21 mars 2017

TF1 : le débat manquait d’Europe

Des cinq candidats trois m’ont donné le sentiment d’une solidité personnelle et d’un programme élaboré: François Fillon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Les deux autres sont trop juvéniles pour faire le poids.


france,présidentielle,débat,tf1,macron,fillon,le pen,mélenchon,hamonMarionnette

Quelques impressions de ce que j’en ai regardé.

Je n’aime pas le ton insurrectionnel. MLP et JLM sont doués dans cette technique de communication. Si l’imprécation et le lyrisme insurrectionnel des candidats drainent du monde, moi ça me fait plutôt fuir. J’y entends surtout la surenchère politique. Il faut trier ce qui est réellement politique de ce qui n’est que posture médiatique.

Je ne comprends pas comment deux sondages à chaud présentent l’Emmanuel comme le plus convainquant. Il reste pour moi un gamin qui veut jouer dans la cour des grands et qui tente d’en prendre les postures. J’ai trouvé que son manque de passé politique le prive d’une véritable étoffe. Je ne suis pas loin de penser comme MLP: Macron est le vide. S’il est élu les français se lanceront dans une aventure sans mémoire.

Sa voix parfois aboyeuse, son regard et son corps plutôt rigides, sa manière d’énoncer des généralités sans contenu précis et novateur, ne m’ont pas donné le frisson. J’avais la pénible impression de voir une marionnette et d’entendre un double discours. Des généralités, des envolées sur l’indépendance de la France dont il n’explique pas comment il la fera coexister avec le transfert de certaines souverainetés à l’Union Européenne.

  


france,présidentielle,débat,tf1,macron,fillon,le pen,mélenchon,hamonHamon pauv’ monsieur!

Macron président, ce serait la victoire du lapin Duracel. La victoire d’une candidature entièrement montée comme produit de communication. Je doute qu’il ait les épaules pour le poste. Les français sont encore une fois dans l’attente de l’homme providentiel. Je ne les comprends pas.

Benoît Hamon est l’autre ado du club. Rien de vraiment fort n’émerge de sa personne. Si c’est cela le parti socialiste aujourd’hui, Jaurès et Mitterrand doivent se retourner dans leur tombe.

Pour se relancer auprès des siens le Benoît a durci son discours dès dimanche à Bercy (je ne parle pas de cette déclaration démagogique et anti-démocratique: Je serai un président féministe). Dimanche il a utilisé le même coup que Hollande il y a cinq ans, le vieux marqueur de l’argent. Hollande n’aimait pas les riches, Hamon trouve pour sa part que le parti de l’argent est trop représenté dans cette campagne.

Peut-être faut-il lui rappeler que c’est l’argent qui paie la République, ses institutions, son existence même, par les impôts, le travail, le business et les taxes diverses? Hamon divise la France comme Hollande l’a fait. Rien de nouveau, rien de plus.

 

 

france,présidentielle,débat,tf1,macron,fillon,le pen,mélenchon,hamon,Tous francophiles

L’Europe fut le parent pauvre du débat. Mais sur le peu de temps accordé à ce sujet j’ai entendu une sorte de revendication générale en faveur de l’indépendance et la grandeur du pays. Quelle formidable unanimité francophile.

Défendre la France c’est défendre ses institutions, l’État, la culture, l’Histoire, entre autres. Étrangement la rhétorique de la grandeur et l’indépendance de la France était le principal discours face à la difficulté de défendre l’Union Européenne aujourd’hui.

Avoir accordé si peu de temps à l’UE n’est probablement fortuit. Peu de temps signifie peu de questionnements sur le sujet. L’Union est trop chaotique actuellement pour  représenter un projet positif et dynamique.

Une chose positive du débat: on n’est pas tombé dans la caricature, l’exclusion et la division, représentée par Clémentine Célarié refusant de serrer la main de Florian Philippot samedi sur On n’est pas Couchés. Je trouve lamentable et inadapté. Philippot n’est pas Hitler, le FN ne soutient pas de théorie de type nazie. Qui divise la France, prône la haine et pratique l’exclusion? 

 

 

 

 

 

 

10:33 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : france, présidentielle, débat, tf1, macron, fillon, le pen, mélenchon, hamon | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Merci pour votre analyse. Un très bon billet!

Si on devrait juger sur la fin et plus particulièrement sur les 1 minutes 30 de petit discours, je les ai trouvé plutôt brouillon. Fillon parle bien, il est posé a de l'expérience et les casseroles. Hamon est ridicule avec son discourt féministe, écolo et son revenu universel (appel à tous les cas sociaux à voter pour lui)... du clientélisme de gauche qui caractérise l'appareil PS.

Le Pen est la seule à avoir commencé à mettre véritablement les sujets qui fâchent sur la table. La question de la laïcité était révélatrice. Chacun y va de son historique à la loi de 1905 et "boum" Le Pen balance les mots "musulmans intégristes" et véritablement ont décolle dans le débat! Idem avec le discourt creux de Macron! Seule Le Pen ose le mettre devant ses envolées creuses!

Mélenchon a été rigolo, pas trop accrocheur. Regard fuyant sur les dernière 1 minutes 30.... Est-il fatigué? à 65 ans..... peut-être.

Macron beau parleur, souvent accroché. Pas du tout convainquant sur les 1m30 de la fin.... M'a fait penser à un candidat de droite molle.

Quant à l'Europe, Le Pen est contre et propose une votation une fois élue.... ingénieux comme démarche.

Écrit par : Riro | 21 mars 2017

Répondre à ce commentaire

Marine Le Pen s'est un peu calquée un moment sur le discours de Fillon, soit les actes qualifiés de terroristes perpétrés journellement en France. Pour le reste..... rien de nouveau. Elle est égale à elle-même avec en plus le dédain de son père!

Si les français votent pour quelqu'un d'autre que Fillon, ils auront le président qu'ils méritent.

Écrit par : Patoucha | 21 mars 2017

À la UNE: Bruno Le Roux dans le collimateur de la justice.

Écrit par : Patoucha | 21 mars 2017

Répondre à ce commentaire

À la UNE: Bruno Le Roux dans le collimateur de la justice.

Écrit par : Patoucha | 21 mars 2017

Répondre à ce commentaire

Quoi? Pourquoi ce caviardage de mon commentaire?

Écrit par : Patoucha | 21 mars 2017

Et moi hommelibre, aucune réponse sur le caviardage de mon commentaire? ☹️

Écrit par : Patoucha | 22 mars 2017

@Patoucha

"Si les français votent pour quelqu'un d'autre que Fillon, ils auront le président qu'ils méritent."

Oui. Encore faudrait-il que TF1 veuille bien accueillir les petits candidats snobés. Je ne serait pas étonné Dupont-Aignant a certainement récupérer un grand nombre de voix de Fillon...... Mais voilà il n'est pas LR, FN ou Modem.

Écrit par : Riro | 21 mars 2017

Répondre à ce commentaire

D'accord avec vous! Ce mépris des autres candidats est une honte! Et j'aimerais bien voir Dupont-Aignan élu, rient que pour mettre à terre tous les pronostics de la nullité des médias. Ils n'ont tiré aucune leçon avec Trump!

Écrit par : Patoucha | 22 mars 2017

J'ai éteint le poste après quarante minutes. Je ne puis donc commenter cet évènement. Mais je ne suis pas d'accord avec la posture de Macron. Il était le seul à ne pas pouvoir retenir un mouvement permanent de la tête alors que tous les autres, à part Mélanchon spectaculairement à l'aise, qui affichaient une rigidité de granit.

Écrit par : Pierre Jenni | 21 mars 2017

Répondre à ce commentaire

Intéressant également d'analyser l'arrière plan des candidats composé de leur équipe respective.

Philippot sait bien hocher la tête derrière Marine Le Pen.

Les insoumis de Mélenchon étaient les seuls à éviter le costume cravate.

Macron avait un atout charme avec une jolie demoiselle.

Écrit par : Riro | 21 mars 2017

Répondre à ce commentaire

"Je ne comprends pas comment deux sondages à chaud présentent l’Emmanuel comme le plus convainquant. "

Précisément parce que les sondages sont tout sauf neutres !
Les instituts de sondages constituent un enchevêtrement en toile d'araignée de sociétés, emboitées comme des poupées russes. L'ensemble appartient in fine à des groupes d'intérêts à la fois politiques, économiques et financiers, des laboratoires pharmaceutiques, et des communicants aux services des premiers.

Les sondeurs sont en réalité payés par ces groupes à la foi clients et propriétaires, pour orienter la réalité vers ce dont ils ont besoin. C'est leurs vrais job et il va sans dire que les propriétaires de médias sont également dans le processus.

C'est pour cela que Macron est systématiquement mis en avant, quelque soit la réalité de terrain.

Evidemment, les sondages créent un mouvement qui va s'auto-développer

L'Emmanuelle n'est pas un simple béguin des médias, il est un produit des rapports consanguins entre des partenaires qui détiennent la capacité aujourd'hui de faire entrer artificiellement du Macron dans les cerveaux des français.

Tous les médias qui fédèrent du temps de cerveaux disponibles dans les grandes messes comme la télévision, participent activement à ce processus.

Le piège de l'araignée est terrible

Écrit par : aoki | 21 mars 2017

Répondre à ce commentaire

Déjà, en attendant mieux au cas où Emmanuel Macron l'emporterait au premier tour sur Marine Le Pen on l'appelle désormais le banquier.
Soyez assurés qu'en cas de victoire au premier tour on sortira Dieu sait quoi sur lui.
Les délations, fondées ou non, tenant lieu d'arguments sérieux.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 21 mars 2017

Répondre à ce commentaire

Bien vu Riro.
Les arrière-plans sont des messages...

Écrit par : hommelibre | 22 mars 2017

Répondre à ce commentaire

Aoki: ça me rappelle le grand talent de constructrices des épeires diadèmes avec lesquelles je jouais quand j'étais gamin. Votre image est très suggestive.

Écrit par : hommelibre | 22 mars 2017

Répondre à ce commentaire

Myriam: en politique il faut s'attendre à tout dès que l'on est exposé aux yeux du plus grand nombre. Pour moi le fait qu'il soit banquier n'est pas le problème, un être humain a sa valeur quelle que soit sa profession ou son appartenance politique ou confessionnelle.

Avec de l’humour on peut forcer le trait, suggérer même sans preuve, comme Canteloup après le TJ sur TF1, mais on peut garder du recul justement grâce à l’humour.

Écrit par : hommelibre | 22 mars 2017

Répondre à ce commentaire

@ Pierre: il faudrait comparer nos analyses devant l’écran, il est possible que nous n’ayons pas les mêmes critères.

Écrit par : hommelibre | 22 mars 2017

Répondre à ce commentaire

Ce n'est, hommelibre, pas le fait que Macron soit ou ait été banquier mais la nuance avec allusion argent finance sous-entendu que l'on voit bien à quoi s'attendre si Macron est élu concernant les problèmes sociaux ce qui permet à Marine Le Pen d'engranger encore (le public n'ayant pas oublié que selon Macron il faut "travailler" (comme si les salariés précaires de par des salaires de misère scandaleux étaient des fainéants - on l'a dit aussi de toute éternité concernant les chômeurs "fainéants" et "parasites" - qu'il faut donc "travailler" pour se payer un costard ou que, pour être un homme, du point de vue de Sarkozy il faut porter (traduire concernant la mentalité de Sarkozy; "arborer") une Rolex à son poignet dès quarante ans, donc, tous sur privilégiés politiques du même milieu pour cette finance que François Hollande, en ses promesses pré électorales, avait juré promis de neutraliser.
Pour avoir lu qu'"il ne faut pas faire de sentiment quand on veut faire de la politique" (C. Lagarde et d'autres) il est urgent de faire évoluer la mentalité.
L'abbé Pierre qui fut député quitta la politique pour cette raison qu'il en nota l'inhumanité tant qu'il n'y a pas è l'Assemblée nationale un grand homme (ou femme) apte à faire virer en la faisant vibrer l'opinion concernant le social... et, de l'extérieur, réussit à faire loger ceux qui seraient restés dans la rue si lui n'avait pas quitté la Représentation nationale au Palais Bourbon.
Une personne après avoir lu Chiens perdus sans collier par Gilbert Cesbron profondément bouleversée par le sort et l'histoire des jeunes délinquants d'alors décida de s'y consacrer pour remarquer quelques temps plus tard que si Cesbron avait été inspiré par la vie de ces jeunes en institution, familles ou dans la rue, tôle, en revanche, il n'était pas et n'avait pas été éducateur sur le terrain et que son roman, en effet, "romançait" la mentalité de la plupart des éducateurs et responsables directeurs de ces institutions.
Il valait mieux agir non contre le système mais de l'extérieur du système de façon indépendante.
De même concernant les personnes qui entreraient en politique pour humaniser les politiciens.
Pas forcément impensable mais pas depuis l'intérieur du système.

Écrit par : MB | 22 mars 2017

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés entre 22 h - 08 h (Europe/Paris).