11 mai 2017

Refondation 2 : « l’Éducation nationale », héritage du fascisme

Pourvu que Najat Vallaud-Belkacem soit durablement écartée de la politique. Son séduisant sourire cache une idéologue farouche qui a fait de l’école publique un champ de bataille. Comme d’autres.

 


éducation,école,france,najat vallaud belkacem,théorie du genre,mussolini,fascisme,souverainisme,étatisme,europe,symbole,citoyen,vichy,herriot,italie,duce,berenice levet,djihad,globalisationSoupe globaliste

Car elle n’est pas la seule en France, mais la dernière en date à considérer que l’Éducation nationale est la propriété idéologique du pouvoir. Elle a donc imposé l’ABCD de l’égalité. On entre ici dans la confusion entre instruire et formater.

En proposant aux enfants la lecture d’ouvrages tels que « Mehdi met du rouge à lèvres » ou « Papa porte une robe » elle montrait sa détermination à formater, à semer la confusion dans les esprits, et en particulier à heurter de plein fouet les garçons descendants de l’immigration maghrébine. On décèle ici un moyen détourné de casser la culture d’origine de ces garçons, par un ministre issu d’un courant politique qui professe pourtant le multiculturalisme.

Que l’État français donne un caractère de normalité à la confusion des genres est pour ces garçons, pour leurs familles, une violence culturelle très intime. De quoi former de futurs djihadistes en guerre contre un pays qui les pousse à l’apostasie culturelle? On est endroit de demander aux fils d’immigrants une adhésion aux valeurs du pays, mais celle-ci, l’idéologie gender, n’en est pas une.

Sous le prétexte bienveillant de l’égalité s’affirme ici la contrainte malveillante de l’autoritarisme idéologique. Madame le ministre a réfuté la critique selon laquelle on introduisait la théorie du genre, ou plus exactement du non-genre, de l’indifférenciation, de l’effacement des identités au profit d’une soupe globaliste.

 

 

éducation,école,france,najat vallaud belkacem,théorie du genre,mussolini,fascisme,souverainisme,étatisme,europe,symbole,citoyen,vichy,herriot,italie,duce,berenice levet,djihad,globalisationInstruire et former

Ses dénégations n’ont pas convaincu: elle imposait bien ce que des penseurs insoumis comme Drieu Godefridi, Bérénice Levet ou Eugénie Bastié désignent avec argumentation comme une théorie, comme un corpus idéologique théorique déterminant une doctrine sociale. Or la théorie du genre, ou anti-genre puisque l’on n’y reconnaît pas de différence essentielle entre les représentations sociales des sexes, n’est rien d’autre qu’une hypothèse non confirmée scientifiquement.

Elle ne s’impose qu’au profit de la domination intellectuelle de la gauche universitaire franco-américaine et de la mode des minorités toutes-puissantes, en particulier des milieux lesbiens politiques états-uniens. Ce qui tend déjà à colorer de manière particulière la sociologie et la supposée universalité de cette théorie.

Cet exemple mène au constat que l’école est bien un champ de bataille idéologique, en France en particulier. L’intitulé du Ministère, dit de l’Éducation nationale, le confirme. Dans d’autres pays dont la Suisse on parle d’Instruction publique. La différence est majeure.

On pourrait cependant contester la notion d’instruction, puisque l’on peut s’instruire par un livre, un film documentaire ou une discussion entre amis. L’école fait plus qu’instruire. Mais elle instruit aussi, par exemple des fondamentaux de toute société: apprendre à lire, écrire et compter. Elle forme également à des connaissances spécifiques qui détermineront plus tard une profession.

 

 

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Mais si l’école instruit et forme, elle n’est pas supposée éduquer. Le sens du mot éduquer est sans doute élargi par l’usage mais à tort. Éduquer signifie, du point de son origine latine, ducere ex, soit conduire hors de, ou élever. Hors de quoi? Hors de l’ignorance ou de l’ornière des réactions impulsives.

L’éducation a trait à la manière de se comporter et non à un simple apprentissage. Elle est la transmission et l’acquisition de valeurs morales et de codes de conduite, une sorte de formatage moral et social. Quand on parle d’une personne bien éduquée on ne pense pas à bien formée mais plutôt bien formatée, bien calibrée pour le milieu où elle vit. L’éducation prépare donc à l’entrée dans la société, à l’assurance d’une conformité des valeurs partagées, et à des relations civilisées et réciproques entre les êtres humains qui composent cette société.

Qu’un État accepte l’intitulé Éducation nationale est explicite sur la culture politique du pays: on veut formater et calibrer moralement plus que simplement instruire, enseigner et former. L’État devient une entité culturelle supérieure à la transmission parentale, laquelle devrait pourtant être la base et la garante de l’éducation. C’est un des volets de l’étatisme, de la verticalité du pouvoir qui n’est plus l’émanation et la délégation des citoyens mais qui devient leur maître à penser.

Cet intitulé Éducation nationale est de nature autoritaire. On ne s’en étonne pas quand on connaît son origine. Si l’expression date du XVIIIe siècle, elle ne fut utilisée officiellement que par Mussolini et le parti fasciste en 1929.

 

 
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On ne saurait être plus explicite:

« Pour l’État totalitaire, l’école était le lieu où le fascisme pouvait véritablement s’enraciner dans les jeunes générations : « l’École voulue par le Fascisme, qui ne fait qu’un avec lui : l’École fasciste ». Le 25 septembre 1928, Belluzzo rédige un projet de décret faisant aboutir l’idée selon laquelle il était nécessaire et urgent d’instituer des ouvrages « qui répondent mieux à l’idéal des nouvelles valeurs, en harmonie avec les directives du gouvernement national », dans le but explicite de « mener à son terme, à travers le livre, la fascisation de l’école ».

Lors de sa présentation à la Chambre, le ministre, prétendant que l’État ne disposait « ni des instruments, ni des hommes » qui lui étaient nécessaires « pour assurer aux nouvelles générations une éducation strictement nationale et fasciste », défend la nécessité absolue d’adopter « un livre unique d’État, en tant qu’instrument pleinement adapté à la formation du nouveau citoyen italien ».

C’est également en 1929 que le ministère de l’Instruction publique prend le nom de ministère de l’Éducation nationale, changement voulu par Mussolini pour qui la nouvelle dénomination devait souligner « le droit et le devoir de l’État d’éduquer le peuple. »

Cela c’est le véritable fascisme. Il concernait initialement l’Italie. Mais en 1932 la France reprenait le même intitulé d’Éducation nationale. Ce fut décidé par Edouard Herriot, membre du parti radical d’alors qui figurait dans la coalition du Cartel des gauches. C’est donc un homme de gauche qui décida de relayer et d’endosser une dénomination d’origine fasciste! L’étatisme français marquait son territoire et mangeait à tous les râteliers autoritaires.

 


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Et alors que l’on continue à attribuer à tort aux nationalistes de la droite française l’étiquette de fascistes, on sera étonné d’apprendre que:

« Cette titulature sera remise en cause pendant les premiers mois du gouvernement de Vichy, où l’instruction publique fait sa réapparition… »

On ne doit donc pas être surpris de cette lutte des pouvoirs successifs pour faire de l’école leur lieu de formatage et de calibrage idéologique. L’intitulé du ministère est pour tous un héritage fasciste, que l’on soit de gauche ou de droite. Dans ce sens la gauche ne démontre pas particulièrement de fibre anti-fasciste.

Si l’on veut un vrai libéralisme culturel et un désengagement de l’État au profit d’une éducation citoyenne, comme on dit aujourd’hui, soit une primauté donnée à l’initiative des populations, il faudrait changer le nom de ce ministère, puis en changer l’esprit.

Ce changement serait d’abord symbolique: l’autoritarisme et l’étatisme sont si ancrés dans la culture française qu’une modification en profondeur prendra plusieurs générations. mais il faut bien commencer quelque part.

Cela contribuerait à faire évoluer la France vers une réelle démocratie, venue d’en bas et non d’en haut. Cela influerait sur la manière de négocier les contradictions de la société et ses relations avec l’Europe. L’enjeu est donc de taille car en l’état la culture du pays ne permettra pas l’accession à un fédéralisme européen. La France en est un obstacle majeur.

Il faut noter qu’à l’heure actuelle, les deux forces politiques qui parlent au nom du peuple, de ceux d’en-bas, soit le Front National et le Parti de Gauche, pourtant tous deux souverainistes, n’envisagent pas un tel changement symbolique de nom du ministère, et sont au contraire dans la droite ligne de l’étatisme lambda français.

 

Question: qui souhaite que ce soit l’État qui éduque (formate idéologiquement) ses enfants, à l’instar des fermes éducatives maoïstes de la Chine d’alors?

 

 

 PS: Extrait de la présentation du livre 100 ans d’erreurs de la gauche française:

« Donc, depuis plus de 50 ans, la gauche française n’a pas évolué. Elle fait semblant d’être social-démocrate, parce que cela fait un peu mieux dans le tableau, mais elle fait toujours campagne sur les vieilles haines de la lutte des classes. Cela ne peut pas fonctionner sur le plan économique… Tout le monde sait que la croissance économique, ce sont les entreprises et pas les fonctionnaires que l’on va embaucher massivement. La gauche a passé son temps à vilipender les entreprises. Elle commence seulement à dire du bien des entreprises mais, la réalité, c’est qu’elle a ponctionné de 12 milliards d’euros nos entreprises depuis que François Hollande est arrivé au pouvoir ! »

 

 

 

Commentaires

En Suisse, un "maître d'école" ou un instituteur était d'abord un "régent".
Un éducateur.

Grand chanteur devant l'Eternel.
Depuis les changements d'appellations on note l'irrespect sacré roi.

Le sacre de l'irrespect.

Pour l'ensembles des profs, notamment.

Sommé de donner un cours de piano au domicile de ses élèves un pro arrive un jour devant une porte d'entrée fermée.
Personne.
Nul n'a prévenu le prof.
Aucune excuse.

Au quotidien.

Il s'agit d'un exemple il y en a en tous les domaines.

Or, nous dépendons étroitement les uns des autres.
Apprendre dès la maison, les voisins, visites, etc. puis dès l'école comment vivre en bonne intelligence les uns avec les autres.

La jeune fille, le jeune homme de ces temps heureux d'après-guerre pour être admis à l'Ecole Normale, Lausanne, qui formait les instituteurs avaient à présenter un travail concernant leur "vocation" à l'enfance, à son "éducation", à son instruction.

Bien dans leur peau, au travail, ces instituteurs épanouis étaient heureux.

(Important pour les enfants)!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 11 mai 2017

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Que dieu vous entende pour belkacem, elle est allé chercher des profs d'arabe en Tunisie n'est il pas! il y a quelques jours, pour une France totalement soumise c'est mieux de comprendre bien la langue! Curieusement elle est aussi allé il y a quelques années se faire formaté aux usa, au travers de l'assos "France/Amérique", comme d'autre beurettes, dati et d'autre de ce genre!

Écrit par : dominique degoumois | 11 mai 2017

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"INDUIRE ET DEFORMER" à la place "D'INSTRUIRE ET FORMER"!

Écrit par : dominique degoumois | 11 mai 2017

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Peut-être ne faut-il pas accorder trop d'importance aux mots. Ce qui compte c'est ce que l'on y met. Mais il est vrai que le vocable "éducation" reste ambigu."Instruction" me paraît plus conforme à l'esprit de la législation sur l'école. Il s'agit, par exemple à l'école primaire, de donner aux enfants les bases fondamentales de la connaissance : la langue, l'écrit et le calcul. Partant de là, les matières, dites secondaires, ont leur importance, toujours dans le domaine cognitif. Les sciences, l'histoire, la géographie, sont nécessaires et doivent être enseignées avec objectivité et selon une approche scientifique. Les arts et le sport relèvent de la formation plus personnelle du corps et de l'esprit ainsi que du travail collectif et solidaire.

On peut donc, à l'école, comme dans la famille, faire un travail "éducatif" mais à condition de respecter les consciences en s'appuyant uniquement sur connaissances avérées. Ce n'est évidemment pas le cas de "l'idéologie du genre" qui reprend les idées du lobby lesbo-féministe U.S., à savoir que le genre n'est qu'une construction sociale.

Il faut donc, comme le fait Homme-libre, dénoncer l'introduction de cette pseudo-science au sein de l'école. On voit bien que le but est d'effacer toute altérité sexuelle, cette dernière étant assimilée à la domination masculine. La féminisation du "mâle" étant largement majoritaire dans les représentations anti-genre, ce sont les valeurs dites féminines que l'on cherche à privilégier et les valeurs masculines à disqualifier. On comprend pourquoi le féminisme contemporain adhère largement à cette idéologie et pourquoi l'ex-ministre des droits des femmes, devenue ministre de l'éducation nationale, cherche à imposer ses vues sur la question.

Écrit par : Henri | 12 mai 2017

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Faut-il ne pas accorder trop d'importance aux mots?

Le nom d'Emmanuel Macron accompagne aussi bien la banque Rotschild que Goldman Sachs ou Bilderberg

ce qui pose la question de savoir si l'ex banquier d'affaires de chez Rotschild devenu Présidentn'était pas un agent chargé par la Finance, le tout-marché et la mondialisation de faire avancer les affaires en France tout en empêchant cet Etat de quitter l'Union.

Le nom de l'UMP devint LR Les Républicains)

Emmanuel Macron nomme désormais son parti La République en marche

ce qui de ces deux partis pourrait n'en faire qu'un

rejoint par l'UDI (Borloo, on le sait, n'aime pas les socialistes) et le MoDem de M. Bayrou lui-même encore assez récemment anti-Macron...


Marine Le Pen annonçait qu'elle voulait donner un autre nom à son parti, pourquoi ne pas reprendre en fusionnant avec Dupont-Aignan le nom: Debout la France?

Pour la France, prochainement appelée à voter pour les législatives:

tout à gauche, Jean-Luc Mélenchon PC ?

à droite, mais quand même risque de "trop à droite à cause de Marine Le Pen"... Debout la France ?

Reste le centre, le plus "sage", au fond!
Soit officiellement La République en marche - désormais quant à la démarche de quelques-uns immense fondation

Mais en réalité non révélé la... Mondialisation en marche

Écrit par : Myriam Belakovsky | 12 mai 2017

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Il ne faut pas oublier qu'en anglais le mot "education" désigne ce que l'on apprend à l'école.

"1 n-var Education involves teaching people various subjects, usually at a school or college, or being taught. 2 n-uncount Education of a particular kind involves teaching the public about a particular issue."

dictionnaire.reverso.net/anglais-cobuild/education

Les exemples donnés par "reverso" sont assez parlants.

Voir aussi :
http://dictionary.cambridge.org/fr/dictionnaire/anglais/education

On pourrait ainsi se retrouver avec une problématique similaire qu'avec le mot "supporter".

Écrit par : Calendula | 12 mai 2017

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@ Calendula:

Selon le Cambridge le mot a les deux significations. Selon le Reverso c'est surtout l'apprentissage scolaire. Difficile de trouver un parallèle entre anglais et français. En français on dit: "Je suis une formation" par "Je reçois une éducation à l'école".

En tous cas je trouve très troublant que les fascistes aient en premier donné ce nom à un ministère, et que la France l'ait repris 3 ans plus tard.

Écrit par : hommelibre | 12 mai 2017

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La vraie question, à mes yeux, serait : est-ce que L’École réussit à formater les élèves et à réaliser le projet de soumission des élèves, puis des adultes à la propagande d'état. Est-ce que l'étiquette "Éducation nationale" correspond à la réalité ?
Il me semble qu'en France, la population reste difficile à gouverner et que l'échec scolaire est important.
Par ailleurs, les ministres successifs se heurtent à l'immense difficulté de procéder à des changements. Aussitôt qu'une réforme est amenée, c'est la levée de boucliers des syndicats d'enseignants, des élèves, de leurs parents. Il me semble que le projet de formatage n'est pas très efficace, à aucun niveau.

Même en Suisse, l’École a des objectifs qui dépassent l'instruction pure.
On y dispense l'éducation routière, l'éducation sexuelle, l'éducation aux médias, l'éducation physique ( anciennement "la gym").
Souvent, quand une nouvelle problématique apparaît, il y a la tendance à vouloir la faire résoudre, en tout cas en partie, par l'école. Ainsi, ce serait à elle d'expliquer aux élèves, comment bien manger pour éviter l'obésité. Ou à elle de s'arranger pour que les jeunes ne se radicalisent pas sur internet, en dispensant des cours adéquats.

Je ne fais pas semblant de ne pas comprendre qu'à l'école publique on atteint le plus grand nombre de jeunes et on a une possibilité de diffuser des informations que pas tous les parents maîtrisent. Et que pour cette raison c'est un lieu d'information. Lorsqu'on informe et sensibilise les élèves sur les dangers d'internet, est-ce seulement de l'instruction ou est-on déjà dans l'éducation ?

L'école permet en tout cas d'apprendre la vie de groupe et plus largement la vie en société. C'est une sorte d'éducation au savoir-vivre que les familles ne peuvent pas procurer seules.
Beaucoup de jeunes vivent les contraintes de l'école comme un affront insupportable. La confrontation avec l'autorité ou le règlement peuvent être très mal vécus, mais je crois que je n'ai jamais entendu le mot "facho" dans la bouche des 12-15 ans, peut-être parce que les jeunes générations ne l'utilisent plus, ce mot ne fait pas tellement partie de leur vocabulaire actif.

Écrit par : Calendula | 13 mai 2017

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@ Calendula

C'est vrai que l'école apporte très tôt les bienfaits de la socialisation et permet de sortir l'enfant du cocon maternel. Il se frotte aux autres dans un milieu où les règles ne sont plus celles du foyer protecteur. Mais le but premier de l'école est bien l'instruction.

@ Myriam

Le mot est un emballage. Ce qui compte c'est son contenu. Un peu comme le bon vin : "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse !".

Écrit par : henri | 13 mai 2017

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@ Henri,

En tant qu'enseignante, j'ai toujours préféré instruire qu'éduquer, d'abord parce que moi aussi, je pensais que l'école était un lieu d'instruction.

J'ai découvert que même en secondaire, un prof devait organiser des courses d'école, accompagner des visites d'entreprise, gérer des soirées des parents, rencontrer des parents en tête à tête et essayer de trouver des solutions à des situations incroyablement complexes, aller en camp de ski et arbitrer des matches en journée sportive, organiser des ventes de pâtisseries pour avoir des fonds p.ex. pour des voyages d'étude à l'étranger.
Beaucoup de parents d'élèves sont très exigeants et veulent que l’École les aide, mais ne leur impose rien. Certains voudraient seulement des profs qui eux-même sont parents, afin qu'ils les "comprennent" , c'est à dire aillent totalement dans leurs sens par solidarité et n'appliquent pas des règlements ... Comme si l'éducation consistait à ne pas s'opposer à l'enfant.

En tant qu'élève, je n'avais pas eu l'impression d'avoir été éduquée, au sens purement français du terme.
En réalité j'avais reçu les clés de l'intégration à la vie en Suisse, puisque j'étais étrangère. Arrivée à l'âge de 11 ans, j'ai bénéficié d'une instruction au niveau des savoirs et des habitudes culturelles, au sens large. Et il y a eu les amis !

Quand on arrive en tant que jeune enseignant devant ses premières classes, on découvre l'immense travail de la gestion du groupe-classe, qui est une sorte d'éducation à l'écoute et au respect du climat de travail. Après des études universitaires hautement théoriques et intellectuellement exigeantes, la chute est très dure. On croyait amener le savoir et on se retrouve à sévir pour obtenir les conditions-cadre concrets !
En tant que remplaçant on espère que plus tard, on fera moins de discipline et plus de transmission de savoir, mais selon les classes et les contextes, ce n'est pas gagné d'avance.
Et on n'a pas assez d'une vie pour essayer de trouver les astuces justes. Le monde des élèves change et l'école doit essayer de préserver ses fondamentaux, tout en s'adaptant malgré tout à son époque.

Je m'insurge toujours face aux procès faits à l’École, même si ici, il s'agit de l'institution française.
L'école idéale n'existe pas, je dirais même qu'elle est un peu une "auberge espagnole". J'ai toujours travaillé avec les 12-16 ans et ai vu arriver dans cette "auberge" des élèves très différents, mais chacun est une sorte ambassadeur de sa famille et de son histoire familiale. Beaucoup d'élèves n'ont aucune intention de s'instruire, mais plutôt le projet de passer du bon temps. Seule la collaboration et la confiance entre l’École et la famille peuvent changer la donne.
Certains de nos contemporains prennent l'école pour une sorte de self-service et un lieu de gardiennage gratuit. C'est très dommageable pour toutes les personnes concernées par l’École et le projet à la fois noble et nécessaire qu'est instruction publique.

Écrit par : Calendula | 13 mai 2017

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@ Calendula

Enseignant, c'est un métier, parfois ingrat, parfois difficile, car il concerne des êtres vivants. On ne peut jamais être totalement satisfait du travail que l'on fait, de la pédagogie comme du résultat. Mais c'est aussi un beau métier qui peut apporter beaucoup de satisfactions quand on arrive à mesurer les progrès accomplis par les élèves. Il faut persévérer malgré les échecs et les doutes.

Bon courage à vous.

Écrit par : Henri | 15 mai 2017

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Henri@ Vous rendez-vous compte que vous parlez à quelqu'un qui a passé toute sa vie à enseigner ? Est-ce que c'est parce que Calendula est une femme que vous vous exprimez avec tellement de paternalisme ?
Calendula vous exprime le fruit de 40 ans d'expériences dans l'enseignement, vous lui balancez des encouragements comme à une petite débutante...

Écrit par : Géo | 15 mai 2017

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@ Henri,

Géo, qui a eu la patience et la persévérance de me lire depuis quelques années déjà, apporte des éléments factuels qui sont corrects et je lui en suis reconnaissante.
On peut dire que j'ai blanchi sous le harnais, car j'ai enseigné l'allemand au C.O. à Genève depuis l'an de grâce 1979, mais j'ai pris ma retraite tout récemment.
Ainsi, j'ai pu suivre l'évolution de l'institution et des méthodes d'enseignement sur une longue période, d'autant plus que j'ai moi-même été élève du C.O., puis du Collège de Genève entre 1967 et 74, année de ma matu.

Cela étant, ce métier exige vraiment d'avoir la vocation. Il ne faut pas espérer pouvoir séparer vie professionnelle et vie privée. On corrige le plus souvent à la maison, on téléphone et on est appelé, les bibliothèques se remplissent de matériel, que je n'ai d'ailleurs toujours pas eu le courage de jeter, malgré toutes mes bonnes résolutions.
Le plus amusant a été d'être au courant de toute l'actualité de la mode des ados, de leur vocabulaire, des us et coutumes, des appareils divers et variés ( à commencer par les walkmen, pour terminer avec les natels dernier cri et... les appareils d'orthodontie)des générations successives. ;-)))

Mon souci est toujours et encore de donner un aperçu de la face cachée de ce métier, à propos duquel le grand public se fait souvent une image très fragmentaire.
Un jour, j'ai croisé une élève à la Migros. Elle a regardé mon caddie et s'est exclamée incrédule : Vous faites des courses ?!?
C'était un moment inoubliable, qui quelque chose sur l'image incomplète ...

Écrit par : Calendula | 15 mai 2017

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"En Suisse, un "maître d'école" ou un instituteur était d'abord un "régent"."
Sauf à Genève, où le titre était, est encore, celui de "instituteur".

Écrit par : Mère-Grand | 15 mai 2017

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Divergente, you're fired!

J'ai retiré votre commentaire qui n'est qu'une longue attaque personnelle contre une internaute que vous n'aimez pas pour des raisons que j'ignore et qui ne m'intéressent pas. Si encore cela avait un intérêt (une mise en cause personnelle peut parfois avoir une utilité à titre de démonstration d'une contradiction par exemple), mais à mes yeux ce n'est pas le cas.

Écrit par : hommelibre | 15 mai 2017

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Je ne crois pas que le fait de changer Mme Belkacem ne sera pas suffisant ce ne sont pas les personnes c'est l'idéologie, leur doctrine et argumentation. Sur la théorie du genre et le féminisme, avec Macron le féminisme devrait être protégé et accentué il veut faire de l'égalité homme-femme une priorité nationale on sait ce que cela veut dire les normes féministes accentuées (quota, parité, éducation, entreprise,... ) un égalitarisme et du pour femme à toutes a chaque fois, avec les mots habituelle.
Pour le reste on devrait rester dans la continuité politiquement correcte, "culturel gauchiste" pas de changement la-dessus.

Écrit par : Lafaux | 15 mai 2017

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