26 septembre 2017

Réforme de l’AVS : le refus féministe

Un sondage post-votation indique que l’électorat féminin a majoritairement rejeté le projet du Conseiller fédéral Alain Berset. Pourquoi des femmes refusent-elles d’établir une égalité – retraite pour tous à 65 ans – avec les hommes ? Cela ne les arrangerait pas?

 


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La Tribune de Genève a publié, vendredi 22 septembre, un rappel des positions avant vote. Ces positions sont résumées par deux encadrés. L’un expose le point de vue féministe de Laurence Bezaguet, l’autre fait la critique de ce point de vue par Anna Vaucher, responsable adjointe de la rubrique Genève dans le quotidien.

Laurence Bezaguet veut une égalité au coup par coup, dans une sorte d’épicerie politique où les sexes sont forcément opposés. Pourtant elle reconnaît:

« Les femmes doivent-elles, au nom de l’égalité, travailler aussi longtemps que les hommes avant de toucher leur AVS? Bien sûr que oui. »

Puis ajoute: « Mais pas comme ça. » Elle veut que d’autres aspects de l’égalité socio-économique aient été préalablement réglés:

« Commençons par résoudre les multiples inégalités durant la vie active: celles des salaires, des tâches domestiques, des disparités en matière d’éducation des enfants. Accordons un vrai congé paternité et davantage de temps partiels aux hommes pour leur permettre de mieux participer à la vie de famille. »

Si l’égalité est un principe fondateur, il ne peut être subordonné à l’une de ses applications. Pour rappel, l’inégalité salariale est une sorte de monstre du Loch Ness: tout le monde en parle, personne ne l’a vraiment vue. Pas de comparatif de fiches de salaires des hommes et des femmes, dans la même entreprise, au même poste, avec la même formation, ancienneté, et avec la même productivité.

 

 

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Les chiffres annoncés de cette prétendue inégalité vont de 40 %, comme le suggérait Le Temps en juin dernier, à moins de 5 % selon d’autres analyses. Les raisons structurelles sont aujourd’hui assez bien cernées: les femmes font davantage de temps partiel (60 % des femmes suisses), car nombre d’entre elles préfèrent le bien-être familial à une carrière de haut vol, et elles travaillent majoritairement dans des branches professionnelles moins payées.

Pour faire passer son refus de la retraite pour tous à 65 ans elle invoque donc une prétendue inégalité salariale, cite la répartition des tâches ménagères, propose même un vrai congé paternité. Quand une féministe s’intéresse aux hommes autrement que pour les accuser, il faut chercher l’intérêt personnel ou de classe de ces dames.

Elle suggère également d’accorder davantage de temps partiels aux hommes et prône une réduction générale du temps de travail.

Davantage de temps partiel pour les hommes? Mais les hommes ne lui ont pas demandé son avis. Les hommes se réalisent beaucoup plus dans le travail que les femmes, pour une raison probable assez simple: ils n’enfantent pas et leur utilité sociale est d’abord de nourrir et protéger.

 

 

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Anna Vaucher répond ainsi aux propos de madame Bezaguet:

« Relever l’âge de la retraite lorsque nous aurons obtenu l’égalité salariale? Le chantage soulevé par une certaine frange de féministes dans le cadre de la Prévoyance vieillesse 2020 n’est pas glorieux. Aujourd’hui, rien ne justifie que les femmes, à l’espérance de vie plus longue que celle des hommes, travaillent moins longtemps. Certaines estiment qu’il s’agit d’une compensation destinée à celles qui se sont épuisées à élever des enfants… Pourtant, bien peu de mères y sont contraintes. Elles ont le même accès aux études, le même accès au marché du travail. Et celles qui décident de mettre un frein à leur carrière le font par choix, pour le bonheur de voir grandir leurs enfants. »

Si l’homme travaille davantage c’est pour son clan bien plus que pour lui-même. L’argent supplémentaire qu’il rapporte sert aussi l’épouse, les enfants et toutes les dépenses, vitales ou non.

Si les femmes souhaitent prendre du temps pour leur famille plutôt que pour un travail salarié, elles ne doivent pas en subir un préjudice financier au moment de la retraite. En fin de parcours professionnel d’un couple, l’homme aura dans ce cas travaillé à l’extérieur davantage que sa conjointe restée à la maison. Ses revenus servent l’ensemble du groupe familial.

Mais l’épouse ayant choisi sa famille plutôt qu’une carrière aura contribué à la vie familiale et à son bien-être selon ses compétences naturelles – être femme donc possiblement mère – ou transmises par la famille. Il est à mes yeux hors de doute qu’une femme qui choisit de rester à la maison et d’élever les enfants contribue différemment au ménage, mais de manière tout aussi importante que son conjoint.

L’égalité peut être ici conçue comme le résultat de l’engagement des partenaires et non du seul revenu du travail. À l’intérieur du couple, les partenaires s’organisent comme ils l’entendent. Il est hors de question de policer la vie privée des couples sous le prétexte d’égale répartition des tâches domestiques.

Refuser d’unifier l’âge du départ en retraite sur des arguments d’égalité salariale ou de répartition des tâches ménagères est une manière de refuser l’égalité en elle-même. C’est de la petite épicerie. À ce compte, on devrait offrir une meilleure retraite aux hommes. Car comme ils meurent statistiquement plus tôt que les femmes, ils ne profitent pas autant qu’elles de cette retraite.

Quatre ans de moins en moyenne. Cruelle injustice de la nature…

 

 

14:38 Publié dans Féminisme, Philosophie, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : égalité salariale, avs, suisse | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

"Commençons par résoudre les multiples inégalités durant la vie active: celles des salaires, des tâches domestiques, des disparités en matière d’éducation des enfants."

Laurence Bezaguet, réflexion d'une idéologue, déconnectée de la réalité, qui rêve les hommes en mère bis incapable de voir ce qu'ils font réellement en taches domestiques que de font pas les femmes, incapable de comprendre que le rôle éducatif des hommes est différent de celui des femmes. elle mets en avant les taches domestiques effectuées par les femmes !! les deux tiers ne cuisinent plus, celles qui tricotent et cousent sont des raretés, la vaisselle le linge ce sont des machines qui le font, ah oui elles courent après le moindre brin de poussière il faut que le battage féministe soit un peu justifié.

Écrit par : leclercq | 05 octobre 2017

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Oui à la retraite des femme à 65 ans. Elles ont voulu l'égalité, donc faut assumer.
Mais je pense qu'il y a un levier qui pourrait faire -son job- c'est le bonus éducatif. A ce jour il est partagé 50/50 entre les 2 époux ce qui n'est pas correct si l'homme a toujours travaillé à 100%, mais pas la femme. D'autant que cela ne sert pas à grand chose dans le calcul du montant déterminant pour celui qui a atteint le maximum de 84'600.-

Par contre pour les femmes qui ont diminué leur taux d'activité, donc abaissement du montant déterminant au final, il serait plus juste d'additionner la TOTALITE DU BONUS EDUCATIF, sur la femme, et aussi sur les quelques hommes - au foyer -, ou tout au moins sur le montant déterminant le plus faible du couple.
Cela serait aussi le rétablissement d'une part d'égalité.

Écrit par : Corélande | 06 octobre 2017

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Il ne faudrait pas oublier que les femmes "actives" se coltinent deux journées de travail dont l'une professionnelle et l'autre familiale et qu'elles, y compris les mères de famille veuves ou célibataires, ne sont pas toujours accompagnées par un compagnon qui tient à partager les travaux ménagers ainsi qu'éducatifs.
Tenir compte d'une état de fatigue que nul médecin ne contestera.

Ne pas occulter la situation confortable d'une femme qui peut compter sur son personnel de maison et l'autre qui n'en n'a pas les moyens.

On a vécu cette stupidité: "Du moment qu'elles, ces chiennes, ont voulu l'égalité je ne me lèverai pas, plus jamais, dans un bus, ou autres, pour leur céder ma place!"

Les femmes "lucides" et féministes des années septante n'ont jamais imaginé être "comme des hommes"... la différence garantissant la variété, l'originalité, l'imagination... mais demandé de la justice équitable concernant des salaires non calculés en se fondant sur leur sexe dit "faible" mais sur leurs qualifications comme expériences professionnelles.
Accords de branches, également.

Écrit par : Myriam Belakowski | 06 octobre 2017

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@ Myriam Belakowski

"les femmes "actives" se coltinent deux journées de travail"

les femmes actives ont le même temps contraint que les hommes actifs.

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1372773?sommaire=1372781

voir tableau page 74.

voir aussi le tableau page 78, certaines activées domestiques sont plutôt récréatives.

422 : Conversations, lectures non scolaires

432 : Accompagner, tenir compagnie à un adulte
de son ménage

nommer ces deux activités du travail domestique c'est du foutage de gueule !!!

Écrit par : leclercq | 06 octobre 2017

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Leclercq,

La vulgarité n'ajoute rien.

Années septante, le terme femme "active" a provoqué de nombreux débats entre femmes féministes ou non entre celles qui allaient travailler et celles, mariées.
La plupart d'entre elles femmes au foyer s'estimaient particulièrement privilégiées de pouvoir s'occuper de l'ensemble tant cuisine que ménage, repassage, jardinage, s'il y avait lieu, enfants, nursing, scolarité, infirmerie, secrétariat pour les démarches administratives.
De nuit, à l'époque "devoir" conjugal.
Bénévolat, mécénat, politique-femmes officiellement à ses débuts.
Liste non exhaustive:
Cours.
Activités artistiques, etc.

Les féministes selon lesquelles de manière plus que péjorative tenaient à bien faire la différence entre les femmes travaillant à l'extérieur "actives" et les autres, femmes au foyer.

Dans les bistrots certains hommes comparaient entre eux les gains complémentaires apportés par leurs épouses ou compagnes : "La tienne, elle te rapporte combien?"!

S'agissant des salaires modestes...lorsqu'il y a tout à faire en rentrant en attendant le week-end pour ce qui n'est pas terminé il y a risque de problèmes tant nerveux que cardiaque, tension artérielle, etc.

Les médecins, qui prescrivent l'ensemble des fortifiants, stabilisants ou antidépresseurs confirmeront.

A noter la prise d'ascenseur des coûts de la vie à commencer par l'assurance maladie depuis qu'il y a double salaire.

Les féministes au départ étaient on ne peut plus divisées au sujet de la femme soi-disant infantilisée parce que dépendant du salaire de son mari.

Sans formation professionnelle en cas de mésentente conjugale incapables de voler de leurs propres ailes restant comme "clouées sur place "potiches" (Françoise Dolto) chez leurs compagnons.

Mais, de manière impartiale la femme en mesure de s'assumer n'encourage-t-elle pas le divorce pour un oui comme pour un non?

Sans séquelles aucune pour les enfants?

Leclercq, vous ne voyez pas la vie... pas tant telle qu'elle est mais plutôt telle qu'on vous la fait.

Pour les classes moyennes, "salariés"! "masse"... de mal en pis.

Mépris compris.

"Je ne tiendrai pas compte de l'opinion de la rue."
Signé M. Macron... lequel n'est pas du "biscôme" (pâtisserie en forme ou apparence de Saint-Nicolas ou Père Noël)!

Écrit par : Myriam Belakowski | 06 octobre 2017

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@ Myriam Belakowski

"les femmes "actives" se coltinent deux journées de travail"

les femmes actives ont le même temps contraint que les hommes actifs.

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1372773?sommaire=1372781

voir tableau page 74.

voir aussi le tableau page 78, certaines activées domestiques sont plutôt récréatives.

422 : Conversations, lectures non scolaires

432 : Accompagner, tenir compagnie à un adulte
de son ménage

nommer ces deux activités du travail domestique c'est du foutage de gueule !!!

"Leclercq, vous ne voyez pas la vie... pas tant telle qu'elle est mais plutôt telle qu'on vous la fait."

les féministes ont créer des enquêtes pour défendre leur cause, je m'en sert, leurs enquêtes prouvent que la sois disant double journée féminine est une fumisterie, vous pouvez écrire toutes les phrases explicatives que vous voulez ça ne changera rien au constat réel de l’enquête féministe qui analyse la vie comme elle est, pas comme vous l'imaginez a partir de quelques cas que vous extrapolez, sur des décennies en plus, ce qui m'intéresse moi c'est la réalité actuelle pas ce qui se passait en 1970.

Écrit par : leclercq | 06 octobre 2017

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