2017

JJ vous faites un caca nerveux.
Votre conclusion ne m'implique pas. Je ne joue pas à ce jeu.

Je vous laisse l'entière responsabilité d'avoir imaginé que la responsabilité dont il est question pourrait inclure les enfants. Et d'avoir parlé d'avoir des couilles dans le même paragraphe. Rapprochement risqué.

Je n'ai pas remarqué avoir tourné la morale en dérision. Je cherche à mieux définir sa place dans le puissant mouvement de liberté individuelle, et sur quoi elle se fonde qui puisse déclencher une adhésion par la raison plus que par la peur et le jugement. Un jugement dans ce domaine sera aujourd'hui mieux perçu s'il est explicatif et non potentiellement punisseur. L'envie que vous montrez de me diminuer vous place dans la deuxième caractéristique.

Mais à voir comment vous faites tourner ce débat je doute que vous méritiez d'être un précepteur de morale pour moi, si j'en cherchais un.

Écrit par : hommelibre | 24 novembre 2017

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Trop de commentaires, trop peu intéressants. Alors que peut-être cela déjà été dit : vous êtes contradictoire, HL : vous ne voyez pas que les hommes se font mener par la queue, la leur, et que cela va très mal se terminer pour eux. C'était déjà le cas avec le mariage et vous le dénonciez. Il y a que les femmes étaient vénales, sont vénales et seront vénales, et vous avez l'air d'aimer ça. OK, mais que l'on ne nous parle plus de cette connerie, "l'amour", un mot devenu véritablement obscène. Les femmes veulent du fric, c'est tout. Alors espérons qu'il n'y ait plus jamais d'hommes qui acceptent cette autre obscénité : le mariage...

Écrit par : Géo | 24 novembre 2017

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Géo a raison, HL, vous parlez trop. Je vais etre franc avec vous, ce que je trouve dérisoire c`est de faire le malin en se proclamant "libre" moralement tout en noyant le poisson dans des flots de rhétorique pompeuse et vasouillarde. Figurez-vous que vous n`etes pas le seul a savoir que les conventions morales sont subjectives -tout ce qui est humain l`est par définition- mais vous semblez ignorer que la souffrance psychique, pour etre subjective, est toujours réelle. Facile par exemple de rigoler sur le sens moral qui réprouve l`incitation a la prostitution comme moyen de payer ses études quand ce n`est pas vous qui etes obligé de tendre votre cul a un vieillard libidineux plein aux as, n`est-il pas?

Écrit par : JJ | 24 novembre 2017

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Tendre son cul ou ne pas tendre,, là est la question...

Écrit par : Gislebert | 24 novembre 2017

Pour être dans la ligne de JJ : j'ai vu une ex partir en larmes en racontant une histoire où elle s'estimait "baisée" dans une histoire de rapports mal assumés. Alors j'ai de la peine à m'imaginer la gueule du psychisme d'une de ces nanas qui s'est prostituée pour payer ses études et le reste.
A vrai dire, comme conclusion en pensant à elles, il faut choisir : on est pute ou on ne l'est pas. A mi-temps, c'est-à-dire en assumant à moitié, cela paraît terriblement toxique. Les putes à plein temps, elles se forgent sûrement une carapace à toute épreuve. Enfin, on espère pour elles et on n'oublie pas que parfois, elles s'exposent à des clients...difficiles. Pour rester dans l'euphémisme...

Écrit par : Géo | 24 novembre 2017

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Pour essayer de comprendre, où ça coince, j'aimerais encore essayer à de réfléchir à loi / morale.

Que se passe-t-il réellement avec cette pub géante et ambulante ?
Si elle pose déjà un problème technique, si ses créateurs n'ont pas payé l'emplacement, c'est qu'elle est illégale. Avant même de poser un problème moral.
Donc elle ne devrait pas être là et l'université était donc dans son droit en la dénonçant.
Mais il y a une autre dimension par rapport à la loi, qui a été évoquée au sujet des sites-internet proposant de faciliter l'adultère entre personnes consentantes.
Une entreprise qui offre de servir d'intermédiaire entre des clients et des fournisseuses de prestations dans le domaine du sexe pourrait tomber sous le coup de la loi sur le proxénétisme. Car il existe des lois pour ça. Si cette organisation gagne de l'argent en faisant l'entremetteuse ... Bien sûr, elle fera semblant de ne pas pousser au sexe, mais on aura compris qu'il peut aussi s'agir de ça.
Les législations sont très différentes selon les pays et peut-être même selon les cantons.
Je n'en connais pas les détails, mais dans cette affaire il y a aussi cette dimension-là qui n'est pas de la morale pure.
Et plus j'y pense, plus je me dis que l'on a pas besoin de se justifier, si on dit sur un campus universitaire que telle ou telle publicité géante n'est pas à sa place et que les promoteurs de ce genre de sponsoring n'ont qu'à trouver d'autres idées de communication. Pourquoi ne pas payer leurs affiches sur la voie publique comme tout le monde, comme les vendeurs de canapés ou de sirop pour la toux ?!?! Pourquoi cette agence aurait-elle des passe-droits ?
Pour qu'on puisse faire preuve d'une largesse d'esprit très cool et ensuite être obligé d'admettre d'autres panneaux gratuits, par souci d'égalité de traitement ?

A mes yeux, les étudiantes ne sont pas empêchées de connaître le site de mise- en -relation, si on interdit le panneau géant sur la camionnette. Elles peuvent le connaître par des flyers, des affichages sur panneaux de taille réglementaire ou par les réseaux sociaux. Il y a aussi des articles dans les journaux. C'est comme ça que j'ai appris que ça existe ! Je n'avais pas besoin du camion, ni d'être sur un campus ! ;-)))
Alors oui ! Faisons confiance aux étudiantes pour trouver l'info par elles-mêmes !

Écrit par : Calendula | 24 novembre 2017

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@hommelibre,

Un paragraphe m'a vraiment interpellée :

"Il y a tabou, et ma foi c’est plus pratique que d’avoir à côtoyer tous les jours des couples en coït dans la rue. Mais quel est le fondement du tabou, et approuvons-nous toujours cette manière de voir? L’expansion de la pornographie (le sexe sans tabou, justement, qui montre ce que les autres cachent), du nu, la sexualisation forte du corps féminin dans de nombreuses occasions, ont sérieusement écorné le tabou."

Est-ce que je l'ai bien compris ?

Oui, j'approuve toujours le tabou concernant le coït en public.
Pourquoi ? D'abord parce que je valorise la pudeur. Et je n'ai pas de honte à le dire.
Non seulement est-ce plus "pratique" , mais il me semble qu'il y a une sorte de réflexe à ne pas assister aux ébats d'autrui. A moins d'être voyeur ou, pour des enfants, d'une curiosité naturelle.
En France, avoir une relation dans un lieu public tombe sous le coup de l’article 222-32 du code pénal. C’est considéré comme une exhibition sexuelle. Ça coûte un an de prison et 15 000 euros d’amende.
Je ne trouve pas l'équivalent dans la loi suisse, mais probablement par incompétence. J'imagine que ça existe aussi !

Je dirais bêtement que les tabous liés au sexe en public, comme bien d'autres tabous et "commandements" doivent avoir leur origine dans le besoin de règlementer la vie en société. Après l'exposition du corps nu des femmes, le coït public serait effectivement un pas logique, mais attendons déjà que l'on exhibe des corps nus d'hommes, avant d'envisager les étapes suivantes !
Vous aurez compris que je suis complètement réfractaire à l'idée du besoin de ce bris de tabou.
On n'aimerait peut-être pas que tous les tabous tombent non plus, parce que c'est quand-même plus simple et même agréable de ne pas avoir à contourner p.ex. des gens qui briseraient le tabou du besoin d'être dans des toilettes avec des portes. Déjà qu'il n'y a pas assez de place pour les piétons, vélos, poussettes, skate-boards, déambulateurs, scooters, voitures etc. Alors des gens qui briseraient le tabou de l'amour physique en public ...
Chaque chose à sa place !
Woodstock était un moment fugace et exceptionnel.

Écrit par : Calendula | 24 novembre 2017

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Hum Cher HL, il semblerait que JJ et Géo vous asticotent sans trop de bienveillance.
Du fleuret moucheté pour reprendre l'expression de l'un d'entre eux, mais le fer
taillade quand même et rentre dans le lard...Vous parlez trop et faites le malin paraît-il, vraiment marrant de la part d'un commentateur qui se répand ailleurs sur les blogs de la plateforme sous différents pseudos... Valait-il la peine de monter sur votre destrier de combat et de censurer et d'exclure Patoucha ? Allons, un bon mouvement et reconnaissez votre emportement...Suis pour la paix des braves.

Écrit par : Gislebert | 24 novembre 2017

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J'ai trouvé HL contradictoire, ce n'est pas une insulte, que je sache. Et en fait, ce n'est pas HL lui-même qui est en cause, mais la défense de ce mouvement en faveur de la prostitution des étudiantes/étudiants. La principale cause de ce que l'on appelle l'amour "éros", c'est la procréation, la création d'une descendance. Cet instinct de nidification des femmes les porte à choisir un mâle sûr et fiable, pour ne pas se retrouver seule à élever ses enfants. Cela a déjà sérieusement tendance à se casser la figure. La recherche du plaisir est un aspect secondaire et conduit à ce mercantilisme sexuel. Et personnellement, si j'avais une fille et qu'elle m'avoue se prostituer par appât du gain, je penserais avoir raté la transmission de valeurs qu'on peut légitimement demander à des parents responsables...

Écrit par : Géo | 25 novembre 2017

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@Géo,
J adhère à 100% à votre texte ci-dessus du 25 novembre 2017.

Écrit par : Charles 05 | 25 novembre 2017

Bonjour Géo,

Où avez-vous lu que je parlais d’insultes ? On peut parfaitement tailler des croupières (au figuré bien sûr pour rester dans les comparaisons épéistes) avec un interlocuteur en conservant la plus parfaite urbanité.

Par ailleurs, plutôt surprenant de vous retrouver en père La Morale, mettant en avant dans l’Eros la pulsion de procréation, bien réelle j’en conviens, de la plupart de nos compagnes, on dirait un éthologue traitant des femelle alpha des colonies de suricates… Ne croyez-vous pas qu’il serait temps, vu la surpopulation galopante, de changer le paradigme, comme l’on dit chez les gens biens, et d’accorder la primauté au plaisir de s’envoyer en l’air plutôt qu’à la procréation et ce foutu désir d’assurer sa descendance ?

Quant aux principes et valeurs que l’on peut et doit transmettre à ses enfants, il faut rester très modeste et sans trop d’illusions sur l’impact réel qu’ils peuvent avoir sur leur vie d’adulte. Ils en font ce qu’ils veulent ou ce qu’ils peuvent. En fonction de leur caractère propre bien sûr, mais aussi de l’air du temps et de la conjoncture.

Sur la prostitution, des bibliothèques entières ont été écrites.On peut vouloir l'éradiquer (on s'y essaie en Suède avec, disons, des bonheurs divers), on peut aussi vouloir supprimer la violence et la misère, les moulins à vent ne manquent pas. Tout cela disparaîtra avec la fin de l'espèce.

Écrit par : Gislebert | 25 novembre 2017

Une interrogation simple se pose: Quoi dites et comment réagissez-vous si une jeune fille/étudiante vous demande ce que vous pensez (et non pas l autorisation) si elle va "jouer" aux Sugar Babies? Surtout si cette fille en question était la vôtre ou votre soeur, par exemple? Allez vous la congratuler ou allez vous faire une jaunisse :)?

Bien à Vous.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 25 novembre 2017

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Gislebert@ Je pense avoir le droit d'avoir mes valeurs personnelles, qui sont certainement partagées par bien du monde. Vous et HL avez le droit d'avoir les vôtres. Je n'ai rien contre la prostitution, bien au contraire. Je pense que ces dames jouent un rôle important pour ceux qui ne pourraient plus avoir de relations sexuelles normales sans elles et je trouve incroyable de vivre dans une société qui est prête à payer pour que des handicapés disposent d'assistants sexuels (un néologisme pour prostitué...) et qui interdirait aux clients de s'adresser aux prostituées...
Mais j'ai l'impression que prostituée est un métier hautement risqué, tant sur le plan physique que moral. Je parierais que vous partagez cette opinion...
Et qu'en conséquence, cela ne se pratique pas comme n'importe quel job d'étudiant. Ce n'est pas tout-à-fait la même chose que de servir des frites dans un Mc Do. Quel danger y a t-il à cette perte de valeurs générale dans notre monde ? Cela me paraît évident, mais s'il faut tout dire : je tiens à ma peau quand je sors dans la rue, et à celles de mes amies aussi. En Amérique latine, la vie humaine ne vaut rien. On y tue pour quelques sous, pour un regard de travers. Pour rien. Ils ne sont pas encore arrivés à ce degré de civilisation où l'on comprend que l'Autre a peut-être de la valeur. Mais cette mentalité s'exporte bien et envahit le monde occidental, y compris maintenant chez nous. Un train entre Lausanne et Cully vient d'être bloqué de nuit par deux ados complétement tarés qui ont terrorisé les passagers, dont un handicapé. Le mécanicien a été battu et a dû être hospitalisé. Il est parfaitement évident que ce genre de choses va se multiplier chez nous comme c'est depuis longtemps le cas chez nos voisins. Le député UDC Jean-Luc Addor réclame le droit pour tous les citoyens de sortir armé. Au début, j'ai trouvé que c'était une pure folie. Mais si cela continue comme ça, que les filles deviennent toutes des putes sans âme et les garçons des voyous fiers de leurs sales coups, je vais être plutôt d'accord avec lui...

Écrit par : Géo | 25 novembre 2017

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@ Calendula:

Sur la question de la légalité de ce panneau dans la rue, nous sommes d’accord, s’il n’a pas été formellement autorisé. De ce point de vue n’importe qui est en effet en droit de dénoncer une illégalité qui deviendrait une norme envahissante si rien n’était fait.

Sur la question du proxénétisme il y a matière à suspicion, mais sans avoir lu en détail le site en question j’imagine que ses responsables ont dû parer à cela. Le proxénétisme est proscrit d’ailleurs parce qu’il est question de commerce du sexe, encore une fois. Faire l’entremise pour vendre une voiture ou un avion de chasse n’est pas proscrit.

Eh, oui, les étudiantes n’ont visiblement pas attendu ce panneau pour être informées.

Sur votre commentaire suivant:

Accepter un tabou comme allant de soi est évidemment plus simple que de le mettre en cause, tant sur son origine, sur les intentions de celles et ceux qui l’ont imposé, sur nos propre ressentis à l’idée qu’il puisse éventuellement être supprimé. Je pense d’ailleurs que le tabou sur le coït en public durera encore très, très longtemps. Je pense que c’est tant mieux, parce que sa suppression supposerait une telle évolution des mentalités et de la philosophie en général que les conséquences d’une suppression seraient probablement compliquées à vivre.

De plus si la sexualité est fondamentale dans toute espèce, les humains ont d’autres intérêts qui prennent les devants, comme la construction de normes sociales, la justice, et bien d’autres. Pour autant je constate que l’origine du tabou n’est pas claire, et que le mettre en question n’est pas pour moi un sacrilège anti-moral.

Je valorise aussi la pudeur (je me suis déjà exprimé sur ce point), par exemple sur les réseaux sociaux – mais pas que là. Mais à défaut de vivre dans une société unie autour d’un socle moral identique pour tous et toutes, j’admets que les principes des uns ne sont pas ceux des autres, en particulier dans une époque de liberté individuelle très valorisée. Dans une époque également où différentes cultures s’affirment avec parfois des principes très différents ou contradictoire, il peut être sensé de reposer nos propres fondements.

J’entends bien le refus de briser ce tabou précis du coït en public. Il restera probablement l’un des dernier. Mais combien d’autres ont été brisés depuis 100, 200 ans? Faire l’amour avant le mariage, avoir des enfants hors-mariage, par exemple.

Je ne connais toujours pas l’origine précise du tabou « en public ». Mais je dois dire que si j’étais devant un coucher de soleil calme sur la mer, entendre les ébats d’un couple près de moi me dérangerait probablement autant que le bruit d’un moteur. De ce point de vue je vous rejoins: chaque chose a une place, pas la même pour tout. Et en effet, Woodstock n’a été possible que grâce à une époque particulière et des circonstances tout aussi particulières.

Écrit par : hommelibre | 25 novembre 2017

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@ Géo, je pense depuis longtemps qu’il est profitable de garder et assumer certaines contradictions. J’ai les miennes, en plus d’être touché par celles de notre époque. J’ai très peu de certitudes intangibles, j’ai plutôt des paliers de réflexion organisés autour de certains ancrages. Les contradictions sont le signe d’une souplesse intellectuelle dans des domaines sur lesquels ma réflexion n’a pas encore abouti à un palier.

La liberté individuelle fait partie de mes ancrages. Avec cela va le refus d’une autorité extérieure, sauf si je la choisis en connaissance cause. La loi ne peut empêcher une personne de louer ses charmes, c’est sa liberté.

Il fut un temps où les prostituées étaient mises au banc de la société. Je note au passage que le Jésus qui nous est présenté dans les évangiles n’était pas si absolutiste avec tant la prostituée que la femme adultère.

Je le cite parce que je me sens souvent proche de l’attitude qui lui est attribuée: poser de bonnes questions, contribuer à mettre la personne devant les responsabilités qu’impliquent ses choix, suggérer sans condamner qu’il y a des inconvénients à ce métier, et que socialement cela reste difficile à assumer. Vous mentionnez les risques physiques et moraux, ils existent. Je préfère ce discours, plus pragmatique, au jugement moral fort peu étayé de JJ.

J’en suis aussi à me demander s’il ne faut pas décourager les hommes à se marier, voire à faire des enfants (vivement la pilule masculine), mais c’est peut-être une question d’âge et d’expérience.

Dans l’éducation je privilégie le développement de la pensée et des émotions authentiques. Je n’aurais pas encouragé ma fille sur la voie de la prostitution parce que je ne pense pas que ce soit une voie qui offre progression intellectuelle et personnelle.

Mais je me refuse à condamner celles qui s’y livrent. J’ai peut-être trop été sensible au discours qui à une époque soutenait les prostituées en tant qu’être humains à part entière, à l’encontre de ceux qui en faisaient un déchet humain.

Écrit par : hommelibre | 25 novembre 2017

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 @ Charles05:

Bonne question. Je joue le jeu.

Que dirais-je à une jeune fille qui me demande mon point de vue (et non mon autorisation) sur le fait qu’elle veut être une Sugar Baby?

Je poserais des questions, en partant toutefois d’un préalable: la prostitution reste une activité mal vue par la société. Elle s’expose à un jugement collectif qui la desservira. Ce n’est pas non plus sans risque physique (violence, maladies) ou psychique (estime de soi, jugement négatif sur les hommes).

Je lui demanderais le pourquoi de sa décision. Je lui demanderai probablement comment elle se sent avec cela quand elle ferme les yeux et s’imagine dans la situation.

Ensuite je lui poserai des questions. A-t-elle bien soupesé les choses, avantages et inconvénients compris? Pourra-t-elle préserver une image positive d’elle-même et des hommes? Saura-t-elle poser des limites le cas échéant?

Mais aussi: quelle sera sa vie affective à côté d'une telle relation: avoir un compagnon plus jeune ou pas, le lui dire ou pas, bref s’engager dans une voie où elle sera probablement moins libre moralement que si elle bossait au McDo?

Et pourra-t-elle en parler comme d’une chose simple avec ses amis? N’est-ce pas une bonne chose de pouvoir assumer ouvertement sa vie? Toutefois, si elle est déterminée, je lui dirai de rester discrète, pour se préserver elle-même. Je lui dirais aussi que je reste disponible pour en reparler autant qu'elle le souhaitera.

Voilà, en gros et sans y avoir plus pensé, comment je réagirais. D’autres questions viendraient en situation, je ne pense donc pas être exhaustif.

Écrit par : hommelibre | 25 novembre 2017

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H.L.,

Vous avez très bien répondu et écrit. Chapeau et Merci.

Et si j inverse le questionnement comme ceci:Que dirais-je à un jeune ado(garçon donc) qui me demande mon point de vue (et non pas mon autorisation) sur le fait qu’il veut être un Sugar Baby pour un Mec ou une femme pour exemple une Cougar? Je crois qu hélas la même réponse ne serait bsolument pas la même donnée à la jeune fille? Non?

Pour répondre à ce "jeu", moi j espère jamais imaginer qu une jeune ou qu un jeune (de mon entourage) me demanderait un jour ou l autre l avis sur cette question (bien que cela pourrait arriver...)

Bien à Vous.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 25 novembre 2017

@hommelibre,

Comme si souvent, je me rends compte qu'on est d'accord sur le 90% , au moins !
C'est un exercice de communication assez poussé que d'arriver à cette conclusion, alors qu'au départ, je pensais qu'on n'était pas du tout sur des terrains approchants.
Ce passage m'a convaincue définitivement : "entendre ( ...) me dérangerait probablement autant que le bruit d’un moteur." Je n'y avais pas pensé, parce que j'étais dans le visuel - mais oui ! C'est envahissant, comme si mon périmètre de sécurité était entamé.
La promiscuité est un des problèmes majeurs de la vie en société. Je fais partie de ceux qui en souffrent énormément.

L'origine du tabou sur la sexualité en public ?
Peut-être que le besoin d'exclusivité (dont nous avons débattu à l'occasion d'un de vos précédents billets) y est pour quelque chose...

Écrit par : Calendula | 25 novembre 2017

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Oui, je pensais justement la même chose: le besoin d'exclusivité peut être une raison.
J'aborde bientôt quelques pistes sur l'exclusivité de l'homme.

Écrit par : hommelibre | 25 novembre 2017

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