30 juin 2017

Crime de compliment

« Le compliment non demandé, le regard qui déshabille… on est dans la rue et on nous impose le désir de quelqu’un. » Je reviens sur ces propos de Léonore Porchet, l’élue des Verts qui veut éradiquer le harcèlement de rue.

 


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Personnellement je trouve le sifflement moche et les injures totalement déplacées et injustes. Mais je ne mets pas tout dans le même sac. Imposer le désir de quelqu’un? Attention aux mots: l’imposer me paraît excessif, même pour un regard insistant. Après tout chacun est libre de regarder qui il veut. C’est même encore la moindre des libertés. Seules la gêne et le tact peuvent modérer nos regards.

Car on peut le faire avec discrétion. Grâce à un regard plus discret on peut même déceler ou non de petits signaux. Pas des invitations mais des hésitations, une disponibilité éventuelle.

D’ailleurs les femmes ne se privent pas de regarder les hommes, leurs fesses, leurs ventre, leur yeux, leurs mains, et de les commenter. Elles commentent, à voix pas trop forte si elles sont avec une amie au bistrot, ou dans leur tête si elles sont seules. La différence d’avec les hommes est qu’elles sont, comme souvent, moins visibles – sauf pour attiser le désir masculin avec parfois des tenues renversantes. 

Certaines femmes ont même les yeux qui brillent en regardant les hommes: est-ce un désir imposé? Pire: certaines font aussi des compliments! On ne se méfie pas assez des gens prêts à commettre le crime de compliment. Et on ne dénonce pas assez cette autre injustice: pourquoi certaines femmes ne sont-elles jamais sollicitées ou abordées?

 

 

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On sait que le compliment satisfait autant celui ou celle qui l’exprime que celui ou celle qui le reçoit. Ce peut être un moyen de séduction, une manière d’approcher l’autre qui le met en bonne disposition à notre égard. Un compliment fait en général du bien.

Faut-il, à l’instar de la féministe Verte Léonore Porchet, considérer que c’est du harcèlement? Qu’un regard de désir est déjà une contrainte? Voudrait-elle formater les êtres au point de brimer toute expression spontanée?

Faut-il mettre un agent derrière les complimenteurs de la rue? Ou exiger des hommes qu’ils baissent les yeux en marchant? Faut-il attendre que l’autre nous demande un compliment pour oser le faire?

Je suggère à madame Porchet la solution la plus simple: interdisons aux hommes de sortir dans la rue. Interdisons-leur d’avoir un désir dans le regard. Interdisons-leur de dire quelque chose que la femme ressentirait comme imposé – même si éventuellement agréable.

Faisons un monde aseptisé, nettoyé de l’homme, ou juste habité d’hommes sans saveur, sans personnalité, sans culture, sans histoire, sans rien qui demande aux femmes de s’adapter. Mieux encore: établissons l’apartheid des sexes, avec une moitié des villes pour les femmes, l’autre moitié pour les hommes.

Si l’on devient trop fragiles pour vivre ensemble avec des gens qui nous gênent, trop fragiles au point de tout tourner en agression, la société est mal barrée. À moins que ces récriminations soient surtout le fait de bourgeoises en phase de faible estime d’elles-mêmes.

 

 

Conseils d'un garçon pour faire des compliments de rue:

 

 

18:46 Publié dans Divers, Féminisme, Philosophie, Psychologie | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : hasrcèlement, compliments, désir, forçage | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

J'ai entendu des Sud-américaines, habituées à ce qu'elles considéraient comme un compliment, regretter le peu d'attention que les hommes de chez nous leur prêtent en public. Ce n'étaient pas des femmes vulgaires ou "délurées" pour utiliser un terme qui date, mais simplement des personnes habituées aux moeurs de leurs pays.

Écrit par : Mère-Grand | 30 juin 2017

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Un conseil, hommelibre: si vous écrivez à une femme, ne terminez pas votre courrier en lui adressant vos meilleurs compliments ou vos compliments distingués, ça fait très mauvais genre.
Et si vous écrivez à Mme Léonore Porchet, terminez en l'assurant de votre totale indifférence, elle vous en sera reconnaissante.

Écrit par : Mario Jelmini | 01 juillet 2017

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Excellent! Mario Jelmini :)

Écrit par : Patoucha | 02 juillet 2017

Je viens de regarder une seconde fois les images de l'émission Infrarouge du 21 juin. Entre nous, elle est plutôt bien roulée, la Léonore, vous ne trouvez pas hommelibre? Beaux arrondis, jolie crinière, ça donne des idées, pas vrai? Bon, je préfère ne pas en dire plus. Il faut être Président des États-Unis pour s'autoriser à dire publiquement certaines choses sur certaines représentantes de cette gent féminine qui nous est chère...

Écrit par : Mario Jelmini | 01 juillet 2017

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Œil aiguisé Mario Jelmini :) Votre type de femme ? :)

Écrit par : Patoucha | 02 juillet 2017

Œil aiguisé Mario Jelmini :) Votre type de femme ? :)

Écrit par : Patoucha | 02 juillet 2017

Cette dame aurait fait une jaunisse à l'époque ou les premiers saisonniers d'Italie du Sud sont arrivés en Suisse
Mazette entre coups de sifflets et cris admiratifs de leur part à tous on en a jamais fait une maladie bien au contraire on se sentait fière de retenir enfin des regards sur nous les filles qui en ces temps là n'avaient eut droit qu'aux termes de demi portion ou sac de linge sale
Et les pères contents ou pas ont dû en prendre leur parti leur amour castrateur a repris une sacré gifle et ce ne fut pas la dernière
Les Verts et les Ecolos possédent le don de faire une montagne avec une taupinière
On sait aussi que pour faire parler d'eux ils ne reculent devant rien sauf devant des coups de sifflets ,waooo quel courage
Bonne journée Hommelibre

Écrit par : lovejoie | 01 juillet 2017

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Oui je mate les hommes et alors ? Ils font la même chose !

Mme Porchet parle pour toutes les femmes parce qu'elle suppose que nous sommes incapables de réagir face à ce qu'elle appelle "des compliments non désirés" etc... !

J'ai déjà subi des réflexions déplacées et ne me suis pas gênée pour le faire savoir à qui de droit.

Écrit par : Lise | 01 juillet 2017

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C'est pour dire d'une façon détournée qu'on la regarde Lise! :)

Écrit par : Patoucha | 02 juillet 2017

Quelle bataille d'arrière-garde ces jeunes femmes mènent aujourd'hui!(Léonore Porchet et toutes ces consoeurs).

On peut se poser la question de savoir, mais quel est le malaise là derrière?

Ces jeunes femmes d'aujourd'hui sont elles tellement au sommet de leur beauté que le compliment venant de la rue n'est plus à la hauteur de leurs attentes!?

Ou alors elles n'ont plus conscience de leur statut de femme et par les sifflements celui-ci leur saute aux yeux.....et les aveugle!?

Ou peut-être ne sont elles plus en mesure d'assumer ce statut particulier qu'est la féminité faite femme!?

Ou encore veulent elles ne plus être "distinguées" dans leur genre féminin et se fondre dans la masse humaine d'aujourd'hui qui mélange tous les genres, les sexes et devient d'une platitude dangereuse puisqu'on en vient à changer les lois pour entériner tout ça!?

A elles de dessiner leur futur. Mais qu'il est bon pour notre génération d'avoir à se souvenir de ces moments de séduction ou tentation, et qui grâce à notre combat pour être reconnue femme dans tous ses sens et ses droits, nous avions le sourire pour acquiescement ou la réponse fusante pour les remettre à leur place et passer notre chemin.

Comme je l'ai déjà dit, ces attitudes masculines quand elles débordent d'insolence à ce point proviennent des gens de cultures très, très éloignées de la nôtre. Le vrai problème est là; dans le choc des cultures, et donc il est inutile de se tromper de cible pour prétexte de faire passer un message politique.

Écrit par : Corélande | 01 juillet 2017

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Et si finalement ces hommes un brin moqueur ne cherchaient qu'une forme de dialogue sans texto et mails
Ils en ont peut être aussi marre de toutes ces technologies
De nos jours les gens ne savent plus exprimer leurs vrais sentiments sans tous ces gadgets
Ce qui peut provoquer de nombreuses incompréhensions qui pour beaucoup sont vraiment durables
Il faut apprendre à se mettre à leur niveau et leur renvoyer la balle en riant ce qui en général calme très vite les grandes gueules
Surtout ne pas les prendre de haut ce qui ne ferait que rallumer ce qui n'est que moqueries de leurs parts
Mais encore faut il savoir parler et les yeux dans le yeux
Sinon dans 20 ans on en sera toujours avec les mêmes plaintes ce qui hélas se passe en certains immeubles ou faut faire profile bas pour éviter les coups bas par derrière de la part de voisins jaloux enviant la force de caractère du ou de la lésée qui se voit refuser toute forme de dialogues

Écrit par : lovejoie | 01 juillet 2017

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@ Lovejoie : je me sens moins seule ... merci !!!

Bonne journée à vous

Écrit par : Lise | 02 juillet 2017

@Lise je vous remercie
Il y a une grande différence entre la vie réelle et l'écran et je pense qu'elle fait peur à tout le monde sauf aux plus courageux
Courage !
bonne journée à Vous aussi

Écrit par : lovejoie | 02 juillet 2017

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Qu'est-ce qu'un compliment ?
Est-il imaginable qu'il existe un "compliment non-demandé" par opposition à un "compliment demandé "?
Un compliment n'est-il pas par définition spontané ?

S'il devait être demandé, on serait dans une situation très désavantageuse pour le demandeur ou la demandeuse ! Il ou elle serait en train de pratiquer "le fishing for compliments".

Si j'essaye de vraiment comprendre ce que ces femmes qui cherchent à théoriser des situations vécues et ce qu'elles essayent de mettre en avant, j'arrive à la conclusion qu'elles n'ont pas trouvé le mot adéquat pour la situation en question.
Car il s'agit probablement plutôt d'une flatterie intéressée.
C'est peu comme le fléau de ces appels téléphoniques de démarchage qui nous rendent dingues, avec leur mielleuse façon de nous faire croire qu'on est privilégié en se faisant déranger par la sonnerie du téléphone.

Le compliment lancé dans la rue par un inconnu peut certes être l'expression d'une sorte de stupéfaction plus ou moins grande à la vision de telle ou telle femme, mais ce compliment peut avoir d'autres motivations et les femmes ainsi distinguées peuvent légitimement soupçonner que cette parole ne soit pas un acte gratuit ou sincèrement admiratif.
On sait qu'il y a l'attente d'une réaction ou d'une réponse. Si on répond, c'est un début d'entrée en matière et le flatteur-complimenteur peut espérer davantage. Une réaction est sollicitée, mais au vu de la situation, elle n'est pas obligatoire et la femme peut passer son chemin en jouant à la sourde oreille.
Fin de l'épisode.
Je m'explique de façon emberlificotée pour essayer de coller à la complexité du phénomène ! Car si on veut le comprendre, il faut être d'accord de nommer les choses avec précision. Les femmes ne sont pas toutes pareilles et les hommes qui complimentent non plus ! Dans le Nord de l'Europe, cela ne s'est jamais pratiqué, sauf alcoolémie élevée.

Continuons !
Si la femme s'est donné beaucoup de peine pour être visuellement au top et qu'elle a fait cela uniquement pour elle-même et sans chercher à plaire à quiconque, elle peut éventuellement recevoir ledit compliment (ou flatterie) avec sérénité, s'il n'est pas vulgaire. Si c'est le premier de la journée, c'est plus facile que si c'est le douzième.
Celle qui s'est exprès pomponnée pour faire de l'effet devrait être d'autant plus sereine.
La jeune fille qui n'a rien fait de particulier et qui se fait complimenter - apostropher parce qu'elle est jeune et plus vulnérable, aurait avantage à ignorer la chose et se rappeler la fable " le Corbeau et le Renard" et en particulier des lignes:

Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.

Les femmes moins jeunes sont moins complimentées par des inconnus dans la rue. La non-demande est respectée ! ;-))) L'âge de la femme est un facteur important, celui de l'homme-complimenteur beaucoup moins.
Serait-ce parce que ces femmes sont plus respectables tout court, moins désirables, peut-être plus sûres d'elles ? Une femme qui ne se présente pas selon des codes de la séduction explicites est également perçue comme moins encline à entrer dans une sorte de dialogue.
Les codes en jeu sont très complexes et culturellement conditionnés.
Ça devrait être un jeu, mais si on ne connaît pas les règles, ça ne joue pas.
Il est possible que la mondialisation ait mis du désordre là-dedans, parce que les gens se déplacent et parce qu'ils lisent et voient des choses sur internet. Les habitudes bien étables sont déséquilibrées, tant pour les hommes que pour les femmes.
Ce qui était agaçant, mais plutôt anodin peut devenir conflictuel.

Écrit par : Calendula | 02 juillet 2017

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Que personne ne vienne dire ici de Mme Porchet qu'elle est intelligente, elle s'en offusquerait.

Écrit par : Mario Jelmini | 02 juillet 2017

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Que personne ne vienne dire ici de Mme Porchet qu'elle est intelligente, elle s'en offusquerait.

Écrit par : Mario Jelmini | 02 juillet 2017

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:))))))

Mario Jelmini, vous m'évitez un doublon pour la suite de mon commentaire au vôtre d'hier :)

Écrit par : Patoucha | 02 juillet 2017

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