29 septembre 2017

Adieu madame, adieu monsieur : bienvenue en Absurdistan

En août, la municipalité d’Amsterdam recommandait à ses employés d’éviter autant que possible les termes Monsieur et Madame. Elle préconisait l’usage d’un langage plus neutre, non sexué, pour les personnes souffrant de dysphorie de genre. Pourquoi?

 


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Pour éviter de mettre mal à l’aise ces personnes qui ont changé de genre ou de sexe. Changer de genre c’est se choisir homme ou femme quelle que soit notre identité sexuelle à la naissance. On garde son sexe de naissance, morphologiquement et biologiquement, mais on prend l’apparence et les comportements de l’autre sexe.

Changer de sexe c’est se faire opérer et remplacer ses organes génitaux par ceux de l’autre sexe. Particularité: on reste génétiquement de son sexe de naissance mais on a changé radicalement sa morphologie. Ce changement ne permet pas la reproduction de l'espèce.

En quoi garder les mots Madame et Monsieur serait-il dérangeant? Une personne ayant changé de genre ou de sexe a choisi les apparences et attributs de l’autre sexe. Il n’y a que deux sexes, et partant, deux genres en ce qui concerne l’identité sexuelle.

Le sexe neutre n’existe pas. C’est une invention déraisonnable, que les politiciens ne devraient pas reprendre à leur compte. La nature a établi une norme. Elle consiste en la prévalence numérique et en la répétition d’une forme de sexualité permettant naturellement la reproduction.

 

 

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La liberté individuelle, devenue un fondement de notre société et qui découle de la souveraineté individuelle, permet à chacun de se définir. J’y souscris. Je suis en accord avec la liberté de vivre une sexualité différente de celle, normative et majoritaire, des personnes hétérosexuelles.

Mais l’identité de genre, fondée initialement sur l’identité sexuelle biologique et les rôles que celle-ci induit, ne saurait à mes yeux se suffire d’un ressenti subjectif. Je ne souscris en effet pas à l’idée que le genre ne serait qu’une construction sociale sans fond initial biologique normatif. C’est une au mieux une hypothèse.

En faire un débat de société n’est pas de la transphobie comme on l’entend souvent – un mot inadéquat destiné à intimider moralement, et qui permet de surfer sur la tendance victimaire de notre époque. On refoule par intimidation morale. Cela écarte tout débat public et tout expression de désaccord. Pourtant on ne doit pas se laisser impressionner par cette intimidation morale.

La transsexualité comme l’homosexualité posent question à de nombreuses personnes. C’est normal. Il faut du temps et de la réflexion pour intégrer une différence aussi importante. Tout accepter sans discussion par crainte d’un jugement moral négatif n’est pas la bonne posture. Le risque à long terme est un retour de bâton, un retour du refoulé,  conséquence d’un forçage moral. Le débat doit avoir lieu, d’autant plus que l’oligarchie LGBT déconstruit ouvertement l’hétérosexualité et influe pour faire renoncer aux termes qui désignent traditionnellement les genres dans notre société.

J’entends bien le malaise que peuvent avoir certaines personnes dont l’identité ressentie n’est pas l’identité sexuelle biologique de la naissance. Un malaise social autant que personnel. J’entends aussi que l’on valide socialement et juridiquement le subjectif, le ressenti, sans plus de substrat matériel pour l’asseoir. Mais inventer un troisième genre, je ne prends pas. Il n’y a pas d’égalité des genres avec les transsexuels car il n’y a pas trois genres: la dysphorie n’est pas un genre en soi.

 

 

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Cela dit, en quoi un homme devenu femme serait-il gêné d’être désigné par le terme Madame? Cet homme a bien choisi d’être femme, d’en avoir l’apparence et les comportements. L’appeler Madame est donc cohérent, non discriminant et respectueux de son choix.

Les personnes trans ne se révèlent pas facilement. Il semble qu’elles soient nombreuses à garder leur transformation secrète. On peut travailler à leurs côtés sans rien deviner. Les opportunités d’en croiser une dans sa vie semblent rares.

Au passage on constate, par l’existence des trans, que les identités masculines et féminines sont essentiellement différentes, dans les attributions sociales et les représentations du genre comme dans la biologie. Vouloir être homme quand on est femme, et vice-versa, en est la démonstration.

Respecter les personnes trans doit-il passer par l’abandon des terme Madame et Monsieur? Et pourquoi accepterait-on d’enlever quelque chose à la majorité des humains, soit les hétéros, au profit d’une oligarchie sexuelle LGBT?

Si je voyage en train, les annonces s’adressent aux passagers ou aux clients. Il n’y a pas de problème à entendre un Chers Voyageurs et voyageuses. Mais si je suis à un guichet de gare, comment me saluera-t-on? Bonjour Monsieur, ou Bonjour cher humain dégenré bien que d'apparence masculine? Bonjour peut suffire.

Et si dans un meeting un homme demande la parole, le modérateur ou la modératrice diront-ils: La parole est à cette personne qui ressemble à un homme

 

 

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Plutôt que de supprimer les Madame et Monsieur, je suggère d’inventer un titre pour désigner les personnes transgenre. Par exemple:

 

Masieur pour les FtoM (Female to Male, femmes devenues hommes);

Mondame pour les MtoF (Male to Female, hommes devenus femmes).

 

On saurait exactement à qui l’on a affaire.

Quant aux toilettes spécifiques pour les personnes trans je ne comprends pas la demande. Un homme avec une apparence de femme peut aller dans une cabine des toilettes pour femmes, et vice-versa pour une femme devenue homme. Combien vont dans les toilettes pour transgenre, aux yeux de tous?

Et l’Absurdistan dans cela? Le terme est d’Alain de Benoist dans l’éditorial du numéro 168 d’octobre-novembre de la revue Éléments:

 

« Quand on regarde comme « sexiste » tout compliment fait à une femme, quand l’« islamophobie » commence avec les tirelires en forme de cochonnet, quand on menace de sanctions pénales ceux qui s’adressent aux « transgenres » au moyen de pronoms personnels les « assignant » à leur sexe biologique, quand on assimile Colbert et Christophe Colomb à Hitler, on quitte le politique pour entrer dans le psychiatrique. De délire en délire, à la double enseigne de la Novlangue et du Père Ubu, L’Europe devient l’Absurdistan.  »

 

Je rappelle que la théorie du genre a été mise en question puis privée de subventions officielles en Norvège suite à une enquête mise en ligne en vidéo.

 

 

 

Commentaires

A la distribution des certificats de CFC on donnait du "Madame" à des filles qui avaient moins de 20 ans. Probablement parce que pour certaines le "Mademoiselle" impliquait la virginité!

Écrit par : Mère-Grand | 29 septembre 2017

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Faudra-t-il donc convertir notre société à l'islam (ou autre société "patriarclale")pour retrouver un certain usage, et même respect, de la diversité et des nuances?
La "diversité" tant vantée dans d'autres circonstances, mais de plus en plus gommée lorsqu'il s'agit de nos propres coutumes.

Écrit par : Mère-Grand | 29 septembre 2017

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C'est bien ainsi, Mère-Grand: la diversité et l'identité, c'est pour les autres.
Je suis toujours étonné que cette contradiction n'apparaisse pas aux yeux de ceux qui réclament la diversité sans y donner suite dans la vie des autres.
Deux poids deux mesures.

Écrit par : hommelibre | 29 septembre 2017

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"Je suis toujours étonné"
Je doute que vous le soyez vraiment, tant les absurdités se suivent les unes les autres, surtout dans ce qu'il est convenu d'appeler "le domaine des moeurs".
J'admire le courage que vous manifestez en continuant à empoigner tant de sujets qui pourraient pousser au désespoir.

Écrit par : Mère-Grand | 29 septembre 2017

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Tout est dit!

Écrit par : Patoucha | 30 septembre 2017

Ce qui m'étonne, plus que les absurdités dont notre société est devenue hélas coutumière, c'est le fait qu'il y ait des gens pour les croire, en particulier parmi les responsables des lobbies en cause.

Écrit par : hommelibre | 29 septembre 2017

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".......des gens pour le croire"

Comme vous dires! Trop d'incultes!

Écrit par : Patoucha | 30 septembre 2017

Dans la ville de Bordeaux on voit des affiches "exhiber c'est aussi harceler" contre le manspreading. L'absurdistan s'étend comme un trainée de poudre dans toute l'Europe est promet d'être un empire plus vaste que celui de Genghis Khan. Dans quelques années nous allons atteindre le stade critique de l'idéologie féministe quand celui ci se sera introduit dans les moindre aspects de votre vie quotidienne, comme c'est en train de se passer aux Etats Unis. Que ce soit des choses aussi simples comme appeler monsieur ou madame, ou simplement s'adresser à une femme dans la rue. Vous allez bientôt voir les "gender pronouns " débarquer en Europe j'en suis convaincu.

Écrit par : Dyadya Vova | 30 septembre 2017

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On se demande comment Madame de Staël a réussi à se faire une réputation si enviable malgré le handicap de sa dénomination. Il est vrai que depuis cette époque d'obscurantisme les Etats-Unis, dont Dyadya Vova narre les combats et grâce à eux probablement, ont conquis la place de la société la plus avancée du point de vue civilisationnel.

Écrit par : Mère-Grand | 30 septembre 2017

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Correct lire: vous "dites" l'iPad fait des siennes

Écrit par : Patoucha | 30 septembre 2017

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Le combat mené dès les années post-soixante huit pour améliorer la société en changeant le langage ne m'a toujours laissé dubitatif. D'innombrables exemples me semblent en tout cas contredire l'idée qu'un langage plus "inclusif" traduit une société plus démocratique.
Ceux qui me viennent spontanément à l'esprit sont celui de l'absence de vouvoiement en anglais. Apprendre à utiliser correctement le tu et le vous est extrêmement difficile pour un anglophone, mais en maîtrisant cette difficulté il ne devient pas plus élitiste et la société dont il est issu ne l'est pas moins non plus.
Pour voyager un peu, je prendrai l'exemple du pidgin de Papouasie Nouvelle-Guinée qui comporte deux termes pour exprimer notre "nous", dont l'un "youme" indique clairement que j'inclus l'interlocuteur dans ma sphère de référence. On pourrait donc en conclure que le fameux "vivre ensemble" est plus facile là-bas, ce qui n'est aucunement le cas.

Écrit par : Mère-Grand | 30 septembre 2017

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Même les pauvres enfants en font les frais. C'est vrai que ça doit être beaucoup moins traumatisant d'être traité comme un simple objet sans genre plutôt que comme un garçon ou une fille. Et cette folie arrive chez nous à grands pas. S. Salerno nous a déjà imposé le language épicène:

http://www.bfmtv.com/international/stereotypes-deux-ecoles-suedoises-bannissent-les-termes-fille-et-garcon-1266235.html

Écrit par : Arthur | 30 septembre 2017

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