11 octobre 2017

À Genlis, un coupable sur un plateau

C’est une bourgade posée à 16 km au sud-est de Dijon. Dans cette riche plaine de Bourgogne on est ancré dans la terre. On ne se pose pas trop de questions: la première explication sera la bonne. Éric P., enseignant en remplacement dans une classe de maternelle de l’école La Chênaie, en fait les frais.

 


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Éric P. est instituteur. Il exerce depuis dix ans. En ce 14 novembre 2016 il commence un remplacement, prévu pour durer deux semaines. Dans sa classe de maternelle l’enseignante qui seconde la titulaire une fois par mois est présente. Par ailleurs un ATSEM (Agent territorial spécialisé dans les écoles maternelles) est régulièrement présent dans la classe.

Trois jours plus tard, le 17 novembre, il est arrêté et placé en garde à vue. Une fillette de 4 ans l’aurait désigné comme agresseur sexuel:

« La victime présumée, la petite Julie, qui a eu 4 ans la veille du dépôt de la plainte, présente effectivement, selon l’expertise médicale, des traces d’agression sexuelle. Aux dires de sa mère, elle désigne spontanément l’enseignant. L’agression se serait déroulée le lundi 14 novembre, jour où le père découvre des traces de sang dans la culotte de sa fille au moment de la douche du soir. »

Il est rapidement incarcéré et mis en examen. Quatre mois de détention provisoire, une mise à l’écart par l’Éducation Nationale qui supprime son salaire, et la vie d’Éric bascule.

La justice à gros sabots charge la barque. Et ne dit rien des éléments qui devraient la faire douter. Par exemple:

« Ce lundi 14 novembre, l’enseignant n’est pas seul sur le poste en question. C’est pour lui le premier jour d’un remplacement de deux semaines de la directrice en stage et l’enseignante qui a l’habitude de décharger la titulaire une fois par mois (un lundi sur quatre) est également présente. Par ailleurs, l’ATSEM est très régulièrement présente également dans la classe ou pour le passage aux toilettes. »

 

 

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« Les dépositions des adultes présents ce jour-là dressent un tableau parfaitement normal du déroulé de la journée. Ni cris, ni pleurs, ni tristesse, ni le moindre petit changement de comportement de la part de Julie n’est signalé. Pourtant l’agression a été violente, au point de laisser des traces de sang de la culotte de l’enfant. »

Mais également:

« Dans ses déclarations, le lieu de l’agression change à chaque nouvel interlocuteur. Pour sa mère, cela s’est passé aux toilettes. Pour le médecin qui constate les lésions, cela s’est passé dans la salle de jeux. Pour les enquêteurs, cela s’est passé au coin cuisine (à priori dans la salle de classe). Pour la psychologue, cela s’est passé dans la salle de classe mais elle ne sait plus où…

Au vu des témoignages, cela n’est possible dans aucun de ces lieux. Le juge d’instruction en convient et décrète donc de son propre chef que cela s’est passé lors de la sortie en récréation, seule « fenêtre » possible, laquelle n’est pourtant à aucun moment évoquée par l’enfant. »

La mère de Julie est gendarme. Elle est donc supposée savoir qu’il y a une procédure pour recueillir la parole d’un petit enfant, afin d’éviter tout risque d’influence ou de manipulation (même involontaire). Pour cette raison les audiences doivent être filmées. Cette mère ne l’a pas fait. Elle a peut-être réagit avec trop d’émotion – mais quelle mère ne serait pas choquée d’entendre son enfant raconter une possible agression sexuelle?

Autre élément troublant:

« Le mercredi midi, donc juste avant les déclarations de la petite, la mère récupère sa fille à l’école et aperçoit pour la première fois le maître. Elle le décrit à cette occasion comme quelqu’un « au teint mat, mal rasé, le regard fuyant… ». Difficile de penser que c’est en toute impartialité et sans arrière pensée qu’elle est retournée auprès de sa fille et a obtenu les aveux « spontanés ». 

 

 

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Plus troublant encore : le témoignage de la mère change soudain devant la psychologue chargée d’expertiser Julie. Ce n’est plus à elle que la petite s’est confiée mais au père au moment de sa douche en revenant de l’école « le jour de ses quatre ans. »

Enfin, au printemps 2017, une analyse de la culotte de Julie révèle une tache de sperme, qui est celui du père ou d’un proche parent du père. Par contre il n’y a aucune trace d’ADN de l’instituteur. Le sperme a-t-il été déposé par contact alors que la culotte était dans le panier à linge? Ce n’est pas impossible. Mais pourquoi avoir laissé cette pièce à conviction dans le panier à linge jusqu’au mercredi, alors que, selon la mère, sa fille se serait confiée au père dès le lundi?

Malgré tous ces éléments troublants, ces contradictions, les approximations et l’impossibilité matérielle de commettre ce crime, l’instituteur reste aujourd’hui inculpé et considéré comme un dangereux prédateur. Un journal local, Le Bien Public, annonce sa certitude non étayée: Genlis, une fillette de 4 ans violée à la maternelle.

Dans ce genre d’affaire il n’est pas rare que la justice s’emballe, ou s’accroche à un coupable idéal. Ici, avec sa tête que la mère gendarme juge de teint mat, mal rasée et au regard fuyant, le coupable est idéal et servi comme sur un plateau.

Ce jeudi 12 octobre le Comité de soutien à Éric P. invite à un rassemblement devant la Cour d’appel de Dijon. L’enseignant demandera le statut de témoin assisté (ce qui permettrait de ne plus être « mis en examen », d’obtenir de nouveaux droits ainsi que la levée totale du contrôle judiciaire).

À ce stade Éric peut encore croire à la possibilité d’être traité correctement par la justice, voire d'être disculpé. Mais sa vie a basculé. Et cette bascule-là est définitive.

 

 

 

Courte présentation de l'affaire:

 

 

 

08:58 Publié dans Divers, société | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : genlis, la chenaie, enseignant, éric p., viol, julia, fausse accusation, accusation infondée | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Merci pour ce récit objectif, lucide et vrai. Je réfute juste la possibilité pour la grande tache de sperme 7 cm sur 2,5 à l'endroit exact du sexe de l'enfant avec le sang de la petite en assez grande quantité aussi,( effroyable agression !)d'une pollution dans le linge sale auquel s'accroche juge et procureur pour je ne sait qu'elle raison inexplicable! POURQUOI ne pas mettre en examen l'auteur connu des spermes ! Cette question m’obsède. Quand on voit l'expertise on s'aperçoit que la pollution dans le linge sale est complétement impossible ! pourquoi la justice refuse de protéger la petite et sa sœur, et peut être des enfants de l'entourage ? Peut être que cet enfant à l'adolescence demandera des comptes à la justice sur les sévices dont on ne l'a pas protégée !

Écrit par : Agnès | 11 octobre 2017

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"La mère de Julie est gendarme"

métier où on doit être impartial, droit dans ses bottes, mais c'est une femme, avec tout l'émotionnel dont elle sont capables, et elle se sert de sont statut de gendarme pour faire de l'injustice !!!

Écrit par : leclercq | 11 octobre 2017

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@ Agnès:

D'accord avec vous. Cette tache, décrite comme grande et compacte d'après les dimensions, aurait-elle pu être mise par simple contact dans la corbeille? J'en doute, comme vous.

Écrit par : hommelibre | 11 octobre 2017

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Une chanson de Johnny: Vivre pour le meilleur :)

Merci John :)

Écrit par : Patoucha | 11 octobre 2017

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Sur le site de France 3...comme chaque fois qu'il y a eut un article dans le Bien Public, voici ce que dit la Justice par le biais du procureur:
-Le parquet de Dijon assure qu'il suit de très près cette affaire, que des investigations sont toujours en cours et qu’elles ne se focalisent pas
uniquement sur la piste de l'instituteur.
UNE MAMAN EN COLÈRE
-J’aimerai que la justice m’explique:
POURQUOI si la justice ne se focalise pas UNIQUEMENT sur la piste de
l'instituteur le juge qui a le résultat de l’expertise sur son bureau
depuis le 23 MARS 2017…soit 6 mois ...pourquoi ses investigations ne se sont pas portés aussitôt vers le propriétaire des spermes ? (depuis 6 mois)
POURQUOI ayant le résultat de l’innocence de mon fils le 23 mars, le juge le 24 mars, fait sortir Eric de prison à 480 km de sa femme et ses enfants, sous contrôle strict.IL SAIT QU'IL EST INNOCENT !
POURQUOI alors que la mère de l'enfant est gendarme, le juge demande à la GENDARMERIE (dont sa brigade +celle de recherche) de mener l’enquête (à charge et d'après l'avocat Dijonnais d'alors avec un acharnement hors du commun)
POURQUOI parce que Madame est gendarme, on doit croire sur parole que l'enfant à été naturellement confié à ses parents son viol.Quand on sait que cela se passe le lundi culotte avec du sang, la mère porte plainte que le mercredi ? après avoir vu Eric le teint MAT...révélation ! c'est lui, l'enfant confirme. Ensuite elle raconte dans sa voiture avec le haut parleur, sa fille derrière "le viol de sa fille par son maitre" à son supérieur. Et cela n'interpelle pas le juge ?
POURQUOI mon fils n'a pas eut le droit d'un coup de fil à sa femme, comme la loi le prévoit en étant mis en garde à vue ?
POURQUOI la psychologue expert, était la même pour l'enfant et mon fils ? c'est une spécialiste "des adultes", pas des enfants d'après son site ?
POURQUOI on laisse une enfant proche de son violeur.? (depuis 6 mois)
POURQUOI le violeur n’a pas été de suite mis en garde à vue.
POURQUOI comme souvent il faut que les médias s’en mêlent pour obliger la justice à faire son travail.
Maintenant grâce au B.Public, puis au journal Détective puis France 3, et France 5 qui prépare "un le Monde en face" enfin je crois au changement de statut de mon Eric pour cet appel.
Autrement la justice va trop s’enfoncer dans ses aberrations terrifiantes.
J'ai vu la descente aux enfers de toutes la famille...c'est HORRIBLE

Écrit par : Agnès | 12 octobre 2017

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ce qui arrive à cet enseignant est-ce la tendance actuelle des mères donnant toujours raison à leur enfant, qui se trouve dans ce cas là poussé à son paroxysme ?
ces mères ne respectent plus les enseignants, faut-t'il que le pères reprennent leur rôle dans l'éducation, ne soient plus des mères bis pour que les enseignants soient à nouveau respectés ?

en plus ces femmes se soutiennent entre elles, (La rectrice de l’académie de Dijon et l’inspectrice d’académie de Côte-d’Or ont immédiatement pris toutes les mesures nécessaires) comme dans les affaires de divorce, au lieu d'avoir le moindre recul.

résultat aucune enquête de Gendarmerie, les affirmations de la mère Gendarme en tienne lieu, mais dans ce cas elle trahit son métier, elle redevient une mère sans aucune objectivité.

"Pour le reste, elle est très vindicative, n’hésitant pas à dire dans sa déposition : « Je suis sûre qu’il l’a déjà fait. Il faut l’empêcher de nuire »"

plus que de l'émotionnel féminin, qui s'en fout de détruire la vie de cet instituteur et de sa famille.

"La rectrice de l’académie de Dijon et l’inspectrice d’académie de Côte-d’Or"

ces femmes veulent t'elles exclurent les hommes de l'éducation des enfants, on peut le croire, 85% de femmes dans l'enseignement et de plus en plus de directives enlevant toutes autorité aux enseignants, le constat est alarmant une remise à plat de tout ce système inefficace est urgent.

Écrit par : leclercq | 12 octobre 2017

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la faute en revient aux juge d'instruction, il a vu des personnes avec des fonctions en face de lui, alors qu'il fallait qu'il voit prioritairement qu'il avait des femmes en face de lui dont une mère.

et comme la justice n'aime pas revenir sur ses décisions on voit le résultat.

Écrit par : leclercq | 13 octobre 2017

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http://www.lexpress.fr/actualite/societe/famille/remettre-l-enfant-a-la-bonne-place_489894.html

"Mais il y a toujours eu un contre-pouvoir qui s'est exercé, celui des hommes ou celui de la société, empêchant les mères d'aller au-delà d'une certaine limite. Si elles vont au bout de ce pouvoir incommensurable, elles deviennent destructrices. Aujourd'hui, il n'y a rien pour les en empêcher.

cette affaire m'a fait penser à cette phrase.

où est le contre pouvoir à ces femmes ?

et effectivement La gendarmette est devenue destructrice.

Écrit par : leclercq | 13 octobre 2017

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