01 décembre 2016

François Hollande sort un lapin de son chapeau

L’encore président se mue en magicien, en vue de l’annonce possible de sa candidature. Selon l’Obs et d’autres médias, il plancherait sur une proposition susceptible de le remplumer électoralement.

 


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Après les vestes prises par son parti on peut comprendre qu’il revienne aux plumes. En espérant qu’elles ne soient pas accompagnées de goudron. Pour se replacer dans la course il sort un lapin de son chapeau. Et quel lapin! Une idée vieille de deux cents ans: le patrimoine universel.

L’idée est simple. Selon les révélations de l’Obs, qui affirme relayer l’entourage du président:

« Plutôt que de dire qu’on va verser à tout le monde un revenu qui suscitera sarcasme ou ironie, je défends l’idée qu’on doit tous avoir un patrimoine de départ. Chacun doit avoir droit à un prêt initial garanti par l’Etat, pas un don. Chacun l’utilisera comme il veut. Ce prêt, qui permettra d’acquérir un logement ou autre chose, sera pour beaucoup la condition pour s’en sortir. » 

L’idée à été théorisée à la fin du XVIIIe siècle par un intellectuel britannique, Thomas Paine. Celui-ci voulait éradiquer la pauvreté. Objectif louable. On était alors dans une Europe très rurale. Les paysans libres vendaient leur terre pour subsister, les autres ne possédaient rien à eux. Selon Paine:

« Quand un jeune couple commence dans le monde, la différence est extrêmement grande s'ils commencent avec rien ou avec quinze livres chacun. Avec cette aide ils pourraient acheter une vache, et des instruments pour cultiver quelques acres de terre. ».

 

 

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Aujourd’hui ces petits paysans auraient été broyés par les grandes exploitations. Ou seraient en dépendance des aides de l’État et des subventions de Bruxelles. La petite paysannerie vit mal. Trouver des débouchés en concurrence avec les grands producteurs espagnols et autres est un combat difficile. Reste alors à produire local en cycle court, comme des écologistes le suggèrent.

Produire suisse ou français, produire local, est devenu un objectif souverainiste, national-régionaliste. C’est sans compter avec le désir de diversité des clients dans cette société de la diversité, des consommateurs qui n’ont pas envie de manger du chou et des patates tout l’hiver. À moins de faire de la culture locale en Arizona. On ne parle même pas des pertes en cas de mauvaise saison ou de catastrophe naturelle, dont un petit paysan ne peut se sortir sans de nouvelles aides. Mais le local est dans l’air démagopuliste du temps.

Par chance le réchauffement du climat terrestre devrait aider les paysans d’ici, de Sibérie, du Tibet et d’ailleurs. Lors du petit âge glaciaire on mâchait plus souvent des racines que de la mâche. Le chaud est plus productif.

Le patrimoine universel de départ (ou capital pour dire les choses sans détour) devrait améliorer l’égalité des chances au début de la vie active. Concrètement il s’agirait d’un prêt garanti par l’État. Un jeune couple pourrait commencer à acheter un logement, ou des instruments de travail en vue par exemple d’une activité indépendante.

Justement il se trouve que de plus en plus de français veulent s’installer en auto-entrepreneurs – en indépendants.  Bonne nouvelle pour ce pays qui a cultivé pendant longtemps une animosité contre l’entreprise.

 

 

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Ces indépendants goûteront aux joies des 50 ou 60 heures par semaine, à l’insécurité, à la recherche de clients et de débouchés, à l’administration et la gestion du budget, aux charges pesantes, aux vacances remises depuis 20 ans à l’année prochaine. Quant à la maladie c’est un luxe interdit.

Cette allocation du patrimoine universel n’est pas chiffrée. Mais on n’imagine pas un montant de l’ordre du micro-crédit. Il existe déjà en France un prêt bancaire garanti par l’État, d’un montant de 15’000 € et destiné aux étudiants de 18 à 28 ans. Aux États-Unis deux professeurs de l’Université de Yale proposaient la somme de 80’000 $, soit le coût moyen des études.

Pour que le capital de départ soit réellement utile il faut au moins 50’000 €, qui devront être remboursés selon un calendrier. Il serait alloué aux jeunes arrivant à l’âge adulte, soit 18 ans. En quelques années ils seraient des millions. Or si par exemple 20 millions de français reçoivent ce prêt de 50’000 € l’État devra garantir auprès des banques une masse globale de 1’000 milliards d’euros. Tant qu’il n’y a pas de banqueroute ce crédit injecte de l’argent dans l’économie. En cas de banqueroute l’État boit la tasse.

On doit donc espérer que les utilisateurs soient assez sages pour ne pas dilapider leur capital. À 18 ans, à moins d’une éducation sérieuse ou d’une nature économe, ce n’est pas gagné. Nous ne sommes pas égaux en compétences de gestion. Si une personne dilapide son capital, elle s’appauvrira ensuite à cause du remboursement.

 

  
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On peut considérer comme une injustice le fait que certains commencent leur vie avec un patrimoine familial et d’autres non. Mais bien souvent ce sont les parents et les grands-parents qui ont constitué ce patrimoine, par leur travail. Où est l’injustice?

Elle est ailleurs. Elle sera dans le fait que sans avoir rien fait pour, une personne n’ayant pas fait preuve de ses compétences reçoive en quelque sorte le bénéfice de sa créativité future supposée, payée ou garantie sur le travail ou le patrimoine d’autres personnes. Car la garantie de l’État c’est la garantie de la société, donc de tous les citoyens considérés comme actionnaires d’une grande banque unique.

Aujourd’hui quand une personne crée sa propre activité, si cela prend, et s’il veut la développer, il peut monter un dossier et recevoir un crédit bancaire ou des aides d’organismes spécialisés dans le soutien aux jeunes entreprises. J’en ai moi-même bénéficié à l’époque. Cela ne remplace pas l’idée du patrimoine universel mais valorise l’initiative individuelle et donne une prime aux bosseurs. Ce qui est aussi une forme de justice sociale.

Une autre remarque. L’idée d’un patrimoine est attachée initialement aux valeurs terriennes et historiquement familiales, donc en principe plutôt classées à droite. Elle participe au courant libéral.

 

 

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Le libéralisme est une philosophie sociale, politique et économique qui vise à renforcer la position de l’individu-citoyen face à la possible hégémonie du groupe. Les Droits de l’Homme, émanation libérale, confirment cela. Le libéralisme s’accommode des inégalités pour autant qu’il y ait une forme de redistribution qui maintienne un bien-être général et donc une cohésion sociale. L’intérêt d’un négociant libéral est par exemple que des clients achètent sa marchandise. La redistribution sous une forme ou une autre est donc un mécanisme vital du libéralisme. Derrière cela se profile la question récurrente de l’équilibre entre la gratification individuelle de sa propre action et le partage d’une partie de cette gratification avec d’autres.

Le partage n’est pas le résultat d’une morale chrétienne, par exemple. On ne partage pas parce que c’est bien, sauf devant la misère. On partage parce que c’est l’intérêt égoïste bien compris, et cela n’a rien de trivial ou de discréditant. Les relations humaines sont un contrat, avant d’être une solidarité. Il faut noter que la solidarité a toujours existé, par exemple par les oeuvres religieuses avant la révolution française, aujourd’hui par l’État.

L’impôt est une des formes de redistribution, qu’il soit direct ou indirect. Le travail en est également une. Le crédit bancaire en est une autre. Il est intéressant de voir qu’une notion libérale et de droite, le patrimoine universel, sert aujourd’hui un projet de gauche. Cela confirme la dissolution des lignes anciennes de fracture politique et sociale, et plaide en faveur d’une nouvelle grille de lecture de la société et d’un nouveau logiciel de pensée.

 

 

 

Image 2: cannabis en Arizona.

Image 4: monastère, ou patri-moine. 

 

 

Commentaires

Ouf! Il renonce. Il va manger son lapin tout seul avec Julie.

Écrit par : hommelibre | 01 décembre 2016

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SOS un commentateur nous menace chez Mireille Vallette. Désolée pour ce HS mais je me devais de le dénoncer.

Écrit par : Patoucha | 01 décembre 2016

Il renonce à sa candidature à l'élection présidentielle. Mais se pointe Manuel Valls..... le roi des déclarations et promesses tornitruantes. Il devrait suivre Hollande..... son bilan etant aussi désastreux. Une drôle de mentalité que ces socialistes!

Écrit par : Patoucha | 01 décembre 2016

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