06 juin 2017

Personnes homosexuelles : heures sombres en Tchétchénie

Depuis 2007 le président Ramzan Kadyrov impose l’islamisation de la société tchétchène, par le rétablissement de la polygamie, la chasse aux personnes homosexuelles, l’assujettissement des femmes, l’obligation de porter le « costume musulman » (voile, jupe longue), entre autres.

 


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Cité par Causeur le président Kadyrov déclarait en 2008 au Komsomolskaïa Pravda:

« J’ai le droit de critiquer ma femme. Mais ma femme n’a pas le droit de me critiquer. La femme doit être un bien. Et l’homme, le propriétaire. Chez nous, si une femme se comporte mal, le mari, le père et le frère en répondent. Selon nos coutumes, si elle a un comportement dissolu, les proches la tuent. »

Le contingent de Tchétchènes a été l’un des premiers à rallier l’organisation de l’État Islamique en Irak et au Levant. Sur son blog l’observateur du Moyen-Orient Jean-René Belliard en parlait ainsi en octobre 2014:

« Depuis l'été 2014 et l’offensive des Jihadistes de l’Etat Islamique en Irak, de nombreux témoignages accusent les tchétchènes de Jeich al-Mouhajirin et Ansar d’être impliqués dans des massacres, des enlèvements et d’autres exactions. Une vidéo intitulée « Novosti Halifata » (« Nouvelle du califat » en langue russe) montre un groupe de Tchétchènes de l'État islamique massacrer entre 160 et 250 soldats de l’AAS après la capture de la base aérienne de Tabqa dans la province de Raqqa, en juillet 2014. »

 

 

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Dans cette république peuplée de 1,2 millions d’habitants sévit une police de la pensée et des moeurs. Les crimes d’honneurs sont aujourd’hui appréciés par le pouvoir. Pratiqués par des pères ou des frères contre les filles récalcitrantes, ou plus récemment contre les homosexuels à une échelle préoccupante.

Les informations sont encore parcellaires et Wikipedia en parle au conditionnel. Dans ce pays il n’y a pas d’information libre et toute enquête sur des pratiques impliquant le pouvoir est très difficile et dangereuse. Une partie des infos sur les persécutions subies par les personnes homosexuelles vient de rescapés qui ont pu fuir le pays et qui sont aujourd’hui réfugiés dans des endroits secrets en Russie.

Les autorités démentent tout lynchage par la voix d’Alvi Karimov, porte-parole du gouvernement, dont les propos ont été rapportés par l’agence indépendante Interfax:

« Vous ne pouvez pas arrêter ou réprimer des gens qui n’existent pas dans la république. L’homosexualité n’existe pas ici. Si ces personnes existaient ici, la loi n’aurait pas à se soucier d’eux vu que leur propres parents les auraient déjà envoyés là où ils ne pourraient jamais revenir. »

 

 

tchétchénie,persécution,kadyrov,homosexuels,manifestationPrison secrète

En plus du déni ces propos expriment clairement la position du gouvernement sur cette question: il se repose sur la « justice » familiale, habilitée à faire disparaître les enfants « non conformes » selon la police des moeurs. Aujourd’hui, d’après des témoignages de plus en plus nombreux, les autorités dénoncent les homosexuels à leurs familles, ou les capturent et emprisonnent pour les torturer.

C’est le journal d’opposition russe Novaïa Gazetta qui a dénoncé les persécutions dès le début du mois d’avril. Il semble que le pouvoir ait initié une campagne de répression sans précédent suite au projet d’organisation de Gay Pride dans des villes du Caucase.

Le journal mentionne même l’existence de prison secrètes. Des prisons non officielles puisqu’en Fédération de Russie l’homosexualité n’est pas un crime. Une république de la Fédération ne pourrait donc emprisonner des individus à cause de leur sexualité.

Un premier réfugié arrivé en France a récemment témoigné:

« Si ça devient connu, tu es en danger, mais aussi tes proches. Là-bas, on tue les gens pour des rumeurs», glisse Azmad, un prénom d’emprunt. A Grozny, la communauté gay vit donc en «sous-culture fermée», nécessairement paranoïaque. Toute nouvelle rencontre doit être validée par un maximum d’amis communs. «Mais bien peu prennent le risque» de se voir, soupire-t-il.

 

 

tchétchénie,persécution,kadyrov,homosexuels,manifestationManifestation 11 juin

Ce quotidien des homosexuels tchétchènes se mue en véritable enfer l’hiver dernier. Le corps de l’un d'entre eux est retrouvé «ligoté et nu». L’homme a été «violé et tué», se souvient cet étudiant, qui travaillait en parallèle dans le commerce. L’ère des persécutions vient de commencer. »

Les persécutions d’homosexuels sont des symptômes de la dérive autoritaire de pouvoirs de type fasciste. Que l’on soit d’accord ou non avec certains aspect du discours idéologique LGBT, le droit élémentaire pour les personnes homosexuelles à vivre libre et en sécurité doit être rappelé. Dans ces heures sombres cette considération est supérieure à toute autre.

 

Pour le rappeler une grande manifestation est convoquée à

 

Genève, Place des Nations,

dimanche 11 juin de 16 heures à 19 heures.

 

Lire aussi le blog de Didier Bonny.

 

 

Reportage de France24:

 

 

 

08:12 Publié dans Politique, société | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tchétchénie, persécution, kadyrov, homosexuels, manifestation | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Merci pour votre texte.

Écrit par : Didier Bonny | 07 juin 2017

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ca craint la tchéchénie

Écrit par : gael | 10 juin 2017

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