17 novembre 2017

Migrants vendus comme esclaves en Libye : la route du diable

D’un côté l’Europe tente d’inverser le flux migratoire, sous la pression de populations hérissées. De l’autres des tribus libyennes renouent avec la grande tradition esclavagiste arabe. Entre les deux, le rêve de l’Eldorado s’achève sur un marché aux esclaves.

 


Immi17-01.jpgDécalage

Il y a deux jours France Info donnait la parole à François Gémenne, chercheur en science politique. À la suite du haut-commissaire de l’ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, il dénonce une responsabilité des gouvernements européens dans ce « camp de concentration à ciel ouvert » qu’est devenu la Libye.

On sait que récemment encore, la Conseillère fédérale socialiste Simonetta Sommaruga soutenait la création de centres d’accueil en Afrique en collaboration avec les autres États européens.

La culpabilisation des européens est toujours un fond de commerce. Mais depuis la grande manipulation faite autour du petit Aylan mort sur une plage turque, et l’ouverture sans filtre des frontières à la vague massive de migrants et de réfugiés, les populations européennes se rebiffent. Et pas seulement européennes.

Un sondage Ipsos portant sur 25 pays dans le monde, dont l’Afrique du Sud, le confirme: rares sont ceux qui voient l’immigration comme positive pour leur pays (image 1, cliquer pour agrandir). Globalement plus de la moitié des sondés pense qu’il y a trop d’immigrés chez eux (image 2).

Le risque terroriste est une des causes mais pas la seule. Ce sondage montre aussi le décalage entre les populations et leurs élus.

 

 

immi17-02.jpgProspérité

Cela dit la situation des migrants en Libye est terrible. En particulier on apprend que certains sont vendus comme esclaves, comme le montre la vidéo de CNN ci-dessous.

Intox ou réalité? La question se pose au vu des nombreuses manipulations sur le sujet, ainsi que du parti-pris immigrationiste des ONG sur le terrain et de la posture sentimentalo-humaniste et auto-culpabilisante d’une large partie de la presse. Toutefois de nombreux témoignages accumulés depuis au moins deux ans, en particulier sur la violence et la cupidité des filières de passeurs, semblent confirmer cette réalité.

On accuse les gouvernements européens, et plus généralement les populations du vieux continent, de se décharger du problème des migrants sur la Libye et l’Afrique. Ce ne seraient pas des migrants économiques mais des réfugiés fuyant les atrocités. Pourquoi alors passent-ils en Libye s’ils connaissent l’horreur qui s’y déroule?

Les responsables de la situation ne sont pas les gouvernements européens, ni leurs populations auxquelles on force la main émotionnellement pour accueillir de plus en plus de migrants économiques. Le développement lent et chaotique de l’Afrique subsaharienne est actuellement la première cause.

La deuxième cause est ce rêve de l’Eldorado que représente l’Europe. Cette Europe qui est devenue prospère par le travail et la créativité de ses populations. La troisième sont les filières de passeurs sans foi ni loi, qui s’enrichissent à milliards sur le dos des migrants.

 

 

immi17-03.jpgDifférents

Ceux-ci sont aujourd’hui majoritairement reconduits en Libye après une tentative de traversée de la Méditerranée. Les affaires des loueurs de bateaux sont à la baisse?  Qu’à cela ne tienne: les passeurs changent de business et vendent cette marchandise humaine jusqu’à 800 dollars par tête. Et nous devrions en être responsables et coupables? Non.

Les migrations sont normales entre les pays. Mais elles doivent être régulées par les États selon les possibilités économiques, sociales et culturelles. Ne pas tenir compte de la prééminence culturelle des pays accueillants est un crime contre la culture et un mépris des peuples qui en sont dépositaires.

Qui oserait aujourd’hui affirmer que les cultures africaines ne sont pas importantes, qu’il faut les dissoudre, qu’elles sentent la naphtaline ou représentent la partie réactionnaire et nationaliste des africains? Ce serait considéré comme du colonialisme culturel. Eh bien en Europe les gouvernants doivent également tenir compte des capacités culturelles et sociales d’assimilation des nouveaux arrivants. Il n’y a aucun égoïsme particulier à cela: c’est le plus élémentaire respect de soi-même et de notre histoire.

L’accueil de migrants doit donc être pensé. En nombre, afin d’éviter les regroupements communautaristes dans le pays d’accueil. En qualité professionnelle: leurs compétences doivent correspondre à un besoin chez nous afin de les intégrer au plus vite et au mieux. En pays de départ: il est souhaitable de varier les origines culturelles et confessionnelles, là encore pour éviter les regroupement communautaristes et les tensions culturelles qui en découlent, surtout entre des cultures aux principes très différents.

 

 

immi17-04.jpgDiffusion culturelle

Il ne s’agit cependant pas d’anéantir les cultures d’origine. Les migrants sont des identitaires, comme tous les peuples. Garder une mémoire et des signes (musique, rites coutumes, etc)  d’où ils viennent est important. La diffusion d’une culture dans une autre doit être lente, souvent sur plusieurs générations. Les juifs ont toujours une nostalgie qui leur rappelle leurs origine et leur identité de peuple. Les afro-américains cherchent et exaltent leurs racines. Et ainsi pour d’autres.

Un forçage comme celui auquel on assiste en Europe me paraît dangereux. D’une part il est manipulé politiquement – la gauche française ayant accaparé la cause immigrée comme celle d’un nouveau prolétariat. Et puis, forcer moralement à accepter en nombre des ressortissants de cultures parfois très fortes, comme l’est la culture musulmane, contient un haut risque de refoulement.

C’est peut-être ce qui se passe avec les beurs de troisième génération. Leurs aïeux primo-arrivants ont ingurgité de la culture française bien avant la montée de l’islam identitaire et politique actuel. Les descendants se réclament à nouveau, pour beaucoup, de cette culture de leurs ancêtres. C’est possiblement une démarche identitaire de retour du refoulé, attisé par les plus identitaires parmi les musulmans.

Les deux cultures, l’accueillante et l’invitée, se diffusent l’une dans l’autre. Il peut se créer des nouveaux éléments issus de cette diffusion mutuelle. Mais il faut du temps. Les revendications dures et agressives actuelles de la part de minorités ethniques ou culturelles peuvent contraindre au refoulement et semer les germes de son retour ultérieur.

 

 

immi17-05.jpgLa route du diable

Il est également impératif de distinguer les réfugiés des migrants économiques. Ces derniers doivent suivre une procédure légale, comme nous le ferions si nous-mêmes souhaitions émigrer vers un autre pays.

Tous les États ont un devoir impératif de réguler les flux migratoires pour préserver leur stabilité et une certaine homogénéité sociale. Je suis toujours étonné que l’on puisse voir en cela un simple égoïsme national, qui plus est moralement répréhensible. C’est à mon sens être déconnecté de la réalité, et c’est un déni du droit des populations préexistantes à s’auto-déterminer.

Accueillir indistinctement le plus grand nombre n’est pas de l’humanisme: c’est du sentimentalisme délétère. Le vrai humanisme est de soutenir les pays moins favorisés à se développer au profit de leurs populations. Il est normal, dans cette perspective, de décourager les migrants qui ne respectent pas les procédures légales à prendre la route des passeurs, la route de la mort, la route du diable.

Les réfugiés de guerre doivent eux être pris en charge d’abord dans les pays limitrophes, pour faciliter le retour dans leur homeland une fois la guerre terminée.

Accueillir les réfugiés proches: c’est ce qu’avait fait la France pendant la guerre civile espagnole. C’est que la Suisse et d’autres feront encore si d’aventure l’Union Européenne ne parvenait pas à contenir les risques de guerre interne, risques qui ne sont pas éteints.

 

 

 

17:13 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Depuis la fin des colonies une grande partie de l`Afrique est devenue un vrai boxon, une madmax zone pour politiciens corrompus, guérillas islamistes et pseudo-révolutionnaires, seigneurs de la guerre psychopathes et maffias de toutes sortes y compris de trafic d`esclaves. Qui achete les esclaves? ceux qui en ont les moyens et dont le pays n`interdit pas l`esclavage. Inutile de les nommer, tout le monde les connait. Les esclaves sexuels en particulier -jeunes gens et enfants des deux sexes- se vendent bien a d`autres organisation criminelles spécialisées dans la prostitution au niveau international et meme intercontinental. Et puis, il y a aussi ceux qui achetent de l`esclave comme matiere premiere pour organes a transplanter... les acheteurs en fin de chaine étant parfois des cliniques privées européennes meme pas balkaniques ou est-européennes... Ergo, autant se faire a l`idée qu`un tel boxon combiné a une natalité toujours galopante sont une garantie de tsunamis migratoires futures en direction de l`Europe.

Écrit par : JJ | 17 novembre 2017

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@ JJ

" Inutile de les nommer, tout le monde les connait."

nommez les !!!


@ hommelibre

" Les descendants se réclament à nouveau, pour beaucoup, de cette culture de leurs ancêtres. C’est possiblement une démarche identitaire de retour du refoulé"

"je ne suis pas d'accord avec le retour du refoulé, c'est surtout, qu'avec la domination du politiquement correct, ces jeunes n'ont aucune raison de respecter notre culture.

dans la déséducation nationale c'est une catastrophe. pour plaire aux voyous des banlieues

https://www.babelio.com/livres/Nogaret-Du-Mammouth-au-Titanic/982131

Écrit par : leclercq | 17 novembre 2017

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"pour plaire aux voyous des banlieues"
Surtout pour éviter de confronter avec l'impuissance des "pouvoirs publiques" à traiter le problème de ces banlieues et de leurs habitants.
Cela en partie pour avoir évité de les affronter dès leur origine.

Écrit par : Mère-Grand | 17 novembre 2017

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@ Mère-Grand

les jeunes des banlieues sont devenus des voyous, c'est le politiquement correct aidé du corps enseignant qui a fait ce qu'il faut pour qu'ils deviennent des voyous.

dons ils sont bien incapables de traiter le problème puisque ce sont eux qui le fabrique le problème. ils chérissent les causes dont ils déplorent les effets.

https://www.youtube.com/watch?v=m7ScSKOh3xg

Écrit par : leclercq | 19 novembre 2017

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" Les descendants se réclament à nouveau, pour beaucoup, de cette culture de leurs ancêtres. C’est possiblement une démarche identitaire de retour du refoulé"

non ils sont juste victimes du victimat, c'est tout.

https://www.valeursactuelles.com/societe/anne-sophie-nogaret-les-professeurs-ne-considerent-plus-la-connaissance-comme-une-valeur-90456

Vous écrivez que les élèves d’origine immigrée “sont victimes du victimat”. Qu’entendez-vous par là ?

On leur a répété depuis le berceau qu’ils sont victimes : les associations qui sévissent dans les cités depuis des décennies parce que les mairies leur en ont délégué la gestion par clientélisme, par laxisme, par peur de voir les voitures flamber, diffusent l’idée que les français sont racistes, que la laïcité en veut à l’islam, et qu’ils étaient eux à la fois différents et supérieurs, irréductiblement. Je connais des gens nés ici, qui ont dépassé la quarantaine, qui ont réussi leurs études et leur vie professionnelle et qui sont intimement convaincus qu’il y a un “nous” et un “eux”, et qu’ils sont persécutés parce que musulmans.

Lorsqu’on leur demande quelles “persécutions” ils ont subies à titre personnel, ils ne savent évidemment pas quoi répondre : ils parlent de regards, d’un “ressenti”, ou évoquent des rumeurs que rien ne permet de vérifier. Ce discours, répandu depuis des décennies par l’islam politique, est complètement repris par les institutions et les associations oeuvrant dans le social, dans le socio-culturel, et par l’école.

Au lieu de contrer ce discours, on l’a au contraire développé, encouragé, et cautionné. Il est difficile pour un élève d’origine maghrébine ou africaine de s’y soustraire, car même s’il voit bien qu’il n’est pas persécuté, tous autour de lui affirment que si. Et il y a tant d’avantages de nos jours à être considéré comme une victime qu’il faut une sacrée force de caractère pour échapper au filet…

Écrit par : leclercq | 20 novembre 2017

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