08 septembre 2017

Irma : une mystérieuse rafale à 363 kmh

Cette rafale a été le déclencheur de la dramatisation. Elle a permis de faire dire aux météorologues qu’Irma est l’ouragan le plus intense jamais vu dans l’Atlantique et sur les Petites Antilles. Du moins dans son petit coin d’océan.

 


ouragans,irma,allen,mesure,vent,rafale,météo,climat,réchauffementMontauban, 154 kmh

« Dans la nuit de mardi et mercredi, des rafales de vent de 360 kmh ont déjà été mesurées dans le quart nord-est de l’ouragan, avant qu’il atteigne les Antilles. Une telle force peut arracher des arbres et détruire des habitations. Il faut remonter à 1988 et l’ouragan Gilbert pour avoir des valeurs de vents comparables, précise Météo France. »

Une première chose à propos d’Irma: les vents soutenus sur une minute (donc pas les rafales) ont atteint presque les 300 kmh. Ce n’est pas le record, qui semble sauf erreur détenu par Allen en 1980 avec des vents mesurés à 305 kmh.

Deuxième chose sa pression minimale est descendue à 914 hPa, soit un creux dépressionnaire moins fort que les 899 hPa d’Allen, les 888 hPa de Gilbert en 1988 ou les 882 hPa de Wilma en 2005. Irma n’est pas l’ouragan le plus intense.

Mais alors, cette rafale?

Une rafale est une accélération instantanée, locale et courte (quelques secondes à quelques minutes) du vent. Sous les orages en Europe, des rafales de quelques centaines de mètres ou kilomètres peuvent atteindre des vitesses proches de celles d’un ouragan. En 2015 dans la région de Montauban une rafale a atteint les 154 kmh. Une autre avait secoué la petite ville de Saint-Martin-de-Londres comme un tremblement de terre l’an dernier (image 1).

 

 

ouragans,irma,allen,mesure,vent,rafale,météo,climat,réchauffementMesures

154 kmh? C’est la première vitesse des vents dans un ouragan de catégorie 2. Or un orage, même un gros, n’atteint pas cette puissance. La rafale de 154 kmh n’est donc pas représentative de la puissance de l’ensemble de l’orage, pas plus que celle de 363 kmh ne l’est de l’ensemble de l’ouragan Irma. Elle est ponctuelle, localisée à l’intérieur d’un ensemble de plus faible puissance.

Cela n’enlève évidemment rien à la force destructrice de cet ouragan (image 5, île de Saint-Martin). Mais il n’est pas pertinent de citer cette vitesse pour justifier un torrent de superlatifs effrayants et la mise en scène de plus en plus rodée de la dramatisation climatique. On voudrait faire peur et faire accepter toutes les mesures à venir, on ne s’y prendrait pas autrement.

La vitesse du vent est normalement mesurée par des satellites, des radars au sol, des avions météo et des sondes. Un pic de rafale est mesuré sur une seconde. La vitesse moyenne des vents dans un ouragan est mesurée pendant dix minutes. Or on lit de plus en plus d’informations de vitesse mesurée sur une minute, selon la technique de Dvorak. Ce qui me paraît un peu court pour la recherche d’une moyenne et qui reste en partie approximative et subjective. En effet la mesure de la vitesse du vent est réalisée d’après des images satellites et non d’après des relevés réels. Un des moyens radar est le diffusiomètre. Si ces mesures par satellites sont très utiles, en particulier au-dessus des mers, elles ont aussi leur limite, comme le précise Météo France.

 

 

ouragans,irma,allen,mesure,vent,rafale,météo,climat,réchauffementMicro-rafales

Les mesures de la vitesse moyenne sont prises à différentes altitudes. En hauteur et au-dessus de la mer les vents sont toujours plus forts. Les météorologues font aussi état de burst swath, soit des micro-rafales:

« Cette expression, officialisée par Fujita dans la littérature scientifique au début des années 1980, est intraduisible en français. Elle désigne les phénomènes d’accentuation extrême et très localisée que l’on rencontre au sein de certaines microrafales. Leur extension horizontale, comprise entre quelques dizaines de mètres et 200 à 300 mètres, relève de l’échelle miso-bêta ou moso-alpha. 

Typiquement, ces phénomènes se traduisent par des couloirs longs et étroits de dégâts qui font penser à ceux laissés par les tornades. La nature des dommages et leurs caractéristiques sont toutefois différentes et permettent de différencier les deux phénomènes lors des enquêtes de terrain. »

L’image 2 montre cette rafale de 363 kmh déduite d’une analyse verticale de l’ouragan Irma. Celle-ci est assez basse, mais n’atteint pas le sol. La mesure n’est pas directe: elle est déduite de l’observation d’autres paramètres.

Cette rafale suffit-elle à classer Irma en tête des plus puissants ouragans de l’Atlantique? Non. Science & Avenir le précise:

« Avec des pointes enregistrées à 360kmh, Irma est bien l’un des cyclones les plus puissants jamais enregistrés. Mais ce n’est pas le plus intense. Outre la vitesse du vent, la marque la plus objective de la force de ce genre de phénomène, c’est la pression barométrique enregistrée au niveau de la mer. »

 

 

ouragans,irma,allen,mesure,vent,rafale,météo,climat,réchauffementIntensité théorique

« Selon le communiqué du National Hurricane Center du mercredi 6 septembre au matin, la pression barométrique d’Irma était de 914 hectopascals (hPa). Au moins une dizaine de cyclones ont connu des pressions bien plus basses. »

Les ouragans se produisent par cycles. Les cycles d’El Niño, d’activité solaire, voire d’autres cycles de 30 ans ou plus, sont évoqués. 2017 est une année à cyclones. Les conditions sont réunies après une période moins intense de plusieurs années: les eaux sont calmes, les alizés sont réguliers, l’air est sans cisaillements, et l’océan est plus chaud que d’autres années (la température de l’océan varie, elle monte et descend d’une année sur l’autre).

Cela ne permet pas d’affirmer qu’Irma est le système cyclonique le plus intense jamais vu, ni de renchérir sur la causalité du réchauffement de l’atmosphère. Il y a là une affirmation excessive que les politiques se permettent de reprendre par opportunisme. Dont Emmanuel Macron: « La France restera déterminée à lutter contre le réchauffement climatique et à tout faire pour prévenir ce type de désastre. »

Prévenir ce type de désastre: Macron en Super Manu, ou en Don Quichotte climatique, va-t-il arrêter le ciel et les nuages, apaiser les vents, assécher l’océan, commander à la Terre? Tout est devenu bon à politiser: tempêtes plus fortes, incendies habituels de forêts, grosses pluies, sécheresse, etc.

Des météorologues se sont lancés eux aussi dans la surenchère: « Wow, a déclaré le météorologue Eric Holthaus, l’ouragan # Irma devrait maintenant dépasser l’intensité maximale théorique pour une tempête dans son environnement. Redéfinir les règles. » Mais non: la puissance d’Irma ne le classe qu’en cinquième position dans la liste des ouragans majeurs de la zone atlantique.

 

 

ouragans,irma,allen,mesure,vent,rafale,météo,climat,réchauffementPortions

Ou celui-ci: « Jamais un ouragan n’a atteint cette intensité dans cette portion de l’Atlantique, à l’est des Antilles, confirme David Dumas, météorologue au sein de l’observatoire français des orages et tornades Keraunos. »

Un autre est plus prudent: « Le lien avec le changement climatique est toutefois encore difficile à établir. Nous avons que peu de recul sur la question et les données dont nous disposons sur les ouragans survenus les siècles passés sont insuffisantes. La seule chose que l’on peut assurer, c’est que nous observons une augmentation des typhons et de leur intensité dans le Pacifique depuis une dizaine d'années. Mais ce phénomène ne se remarque pas dans l’Atlantique nord, là où Irma s’est formé. »

De tous temps des populations ont eu à se protéger de ce type de manifestations extrêmes épisodiques. Est-ce un effet du réchauffement? Rien ne le démontre. On peut bien dire comme un météorologue: « Les vents d’Irma sont les plus puissants jamais mesurés dans un ouragan de l’Atlantique au nord des Caraïbes et à l’est du Golfe du Mexique », cela ne fait pas une statistique globale.

Le découpage de l’océan en portions ne change rien, ne prouve rien. Il ne sert qu’à localiser des zones maritimes. Mais il permettra d’annoncer encore plusieurs fois l’ouragan le plus fort de l’histoire (enfin, de l’histoire des mesures météorologiques sur une portion précise). Question de patience.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

09:00 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : ouragans, irma, allen, mesure, vent, rafale, météo, climat, réchauffement | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

"Cela n’enlève évidemment rien à la force destructrice de cet ouragan (image 5, île de Saint-Martin)" Destructions dues à l'ouragan, certes, mais aussi au pillage des masses de populations d'origine africaine. On apprend dans C dans l'air que nos voisins français, peuple fondateur de l'union européenne, possède des colonies un peu partout dans le monde, avec des populations de toutes origines et de toutes cultures sauf européennes, qui peuvent donc accéder à l'Europe et l'espace Schengen grâce aux Français. Pire encore : St-Martin est à moitié français et à moitié autonome sous direction anarchiste des anciens esclaves, sans frontière et sans contrôle.
Ils sont cinglés, ces Français. Et l'un d'entre eux postule au Conseil fédéral...

Écrit par : Géo | 08 septembre 2017

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Ah mais les Français respirent, c'est l'Europe qui va passer à la caisse...
Quelle chance ils ont, ces Européens...

Écrit par : Géo | 08 septembre 2017

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"qu’Irma est l’ouragan le plus intense jamais vu....."

En Europe nous avons l'"ouragan" Géo :)))))))

Écrit par : Patoucha | 08 septembre 2017

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Dire à chaque phénomène météo que c'est dû au réchauffement climatique, c'est spéculatif.

Dire qu'il n'y a pas de réchauffement climatique, c'est une opinion personnelle ou politique.

Dire qu'il y a un réchauffement climatique basé sur les résultats de simulations, c'est scientifique.

Les climato-sceptiques ne sont pas dans une logique scientifique, mais parlent de complots ou parle d'un évènement qui s'est passé il y a longtemps pour prouver qu'ils ont raison donc qu'il n'y a pas de réchauffement.

Or l'impact du changement se fait progressivement et pas de la même intensité partout. Et lorsque l'impact sur la planète sera très visible, il sera trop tard.

Entre les prise d'opinions, et les résultats des simulateurs basé sur la connaissance scientifique, il ne devrait pas y avoir de doute.
Mais voilà, être climato-sceptique, c'est montrer son conservatisme, son opposition aux élites et à la mondialisation.

Mélanger "sciences" et "politiques" est devenu plus néfaste que de mélanger "sciences" et "religions".

Le conservatisme a tout d'une idéologie qui se sanctuarise sous une forme politico-religieuse.

Écrit par : motus | 08 septembre 2017

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@Motus vous oubliez les climato réalistes tous ceux qui sans parents au foyer erraient pour trouver un réconfort quelconque quitte à se jeter dans els bras du premier violeur passant à l'horizon
Ils ont appris très vite à étudier les rapports entre la météo et les humains
Notre propre ressenti évolue en fonction du cosmos d'ailleurs le gaz Aktion T 4 a de nombreuses similitudes avec ces tempêtes tropicales lesquelles d'ailleurs n'avaient pas échappé à ceux désirant les imiter comme les Eugénistes des années 30 qui eux aussi ont compris très vite comment "séparer le bon grain de l'ivraie
la météo sélectionne les plus faibles pour permettre aux plus résistants d survivre
La nature n'a jamais été tendre loin de là ,on dit aussi que tout ce qui existe ici bas est relié au cosmos et inversement
C'est une situation tragique pour tous ceux qui doivent supporter la démence des éléments et paradoxalement tous ceux qui ont appris à vivre dans la rue ont appris à vivre avec et ne regardent plus toutes ces infos qui tirent même les plus aguerris dans le trou noir de la dépression
L?humain lui même nous a préparé à ce genre d'exercice on savait que lorsque une tempête se préparait il valait mieux restés soudés entre isolés plutôt que d'affronter des adultes devenus colériques en une fraction de seconde et sans aucune raison jugée valable pour qui n'avait pas su faire le lien entre le cosmos et les hommes
Bonne journée

Écrit par : lovejoie | 09 septembre 2017

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motus @ "les résultats des simulateurs basé sur la connaissance scientifique"
C'est là que la chatte a mal aux pieds. Tout est dans le "nourrissage" du modèle et de plus, le modèle n'est pas forcément parfait. Je l'ai déjà écrit quelques dizaines de fois : dans le cycle du CO2, les océans jouent un rôle majeur. Vous le savez sûrement, il vous suffit de lever les yeux pour voir des montagnes faites de calcaire marin...
Or les océans ne sont pas pris en compte dans ces modèles, que je sache. De plus, vous avez pu constater la grande méconnaissance des "scientifiques" sur les océans quand cet avion des malaysian airlines a disparu en mer...

Quant à vos "scientifiques" qui nous donnent des élévations du niveau de la mer (1-2 mm par an) sans nous donner la marge d'erreur (+/- 2 mètres...), on se demande s'ils ne sont pas beaucoup politique et pas trop scientifique. La qualité première d'un scientifique, c'est le scepticisme. La qualité première d'un politique, c'est de tirer des subventions pour son programme de recherche et pour cela il faut être très, très conformiste...

Écrit par : Géo | 09 septembre 2017

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Encore un détail, motus : n'oubliez pas que l'on parle du réchauffement de la planète et non de la Suisse ou de telle autre partie du monde...

Écrit par : Géo | 09 septembre 2017

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Depuis 20 ans, (Luis 22 ans) ils ont surtout construit partout et de façon anarchique pour faire du fric bien sûr. Maintenant si il y a autant de dégâts, c'est bien ce surplus de constructions sur plus de 20 ans, en plus dans les amas de gravats!
On ne serait pas mieux ici avec toutes ces constructions depuis 20 ans et bien trop concentrées pour répondre à l'extension infinie de l'économie et ses pontes.
Le jour où l'économie et la croissance ne seront plus des priorités, nous aurons certes la nature qui continuera à dominer notre monde, bien normal, mais bien moins de destructions, de misère et détresses en tous genres.
Les merdias et les politiques n'auront plus non plus de "matières" pour
conditionnés les crédules.

Écrit par : Corélande | 09 septembre 2017

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Et pour enfoncer le clou planté par Corélande : hier, un de ces "experts" de la RTS, un Français spécialiste des réfugiés climatiques, nous disait que la migration climatique a commencé depuis longtemps. Ah ça oui, mon bon monsieur, cela fait longtemps qu'il fait chaud en Afrique...

Anecdote : j'ai fait de la géophysique pour la flotte au Burkina, sous le soleil e-xac-te-ment. De la résistivité électrique. Méthode Schlumberger, des traînés. On partait, mes ouvriers et moi (les électrodes A, M, N, B pour les connoisseurs) en Toyota Hilux, pas de place pour un chauffeur. Le plus tôt possible mais on se prenait tout de même l'ensoleillement maximum vers 11h. Du genre, quand vous retournez vers votre base, la voiture, et que vous buvez enfin, vos bras se couvrent immédiatement de sueur. Pour éteindre l'incendie...
Un jour, je ne peux m'empêcher de dire dans la voiture, au retour, que décidément il fait effroyablement chaud dans votre pays, les gars.
"Mais, pat'on, tu c'ois qu'on a choisi de naît'e ici ?"

Et donc, pour en revenir au spécialiste, ce n'est pas une fois de plus de réchauffement dont il faut parler, mais de surpopulation. Et on ne lutte pas contre la surpopulation africaine en surpeuplant l'Europe...

Écrit par : Géo | 09 septembre 2017

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