29 mars 2017

Une Valls à trois temps

Ça y est: tel Jules César en son temps Manu a franchi le Rubicon. Il se rallie au jeune Emmanuel. Quelle bouillabaisse! On se souvient qu’il avait d’abord joué à Brutus, le fils parricide, en décembre.

 


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Aujourd’hui le sanguin ne se bat plus pour son parti mais pour l’autre traître. La faute à Fillon – forcément! – mais aussi à l’égyptien Hamon-bofis. Valls lui reproche une campagne qui fait sombrer le parti. Ces ***** d’électeurs socialistes avaient mal voté! C’est ainsi. Au fait Valls a-t-il levé le petit doigt pour soutenir le candidat désigné? Pour booster sa campagne? Non, rien de rien. Même pas bougé un poil de cul.

Il continue à ruminer sa déception. Éliminé au second tour de la primaire il ne pardonne pas. Et envoie sa propre éthique dans les cordes. Qu’ont-ils donc tous ces politiciens qui veulent prendre la France à la hussarde et sans préservatif?

Le premier temps de cette valse fut donc de montrer la sortie à Fanfrelande. Il le somme publiquement de dégager. Son patron, la gaule en berne, humilié par Manu, lâche le truc.

Le terrain dégagé Valls part à la conquête de la Gaule, assuré que sa stature lui offrira la place convoitée. C’était sans compter sur la poussée gauchisante du PS.

Et là, ratapatapata, deuxième temps: il perd. Loyauté oblige il soutient Hamon. En bon perdant il félicite même le gagnant:

« J’ai depuis toujours le sens de l’action collective et de la loyauté, je suis profondément attaché au respect des engagements pris. Benoît Hamon est désormais le candidat de notre famille politique. »

 

 

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Mais non mais non. Il prépare sa revanche. Il faut briser le PS pour, qui sait, créer sa propre formation dans quelques mois?

Troisième temps donc: il votera pour le Mac. Quel micmac! Une pluie de tweet tombe sur lui. On le traite de tous les noms dont celui de fossoyeur du parti. Il s’en fiche vu que la direction semble ne plus tenir la barre et garde une discrétion remarquable sur la décomposition en cours.

L’Emmanuel n’est pas forcément ravi: cela fait beaucoup, beaucoup de socialistes qui le rallient. Il est de plus en plus ni droite-ni droite. Les français pourraient voir en lui le fils caché de  Hollande. Macron l’immaculé, épargné au sujet de sa très étrange déclaration de patrimoine, ne veut pas traîner des boulets. Il préfère continuer son selfie politique: « Moi, je suis celui qui est ». S’il l’est on se demande pourquoi il a besoin de s’en convaincre en le disant.

Il semble que l’héritage de Fanfrelande soit un supplice à gauche. Pourtant ce dernier affirmait récemment que grâce à son quinquennat, la France était plus soudée qu’avant. Soudée d’une soudure à l’arc, un arc dont on cherche encore la flèche.

Avec sa Valls à trois temps, ses reniements, sa tronche renfrognée et son visage rubicond, le Manu est une vraie brêle.

 

 

Glossaire:

Le Rubicon est un petit fleuve italien qu’il était interdit de traverser avec une armée pour prendre Rome dans ses bras.

Rubicond est un adjectif signifiant au teint rouge. Ce n’est pas une pierre précieuse idiote.

Brêle signifie vulgairement blaireau, ou carte sans valeur. Ex: T’es vraiment une grosse brêle! Le mot a aussi le sens de courroie utilisée pour empêcher les vaches de relever la tête.

 

 

15:01 Publié dans Humour, Politique | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : valls, macron, hollande, socialistes, fillon, hamon | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

« Moi, je suis celui qui est »
Je ne sais pas où tu es allé chercher ça, mais plus christique tu meurs.
On touche au Brahman, à la pureté intrinsèque de la vie.

Comment est-il diable possible que le commun des mortels ne réalise pas la farce de la démonstration permanente et universelle du monde politique ?

Sommes-nous tellement en manque de je ne sais trop quoi pour donner autant d'attention au spectacle qui semble confirmer à quel point la télé-réalité n'a rien à envier au quotidien.

Écrit par : Pierre Jenni | 29 mars 2017

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"Il faut briser le PS pour, qui sait, créer sa propre formation dans quelques mois?" Ce sont les primaires qui ont brisé le PS. Vraisemblablement, les cocos ont aidé Hamon le frondeur dans ce sens. Valls a parlé de deux gauches irréconciliables ? Chiche ! Les cocos ont gagné en misant sur les marionnettes frondeuses. Montebourg, Hamon, Filipetti, ces gens ne sont que des amuseurs publics sans importance. Valls ne veut pas du FN au pouvoir et il le dit.
C'est tout. Mais qu'auriez-vous voulu qu'il fasse ? Avait-il un autre choix ? Soutenir le guignol Hamon qui l'a trahi peu de temps auparavant ?

Écrit par : Géo | 29 mars 2017

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"Soutenir le guignol Hamon qui l'a trahi peu de temps auparavant ?"
Oublié de mentionner que Hamon a voté une motion de censure contre son propre gouvernement. Si ce n'est pas de la trahison, ça...

Écrit par : Géo | 29 mars 2017

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Macron par ci, Macron par là... Seulement voilà:

Avril 2016: Il a dit:

"Il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF"

Et Juin 2016...........:

"Le contexte n'est pas favorable à la suppression de l'ISF"

Sa femme était sa prof de quoi?!!!

Entre ses multiples contradictions, Macron perd pied dans les [vrais] sondages
Publié par Alain Leger le 29 mars 2017

Libération monte au créneau et dénonce Emmanuel Macron, qui «va de contradiction en contradiction» écrit le journaliste Grégoire Biseau.

« Le candidat donne l’impression de mettre son talent, non pas à offrir une vision, mais à répondre aux demandes d’un électorat composite aux aspirations contradictoires » constate Biseau.

Allant plus loin, Grégoire Biseau rejoint cette déclaration prêtée à Jean d’Ormesson : «Macron, c’est le grand flou. Entre l’électeur de droite et l’électeur de gauche qui votent pour Macron, l’un des deux, forcément, sera cocu, mais toute l’intelligence de Macron est de faire croire à l’un que ce sera l’autre et inversement», et le constat de Marc Endeweld, grand reporter à Marianne et auteur de L’ambigu Monsieur Macron* : «Il dit vouloir incarner le progressisme mais ça reste extrêmement flou».

«Son espace est ambigu, aussi bien que ses propositions», abonde Sophie de Ravinel, grand reporter au service politique du Figaro.

Pour Biseau, «il y a, dans la maison Macron, un vice de construction. Une contradiction dans les fondations même de son projet qui, les jours passant, est en train de fissurer la façade de son mouvement.»
[…]
«De tous les gros candidats à la présidentielle, Emmanuel Macron est celui dont le pourcentage d’électeurs certains d’aller voter pour lui est le plus faible. Cette faiblesse n’est pas conjoncturelle, mais congénitale… Puisque le clivage traditionnel gauche-droite est périmé… Macron allait donc offrir autre chose.

Or, depuis deux mois, le leader d’En marche ne propose rien ou si peu».

Biseau poursuit ainsi :

«Voilà sa contradiction ontologique»… Macron revendique de n’avoir rien à proposer «déclarant que “c’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne… Alors, il parle ; beaucoup, mais sans cohérence».
Rappel :

Macron dit que la colonisation est ‘un crime contre l’humanité’, mais qu’il faut en assumer les aspects ‘positifs’.
Il confie que les anti-mariage pour tous ont été ‘humiliés’, mais il défend la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes.
En trois mois, il a changé trois fois de position sur la légalisation du cannabis, pour finalement défendre le statu quo.
Le 9 novembre 2016, répondant à L’Obs, Macron estime que ‘quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas long’. Un mois plus tard, à Versailles au cours d’un meeting, il déclare : ‘la durée légale du temps de travail restera à 35 heures’. Sur les 35 heures, un de ses électeurs sera cocu. C’est celui qui pense que l’autre sera cocu. Et inversement…
Sur le peuple français, il fait là aussi trois allers-retours :
Dans un meeting à Lyon, il affirme : ‘Il n’y a pas de culture française’. Puis à Londres, il ajoute : ‘L’art français, je ne l’ai jamais vu’.
Dans un article du Figaro du 17 mars, Macron explique que la notion d’identité française est archaïque, et qu’il n’y a pas lieu de s’y accrocher.
Oui mais dans son discours de Bobigny en novembre 2016, il déclarait : ‘Une des raisons pour lesquelles la France va s’en sortir, c’est son histoire et son peuple.’
Et concernant le très symbolique Impôt sur la fortune, il déclarait en avril 2016 qu’‘il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF’, puis en juin de la même année : ‘le contexte n’est pas favorable à la suppression de l’ISF’. Il est évident qu’entre avril et juin, le contexte a profondément changé. Là encore, il y aura des cocus.

Une vidéo pour neuneus qui votent pour un homme sans se soucier des conséquences, reprend quelques unes des contradictions de Macron, sa marque de fabrique :

Best-Of-Macron by les-crises

‘Bilan de l’action d’Emmanuel Macron après deux ans à la tête du ministère de l’Economie, de l’Industrie et du numérique : la loi Macron… qui peut pourtant donner le sentiment d’avoir accouché d’une souris’, explique Olivier Passet dans Alternatives économiques, qui précise que ‘le premier effet tangible, c’est la création de 1500 emplois dans le secteur des autocars… Au final, cette loi à forte charge symbolique a davantage crispé la gauche qu’elle n’a déverrouillé l’économie.’

Macron se révèle non pas homme politique, mais produit de consommation. Sauf que là, le péril est grave. Si vous ramassez sur l’étagère de votre superette le beau produit et que la belle promesse de la marque est détruite par une triste réalité, vous n’achetez plus le produit. Sauf que là, vous ne pourrez changer le produit que dans 5 ans. Et les dégâts, c’est vous qui les subirez…

Alors… #MacronGirouette !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Alain Leger pour Dreuz.info.

Sources :
liberation.fr
europe1.fr
lefigaro.fr
lefigaro.fr

Si les socialistes étaient des hommes de parole, cela se saurait, et là, en l'occurrence, Valls a servi"un plat qui se mange froid" Marine, si elle doit être élu, passera, avec ou sans Macron. Idem pour Fillon! Les médias ne sortiront pas vainqueurs de cette élection. Ils y laisseront des plumes! Le peuple français ne leur fait plus confiance!

Écrit par : Patoucha | 29 mars 2017

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@ Géo:

Valls avait-il un autre choix? Dans une situation qu'il ne contrôle pas tout choix est casse-gueule.

Il aurait pu commencer par rompre avec le PS puisqu'il ne s'y reconnaît plus depuis l'élection du candidat Hamon. Un coup d'éclat que les militants lui auraient reproché mais qui l'auraient mis dans une position personnelle plus forte. Cette première rupture aurait préparé son ralliement futur sans l'impression de désordre qui prévaut aujourd'hui. On ne lui reprocherait pas ses virevoltes, on comprendrait mieux sa cohérence. Il éviterait peut-être les quolibets qui l'accablent depuis deux jours.

Il aurait pu donner une raison moins défensive de son choix et commencer à esquisser une nouvelle idée de sa gauche. Il aurait commencé à reprendre la main idéologique. À croire que depuis fin janvier il n'a fait que ruminer, sans produire quelque chose d'un peu plus élaboré.

Écrit par : hommelibre | 30 mars 2017

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El Blanco a trop dégainé son 49.3!
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Merde! quoi!

Écrit par : Riro | 30 mars 2017

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"Il aurait pu commencer par rompre avec le PS" Mais surtout pas ! Vous semblez ne pas vouloir tenir compte du fait que le programme de Hamon est celui de Hamon et non du PS. Un parti politique a des militants qui paient des cotisations pour le faire vivre et déterminent la ligne de ce parti dans des congrès. Des primaires ouvertes, c'est l'occasion à certains d'influer sur un parti et le résultat qui en est sorti, c'est la mise en avant d'un candidat issu des frondeurs. Avoir été frondeur, c'est se mettre en dehors de son parti, non ? Pondre un programme hors parti aussi, non ?
Le PS contient deux gauches irréconciliables. Aucune n'est plus légitime que l'autre parce que ce ne sont pas des primaires ouvertes qui doivent donner de la légitimité : nul ne sait qui a voté et pourquoi il a voté de cette manière. Pour nuire au PS ? C'est réussi !

Écrit par : Géo | 30 mars 2017

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Quel que soit le résultat de ce bigntz, cela va finir pour le PS dans un grand congrès qui va aboutir évidemment à une scission entre sociaux-démocrates (aménager le capital) et socialistes révolutionnaires (détruire, dépasser le capital). Les SR iront petit à petit rejoindre les cocos dans les poubelles de l'Histoire et grand bien leur fasse...

Écrit par : Géo | 30 mars 2017

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Le PS a cultivé une ambiguïté depuis des décennies, entre la radicalité et la social-démocratie. Faute d'avoir fait un choix clair dans le passé, il le fait maintenant dans des conditions désastreuses pour lui.

Écrit par : hommelibre | 30 mars 2017

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Il faut toucher le fond du puits pour remonter. Ce n'était semble-t-il pas possible avant. Hollande a été élu sur une pure escroquerie : son discours du Bourget. Cela ne pouvait finir que dans le mur...

Écrit par : Géo | 30 mars 2017

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C'est bien ce que je disais:

FIGAROVOX/ENTRETIEN- Manuel Valls a publiquement affiché son soutien à Emmanuel Macron. Pour Laurent Bouvet, ce ralliement achève une fracture de la gauche annoncée depuis longtemps.

"Laurent Bouvet est professeur de Science politique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines...."

FIGAROVOX.- Manuel Valls a annoncé qu’il voterait Macron dès le premier tour pour éviter Le Pen. Faire barrage à Le Pen: est-ce devenu le seul objectif de ce que vous appelez «la gauche castor»?

"Laurent BOUVET.- Normalement, le barrage contre le FN s’érige au second tour de l’élection.

La «gauche castor» désignant cette gauche qui ne s’intéresse au «danger lepéniste» qu’une fois le premier tour passé et la surprise d’un bon résultat frontiste avérée.

Là, nous sommes dans une toute autre configuration: le danger de la «peste blonde» saisit tout le monde dès avant le premier tour puisqu’il y a une très forte probabilité pour que Marine Le Pen soit présente au second tour, et même qu’elle se qualifie pour celui-ci avec un score élevé au premier tour."

C’est cette nouveauté qui a visiblement motivé l’ancien premier ministre qui entend s’assurer que le second tour n’oppose pas la droite (François Fillon) au FN mais plutôt un candidat qui emmène avec lui une partie de la gauche (celle dite de gouvernement ou réformiste), Emmanuel Macron.

"Et on peut aussi se demander quel gain politique il en attend lui-même, dès lors qu’il va disparaître dans la masse des «ralliés» à Macron."

En savoir plus sur http://jforum.fr/la-gauche-et-le-fn-la-strategie-suicidaire-de-la-gauche-castor.html#ho1bXYgJdA4lAbII.99

Écrit par : Patoucha | 30 mars 2017

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Les vrais sondages: 2ème envoi

Dernier sondage BuzzPoll: Marine Le Pen 23.92%, Fillon 22.45%, Macron 22.02%

Écrit par : Patoucha | 30 mars 2017

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Presque le même pour Filteris:

MLP 23,5%, FF 22,25%, EM 21,19%.
EM perd sur Fillon pour le troisième jour consécutif.

Mais à voir, ce sont des tendances à court terme.

Écrit par : hommelibre | 30 mars 2017

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Je viens de revoir en différé l'émission de France 2 avec Pujadas: "Complément d'enquête "invitée Marine Le Pen qui a mis KO Pujadas et F Lenglet. Une maîtrise incroyable. Je n'en revenais pas! Elle nous a appris des choses sur Macron et la PDG de France Télévisions.

Écrit par : Patoucha | 31 mars 2017

Delphine Ernotte touche le salaire le plus élevé de France Télévisions soit 400.000 euros brut l'an (33.000 par mois)

http://www.programme.tv/news/actu/169812-france-televisions-quel-est-le-salaire-de-la-presidente-delphine-ernotte/

Écrit par : Patoucha | 31 mars 2017

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Complément d'enquête lien:

http://www.france2.fr/emission/lentretien-politique/diffusion-du-28-03-2017-20h35

Écrit par : Patoucha | 31 mars 2017

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