31 août 2017

Questions autour de Harvey

L’ex-ouragan faiblit. Il est à nouveau rétrogradé, en dépression tropicale cette fois. Et il se remet en mouvement vers le nord-est et l’intérieur des terres. Cependant, même affaibli, il reste une énorme machine à pluie.

 


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À Houston le métro et la voirie ont repris partiellement du service. On commence à quitter les centres d’accueil pour rentrer chez soi. Et l’on se pose des questions. Comment un ouragan si rapidement rétrogradé en tempête tropicale a-t-il pu faire autant de dégâts?

J’expliquais hier que le météore, presque immobile et positionné pour moitié sur le Golfe du Mexique, se rechargeait continuellement en humidité. Pour le reste on sait qu’il ne fut majeur (force 4) que pendant quelques heures avant de se dégonfler, et que son plus bas point de dépression était de 938 hPa. Soit loin des records.

La quantité de pluie tombée n’explique pas tout de l’inondation historique de Houston. Un article du Washington Post, repris en français sur rfi, pointe l’urbanisation désordonnée de la grande ville du sud:

« On appelle Houston la ville sans limites. Mais c’est aussi la plus grande ville des États-Unis sans loi relative à l’occupation et à l’utilisation des sols. C’est ce genre d’urbanisme à la manière Far West qui a probablement contribué aux inondations catastrophiques provoquées par l’ouragan Harvey et a mis en danger la vie de milliers d’habitants. L’augmentation non règlementée des constructions, y compris dans des zones inondables, a diminué la capacité naturelle des sols à absorber l’eau. Et le système de drainage mis en place par la ville - un réseau de réservoirs, de bayous et, en dernier ressort, de rues par lesquelles l’eau devrait s’écouler - n’était pas pensé pour pouvoir faire face à des tempêtes violentes et de plus en plus fréquentes. »

L’urbanisation très dense, la construction en zone inondable, le drainage parfois insuffisant, l’incapacité progressive des sols à absorber l’eau et le comblement des zones naturelles de retenue de d’eau, sont en cause dans de nombreuses inondations dramatiques.

 

 

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Les destructions causées par les intempéries sont par conséquent plus visibles et plus graves qu’il y a une centaine d’années, sans qu’elles soient forcément plus fortes. Les épisodes météorologiques extrêmes ont toujours existé et provoqué des désastres.

Ce qui m’amène à ce constat: même sans être d’une puissance record un ouragan ou une tempête tropicale peuvent engendrer des dégâts majeurs.

Et alors que, depuis Katrina, chaque gros ouragan est associé dans la presse au réchauffement climatique (ce qui, je le rappelle, n’est pas probant), la démonstration est faite par Harvey que le réchauffement du climat ne peut se mesurer à la seule ampleur des dégâts: ceux-ci ne peuvent être la preuve indiscutable de celui-là.

La surveillance précise des ouragans par voie de satellite date des années 1970. On a vu avec Hayan aux Philippines que cette mesure peut induire en erreur, puisque ce typhon ne fut pas le plus puissant de l’histoire météorologique malgré les annonces médiatiques initiales. Et avant ces années on ne sait pas si des ouragans restés sur l’océan, sans contact avec la terre, n’ont pas été encore plus puissants que Wilma.

On devrait aussi s’interroger sur le comportement atypique de Harvey, monté si vite en puissance dans le nord du Golfe du Mexique et dégonflé aussi rapidement en tempête tropicale.

Et, pour relativiser, si la ville de Houston a été gravement inondée, Bombay connaît actuellement la même situation: la mousson inonde partiellement la ville et les habitants ont de l’eau jusqu’à la taille. La mousson n’est pas particulièrement intense mais:

« Les scientifiques attribuent les inondations endémiques dans la capitale économique de l’Inde à son rapide développement urbain qui étouffe le système de canalisations. »

Alors qu’une nouvelle tempête tropicale, Irma, a commencé son périple au large de l’Afrique de l’ouest et évoluera possiblement vers le stade d’ouragan, il n’y a pas actuellement de raisons de rattacher chaque gros ouragan ou chaque épisode météo un peu intense au réchauffement, sinon pour entretenir une anxiété sur l’avenir – anxiété que je ne pas partage pas.

 

 

 

09:51 Publié dans Environnement, Météo | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : harvey, ouragan, mousson, bombay, houston, réchauffement climatique | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

La mémoire de l'espèce humaine est court ...
"There have been many flood disasters in the Houston area, even dating to the mid-1800s when the population was very low. In December of 1935 a massive flood occurred in the downtown area as the water level height measured at Buffalo Bayou in Houston topped out at 54.4 feet. "
"By way of comparison, as of 6:30 a.m. this (Monday) morning, the water level in the same location is at 38 feet, which is still 16 feet lower than in 1935. I’m sure that will continue to rise."

http://www.drroyspencer.com/2017/08/why-houston-flooding-isnt-a-sign-of-climate-change/

Écrit par : Ben Palmer | 31 août 2017

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Correction: La mémoire de l'espèce humaine est courte ... :-)

Écrit par : Ben Palmer | 31 août 2017

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"rapide développement urbain qui étouffe le système de canalisations."
Il n'y a pas que le système de distribution d'eau qui est insuffisant dans les villes du Tiers-Monde mais aussi le système d'évacuations des eaux de pluie. Les hydrauliciens s'appuient sur les statistiques pour déterminer les crues décennales, centennales ou millénales. On conçoit alors le réseau en fonction de ces données. Quand vous êtes très riches, vous dimensionnez votre réseau contre les crues millénales et quand vous êtes pauvres, vous vous contentez de vous protéger contre les événements survenant statistiquement sur 10 ans. Il serait intéressant de connaître le niveau de prévention de Houston, mais les relations des Américains avec l’État me laissent penser qu'on n'aime pas là-bas être trop prévoyant...
Dans les villes du Tiers-Monde, les conduites trop petites sont de toute façon bouchées par les détritus dont personne ne s'occupe. Mais nous sommes tous égaux en matière de civilisation, bien sûr.

Écrit par : Géo | 31 août 2017

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@hommelibre,

Au vu de l'étendue des dégâts actuels pensez-vous toujours que les avertissements donnés à la population étaient trop alarmants ?

Aurait-il mieux valu de dire : "Vous verrez, ça se passera bien, pas de panique, on en a vu d'autres !"
Sans entrer dans le débat sur l'origine du phénomène "Harvey", il me semble que du moment que les météorologues voient l'arrivée d'un gros problème, il est raisonnable de dire aux habitants d'une immense ville et de toute la zone potentiellement impactée de prendre des précautions et de s'éloigner de la zone côtière.

Maintenant que l'on sait que des zones inondables ont été non seulement trop bétonnées et trop couvertes d'habitations, on fait quoi, si on est un responsable politique ?
On dit aux gens : "Ne vous en faites pas, ça ne se reproduira pas, reconstruisez et vivez comme avant. Ce n'est pas bien de paniquer."
Si je devais reconstruire là-bas, je pense que je le ferias sur pilotis.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pilotis

En Inde, ils ont le problème de la Mousson chaque année et il semblerait que les dégâts immenses et les pertes de vies sont récurrentes. J'ai entendu qu'il y aurait plus de mille morts cette année.
Peut-être en viendra-t-on à vivre ainsi également au Sud-Est des USA, en prenant tout cela comme un phénomène naturel et se disant qu'il faut passer par là, sans en faire toute une histoire ??

Derrière mon ordinateur et bien au sec, je me dis que les gens exposés à de tels phénomènes ont le droit d'être au moins avertis correctement de ce qui les attend. Et tant pis si c'est moins grave que prévu. L'inverse est bien plus pénible ...

Écrit par : Calendula | 31 août 2017

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@Calendula: "Au vu de l'étendue des dégâts actuels pensez-vous toujours que les avertissements donnés à la population étaient trop alarmants ?" Faire des prévisions est difficile, surtout en ce qui concerne le futur ! Pensez-vous vraiment que "le gouvernement" puisse faire des prédictions sur la gravité d'un événement à venir? Fallait-il prévoir le pire et évacuer des millions des personnes ? Avec quels moyens de transport et jusqu'où pour les héberger où? Faudrait-il prévoir des infrastructures pour une telle opération en construisant une ville fantôme, juste au cas où? Ne vaudrait-il alors pas mieux de déplacer Houston, même le Texas et la Floride, une fois pour toutes en dehors de la zone dangereuse?

Écrit par : Ben Palmer | 31 août 2017

Calendula,

Nous sommes d'accord sur la nécessité d'avertir de manière efficace, et cela passe en partie par une prévision plutôt alarmiste. Je parle surtout d'une médiatisation qui fait la place belle, explicitement ou implicitement, à une angoisse climatique plus générale, à un destin planétaire compromis, à des tournures qui amplifient la situation.

Avec Harvey comme avec Patricia les annonces étaient manifestement sur-dramatisées et ont été revues à la baisse après coup. Si la technologie permet de mesurer précisément les vents à différentes altitudes et localisations dans un ouragan, sa force cinétique, sa masse d'eau, etc, elle donne un message très anxiogène quant aux précipitations par des prévisions surestimées (revues à la baisse dans les deux cas).

Également, la montée du niveau de l'océan due à la très basse pression de Harvey avait été anticipée à au moins 4 mètres. Cela ne s'est pas produit. Ne peut-on être plus précis en connaissant le coeur dépressionnaire?

Enfin, faut-il à chaque fois ajouter une couche de stress et d'anxiété en liant un peu abusivement le phénomène au réchauffement?

Avertir, oui, et assez fort pour que cela soit suivi d'effets protecteurs. Mais aggraver le stress ne me paraît pas souhaitable.

Écrit par : hommelibre | 31 août 2017

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Merci pour ce lien Ben.

Écrit par : hommelibre | 31 août 2017

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Harvey n'était de loin pas le plus le plus intense en ce qui concerne la vitesse et la pression atmosphérique, au fait il prend la 14ème place dans l'histoire depuis 1889. A l'époque, le Model T de Ford n'était pas encore inventé et l'industrialisation massive commencera après 1950.

http://notrickszone.com/2017/08/27/major-hurricane-us-strikes-over-past-57-years-plummet-far-below-that-of-60-to-120-years-ago/#sthash.JX0dEbuM.dpbs

Écrit par : Ben Palmer | 31 août 2017

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Alors que dans les 47 années avant 1930, la Floride avait subi 35 ouragans. Plus récemment, le dernier ouragan faisant son apparition sur terre ferme dans le golf de Mexique était Wilma fin 2005. Depuis il se sont passé 3151 jours sans ouragan majeur.
"The 3,151 days and counting with no Florida hurricane and no major U.S. hurricane shatters the previous records for hurricane "droughts," at least back to the turn of the previous century. In fact, from 1900 through 2013, the United States experienced a decrease in hurricane landfalls of more than 20%, and the strength of each year's landfalling storms has also decreased by more than 20%."

http://rogerpielkejr.blogspot.com/2014/06/the-us-hurricane-drought-in-usa-today.html

Écrit par : Ben Palmer | 31 août 2017

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@ Ben Palmer et hommelibre,

Comme les Indiens atteints par la mousson, j'imagine que les Texans totalement inondés par des pluies très fortes n'ont que faire des statistiques et des comparaisons, qui donneraient à ce qui leur arrive somme toutes une relative "supportabilité." Le stress est là.
Est-il plus grand parce que la non- catastrophe aurait été annoncée faussement comme une catastrophe ?

Le fait est que "Harvey" n'ait pas été une tornade super décoiffante sur une longue période, mais bien un phénomène pluvieux particulièrement sévère, parce que stagnant et se réalimentant avec l'eau du Golfe dont la température était d'environ 30°. On devrait quand-même pouvoir affirmer qu'en définitive la catastrophe est là. Avec ou sans annonce.

Le bilan à la fin de tout cela va nous donner la dimension de la catastrophe humaine pour des millions d'habitants de la région. La vie des gens est très impactée et personnellement je ne ferais pas une différence majeure entre la dévastation par un ouragan et l’inondation par plus de 1 mètre d'eau. Le résultat c'est qu'il y a en tout cas 30 morts, beaucoup de logements inhabitables, les meubles et effets personnels fichus, les voitures hors d'usage, la marchandise des magasins abîmée, certaines infrastructures démolies, l'industrie pétrolière à l'arrêt etc etc.

Je pense qu'en tant que personnes sans responsabilité face à la population nous ne faisons pas les mêmes analyses que les élus sur place.
Suite aux difficultés liées aux épisodes nommées "Kathrina" et "Sandy", les responsables américains ( dont le président) sont devenus très prudents.
Comment le leur reprocher ?
Certes, on finit par être peu de chose face à la nature par définition imprévisible, mais l'anticipation n'est pas une stratégie totalement gratuite.
Quant à savoir comment ils vont gérer la reconstruction, je n'ai aucune idée. Ce n'est pas à moi de savoir s'ils doivent revoir les plans de quartier ou déplacer la ville de Houston !!! Mon point de vue était qu'il était prudent de se mettre à l'abri en partant à temps, puisqu'il y avait alerte rouge.

Je crois que beaucoup de gens vivent avec un risque, comme à Bondo, où ils étaient au point quant à la surveillance et au système d'avertissement de catastrophe imminente. Là non plus, l'épisode ne s'est pas déroulé totalement comme prévu, à cause de l'eau de fonte des glaciers, si j'ai bien compris. La progression de la boue et des blocs de pierres a été accélérée.
Ce que je n'ai pas encore du tout compris, c'est comment les 8 randonneurs se sont retrouvés dans une zone annoncée comme fermée, parce que très dangereuse. Ils ont probablement jugé que le risque valait la peine d'être pris.
Un certain stress et la crainte peuvent permettre de ne pas se mettre en danger. Maintenant, si on considère que ce stress-là est malsain, il n'y a pas de problème, du moment qu'on ne décide que pour soi-même, sans impliquer autrui.

Écrit par : Calendula | 31 août 2017

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Calendula,

Oui la catastrophe est là, mais pas pour les raisons annoncées, lesquelles raisons étaient supposées être liées au réchauffement. Je suggère que l'on soit plus rigoureux dans l'annonce de chiffres. Avertir la population est nécessaire et cela a toujours été fait. Les habitants des régions à risques ne prennent pas un ouragan à la légère. Depuis des décennies la télé montre ces habitants clouant des planches sur leurs fenêtres, par exemple.

À crier trop fort au loup on finit par ne plus y croire.

Le monde entier stresse pour Harvey. Or, comme pour Katrina, ce n'est pas la force propre de l'ouragan qui cause le plus de dégâts), mais à La Nouvelle Orléans c'était la rupture de la digue du lac Pontchartrain, et ici la stagnation sur la même région d'une simple tempête qui se réalimente en eau.

Je vais publier un billet complémentaire avec encore quelques précisions chiffrées.

Écrit par : hommelibre | 01 septembre 2017

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@hommelibre,

On ne nous mettra pas d'accord ce sujet, je le sais d'expérience !

Je ne stresse pas pour Harvey, et sans votre billet, je n'en aurais pas parlé. Est-ce sur Facebook que l'on stresse ?
Il est fort probable que les Indiens, Pakistanais et Bangladais ne stressent pas à cause d'Harvey, ni les Nord-Coréens, ni tous ceux qui ont de gros problèmes chez eux !

A mes yeux, les Texans ont eu raison de donner une grosse alerte.

Lorsque les grands avertissements ont été lancés il y a une semaine, il ne me semble pas avoir vu comme préambule qu'il s'agissait du réchauffement climatique.
On a dit aux gens qu'un ouragan exceptionnellement gros arrivait et qu'il fallait s'y préparer.
Les habitants du Texas et leurs autorités sont de facto dans le pétrin et qu'ils ne sont pas surpris, parce qu'ils ont été avertis. Je me demande s'il va y avoir des procès, parce qu'on a annoncé un ouragan et qu'il y a en définitive eu surtout des pluies et des inondations ! ;-))

Je suis affreusement concrète et probablement trop portée sur un confort minimal, donc je n'aimerais pas vivre ce que ces gens vivent depuis bientôt une semaine.
Ceux qui ont choisi de rester ou qui n'ont pas pu faire autrement ( ce que je comprends tout à fait) se retrouvent à présent dans des abris ou dans les étages supérieurs d'immeubles ou de maison inondées.

Dans l'absolu, ce qui se passe en ce moment avec la Mousson est bien pire que Harvey, mais on a moins d'images, moins de témoignages et c'est cela qui biaise la réalité.

Écrit par : Calendula | 01 septembre 2017

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Calendula, on stresse dans la presse, sur FB, un peu partout la pression a été mise, et les liens implicites ou explicites avec le réchauffement étaient visibles dès l'approche des côtes.

Exemple dans Le Temps du 28 août:

« La hausse tendancielle des températures de l’atmosphère et de l’océan contribue à accroître la fréquence des cyclones tropicaux de catégories 4 et 5. » Ce qui aujourd'hui est contredit par d'autres climatologues (voir billet suivant).

Source Le Temps:
www.letemps.ch/monde/2017/08/28/rechauffement-climatique-rend-etatsunis-plus-vulnerables

Écrit par : hommelibre | 01 septembre 2017

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En fait, ce qui choque le plus, c'est l'aveuglement derrière cette obsession du réchauffement climatique. Si on construit dans des zones d'avalanches, dans le lit majeur des rivières, sur les rives des mers où peuvent se produire des tsunamis, c'est que la population s'agrandit sans cesse et que la mémoire des hommes est très, très courte. Il semblerait que les Japonais ne savent même pas ce que signifie le mot "tsunami", pourtant de leur propre langue, puisqu'ils ne protègent pas leurs centrales nucléaires contre ce phénomène.
A Zermatt, un garde-chasse rencontré lors de mon terrain de diplôme s'est vu répondre que ce n'était pas grave de construire des chalets dans les zones avalanches parce qu'ils étaient destinés à des non-Suisses. A Verbier de même mais pas de chance, ils sont tombé sur Marthe Keller qui ne s'est pas laissé faire...
Vous verrez qu'à Bondo, ils reconstruiront dans la même zone des déblais actuels.

Écrit par : Géo | 01 septembre 2017

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Calendula, je veux dire que l'on n'est pas dans le juste, la juste proportion, en forçant le trait ainsi. La presse ne fait pas un boulot d'enquête, elle relaie une émotion et utilise des tournures et des références destinées à alimenter le réservoir subconscient que nous avons collectivement accumulé et assimilé sur la tragédie climatique annoncée.

Je pense que quand l'information n'est pas ajustée à l'événement (ni sous-estimer, ni surestimer, s'il y a une marge elle doit être réduite au mieux), elle crée en arrière-plan une résistance, un décalage, une déstabilisation du lien de confiance.

Comme vous le dites personne n'aimerait vivre ce qu'ils vivent là-bas, à Houston ou à Bombay. Les gens sont probablement rassurés de constater que la peur a produit une organisation des secours assez efficace. Cela peut être traité simplement de cette manière, sans politisation rampante.

Écrit par : hommelibre | 01 septembre 2017

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J'ajoute: à supposer que la COP21 soit rapidement et largement appliquée, et que nous puissions limiter le CO2, la problématique locale, soit une région à ouragans, plus les aléas cycliques (Houston a peut-être vécue sa crue centenaire, la précédente étant en 1935), plus des conditions météo exceptionnelles, plus les infrastructures inadaptées et l'urbanisation déjà mentionnée, enfin une conjonction de plusieurs facteurs, cela reviendra, avec les mêmes problèmes.

Écrit par : hommelibre | 01 septembre 2017

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Je n'exclus pas non plus que le traitement très premier degré de ces images de vent, d'eau, d'envahissement, de gens dans cette soudaine précarité, ne ramène le corps, le vécu de l'instant, au premier plan, avant la politisation du climat. Personne ne pense à rouler moins pour produire moins de GES en regardant les rues devenues de fleuves.

La violence des éléments nous ramène aux fondamentaux immédiats: le corps, la survie, la collaboration. La télé et la peur climatique amplifient virtuellement l'événement. C'est une bonne situation pour réfléchir et explorer d'autres pistes, sans rejeter les pistes actuelles mais en gardant le sens critique à l'égard de celles-ci.

Écrit par : hommelibre | 01 septembre 2017

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Pendant ce temps l'ouragan Irma vient d'être classifié en force 3. Il est suspecté de passer en 4 ou 5, mais sans certitude encore.

Écrit par : hommelibre | 01 septembre 2017

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@hommelibre,

Je crois comprendre que nous avons fini par ne plus parler de la même chose.
Vous étiez déjà sur la discussion des causes des prévisions erronées dans le détail et l'explication fallacieuse de l'origine de Harvey.
Quant à moi, je suis restée bloquée sur l'histoire de l'alerte rouge et l'idée qu'il est moins pénible de s'éloigner d'une zone qui risque gros, que de rester sur place en espérant que les autorités et les médias ont exagéré.

A mon niveau, je m'abstiens d'interpréter ou de prendre position. Il suffit de constater que ça se passe vraiment très mal en Inde, au Népal, au Bangladesh et au Texas.
Aux USA, on avertit les habitants potentiellement touchés, on leur dit de se préparer, de partir, et on constate qu'ils peuvent compter sur une certaine solidarité et une aide publique. Il ne faut pas sous-estimer ça ou chipoter sur la façon dont c'est fait. A la fin, ce qui importe, c'est que les gens soient aidés.
Si les médias en font trop, ce n'est pas étonnant. Ils en font trop sur l'anniversaire du décès de Diana ou sur le mercato des footballeurs.
On peut choisir de ne pas écouter, regarder, lire ces nouvelles.

Pour les habitants de l'Inde et les pays voisins, on ne sait pas comment ça se passe. Mais ça ne change rien au fait que ça a vraiment lieu et que ça aura encore lieu.
Et j'en reviens à mes pilotis ! Mieux vaut s'adapter à ce qui est probable, essayer de rester concret face à l'adversité.

Écrit par : Calendula | 02 septembre 2017

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