25 novembre 2016

Fillon, le président homophobe – ou pas

Je suis surpris par le dernier billet (lien ici) du blogueur Didier Bonny. Je pourrais répondre sur son blog car j’ai eu l’occasion de constater par moi-même qu’il est toujours ouvert au dialogue, courtois et qu’il ne refuse pas la confrontation des idées.

 


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Mais ce thème est important. Je souhaite lui donner davantage de visibilité que dans un commentaire, et ma réponse est un peu longue, raisons pour lesquelles je le traite ici sur mon blog.

Le mot homophobe fait partie du vocabulaire novlangue. Il évite toute analyse des positions et motivations, au profit d’une stigmatisation facile et moraliste (l’arme ultime de la pensée dominante aujourd’hui). Il s’adresse aux personnes qui n’ont pas encore vraiment réfléchi par elles-mêmes au sujet et qui suivent ce que l’air du temps veut qu’ils pensent, pour être dans le camp du Bien.

Pour éviter tout malentendu je précise d’abord à nouveau ma position sur l’homosexualité.

Je n’ai pas de problème avec les personnes homosexuelles. J’ai de très bonnes relations avec elles. Je l’ai écrit à plusieurs reprises sur ce blog.

J’ai exprimé par écrit avoir, vers mes 20 ans,  testé deux fois un tel rapport pour comprendre ce qui attire deux personnes de même sexe. Bien qu’incomplets ces rapports ont été instructifs mais ne m’ont pas apporté de réponse, et je n’ai pas changé d’orientation suite à cela. Je suis un « homme blanc hétérosexuel cisgenre ».

 

 

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Comme thérapeute naturopathe j’ai soigné des personnes homosexuelles. Elles se sont ouvertes de leur orientation. Je n’ai jamais eu d’attitude différente à leur égard par rapport aux personnes hétérosexuelles. Certaines pourraient en témoigner.

Ma sincérité n’est pas en cause et je ne suis pas gay friendly par opportunisme, par suivisme, ou par soumission à l’idéologie du moment, ce dont je ne suis pas certain pour la plupart des gens, dont j’aimerais voir le fond du coeur. Cette sincérité a été reconnue par un pasteur homo dans les commentaires de certains de mes billets. J’ai écrit que l’homosexualité me posait des questions légitimes, sans pour autant la considérer comme anormale (elle a toujours existé). Ce pasteur (dont je ne pense pas utile de divulguer le nom ici) m’a par exemple écrit, sur mon questionnement:

« Je tiens juste à souligner que, même si mes conclusions ne sont pas les mêmes, vous vous en doutez, je me retrouve passablement dans votre démarche intellectuelle, vos questionnements et votre sincérité. Question d' "attitude" (je ne trouve pas d’autre mot)? »

Oui, en effet, question d’attitude et d’ouverture d’esprit, sur quoi je n’ai pas changé. Et suite à un billet où je dénonçais la chasse aux homosexuels en Irak:

« Hello John,

Je saisis l’occasion de vous dire MERCI pour vos post gay friendly qui me font toujours chaud au coeur. »

 

 

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Bien.

Je suis devenu moins friendly (pour les groupes, pas pour les personnes individuelles) depuis les manifestations sur la loi du mariage pour tous en France. La raison en est la violence exprimée contre les hétéros, extrêmement choquante et digne de groupes fascistes et racistes. Je rappelle cette pancarte où il était écrit: « Mieux vaut une paire de mères qu’un père de merde ». Je ne pardonne pas cette agression, cette violence morale et culturelle. Cela m’a valu une coupure avec certaines personnes homo, qui préfèrent une loyauté toxique envers leurs dominants – par esprit moutonnier, de communautarisme ou de soumission – à la lucidité.

J’ai depuis pris connaissance de sites LGBT dont le but est de déconstruire l’hétérosexualité en tant que normative, suivant la ligne des féministes lesbiennes misandres. Le rejet de « l’homme blanc hétérosexuel cisgenre » s’étale ouvertement. J’ai aussi récemment montré les méthodes de type fasciste de groupes LGBT contre le président du groupe Barilla il y a trois ans.

Je dis que la minorité LGBT veut formater la société dans son ensemble, selon sa propre idéologie. C’est une dictature de minorité et un colonialisme culturel. Ce n’est plus la démocratie. L’utilisation du mot mariage (union d’un homme et d'une femme) plutôt qu’union civile le démontre bien: c’est une provocation politique contre l’hétérosexualité.

Le fait que le mariage pour tous ne s’applique pas aux frères et soeurs par exemple, montre qu’il n’est pas vraiment pour tous. Or si l’identité naturelle n’a plus de sens pour ces milieux, je ne vois pas la raison pour laquelle ils n’ont pas aussi revendiqué ce type d’union – sauf que la France n’aurait pas accepté.

 

 

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J’affirme que l’hétérosexualité est normative en ce sens qu’un enfant vient toujours d’un homme et d’une femme, par le sperme d’un homme pour les lesbiennes ou par l’ovule et le ventre d’une femme pour les gays. Sans cela il n’y a simplement pas de reproduction, donc pas d’humains. Dans un couple de même sexe les enfants ont toujours un père et une mère biologiques. Dire cela n’est pas une posture idéologique, c’est un fait, c’est la nature, sur quoi se construit la culture.

Pour cette raison je comprends que François Fillon propose l’adoption simple pour les couples homos, qui ne supprime pas la filiation avec les parents biologiques.

Un enfant avec des parents de même sexe est plus susceptible qu’un autre de se poser des questions sur ses origines. Cette question des origines est d’ailleurs très courante chez les enfants adoptés, ou chez les enfants qui ont été privés d’un de leur parents pour quelque raison.

Le billet que j’ai posté le 9 juin 2008 sous le titre: « Père absent: la souffrance des filles » le démontre par les nombreux témoignages qui figurent dans les commentaires. Si aujourd’hui il n’est plus commenté il reste dans mes billets les plus lus selon mes statistiques.

 

 

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L’identité est une problématique réelle, importante, malgré la volonté exprimée par les milieux féministes, surtout lesbiens (il faut clairement désigner l’ennemi), de nier toute identité de genre fondée sur la biologie.

Dans son billet Didier Bonny rappelle que François Fillon a voté contre la dépénalisation de l’homosexualité en 1981. Il serait donc homophobe depuis 35 ans? Il a récemment expliqué sa raison: un vote contre la gauche d’alors qui voulait instaurer un socialisme autoritaire, par cela ou par un train de nationalisations.

D’ailleurs 155 députés de droite avaient voté contre, dont Chirac et Séguin, qui à ma connaissance n’ont jamais été taxés d’homophobes. Ce qui montre que la campagne contre Fillon n’a pas pour objet une supposée homophobie, mais plutôt des raisons idéologiques non avouées. Il n’est ni correct ni honnête de rappeler ce vote sans poser le contexte et la suite de l’évolution du candidat. C’est une simplification de type populiste...

On peut reprocher à François Fillon de vouloir mettre les couples de même sexe au régime de l’adoption simple et non plénière (celle-ci coupe définitivement la filiation avec les parents biologiques). L’adoption simple est révocable, donc laisse planer une possible menace sur le couple et l’enfant.

 

 

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J’entends cela mais pour la raison de la recherche de filiation, c’est normal. Cela devrait être la norme pour toutes les adoptions, y compris pour des couples hétéros, comme c’est le cas dans des pays voisins. Parce que la demande des enfants existe fortement de retrouver leurs racines.

L’idéologie du genre affirme que nous pouvons être ce que nous voulons et détache l’identité sociale de tout support biologique et historique, et de notre histoire individuelle. En résumé nous viendrions de nulle part dans le nowhereland, sans plus d’origine, dans une sorte d’éternel présent.

Je pense et je dis que cette idéologie de l’humain coupé de la nature et de ses propres racines est une folie. C’est le produit soit d’une subversion sociale soit d’un dérangement mental. Elle doit être combattue, même au prix d’être taxé de machinphobe, ce dont il faut se foutre éperdument. Il faudra un peu plus d’arguments que ce mot facile et inconsistant d’homophobe destiné à stigmatiser, discréditer, culpabiliser et si possible réduire au silence, pour me faire changer d’avis.

 

Vers le clash

Homophobe n’est pas un mot: c’est une arme de destruction massive. C’est en tous cas maigre de taxer d’homophobie un homme aussi réfléchi que Fillon. Act Up, qui diffuse cette accusation, est un groupe connu pour ses outrances. À leurs yeux Juppé, danseuse en jupon, est-il davantage politiquement correct? Bullshit.

Les féministes radicales et les LGBT ne sont pas les maîtres du monde et n’ont aucune autorité morale, intellectuelle ou sociale sur moi ni sur personne. Et encore moins quand on connaît la haine du masculin délivrée par ces milieux et le sexisme misandre induit, qui s’étale encore ces jours avec la complaisance des autorités politiques de tous bords.

Et puisqu'une partie de la communauté homosexuelle de France appelle à voter dimanche contre Fillon, il faut appeler la communauté hétérosexuelle à en finir avec sa culpabilité induite et à voter pour Fillon. Allons au clash.

 

 

Voici l’affiche diffusée par Act Up:

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... et quelques-unes des affiches nazies pour désigner« le juif ». À quand les pogroms? Ce nest pas l’élection de Trump qui ramène aux années 1930, c’est la fachosphère de Act Up et des LGBT:

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Commentaires

Je dirais même plus...:-)

Si un homo veut un enfant, qu'il le conçoive !

Écrit par : absolom | 25 novembre 2016

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Un peu gênée de parler de moi-même je suis à même de témoigner qu'extrêmement amoureuse d'une femme quoique sans relation physique avec elle je fumai ses propres cigarettes, la marque, jusqu'au jour où je réalisai comme en un éclair que la cigarette que je venais de sortir de son paquet représentait le sein maternel (fille d'une mère avec problèmes variés sans aucun souvenir de tendresse d'elle, contrairement au père, les premières années de ma vie pour apprendre d'elle environ à quarante ans que la grossesse me concernant n'avait pas été appelée de ses vœux. Toute attirance pour les femmes, cette femme aux cigarettes, en particulier disparurent sur le champ.

Il doit y avoir environ trente ans, un peu plu, aujourd'hui.

Je ne me permettrai pas de généraliser mais les homos entendus invités à la TV ne manifestent aucune écoute de l'autre qui ne pense pas comme eux.
Notamment concernant les enfants adoptés ou par mère porteuse ou banque de sperme privant d'autrui ce qu'autrefois, leur cause" non encore admise ils attendaient de lui.

Un médecin psychiatre et pédiatre venu dénoncer la loi au détriment d`'enfants de tels couples fut simplement interrompu et empêché de s'exprimes autant que faire se pouvait tant par les homos présents que par le meneur des débats.

On estime que le complexe d'Œdipe mal géré jouerait un rôle dans l'homosexualité la fille en ce cas ne s'identifiant pas à sa mère et le fils au père.

De Cocteau, connu pour ses amitiés avec les hommes j'ai lu que l'on peut dire de lui qu'il était encore mieux disposé à "faire l'amitié que l'amour"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25 novembre 2016

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Merci Myriam.

Écrit par : hommelibre | 25 novembre 2016

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La filiation est un élément constitutif très important de l'enfant et de l'adulte. D'où venons nous? Quelle histoire est la nôtre, avec quoi allons-nous faire notre vie?

Même au point de vue biologique la filiation joue un rôle, par exemple pour connaître d'éventuels risques de maladie prédisposée par les parents.

Un rabbin, Marc-Alain Ouaknin, à écrit ceci sur cette question, analysant le 7e commandement de la Bible, "Tu ne commettras pas l'adultère:

"On apprend que l’adultère ne concerne pas seulement le rapport sexuel entre un homme, marié ou pas, et une femme mariée. " Ce qui est condamnable, c’est une forme d’amour vécu sans conscience ni responsabilité pour l’enfant qui pourrait advenir de cette relation. " Un enfant auquel on ne pourrait pas raconter son histoire, un bâtard, c’est-à-dire un mamzer : mam (le défaut) et zer (l’étranger). " Il y a là un défaut lié à l’étrangeté : l’enfant né de l’adultère se retrouve dans le mensonge à chaque fois qu’il prononce le mot “Papa”, explique Ouaknin. Dans la tradition hébraïque, le mensonge est une distorsion du lien généalogique, une maladie, un “mal-dit” de ce lien. […] La psychanalyse ne s’intéresse-t-elle pas aux non-dits captés par l’inconscient du sujet ? Etre, c’est notamment être raconté par la parole de ses géniteurs. Le septième commandement peut donc être entendu ainsi : “Ne fais pas souffrir l’autre en lui rendant impossible d’entendre sa propre histoire.” "
Ouaknin se met alors à raconter une blague juive. " Oui, prévient-il, l’humour fait aussi partie de la pensée... Un jour, monsieur Lévy va voir le rabbin. “Rabbi, je ne retrouve plus ma montre. Quelqu’un de la communauté me l’a volée. Comment puis-je découvrir le voleur ?
— Tu n’as qu’à aller à la synagogue au prochain sabbat et, à la lecture des dix commandements, observe bien le visage des hommes. Quand on prononcera à haute voix le “Tu ne voleras pas”, le coupable aura probablement l’air honteux et ainsi tu le reconnaîtras…”
Quelques jours plus tard, le rabbin rencontre monsieur Lévy : “Alors, as-tu récupéré ta montre ?
— Oui, rabbi.
— Est-ce grâce à la lecture du huitième commandement ? demande le rabbin.
— Non, mais quand on a lu les lois à haute voix, au commandement “Tu ne commettras pas d’adultère”, je me suis soudain souvenu : j’avais oublié ma montre chez madame Cohen !“ "

www.psychologies.com/Culture/Spiritualites/Articles/Marc-Alain-Ouaknin-rabbin-philosophe-Mes-dix-commandements/7

Écrit par : hommelibre | 25 novembre 2016

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@Martin Dubois : "On peut renoncer à marier sa sœur sans devoir renoncer à épouser une femme! Ce n’est pas le cas pour un homosexuel, à qui on demanderait de renoncer au mariage peu importe son choix de partenaire."

Ce n'est pas exact... un homosexuel, lui aussi peut "renoncer à marier son amant sans devoir renoncer à épouser une femme !". Des homosexuels mariés à des femmes, il y en a eu plein dans l'histoire, on pourrait faire une longue liste d'homosexuels célèbres qui étaient mariés. Penser le mariage comme l'union de deux êtres qui s'aiment et ont du désir l'un pour l'autre, c'est relativement moderne, et ce n'est pas la norme dans l'histoire. La plupart des rois (pour prendre les exemples les plus marquants) ont été mariés pour des intérêts géopolitiques, bon nombre de nobles (comme de paysans, d'ailleurs) ont été mariés dans l'intérêt d'alliances entre familles, de mise en commun d'un patrimoine, de terres etc. Et ce qui fait la force de ce lien, ce n'est pas le fait que deux personnes vivent sous le même toit, ou dorment dans le même lit, mais bien qu'ils aient des enfants ensemble, c'est cette descendance commune qui permet de rendre solidaires (même si ce n'est pas toujours suffisant) ces 2 familles. Par les liens du sang (et ça ne fonctionnerait pas - ou beaucoup moins bien - avec l'adoption... car rentrer en conflit avec l'autre famille pose particulièrement problème si l'on sait que ça va créer du tort à ses propres descendants). On nous bassine avec le fait que les enfants de couples homosexuels peuvent être plus heureux avec deux papas, ou deux mamans, qu'avec un père et une mère... peut-être, mais avec cette logique, on peut dire aussi qu'il y a eu des homosexuel(les) mariés avec des personnes de l'autre sexe, qui ont eu une vie de couple plus heureuse, plus harmonieuse, que certains couples du même sexe (ou que certains couples hétéros)... Je ne suis évidemment pas en train de dire qu'il faut forcer les homosexuel(les) à se marier avec des personnes de l'autre sexe, ce serait absurde, on parle là de temps différents, de valeurs et sociétés différentes. Les homosexuel(les) peuvent maintenant vivre ensemble et c'est très bien comme ça. J'étais moi aussi parfaitement d'accord avec l'idée d'union civile pour les couples homosexuels, mais pas vraiment avec le mariage homosexuel (même si le fait qu'il soit passé ne m'empêche pas de dormir). Le mariage, ce n'est pas la "reconnaissance" par la société de l'amour d'une personne pour une autre. Qui a besoin d'un tampon de la mairie pour sceller son amour ? Qui a besoin de signer un contrat pour exprimer son amour ? C'est une tradition, religieuse, et civile, qui lie un homme et une femme souhaitant fonder un foyer et procréer. Mais personne n'est obligé de se marier pour fonder un foyer, et ce depuis longtemps. Il est assez paradoxal que les mêmes qui s'opposent aux "valeurs traditionnelles", à leurs codes et leurs normes, bataillent pour "rentrer dans ce moule". Qu'ils demandent les mêmes protections, les mêmes droits, oui, bien sûr... mais pourquoi vouloir le "mariage" ? Quelle importance ?

Écrit par : G. | 26 novembre 2016

Je trouve votre billet très intéressant et je partage plusieurs de vos positions.
Vous êtes de ces personnes nuancées avec lesquelles le débat civilisé peut se faire dans le respect, et je vous salue pour cela. Il est déplorable que vous deviez préciser que vous ne haïssez pas les homosexuels pour éviter des malentendus, ou plutôt en fait, des procès d’intention.

Ce billet est le premier que je lis sur votre blogue. Voici ce que j’en pense :
Vivant au Québec, un des royaumes canadiens de la novlangue, je regroupe de nombreux termes sous cette appellation. Mais pas l’homophobie. La haine des homosexuels existe bel et bien, et un terme doit être utilisé pour la qualifier. Que vous rejetiez celui-là est une chose, mais il faudra bien le remplacer par un autre, car la haine des homosexuels est bel et bien répandue et dommageable.

L’islamophobie, par exemple, est une chose bien différente. On peut rejeter ce terme et tout à la fois reconnaître le racisme envers les personnes d’origine moyen-orientale. Les deux de toute façon ne se recoupent pas, tous les moyen-orientaux n’étant pas musulmans, et tous n’étant pas islamistes. Je m’insurge donc moi-même contre des termes tels qu’islamophobie, dont l’utilisation ne cherche qu’à faire taire toute critique de l’islam.

Je m’insurge aussi contre ce concept absurde d’hétéronormativité, ainsi que celui de Culture du viol, un autre terme excessif de notre époque qui tend à diaboliser l’homme blanc. Même chose pour le racisme systémique, un concept très dominant ici et qui tend à accuser tous les blancs d’être racistes. Mais il ne me viendrait pas à l’idée de qualifier le racisme ou la misogynie de termes inutiles de la novlangue. Voilà où je trace une ligne. Il en est de même de l’homophobie. Elle existe malheureusement notablement.

J’en viens à l’essentiel de mon commentaire. Le problème actuel est l’exagération générale qui tient lieu de discours au sein des groupes de pression LGBT et autres groupes minoritaires. Votre propos me laisse croire toutefois que ce n’est pas l’exagération seule que vous rejetez. Il y a certains indices dans votre texte qui me font penser que vous profitez de cette exagération pour aller trop loin dans le sens inverse. Bref, que vous exagérez vous aussi.

Le discours irrespectueux de certains militants homosexuels possède sa contrepartie tout aussi irrespectueuse, pour dire le moins, chez certains militants du mariage pour tous. Que malheureusement vous passez sous silence…La comparaison que vous faites entre mariage consanguin et mariage homosexuel est aussi problématique. On peut renoncer à marier sa sœur sans devoir renoncer à épouser une femme! Ce n’est pas le cas pour un homosexuel, à qui on demanderait de renoncer au mariage peu importe son choix de partenaire.

Ma vision sur la question du mariage est celle-ci : je comprends et j’accepte qu’on puisse vouloir réserver cette institution aux hommes et aux femmes, en vertu de la tradition ou de la loi du nombre, laquelle permet à toute majorité de faire valoir sa prépondérance. C’est je crois cette non-reconnaissance de la loi du nombre qui conduit à l’exagération et à l’irrespect chez les groupes minoritaires. Comme membre d’une minorité, je dois accepter que la majorité exerce le pouvoir qui vient avec son nombre. Je dois m’adapter à cette réalité, plutôt qu’en nier l’existence. Nous sommes tous minoritaires à propos de quelque chose, ne serait-ce que pour certaines de nos idées ou convictions. Et tous nous devons composer avec cette réalité, et accepter plusieurs de ses conséquences. Il en est de même pour les homosexuels. L’union civile est certainement une solution vivable, et meilleure que ce qu’on peut trouver dans encore bien des pays.

J’aimerais cependant que les hétérosexuels entendent aussi certains avantages intéressants au mariage homosexuel. En banalisant l’homosexualité et en la normalisant sur le plan du mariage, on atomise la culture de la marginalité et on responsabilise les citoyens homosexuels. Cette reconnaissance ultime accordée par la majorité, de par sa puissante portée psychologique, peut potentiellement contribuer, avec d’autres facteurs, à plusieurs bienfaits à long terme : diminution des familles brisées par la double-vie des homosexuels, diminution du taux de suicide chez les jeunes homosexuels, diminution de fréquentation des ghettos homosexuels, etc.

Ce qui creuse le gouffre est sans contredit l’acharnement des groupes LGBT à vouloir étendre la lutte à des revendications délirantes, même aux yeux de nombreux homosexuels, comme moi. Le mariage homosexuel et l’adoption sont en ce qui me concerne les dernières revendications valables.

En matière d’adoption, l’adoption simple m’apparaît une mesure nocive pour le bien de l’enfant. Les connaissances sur le processus d’attachement démontrent que le développement de l’enfant est compromis lorsque son milieu familial est bouleversé. Toutefois, une mesure qui préserverait la stabilité de l’enfant dans son milieu adoptif tout en permettant la recherche de ses racines biologiques me conviendrait tout-à-fait, que ce soit en France ou au Canada.

Par contre, tout comme vous, je considère que tout ce qui tourne autour de la théorie des genres et de la déconstruction de l’hétérosexualité représentent une dictature des minorités, une culture colonialiste, et souvent, une haine du masculin. C’est à mon avis précisément parce qu’ils n’ont plus de revendications légitimes à porter que les groupes LGBT en inventent des irresponsables et des irrespectueuses.

Le combat est à mon sens achevé, tout ce qui reste est de faire en sorte que les homosexuels deviennent des citoyens pleinement responsables, utilisent intelligemment les droits que la majorité leur a consenti (incluant les protections contre la haine et contre la discrimination), et vivent dignement en acceptant les aléas inévitables allant avec le poids qu’ils occupent dans l’ensemble de la population.

Écrit par : Martin Dubois | 25 novembre 2016

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Ce n'était pas une question mais un malheureux constat!

Écrit par : Martin Dubois | 25 novembre 2016

" Il est déplorable que vous deviez préciser que vous ne haïssez pas les homosexuels...."

Poser cette question c'est méconnaître certains commentateurs de cette blogosphère.

... et quelques-unes des affiches nazies pour désigner« le juif ». À quand les pogroms?
"Ce n’est pas l’élection de Trump qui ramène aux années 1930, c’est la fachosphère de Act Up et des LGBT:"

Très juste! Et ici même hommelibre!

Après TRUMP, FILLON:

“Catho intégriste”, “homophobe”, quasi-antisémite: demandez le Fillon nouveau!

Pris de panique, les juppéistes multiplient les calomnies

http://www.causeur.fr/francois-fillon-juppe-sens-commun-41272.html

Écrit par : Patoucha | 25 novembre 2016

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Ce n'était pas une question mais un malheureux constat!

Écrit par : Martin Dubois | 25 novembre 2016

Bonsoir Martin,

Je vous remercie pour votre commentaire, qui apporte des éléments que je n'avais pas à l'esprit, comme l'idée que le mariage homosexuel est de nature à responsabiliser socialement et à atomiser la culture de la marginalité. Car celle-ci rejaillit forcément sur l'ensemble de la société par les attitudes d'exclusion et d'auto-exclusion qu'elle peut produire. L'inclusion est certainement meilleure pour tous.

Je ne vais pas faire long sur l'ensemble des différences que vous exprimez, je prendrai le temps d'y réfléchir. Je ne suis pas certain de vous suivre sur tous les points, par exemple sur le point symbolique du mot mariage, qu'en tant qu'hétéro je reçois réellement comme une volonté d'agression. Je trouve qu'en France le débat n'a pas été fini, c'était un point d'un programme et il a été appliqué sans vraiment de nuances. Je vois mieux un tel forcing politique sur un plan économique que sociétal. Si les points de société, qui touchent souvent à l'intime, sont traités trop rapidement ou en laissant la moitié sur le carreau il y a un risque de retour de bâton.

Il me semble par exemple que le débat sur l'avortement de Simone Veil avait été plus long, très âpre aussi mais c'était un changement d'une force extrême et mieux préparé dans la société française (enfin, je n'y étais pas donc j'idéalise peut-être). Moi-même je n'en ai pas résolu l'aspect éthique, mais comme Fillon je pense qu'il doit rester en vigueur eu égard aux trop nombreuses situations dramatiques que des femmes ont connues pendant longtemps. Je sais aussi que prévenir toute grossesse non désirée est loin d'être gagné, et j'en sais personnellement quelque chose. Que l'aspect éthique demeure, ok, mais qu'une moralisation l'interdise, je suis contre. J'ai apprécié la position de Fillon sur ce point: il a ses convictions, il les dit, et il ne se montre pas pro-avortement pour rallier l'électorat féminin ou féministe; il fait la part des choses entre ses convictions et le rôle de l'Etat.

Dans la moralisation il y a création d'un refoulé. C'est normal et il ne faudrait pas renoncer à toute morale à cause de cela. Il y a même une dynamique entre les deux. Par contre pour que le refoulé ne resurgisse pas avec violence il doit avoir une place, ne serait-ce que dans le débat. La moralisation dont je parle, et que j'entends à l'oeuvre dans l'utilisation discrétionnaire du terme "homophobie", ne permet à mon avis pas une réelle intégration intérieure. Il reste le choix de se soumettre ou de se démettre. Choix ô combien réducteur. Toute question de société doit pourvoir être questionnée librement, ouvertement. C'est mon souhait. Je vous entends quand vous insistez sur le fait que cela existe, mais le "dégainer" trop facilement crée une crispation.


Si j'exagère parfois comme vous le relevez, c'est souvent par provocation, comme la fin de ce billet. Mes convictions les plus intimes sont plus mesurées. Je suis très rétif à la contrainte morale, parce que ce que je n'ai pas compris et accepté de l'intérieur ne prend pas bien racine. Donc si l'on me juge négativement avant d'avoir entendu ma part de réalité le débat tourne court.

Je suis parfois plus provocateur qu'aujourd'hui, parfois beaucoup moins. Mais je suis aussi très rationnel et je souhaite que la tendance émotionnelle dans les médias et en politique laisse place à plus de raison. L'émotivité oblige à prendre parti sans avoir fait le tour ni vérifié, et crée des bouc émissaires à la pelle, souvent par des mécanismes de contamination ou par conformisme du "Bien". Avec tout ce que cela suggère d'incompris, d'aveugle, de contradictoire. J'aime assez prendre le contrepied pour bloquer ces mécanismes et inciter à une réflexion. J'aime aller à contre-courant, j'en fais parfois une marque de fabrique, et je pense que c'est utile.

Je reviens encore sur la question de l'adoption simple. La situation d'un couple, quel qu'il soit, de devoir renoncer à une parentalité pourtant établie est choquante à plus d'un titre. Mais peut-être faut-il s'y préparer, comme on se prépare au départ des enfants de la maison. Cela dit je suis d'accord que toute brutalité dans ce domaine est très dommageable et je rejoins votre souhait. Je préférerais confier aux juges la bonne décision, nuancée, progressive, pour autant que ceux-ci soient capables de prendre des décisions visant au bien de tous (qui au final est aussi celui de l'enfant), plutôt que d'appliquer sèchement un texte de loi tiré d'un livre.

Sur la question des minorités, oui je crois aussi que c'est ainsi que cela fonctionne. Le problème serait l'abus de pouvoir de la majorité, autrement il faut faire avec. J'ai aussi été dans des minorités, par exemple professionnellement (médecines douces alors qu'elles étaient encore pourchassées). J'ai accepté de voir les choses comme une progression. Encore aujourd'hui je m'incline devant des réussites spectaculaires de la médecine, à côté desquelles je demeure très humble. Je suis aussi issu d'une immigration intra-européenne, pas loin: Belgique-Suisse, mais j'ai été un étranger pendant 20 ans, je m'en souviens, Cela ne me choque pas pour autant, ce sont des situations qui doivent être respectées. je n'aurais jamais eu l'idée de demander un droit de vote avant de me naturaliser.

Je m'arrête là. Nos désaccords restent mais j'apprécie votre respect et votre manière de dire les choses. J'espère avoir d'autres occasion d'approfondi avec vous, de revenir aussi sur certains points. Je pratique la Gestalt et j'ai intégré l'utilité de tourner +++ de fois sur les choses avant de toucher un point central.

Merci encore pour votre contribution.

Écrit par : hommelibre | 25 novembre 2016

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Il ne vous aura pas échappé que le titre de mon billet comporte un point d'interrogation, car je n'aime pas les jugements définitifs. Et c'est sans doute pour cela que je ne me reconnais pas dans la description que vous faites des homosexuel.le.s comme étant des méchants dictateurs qui veulent imposer leur vision à la gentille majorité hétérosexuelle (comme vous, je provoque). Mon engagement militant a comme objectif que toutes les citoyennes et tous les citoyens de ce pays aient les mêmes droits, ce qui n'enlève pas des droits aux autres! Je ne conçois donc pas cette lutte pour l'égalité des droits contre qui que ce soit, mais bien d'une manière inclusive avec tous les hétérosexuels.le.s qui se reconnaissent dans cet objectif. D'ailleurs, comment une minorité de 5 à 10% de la population pourrait-elle, dans une démocratie comme la nôtre, faire avancer cette égalité sans le soutien d'une majorité d'hétérosexuel.le.s?
Enfin, permettez-moi de vous dire que si vous avez été choqué par des propos des partisans du mariage pour tous, que faudrait-il alors dire de ceux des opposants? Je n'ai jamais vu une pancarte demandant d'envoyer les hétérosexuel.le.s au bûcher alors que le contraire est hélas vrai. Il ne faut dès lors pas s'étonner que quand vous êtes considérés par certain.e.s comme n'ayant pas le droit de vivre qu'il y ait des réactions vives dans l'autre sens.

Écrit par : Didier Bonny | 26 novembre 2016

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"Ce qui creuse le gouffre est sans contredit l’acharnement des groupes LGBT à vouloir étendre la lutte à des revendications délirantes, même aux yeux de nombreux homosexuels, comme moi."
Ce point de vue n'apparaît pas assez souvent. Un peu comme on aimerait entendre davantage les musulmans dénoncer leurs extrémistes. Continuez de le faire savoir, Martin Dubois, ce que vous dites sonne juste.
Quelques remarques déjà dites, mais les blogs sont tellement éphémères :
- Le drapeau des LGBT est arc-en-ciel, au nom de la lutte pour le respect de l'altérité. Mot qui vient de "alter" en latin, qui se dit "hétéros" en grec. Je trouve ce drapeau très mal choisi; il devrait justement être monocolore, l'homosexualité se manifestant précisément par un refus de la découverte de l'Autre et ne s'intéressant qu'au "Même"...
- Il en découle que "homophobie" signifie crainte ou crainte excessive du Même...
Ne le prenez pas mal, Martin Dubois. Ce ne sont pas des remarques contre les homosexuels mais pour le respect des mots. Derrière les mots se cachent beaucoup de choses...

Écrit par : Géo | 26 novembre 2016

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Personnellement, j'ai peur d'une chose: c'est que les thèses défendues par les LGBT préfigurent le monde de demain, où l'humain ne sera plus qu'une technologie parmi d'autres. Un monde où la procréation à la carte sera assistée par ordinateur, où on pourra, pêle-mêle, cloner une fille à partir des ovules de deux femmes, cloner un garçon à partir des spermatozoïdes de deux hommes, voire créer de toutes pièces un nouvel humain sans parents. La femme sera libérée de la contrainte de la grossesse et de l'accouchement et le sexe ne conduira plus à la procréation. La famille traditionnelle volera en éclat et on ne s'unira plus en fonction des sexes. Il me semble que c'est bien le monde idéal qu'ils imaginent. J'espère ne pas le connaître.

Écrit par : Kad | 26 novembre 2016

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Pas vraiment nouveau, votre point de vue, Kad. Aldous Huxley a écrit "le meilleur des mondes" en 1932…
Ne pas oublier de citer ceux qui ont déjà tout exprimé avant, cela s’appelle de l’honnêteté intellectuelle.

Écrit par : Géo | 26 novembre 2016

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@ Didier,

Je vous remercie d’intervenir ici.

Le titre de votre billet est en effet interrogatif. Cependant la première phrase répond par l’affirmative, le conditionnel n’étant lié qu’à l’hypothèse qu’il soit élu, et non à celle qu’il ne serait pas homophobe:

«Si François Fillon devait être élu président de la République française l’année prochaine, il conviendrait de répondre par l’affirmative à cette question tant ses actes ne laissent, hélas, guère de doutes à ce sujet»

Il me semble donc qu’il s’agit bien d’un jugement définitif et sans procès. La reproduction de l’affiche déplaisante et sans questionnement d’Act Up semble hélas confirmer ce jugement.

Vous ne vous reconnaissez pas dans ma description des méchants dictateurs. Dont acte. Je ne généralise d’ailleurs pas et je cible ma critique sur des groupes et non sur des personnes individuelles. Un groupe devient une «personne morale» et à ce titre peut prétendre, parfois abusivement, à représenter plus que lui-même. La loyauté de groupe fait que certains homosexuels pourraient se sentir visés personnellement par ma critique, à tort, et je mets en cause ici les loyauté toxiques ou émotives qui annulent toute approche nuancée et circonstanciée, voire qui font renoncer à l’honnêteté intellectuelle.

D’accord, vous provoquez aussi, dont acte encore une fois. Je vous crois volontiers car justement vous êtes une personne ouverte au dialogue.

La question des droits fait appel à l’égalité entre individus. C’est un fondement sociétal auquel j’adhère. Désirant cette égalité pour moi-même j’aurais fort mauvaise grâce à la refuser pour d’autres.

L’égalité n’est cependant pas un critère absolu, sauf juridiquement. Et encore. Dans les faits par exemple un couple n’est pas un individu mais une association ou une entreprise. Dans ce domaine l’interprétation de l’égalité varie. Il s’agit non plus d’un droit fondamental ou objectif – sauf à être traité de manière équitable par des tribunaux – mais d’un droit relatif, voire subjectif. Du moins en l’état actuel de ma compréhension.

Le droit à former une association de vie doit être garanti, quelle que soit l’association, si elle n’a pas de vocation criminelle – ce qui n’est évidemment pas le cas dans une union entre personnes de même sexe: il n’y a rien de criminel à cela.

Le couple peut ensuite être défini de différentes manières. L’union d’un homme et d’une femme, nommée mariage depuis des siècles, est régi par un droit de personne morale et non d’individu.

Le couple de référence dans la plupart des sociétés est le couple hétérosexuel. Cela a probablement dû tomber sous le sens pour une raison simple: cette forme d’association permettait la reproduction directe (naturelle) de l’espèce et elle préexiste à toute forme de culture, comme dans presque toutes les espèces vivantes.

Faire prévaloir le couple reproductif est l’économie la plus simple et la moins coûteuse (socialement, naturellement, génétiquement). Le fait qu’une majorité quasi-bananière des êtres humains recherche un ou une partenaire de l’autre sexe fait loi par défaut. L’hétérosexualité est normative dans ce sens, et la culture l’a privilégiée par évidence reproductive. Cette hétérosexualité reste toujours prévalente y compris dans les couples de même sexe qui, n’étant pas reproductifs, doivent faire appel à une supplétion de cette situation naturelle, donc à une économie moins performante et plus coûteuse.

Je précise ici que cela n’a à mes yeux pas d’incidence sur les capacités affectives et éducatives d’un couple homosexuel. Il y a des pères et des mères de merde probablement partout, quelle que soit l’orientation.

Tout cela pour dire que l’égalité des individus devant la loi ne transforme pas l’asymétrie naturelle, biologique, et ses prolongements culturels et sociaux, en simple épiphénomène, et qu’elle est une chose différente de l’égalité des groupes.

Sur la GPA je me suis déjà exprimé, je n’y reviens pas.

Je pense un peu différemment pour les mères porteuses, comme par exemple une femme pour sa soeur, qui ne réclame aucune finance pour son acte. Un peu comme Abraham et Sara dans la bible. Dans ce cas l’enfant n’est pas une marchandise et la mère ne gagne pas sa vie en louant son ventre.

Sur la PMA, faut-il la réserver aux couples hétérosexuels comme le préconise Fillon? C’est un débat. Il faut bien voir que la Procréation Médicalement Assistée est une technique visant à «réparer» un défaut, une forme de maladie ou d’incomplétude: incompatibilité dans le couple, spermatozoïdes peu nombreux et faibles, etc. Les couples lesbiens doivent-ils être considérés comme incomplets, ou atteints d’une pathologie essentielle? La dérive ontologique qui peut en découler serait assez malheureuse.

De plus c’est une technique compliquée, très coûteuse, à vocation médicale et non sociétale, et ne pas la permettre aux couples lesbiens est une position qui dépasse l’accusation d’homophobie.


Enfin je suis d’accord avec vous sur les exagérations et la violence verbale de certains opposants au mariage pour tous, et je ne les partage pas. Pour autant les catho ont le droit de faire valoir leur vision du monde. De ce point de vue Fillon est cohérent avec lui-même mais aussi avec le sens moderne de l’État. Il fait la part des choses et montre une forme d’honnêteté intellectuel que les autres n’ont pas quand ils enfourchent le mal nommé «droit des femmes». Que d’hypocrisie et de démagogie dans ces postures électoralistes!

Mais qui a commencé à exagérer? Mauvais débat, certes, toutefois la question me paraît avoir quand-même un peu de légitimité. J’ai passé de belles années à une période où les relations avec les homosexuels étaient bien plus paisibles qu’aujourd’hui, du moins en Europe de l’ouest. Je pense que l’immense talent de Freddy Mercury, l’humour trivial mais sympathique de la Cage aux Folles, ou la personnalité d’un Bertrand Delanoé, entre autres, ont fait beaucoup pour apaiser et faire s’accepter des communautés qui par le passé étaient à couteaux tirés (parfois au sens propre, malheureusement).

À mon avis l’irruption sur la scène de groupes de types LGBT a péjoré la situation. Leur politisation, leur volonté déconstructrice de l’hétérosexualité, souvent violente, et expression d’un parti-pris politique sous-jacent, a faussé le débat. La reprise des thèmes les plus radicaux et extrémistes du féminisme est à mon sens une erreur. Vous en faites d’ailleurs exemple en utilisant dans votre réponse la langue épicène. Elle n’a aucune vocation littéraire ou d’échange courants et est normalement réservée au langage administratif. C’est votre liberté, mais pour moi c’est un parti-pris qui politise d’emblée la communication dans une direction partisane et partiale.

La moralisation ambiante, qui fait dégainer le mot homophobe avant même toute analyse sérieuse et débattue, comme pour d’autres mots (raciste, misogyne, etc), fausse tout. Comme je le dis plus haut il faudrait soit se soumettre soit se démettre. La stigmatisation, l’usage de l’émotivité sous-jacente à ces accusations, le jugement de valeur qu’ils supposent, sont pour moi une réelle régression intellectuelle et sociale. On en revient à être camp contre camp, et je le déplore. Mais ce ne sont pas les hétéros qui en sont responsables.

Par ailleurs nous devrions tous nous méfier des soumissions émotives par peur du jugement ou par loyauté toxique. Le coeur des gens n’est pas atteint par ces gesticulations émotionnelles, et le retour du refoulé reste à craindre.

J’entends et je soutiens le souhait profond de la part des homosexuels d’être respectés et de vivre en sécurité. Je connais l’Histoire et la souffrance que beaucoup ont vécue. Je pourrais d’ailleurs faire un parallèle de minorité avec ma profession dans les médecines douces, où historiquement les praticiens ont passé par les mêmes exclusions.

Peut-être le développerai-je ultérieurement.

Voilà pardonnez-moi d’avoir été un peu long.

Bien à vous.

Écrit par : hommelibre | 26 novembre 2016

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@Didier Bonny
Qu'il y ait de la violence verbale, symbolique et physique de tous les cotés, personne ne le nie et personne n'en fait une salade. Le problème vient, d'une part, de ce qu'il y a une violence reconnue comme telle et condamnée socialement, médiatiquement et au besoin, judiciairement, et une autre niée ou légitimée: celle des féministes, LGBT, antifa etc... et d'autre part, qu'une critique raisonnable et civilisée de ces groupes soit assimilée à une violence raciste, sexiste, homophobe etc... Sans ça, ce billet et même ce blog n'aurait plus de raison d'être.
Au passage, ceux à qui on fait justice et que l'on désigne comme le camp du bien n'ont pas besoin d'être très violents. Les montrés du doigt sur qui la société crache impunément, si. Quand on sait que, de toute façon, on sera le méchant, on n'a rien à perdre car rien à espérer. Les Français ne votent pas Fillon et Le Pen parce qu'ils sont globalement racistes, sexistes et homophobes, mais parce qu'ils en ont marre qu'on leur colle ces étiquettes pour les culpabiliser et les faire taire. Putain... on est dans un pays où tout le monde a gueulé "je suis Charlie" alors que le beauf de cabu est au Français moyen ce que le juif Suss est au juif. Et après ça, on est intolérants?

Écrit par : cyril | 26 novembre 2016

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cyril @ Bien vu, sur Cabu. Voilà ce que le camp du bien pense des filles du camp du mal :
https://www.google.ch/search?q=renaud+adieu+minette&ie=utf-8&oe=utf-8&client=firefox-b&gfe_rd=cr&ei=a8U5WLXKG6XC8gfF2ITQAQ

Écrit par : Géo | 26 novembre 2016

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Le respect de l’autre différent, et des communautés, catégories ou groupes d’intérêts, est un acquis de la démocratie. Les Droits de l’Homme affirment d’ailleurs ce principe. L'orientation sexuelle ne doit pas faire déroger à cela.

(résumé ici:
www.nitnet.sn/ressources/droitshomme.pdf)

Pourtant il manque un droit qui me paraît fondamental: celui pour tout individu de connaître ses origines. L’adoption plénière (pour tous les couples) contrevient à ce droit.

L’article 16 précise la question du mariage:

« 16. Toute personne a le droit de se marier et de fonder une famille »

À l’époque de leur rédaction le terme mariage, comme encore aujourd’hui, désignait l’union d’un homme et d’une femme.

Il s’agissait aussi, comme le précise cet article, du droit de fonder une famille. Or la manière naturelle et directe de fonder une famille passe par le couple hétérosexuel. La famille construite par des personnes de même sexe n’est pas un droit car dépendant de trop de facteurs extérieurs pour ne concerner que les individus en cause; elle implique d’autres personnes alors que les Droits de l’Homme concerne l’individu. Le mariage gay est un arrangement de la société, pas un droit au sens des DdH. Le respect mutuel devrait également permettre d’éviter qu’une minorité ne modifie les critères et règles d’une majorité, car une telle pratique est une inversion de l’oppression.

Enfin comme le dit l’article 19:

19. Toute personne a le droit d’exprimer sa pensée, de donner et de recevoir des informations.

Une pensée en désaccord avec une autre ne devrait pas permettre en réponse une stigmatisation par principe ni un discrédit social, voire une accusation non étayée et non prouvée.

Écrit par : hommelibre | 01 décembre 2016

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