08 décembre 2016

« Les Accusés » : femme objet et homme potiche

J’aime bien Caroline Roux. Je la trouve intelligente, belle, séduisante, fun et sexy. Voix et gestuelle sont agréables. Elle est aux manettes de C dans l’air, émission politique digne d’intérêt.

 


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– Quoi? Comment osez-vous la regarder en tant que femme et non seulement en tant que journaliste? Sexiste!

J’assume, je provoque même. Les femmes m’intéressent et je les regarde aussi en tant que femmes. Surtout que Caroline Roux, fille de l’ex-entraîneur d’Auxerre Guy Roux, a souvent des tenues attractives. Hier par exemple, sa chemise déboutonnée assez bas avait belle allure.

Je cherchais alors un homme, présentateur d’une émission politique, déboutonné jusqu’à l’appendice xyphoïde: eh bien je n’en vois aucun. Pas de doute, femmes et hommes n’ont pas les mêmes prérogatives.

En pensant à cette question d’habillement je suis venu sur une thématique dans l’air du temps: les femmes peuvent s’habiller comme elles veulent et les hommes n’ont pas à bouger. Cette revendication concerne surtout les tenues sexys. Une femme devrait-elle aliéner son absolue liberté et se faire nonne pour éviter tout « danger masculin » potentiel?

Sur le papier pas de souci: chacun est libre – dans quelques limites quand-même. Je n’ai pas de jugement sur la chose en terme de moralité publique, et j’aime les femmes, y compris les femmes sexy. Mais doit-on pouvoir se présenter très sexy, attractive, provocante, sans que l’homme ne puisse en être ému et le montrer?

L’homme n’a pas vocation à devenir invisible et à refouler son trouble. De fil en aiguille, suite à mon billet sur Le Dernier Tango à Paris, j’en viens à la scène terrible du film Les Accusés: celle du viol du personnage incarné par Jody Foster. Une scène dont j’ai mis des jours à me remettre (vidéo ci-dessous – elle s’arrête juste avant le viol).

 

 

les accusés,jodie foster,viol,sexy,Non c’est non

Pour mémoire la jeune femme se trouve seule dans un bar, s’amuse, boit, danse de manière très provocante et lascive, aguiche des hommes, embrasse, se laisse toucher, et quand l’un pense que la voie est libre elle se retire et dit non. Maladroitement. Cela se termine par cette scène insoutenable du viol sur le flipper où la femme n’est plus qu’un objet.

Dans le film les hommes n’auront qu’une condamnation légère. Elle se retournera alors contre un témoin passif et sera enfin entendue. Ce film est un plaidoyer contre le viol. Je pense important d’avoir mis au public cette thématique, aussi importante que celle des fausses accusations dans La Chasse. Le cinéma est un divertissement, et parfois un peu plus.

La condamnation légère des hommes tient au fait que la femme est jugée responsable, en partie au moins, de ce qui lui est arrivé. C’est ce que contestent de manière absolue aujourd’hui les mouvements féministes. D’abord il faut être clair: le viol montré est bien un viol. Un homme sait quand une femme dit clairement non.

Cependant, c’est mon angle d’analyse, on ne peut invoquer une totale liberté de comportement sans en assumer les conséquences. Un homme n’est pas une potiche immobile que l’on peut exciter puis laisser tomber comme si de rien n’était. On doit aussi entendre la parole masculine, solidaire souvent, dérangeante parfois. 

Le film ne montre pas la victime comme un ange et c’est tant mieux: elle mérite autant d’être défendue que n’importe qui d’autre. Mais il fait abstraction de ce que peut ressentir un homme dont on a allumé le moteur. Les images montrent des hommes arrogants et prédateurs. C’est vers eux qu’elle va, à eux qu’elle se frotte, dans les deux sens du terme. Pourtant il y a un jeune minet dont elle n’aurait rien à craindre. Elle a choisi l’homme fort. Celui-ci est dangereux.

 

 

les accusés,jodie foster,viol,sexy,Le monde réel

Elle est certes libre de son comportement. Mais allumer un homme n’est pas anodin. Et si une femme peut à n’importe quel moment dire non, même après avoir sérieusement chauffé l’homme, elle doit aussi savoir que l’homme n’est pas une potiche avec laquelle on joue. Si l’on pousse une voiture dans la pente il ne suffit pas de crier stop pour qu’elle s’arrête.

Je n’excuse rien, je ne justifie rien. Les hommes dans leur grande majorité entendent le non, le sentent, le voient. Ils insisteront peut-être, car ils sont des hommes, mais la clarté du refus les débranche en principe. Dans ce film le personnage féminin a créé la situation dont elle devient ensuite victime. Elle n’a pas créé le viol, de cela elle n’a pas à prendre la charge. Elle allume, certes. Mais si elle maîtrise l’allumage, elle ne maîtrise pas le basculement, parce que l’autre n’est pas elle. Après un tel allumage le non peut devenir inaudible. Ou bien certains hommes estiment qu’elle ne les a pas cherchés pour rien.

Si l’on pousse des humains à penser leur liberté comme illimitée, il faut aussi assez de réalisme pour dire que si tout est (peut-être) possible, ce n'est pas le cas partout ni en toutes circonstances. Un enfant le sait. Pourquoi pas un adulte?

Je me souviens qu’au cours d’un voyage en Afrique j’ai visité dans une banlieue de Lagos, un ghetto très fermé. J’avais des raisons pour cela. Eh bien quelle que soit ma confiance en moi et ma revendication de liberté, je n’y suis pas allé seul. Un chief local m’a accompagné, sans quoi j’aurais pu ne pas en ressortir. Le risque était connu, l’autorité du chief m’a protégé.

Cet angle d’analyse peut ne pas plaire aux idéologues féministes ou à certaines femmes mais le monde n’est pas bisounours. Le monde est réel: il peut être dangereux. Ne pas en tenir compte au nom d’une théorie idéale peut se payer cher. Les Slutwalk, la Marche des Salopes, ça va en groupe, mais pas toute seule. Le message de prudence donné parfois aux femmes n’est pas de l’oppression: c’est du réalisme. Chacun est responsable de sa propre protection et doit prendre les mesures en conséquence. Ceci est évidemment valable pour tout le monde et non seulement les femmes.

Libre à certaines de ne pas l’entendre. Pour celle-là j’espère qu’elles ne seront pas confrontées au danger. Mais je leur suggère de ne pas prendre les hommes pour des potiches. Une relation n’est pas unilatérale, elle est interactive. L’autre, on ne le commande pas. De ce point de vue le message du film est incomplet et non dépourvu d’une certaine légèreté.

 

 

 

 

 

 

20:45 Publié dans Féminisme, société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : les accusés, jodie foster, viol, sexy | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

C'est amusant, cet article fait un peu écho au mail que je vous ai envoyé. L'avez-vous lu ? Qu'en avez vous pensé ?

Écrit par : Toto1er | 09 décembre 2016

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Pas vu passer, non. J'espère qu'il n'est pas parti dans les spams. Pouvez-vous le renvoyer?

Écrit par : hommelibre | 09 décembre 2016

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Parfaitement d'accord avec vous. Cette stupidité à vouloir protéger les femmes dans un féminisme radical nous a fait perdre toute valeur et dignité.
Etre toujours des victimes potentielles dans la relation homme-femme, comme cette phobie de se croire harcelée systématiquement n'ont apporté aux femmes qu'un statut de faiblesse.
Très loin de cette volonté d'égalité dans le partenariat que les féministes de la première heure voulaient.
Cette peur insidieuse au milieu de la relation est peut être une des sources de cette violence, car le temps de la séduction mettait en éveil les sens et chacun dans sa démarche avançait vers l'autre...ou pas, mais c'était un jeu de séduction et pas un jeu de pouvoir!
Aujourd'hui par cet état de faiblesse les femmes ont laissé aux hommes le pouvoir de les agresser car trop cachées derrière leur arme défensive qu'est la victimisation de ce qu'elles ne sont pas capable d'assumer.
(je ne parle pas, là, des viols collectifs et des femmes violées retrouvées mortes.)

Écrit par : Corélande | 09 décembre 2016

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Oui Corélande, cette systématique de la victimisation apporte aux femmes un statut de faiblesse, et je suis reconnaissant qu'une femme aussi le dise. La séduction était en effet un jeu partagé, qui laissait le temps de voir si on allait plus loin ou non.

La liberté devrait aller avec la responsabilité, il me semble que c'est une des clés actuellement admise. Faire autrement c'est se mettre soi-même en danger, au nom d'une injonction assez déconnectée du réel.

Je pense que cela doit être dit, autant pour que les femmes reprennent ce vrai pouvoir sur elles que pour les hommes qui sans cela ne comprennent plus les repères et les doubles messages.

Bien sûr, comme vous le rappelez, on ne parle pas ici des viols collectifs et des malades (de la tête ou du coeur) qui vont jusqu'à tuer.

Écrit par : hommelibre | 09 décembre 2016

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