24 mai 2017

Apprendre l’empathie à l’école primaire

C’est une classe expérimentale dans la ville de  Trappes. Ici pas de maîtresse qui impose et sanctionne. Les enfants n’apprennent pas dans la crainte et le stress. Ils apprennent en s’entraidant.

 


ressentitrappes01.jpgExprimer le ressenti

Ils partagent et expriment également leurs émotions au fur et à mesure. Dans la classe un panneau reçoit des petits papiers sur lesquels l’émotion du moment est nommée. Une chaise des émotions permet à l’écolier qui en ressent le besoin de s’isoler et d’écrire ce ressenti sur un journal.

En diminuant l’esprit de compétition et en incitant à la collaboration sans jugement l’atmosphère de la classe est plus paisible et l’apprentissage plus efficace.

Cette pédagogie expérimentale est dite bienveillante. Elle est également pratiquée au Danemark. Sans la nommer ainsi, j’ai également appliqué pendant des années cette manière de travailler dans les formations que j’ai proposées. Je la connais assez bien je pense, et je peux, avec recul, en constater les aspect positifs et négatifs.

J’ai beaucoup travaillé avec le ressenti, c’était même l’une de mes caractéristiques recherchées par les étudiants et patients. Pour cela je demandais au étudiants de s’impliquer et je m’impliquais aussi en tant qu’enseignant.

Exprimer ce que l’on ressent, sans jugement, est une manière de désamorcer certains blocages ou comportement stéréotypés. Une fois ce stress évacué par la parole du ressenti du moment, la compréhension s’accélère.

 

 

ressentitrappes02.jpgBâton de parole

Pendant les cours il y a toujours eu une place importante accordée à ce type d’échanges. Cela peut être une simple mise à plat: ici et maintenant je suis comme ceci ou comme cela. Mais le jugement de valeur n’est jamais loin. Il faut donc l’évacuer, par une confiance partagée au sein d’une classe, et par des outils d’exploration et de communication.

Par exemple j’ai institué dans certains groupes l’usage du bâton de parole. C’est un rituel de communication très simple inspiré des amérindiens. Un objet – un bâton ou autre chose – est posé au milieu du groupe réuni en cercle.

Sans ordre de passage préétabli, quand il le désire, chacun va prendre le bâton et revient à sa place. Tant qu’il a l’objet en main personne – je dis bien personne – n’intervient, ne fait une seule remarque, n’émet une suggestion. Cela peut durer quelques instants ou plusieurs minutes, avec des moments intenses et des silences. Celui ou celle qui parle est entièrement libre et responsable de son temps et de sa parole.

Quand la personne estime avoir terminé elle va reposer le bâton au milieu du cercle et reprend sa place. À la fin du rituel il est permis de parler les uns des autres. Jamais un jugement ne sort à ce moment, personne n’en a envie. On se pose plutôt des questions.

Un autre outil d’exploration intérieure est la Gestalt. J’en ai parlé ici. Cette technique déconcertante de prime abord est intense et parfois spectaculaire. Elle conduit à aligner précisément le corps, le ressenti émotionnel et les mots utilisés. L’empathie est fortement sollicitée dans ce travail.

 

 

ressentitrappes03.jpgCompétition

Cela pour dire que la pédagogie que j’ai mise en place dans l’école que j’ai fondée a des traits communs avec celle citée dans la vidéo ci-dessous. Je disais souvent que cette école ne formait pas des « bons » thérapeutes, connotation impliquant une compétition puisqu’il y aurait des moins bons ou des mauvais, mais des thérapeutes adaptés au besoin du patient.

Je connais donc assez bien le mode d’emploi, les avantages et les limites de cette pédagogie. Mon expérience et mes réflexions m’amènent d’abord à penser que la compétition ne doit pas être évacuée totalement du fonctionnement humain. La collaboration est certes apaisante dans les rapports humains mais la compétition est stimulante. Je n’ai personnellement jamais renoncé à l’esprit de compétition, ce qui m’a permis, malgré mes lacunes personnelles et mes erreurs, de produire des méthodes performantes et d’avancer.

Il y a toujours des meilleurs et des moins bons dans toutes sortes de domaines. Il ne faut pas se soustraire à ce jugement, il faut l’accepter et agir là où l’on est le meilleur ou la meilleure, accepter la compétition qui stimule notre créativité. Il est par contre important de ne pas développer l’arrogance du meilleur, qui tend parfois à écraser ceux qui sont moins bons. Mais cela fait partie des caractères individuels. L’expérience de vie corrige peu à peu les comportements trop rugueux. J’ai eu les miens, je continue à m’améliorer.

 

 

intimité3.jpgIntimité

Dans la vidéo ci-dessous il manque des éléments et je ne sais s’ils sont pratiqués. Par exemple, y a-t-il discussion sur le contenu du journal? Car il est important selon moi de repenser le ressenti, le poser dans une perspective. Le cognitif doit tôt ou tard revenir, avec son système d’évaluation. En trois mots il faut prendre du recul sur les émotions.

De plus, si je suis personnellement à l’aise avec les émotions, je pense aussi qu’il n’est pas souhaitable de les exprimer toutes au fur et à mesure. Parfois un délai d’attente, de retenue, permet de mieux voir ce qui se passe en nous. Les émotions sont comme de l’eau. Si l’on veut produire de l’énergie on construit un barrage. L’eau doit s’accumuler avant de peser suffisamment pour déclencher la turbine. Or cette énergie nous est propre, nous individualise, nous caractérise, nous rend forts.

Retenir c’est aussi se protéger d’éventuelles remarques ou pensées malveillantes, car la pédagogie bienveillante adoucit les relations mais ne change pas fondamentalement le coeur des humains. Je constate aussi que l’exposition incessante des émotions, même dans un cadre pédagogique protégé, confine à une sorte de promiscuité émotive, à une perte de quant-à-soi, une impudeur sur sa propre intimité. C’est le syndrome Facebook.

De plus, que faire des émotions? La question doit être posée. Dans un des exemples de la vidéo, à 36’, une fillette dit qu’elle est fière. Mais fière de quoi? Et par rapport à quoi? L’expression de l’émotion ne peut être une fin en soi, elle n’est qu’une mise en mouvement incomplète. Elle doit parfois être soumise à l’analyse critique, qui est absente du reportage ci-dessous.

L’intimité émotionnelle ne doit pas être partagée tout le temps ni avec tout le monde. Certaines choses, même douloureuses, ne sont livrées qu’à certaines personnes à certains moments. C’est ce qui en fait des moments précieux et formateurs.

 

 

 

 

 

 

23:09 Publié dans Philosophie, Psychologie, Repères | Lien permanent | Commentaires (31) | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Bonjour Homme libre c'est exactement ce que nous avons appris étant enfants et même chez les SCouts mais une fois les difficultés réelles se présentant à tous et auxquelles nous sommes tous confrontés c'est la fuite en avant et chacun pour soi
A moins de courir tous les dimanches à l'église ou d'être membre d'une secte ,il faut vraiment ramer pour retrouver l'entraide qui existait du temps de notre enfance
De un elle n'est plus gratuite et de deux les vrais aidants sont de moins en moins nombreux et meurent beaucoup plus vite que les générations précédentes
Cependant il existe peut-être une solution, avoir un animal et obliger les petits enfants à venir s'en occuper puisque la cause animale retient mieux leur attention plutôt qu'un humain souffrant de la solitude et qui ne pet être vraiment comprise que par qui l'a aussi vécu
Il faut faire vivre les enfants avec des gens âgés et parfois très souffrants comme ceux que nous avons eut la chance de frayer voir accompagner pendant l'enfance
On ne peut que remercier le ciel d'être nés à une époque ou la pauvreté n'incitait pas à rêver mais à motiver pour être le plus rapidement solidaires avec les plus mal lotis
bon jeudi de l'Ascension pour Vous

Écrit par : lovejoie | 25 mai 2017

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@lovejoie

Nous sommes, je pense, à quelques années près de la même génération: des aînés un peu élimés ou en passe de l’être très bientôt. Ai vécu mon enfance dans un quartier populaire (les Eaux-Vives), fréquenté l’école publique, les églises, les scouts et les colos. Bref, tout pour vous rendre sceptique à perpète : souvent, les mentors ont failli, les clercs ont trahi… C’était déjà le règne du « Faites ce que je dis, pas ce que je fais. »

Le monde que vous décrivez me semble de relever du « Lost Paradise » : la compétition existait tout autant, peut-être moins féroce – encore que je garde en mémoire les souvenirs de mon père sur la crise des années trente -, l’école n’enseignait pas tellement l’empathie que l’esprit de compétition. Arrivés en 6ème année, on nous sélectionnait selon nos moyennes dans les filières que l’on croyait les plus adéquates pour notre participation à l’universelle course à l’échalote. Les choses ont-elles tellement changé ?

Nos vieux, on s’en occupait, certes, mais parce que les structures médico-sociales n’existaient pas ou étaient financièrement hors de portée. C’était généralement nos mères qui s’en chargeaient et souvent,vu le carafon de gd-papa ou de mamie, de la tarte ce n’était point… Nous regardions, enfants, les vieux du voisinage avec un œil parfois amical et pas désintéressé – il s’en trouvait que nous avions plaisir à dépanner (courses entre autres, contre petite rémunération) -, mais, faut bien l’avouer – il y a prescription-, nous avions plaisir aussi à importuner les plus revêches et acariâtres (farces et petites vacherie diverses). Bref, le vert paradis de l’innocence enfantine…
Faire vivre les enfants avec des personnes âgées ? Bonne idée, cela fonctionne parfois, mais beaucoup de vieillards ne supportent plus les mômes, leurs cris et leurs turbulences, parlez-en un directeur d’Ems…

Quant à l’époque « qui n’incitait pas à rêver » pour reprendre vos termes, elle n’incitait pas moins à la jalousie et à l’envie à l’endroit des mieux lotis, mais cela, on ne peut rien y faire, c’est dans le cœur de l’espèce ou plutôt dans son petit cerveau reptilien archaïque niché tout en dessous de son cortex…

Hasta proximo.

Écrit par : Gislebert | 25 mai 2017

@lovejoie

",il faut vraiment ramer pour retrouver l'entraide qui existait du temps de notre enfance ""d'être nés à une époque..."

De quelles années parlez-vous?

Écrit par : Patoucha | 25 mai 2017

Laisser sortir les émotions est avisé, certes, mais sans oublier que les émotions à l'école ne sont pas les premières...

Maison, voisinage.

Naissance, le temps de la grossesse, appelée des vœux de la mère ou subie... son foetus ne raisonne pas encore mais ressent


il est inouï de se dire que les obsédés sexuels bien souvent... mais il faut tout un traitement pour que la personne en recherche d'incessantes nouvelles expériences sexuelles réalise qu'elle est en même temps un bébé qui crie: Aimez-moi

- mettez vos bras autour de moi... Dr Arthur Janov, entre autres.
Le nouveau cri primal Empreinte, etc.

Apprendre l'entraide et la coopération à l'école est un progrès.

Puissent les adultes, tout particulièrement les élites comme les élus, suivre ce bon exemple.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25 mai 2017

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@Homme libre

Depuis qu’il est juché sur ses pattes arrière, l’homme n’a de cesse d’inventer de nouvelles utopies. Pour ne pas désespérer Billancourt (Sartre dixit), plus généralement tous les idéalistes qui attendent les lendemains fleuris et chantants… Le projet (même inavoué) de changer l’homme, le rendre à la fois plus socio-compatible et développer au mieux, pour les harmoniser, ses potentialités innées...

Ce grand dessein, c’est évidemment celui des pédagogies actives, nombreuses et diverses dont vous affleurez le sujet, qui cherchent à rendre l’élève, l’étudiant, l’épigone, le disciple (à choix) acteur de sa propre formation. Si vous ne le connaissez pas, je vous renvoie en lien à un exposé excellent et critique de Ph. Perrenoud datant de 1996 et qui n’a pas pris une ride.

https://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php_main/php_1996/1996_09.html

A propos de l’émotion : « L’intimité émotionnelle ne doit pas être partagée tout le temps ni avec tout le monde. »

« Au commencement était l’émotion. » L.-F. Céline

Curieux de trouver Bardamu , le cynique atrabilaire de la littérature du XXème dans ces eaux-là ? Que dirait-il s’il subissait le tsunami émotionnel actuel que font déferler les media ? Lequel ne fait qu’affleurer la surface de notre âme tant il finit par nous blinder. Vous avez tout juste, il me faudrait développer, mais il fait grand soleil, alors…

Buenas tardes.

Écrit par : Gislebert | 25 mai 2017

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@Patoucha je parle des années 40-50 ou les petits commerçants qui en plus de leur travail jouaient le rôle d' assistants sociaux
Mais sans doute était -ce aussi en rapport avec l'Armée et ses écoles de recrues
Tout le monde se sentait concerné et tout commença à tomber en poussière dés l'arrivée des premiers camions Migros

Écrit par : lovejoie | 25 mai 2017

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Merci pour cette précision lovejoie. En 55 ce n'était pas évident en tout cas à Genève.

Écrit par : Patoucha | 26 mai 2017

@Gislebert l'empathie nous a été léguée par ceux nés fin 1800 et que nous croisions tous les jours
S'ils n'étaient pas nos seuls parents de substitution
L'empathie était présente entre enfants à condition que leur Protestantisme ne soit pas crié sur les toits
C'est d'ailleurs une raison parmi mille autres qui nous a fait choisir un métier pour voler au secours d'autrui mais tout en vivant hors du monde
J'allais oublier de mentionner les amis les plus fidèles ,les Francs Maçons Il est vrai que présenté ainsi cela ressemble au paradis mis n'oubliez pas que dés 3 ans nous devions déjà travailler pour aider les veuves qui ont dû jouer le rôle des parents trop immatures !
Je vous remercie et Vous souhaite une très belle soirée

Écrit par : lovejoie | 25 mai 2017

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"Apprendre l’empathie à l’école primaire"

Cela s'apprend à la maison! Les enfants prennent exemple de leurs parents - s'agissant de racisme et d'antisémitisme. - Et les cours de moralité n'y changeront rien!

Les chiens ne font pas des chats!

Écrit par : Patoucha | 25 mai 2017

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Réflexion frappée au coin du bon sens, Patoucha, il n’est que de parler, de les écouter surtout, avec les courageux de l’Education nationale travaillant en « zone sensible ». Les profs d’histoire-géo – j’en connais pour être souvent Parisien - doivent sérieusement ramer contre le formatage haineux inculqué par la parentalité (antisémitisme particulièrement violent, négationnisme et complotisme...). Pas une sinécure,faut vraiment avoir la vocation, je les admire beaucoup.

Écrit par : Gislebert | 25 mai 2017

@Patoucha on ne saurait mieux dire! c'est l'entourage immédiat qui développe ou pas ce ressenti et personne d'autre
Il est vrai qu'ayant été par deux fois proche aidante ,je porte souvent un regard différent sur le monde .Cette forme d'empathie nous oblige à vivre hors des sentiers battus et ce pour protéger notre mental

Écrit par : lovejoie | 25 mai 2017

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Patoucha@ Gislebert m'ayant coupé l'herbe sous les pieds, je ne peux que dire que précisément, cela dépend des parents...

Écrit par : Géo | 25 mai 2017

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@lovejoie, Gislebert, Géo

Quand les grands esprits - avec modestie - se rencontrent :)

Écrit par : Patoucha | 26 mai 2017

L'empathie doit s'apprendre d'abord en famille, avec le premier cercle. Je suis d'accord. Mais ce n'est pas complet. Les parents ne savent pas toujours comment s'y prendre et eux-mêmes sont pétris de mécanismes relationnels divers qu'ils n'ont pas forcément identifiés.

Ici il s'agit d'outils de communication. Ils sont validés par une communauté plus large que le premier cercle familial. L'inversion des rôles (aidant-aidé) peut s'engranger dans la mémoire et revenir en situation où ce sera utiles. Je ne pense pas que l'école doive se substituer aux parents mais cette pédagogie peut être un prolongement de l'apprentissage familial. Dire ce que l'on ressent plutôt que se mettre en position d'attaque ou de défense, que de rester inhibé par la crainte de l'échec, est à mon avis une chose bonne pour sa propre liberté intérieure.

Par contre je précise mes réserves, selon ce que je vois à l'image. D'une part l'enseignante est une référence d'autant plus importante qu'elle supervise des choses d'ordre très personnel. Elle doit savoir préserver une distance et établir une forme d'autorité, ce qui est plus difficile dans ce genre de pratique.

L'usage des petits mots qui désignent une émotion me paraît permanent dans cette expérience, sans lien avec les autres. L'enfant n'apprend pas les interactions et les repères que l'expression des émotions doit normalement produire. Il est très seul, il n'est pas questionné et ne va pas plus loin que le ressenti de l'instant. La volonté de non-jugement produit une non-intervention et une possible perte de communication, dans le sens d'une forme d'indifférence les uns aux autres.

L'idée d'un journal est intéressante, pour ma part je préconise de ne pas s'en contenter mais de mettre en commun à un moment et d'en parle sans quoi la solitude émotionnelle est le prix de la méthode. Or l'intelligence émotionnelle se développe dans le partage et aussi dans la confrontation.

Écrit par : hommelibre | 25 mai 2017

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@ Gislebert,

je partage beaucoup de la conclusion du lien:

" Toute méthode pour rendre l’élève actif s’épuiserait rapidement, car aucune ne saurait garantir sans cesse le sens des situations et des apprentissages. Ou alors, la méthode se confond avec le dispositif, la relation, l’attitude, la gestion de classe, le contrat didactique, la nature des tâches et des interactions."

Il ne s'agit pas de former un "Homme nouveau", concept dont je me méfie et pour lequel j'ai heureusement passé l'âge. Il s'agit de méthodes de communication dont on attend non une globalité mais certains résultats. Dans ce reportage je constate un usage permanent de la méthode et même une confusion possible entre la méthode et le sens global de l'apprentissage. D'où mes réserves. Mais en tant que méthode je pense qu'il y a quelque chose à utiliser.

Écrit par : hommelibre | 25 mai 2017

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Excellente méthode pour les parents démissionnaires. Pour les autres.... c'est ancré depuis des générations! Alors cette méthode.......Bonjour les naïfs!

Écrit par : Patoucha | 26 mai 2017

Pas d'accord Patoucha. Certains adultes arrivent facilement à collaborer, d'autres non, Beaucoup gèrent mal les conflits, se tirent dans les pattes pour prendre une place, abandonnent devant la difficulté. Tous les parents n'ont pas la baguette magique pour transmettre tous les moyens, même sans être démissionnaires.

Pas besoin d'être devin pour le constater.

Je n'ai connu qu'une seule famille où les parents pratiquaient le journal, avec mise en commun chaque dimanche soir. On parlait de tout ce qui allait ou n'allait pas et on repartait la semaine suivante libre dans sa tête.

Certaines méthodes sont données dans des entreprises, parce que cela ne vient pas tout seul à l'esprit, même avec de la bonne volonté. La première chose par exemple est de savoir parler de soi, pas de tout mais assez pour donner un message non conflictuel autour de soi. Il suffit de lire internet pour voir que c'est peu répandu – et je ne demande pas de confession intime pour autant.

Je m'inscris en faux contre votre assertion.

Écrit par : hommelibre | 26 mai 2017

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"Pas d'accord Patoucha.... "Beaucoup gèrent mal les conflits, se tirent dans les pattes pour prendre une place, abandonnent devant la difficulté"

Démissionnaires est le mot adéquat. Non!

Apparemment, mon commentaire n'est pas assez clair vu votre réaction. Je m'explique:

Les parents démissionnaires - pas assimilables aux irresponsables - collaboreront plus facilement, étant donné qu'eux mêmes n'y arrivent pas pour diverses raisons,"abandonnent devant la difficulté." Vous le dites vous-même!

Les "autres"? Je faisait allusion à ceux qui n'aiment pas qu'on interfère dans l'éducation de leurs enfants. Ceux qui veulent inculquer des valeurs transmises depuis des générations.

"Je m'inscris en faux contre votre assertion."

WOW! Il faudrait peut-être s'entendre sur le mot "démissionnaire" vous ne croyez pas? Désolée, de ne pas faire dans le politiquement correct! Quand cela se trouve, ce mot n'est en rien péjoratif ni choquant. Je n'accuse, ni ne vise personne en particulier. Je l'ai utilisé parce qu'il n'y en a pas d'autres, d'autant que ce ne sont pas les exemples qui ont manqués autour de moi!

En voici un hommelibre:

- Lors d'une réunion de parents d'élèves de 4e primaire, une mère - parlant de son fils - dit à la maitresse:

"Il a besoin d'être éduqué...punissez-le...corrigez-le.."
?!!!!!

Cela ne s'oublie pas!

Écrit par : Patoucha | 27 mai 2017

Patoucha,

La distinction entre éduquer et instruire demeure importante. J’en ai déjà parlé. Les parents ont en premier lieu la mission (ou fonction) d’éduquer, de dire quels sont les bons et les mauvais comportements.

Toutefois l’école prolonge déjà cette mission (ou fonction) par les notifications de comportement. Ce n’est pas nouveau. Je ne trouve pas qu’il soit excessif de proposer aux élèves des outils de communication auxquels les parents ne sont pas accoutumés.

S’il y a problème il est pour moi dans l’usage intensif de ces outils, comme il semble que ce soit le cas d’après le reportage. D’une part dans l’expression continue des émotions sans réinterprétation de ces émotions, ce qui laisse l’enfant très seul avec son ressenti, non complété par une interaction, et très exposé sans qu’il sache à quoi il est exposé. Un enfant a besoin d’une parole extérieure à la sienne, pour préciser son ressenti, pour entendre d’autres mots. Cela fait partie de sa formation intellectuelle et de sa socialisation.

D’autre part l’entraide à l’apprentissage a sa limite. Elle ne devrait être proposée qu’en cas de besoin et non systématiquement. Cette méthode de travail a son intérêt mais comporte le risque que l’enfant n’accède pas à la satisfaction et à la confiance en soi que procure la réussite personnelle seule.

L’école a toujours fonctionné selon certaines idées en cours dans la société. La sanction, la punition, la compétition, sont des éléments d’un modèle habituel, qui semble aller de soi. Mais c’est un choix idéologique. D’autres choix existent.

Sur la définition de démissionnaire, il s’agit pour moi de parents qui n’assument pas leur mission éducative, pour quelque raison que ce soit. Ils sont dans la dé-mission, le retrait de cette mission. Je ne vois pas ce que le politiquement correct vient faire là. L’école ne peut de toutes façon pas compenser complètement les manques familiaux, elle n’est pas prévue pour cela et n’a pas les moyens de le faire.

L’exemple que vous donnez n’engage que cette mère, pas l’ensemble des parents ni les modèles pédagogiques globaux de l’école.

Écrit par : hommelibre | 27 mai 2017

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Vous ignorez qu'il n'est plus correct de dire : "parents démissionnaires" John?

Je ne vous ai donné QUE cet exemple..... j'en ai plein d'autres!

Aucune contradiction pour le reste.

Écrit par : Patoucha | 29 mai 2017

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c'est pourtant employé dans une enquête très sérieuse.

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/984000424.pdf

http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=EP&ID_NUMPUBLIE=EP_021&ID_ARTICLE=EP_021_0058

"parents démissionnaires"

Dans les années soixante, on rencontrait souvent des parents de droit divin qui considéraient leurs enfants comme leur propriété personnelle. Il fallait taper sur la table pour conquérir de haute lutte une position de tiers légitime à intervenir, avec le risque de se situer davantage en avocat de l’enfant qu’en magistrat.
Insensiblement, le paysage a changé. Non seulement ce type de configuration s’est estompé, mais on a eu de plus en plus le sentiment d’avoir affaire à des gens non pas indifférents à leurs responsabilités parentales, mais dominés par des difficultés de vie incompatibles avec l’exercice de celles-ci [2].

"Il a besoin d'être éduqué...punissez-le...corrigez-le.."
?!!!!!

Cela ne s'oublie pas!

il est vrai que ce n'est pas courant, enfin une mère qui respecte les enseignants.

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-symbolique-du-pere-l-autorite-l-41717

c'est plutôt ça la réalité et c'est une catastrophe.

Les parents prennent parti pour leurs enfants, des que se présente le moindre problème, à la façon des femelles, dans le règne animal, qui défendent bec et ongles leurs petits.

Écrit par : leclercq | 29 mai 2017

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L'empathie est la capacité de se mettre à la place de quelqu'un d'autre, de tacher de le, la ou les comprendre, certes, mais la distance prise, l'écoute est risque, quant à soi-même, de refoulements allant se nicher jusque dans les profondeurs du cerveau.

La compétition contemporaine conduit à la démesure folle de notre société de marché sans éthique.


J'admire la présentation de cette forme d'école, certes, mais je me demande, comme pour l'Ecole Steiner, quoi une fois de retour dans le monde habituel, courant tellement, pour tant de monde, violent, dur ou cruel?

La coopération, elle, n'empêche pas la stimulation.

Il ne peut pas être évident quand on est parents de voir nier ou contredire ce que l'on croit juste et le mieux, en cas de conflit, serait sans doute d'avoir recours à quelqu'un d'extérieur comme un ou une psy (talentueux, doué)

tant les conflits de l'enfant apparemment scolaires prennent leurs sources et causes bien ailleurs... avec, pour les parents, ce que ne saurait obtenir l'école dont ce n'est pas la tache... l'invitation incontournable à se mettre à la place de l'enfant, à la maison selon ce qui se passe, son ressenti?

Voisinage, etc. sans oublier l'actualité faite de violence, attentats, dénonciations stériles d'injustices sociales avec maints blablas... jusqu'aux scandaleux, pour le prix...vu la faim, la misère dans le monde des costumes des élites... autres stupidités sans oublier, sur les sites, sexualité déviée au dysfonctionnement flagrant tout en étant en mesure de détraquer adultes comme enfants futurs adultes, parents et responsables voire... dirigeants politiques ou religieux.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 30 mai 2017

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@Myriam Belakovsky Vous n'avez pas tout faux !espérons que ces enfants sortis de l'école Steiner ne deviennent pas les souffre douleurs comme nombre d'autres ayant scié leurs barreaux religieux en ayant pris conscience mais un peu tard que loin du groupe leur vie serait en danger
D'ailleurs en 2000 beaucoup de jeunes se sont suicidés complètement perdus dans un monde qui veut tout sauver sauf le voisin d'ä côté
Pour ceux ayant résisté au temps qui passe ,tous diront il ne fait pas bon vivre vieux en Suisse
Trop d'empathie nuit au bon développement personnel ce qui fait que dès l'instant ou l'enfant est confronté à ses propres épreuves et surtout s'il n'a plus de famille ,y'aura plus personne au bataillon pour l'aider et il devra affronter la malveillance psychologique si tendance en Suisse tout autant qu'elle l'était du temps de nos grands parents qui eux avaient rejoint des sectes pour être protégés
très belle journée

Écrit par : lovejoie | 30 mai 2017

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Myriam,

la coopération n'empêche pas la stimulation, je suis d'accord. Je pense cependant que la compétition a aussi une autre fonction que la stimulation: le développement de l'immunité. Qui dit immunité dit altérité pouvant être menaçante. Si le mode bienveillant est destiné entre autres à diminuer la part de menace du monde, elle ne peut l'exclure.

Il reste important de savoir se protéger et pour cela de garder une bonne immunité, psychique comme biologique. Dire cela n'est pas créer des adversaires, c'est constater qu'ils existent. L'adversaire se manifestera tôt où tard.

Dans cette perspective je précise ma réserve, voire j'adresse une critique sur ce mode pédagogique tel qu'il est montré dans le reportage: il comporte le risque d'affaiblir l'immunité des petits humains. Pour moi le reportage présente un mode pédagogique intéressant et auquel j'adhère en partie mais utilisé à l'excès.

Écrit par : hommelibre | 30 mai 2017

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"Il a besoin d'être éduqué...punissez-le...corrigez-le.."
?!!!!!

Cela ne s'oublie pas!

cette femme éduque déjà son enfant à la maison (si elle le couvait elle ne dirait pas ça), et elle demande à ce que l'éducation nationale continue son travail

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/984000424.pdf

"En France, l'enfant est plutôt considéré non comme une personne à accueillir
mais comme un objet qu'il appartient aux parents de façonner. Ils ne sont d'ailleurs pas
seuls à le faire ; d'autres institutions comme l'école y contribuent, et constituent ou
devraient constituer autant de relais de la parole parentale."

félicitation à cette mére.

Écrit par : leclercq | 30 mai 2017

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hommelibre,

Notre formation d'éducatrices comprenait cette expérience du Bâton de parole de même que les CEMEA (Centres d'entraînement aux méthodes d'éducation active) invitait à rencontrer l'enfant non avec un programme préétabli mais selon ses centres d'intérêts ce qui était en mesure de l'encourager fort tout particulièrement en ses points faibles.

Problème de robinets... mais le garçon, pour un exemple, qui adorait le foot était heureusement surpris de constater que le problème se situait en les vestiaires d'un club de foot!

Un restaurant a une clientèle excellente.
S'ouvre un restaurant en face...

Il peut, le premier restaurant, pratiquer la compétition en guignant sur ce qui se passe chez son rival
ou

quant à sa cuisine, ambiance, etc, se surpasser

se "défendre", certes, mais avec entrain, bienveillance ou sympathie non regards de travers voire hargneux de l'autre côté de la rue...

Bonsoir à vous, à lovejoie...à tous.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 30 mai 2017

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"invitait à rencontrer l'enfant non avec un programme préétabli mais selon ses centres d'intérêts ce qui était en mesure de l'encourager fort tout particulièrement en ses points faibles"

c'est le nouveau pédagogisme, les fossoyeurs de l'éducation Nationale.

https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dagogisme

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1482486-le-pedagogiste-symbole-de-l-egarement-intellectuel-qui-a-guide-la-reforme-du-college.html

Écrit par : leclercq | 30 mai 2017

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Pas du tout, leclercq

En ce qui concerne les CEMEA il s'agissait des années 1955.

Sans tricher,

L'école restait l'école les uns enseignant, les autres apprenant sans pour autant négliger l'encouragement aux enfants en difficulté.

L'histoire des "robinets" aurait inspiré Freud côté sexualité.

La difficulté avec les maths signalait également, relativement souvent, un conflit avec la mère.

L'enfant doué ou moins devrait avoir du plaisir en classe alors que pour tant et tant d'élèves la scolarité fut un calvaire tel qu'une fois au travail, un seul retour en arrière, un souvenir scolaire est en mesure, quasiment, de "tétaniser" l'écolier devenu adulte voire pro.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 30 mai 2017

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http://www.cemea.asso.fr/spip.php?article6771

pas convaincu, j'ai l'impression de beaucoup de phrases creuses déconnectés de la réalité.

"Les CEMÉA affirment que la jeunesse est un atout pour la société. Ils refusent toute stigmatisation et morcellement de la jeunesse qui tendrait à opposer les jeunes entre eux"

quelle stigmatisation !!!

je préfère les ouvrages de Malika Sorel Sutter, eux sont dans la réalité.

j'ai trouvé ça en lien, du CEMA.

http://www.adequations.org/spip.php?article1574

du délire féministe.

Écrit par : leclercq | 30 mai 2017

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http://www.cemea.asso.fr/spip.php?article5556

"La problématique, qui est aussi un constat accablant, peut être résumée par ces quelques affirmations en préambule :

les enfants sont aujourd’hui des tyrans qui imposent partout leurs caprices,
les enseignants ont renoncé à la transmission exigeante des savoirs,
les pédagogues ont ruiné l’autorité des adultes.

Ces affirmations ne représentent qu’une partie infime de ce à quoi les éducateurs (parents, enseignants, animateurs, travailleurs sociaux, …) sont confrontés."

affirmation, c'est quand même la réalité.

j'ai lu la conférence, je ne suis pas d'accord avec son analyse, c'est superficiel, analyse parcellaire de la réalité.

http://www.cemea.asso.fr/spip.php?article9882

"L’occultation du social et la distorsion du réel"

quelles commencent a bien l'analyser le réel, avant d'affirmer qu'il y a distorsion. ça sera un bon début.

le CEMA m'a l'air d'être un repaire de féministes radicales des tarées.

http://www.cemea.asso.fr/spip.php?article7320

http://www.cemea.asso.fr/spip.php?article8455

Écrit par : leclercq | 30 mai 2017

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Leclercq

Si vous entendez parlez des CEMEA, il n'y avait pas de féminisme.
Pas plus que de féministes.

Nous avions en moyenne 18-25 ans.

Il s'agissait d'un stage.

Lumineux.

Les "éducateurs" étaient "animateurs" chacun en son art ou goût propre.

Théâtre, chant, sport.
Peinture, etc.

Avec, pour finir, une forme de leaving teatre nous emmenant, des sous-sols de l'immeuble où nous étions logés, jusque "dans la lune", au grenier accueillis par des extraterrestres.... l'imaginations au pouvoir, bref.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 30 mai 2017

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