29 octobre 2016

Des Ottomans à Daesh : une suite logique

La rediffusion récente d’un documentaire sur la fin des Ottomans rappelle l’état de l’Europe au début du XXe siècle, et le démembrement de l’empire ottoman après la première guerre mondiale. Piqûre de rappel d’événements dont les conséquences continuent à se faire sentir.


 

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L’empire ottoman a dominé le Proche-Orient musulman, le pourtour méditerranéen et l’Europe du sud-est de l’Autriche à la Grèce, pendant plusieurs siècles. Il est le produit des conquêtes menées par une tribu turque (ethniquement non arabe).

Les turcs ont colonisé de vastes territoires et mis en place un régime d’occupation. Leur domination politique sur le monde arabe et est-européen a duré plusieurs siècles. L’islam, religion commune, n’a pas éteint les rivalités d’alors. 

En 1923 l’empire ottoman fut définitivement démembré. Les vainqueurs, France et Grande-Bretagne, lui imposèrent de nouvelles frontières. À l’est du territoire actuel devaient émerger un territoire arménien et un territoire kurde: cela ne fut jamais réalisé, et fut même abandonné. 

Les territoires du sud avaient été promis au roi Fayçal Ier dont l’armée avait combattu les armées ottomanes aux côté des anglais (épisode de Lawrence d'Arabie). Il voulait établir un royaume arabe constitutionnel sur le territoire de la Syrie et les sur les territoires environnants.

 

 

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La promesse occidentale ne fut pas tenue, et les territoires partagés entre les mandats français et britannique. Fayçal obtient d’être institué roi d’Irak, pays qu’il mena à l’autonomie en 1932.

Le sentiment identitaire arabe était oublié (ou délibérément écarté) dans ce nouveau découpage. Selon les intervenants du documentaire cet abandon de la promesse fit naître une opposition fondamentaliste à la présence occidentale. Ce fut la création des Frères musulmans, dont l’objectif était et est toujours d’établir des républiques islamiques.

Le désir d'union panarabe s’est renforcé avec le temps. L’unité du monde arabe se superpose à l’unité de l’oumma, la famille des croyants musulmans. 

Cette unité semble plus de l’ordre du fantasme que de la réalité au vu des différences d’origines ethniques et des courants fratricides dans l’islam. Les intérêts ne convergent pas tous.

Dans les mouvances restées fidèles à l’unité arabe et musulmane, Daesh est un avatar de plus. Sa motivation idéologique est en partie fondée sur un islam rigoriste, mais pas seulement: le projet se veut transnational, comme le montrent les frontières du territoire contrôlé par l’organisation État Islamique. Daesh ne reconnaît pas les frontières héritées des vainqueurs de l’époque. 

 

 

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De ce point de vue le combat de l’organisation est une lutte de libération qui opère par la terreur. Et dans cette lutte, pas plus que les coupeurs de têtes de la révolution française, les daeschiens ne s’encombrent d’humanisme au sens européen et sentimental du terme.

Le sentiment nationaliste arabe est de fait important dans l’idéologie du groupe. Nationalisme et fondamentalisme religieux se renforcent mutuellement. Est-ce le nationalisme qui sert l’objectif religieux, ou le ciment religieux n’est-il qu’un prétexte au nationalisme?

Dans les deux cas il n’y aura pas d’apaisement rapide. Les causes des conflits du Proche-Orient demeurent. Et en presque un siècle le thème de l’identité arabe et musulmane s’est renforcé. La création de l’État d’Israël n’est, dans cette perspective, qu’un épisode de plus, presque opportun. La haine d’Israël est en effet un bon moteur pour alimenter le sentiment panarabe. 

Le documentaire rappelle que les peuples ne correspondent souvent plus aux frontières et que des fractures subsistent du passé. Fractures qui continueront à menacer la paix dans la région, et la paix dans le monde, pendant longtemps.

À moins que la défaite (probable) de Daesh ne conduise à plus de pragmatisme et à la renonciation à cette chimère d’une unité arabe impossible – sauf au sein d’une éventuelle confédération d’États souverains. Mais cela c’est une autre histoire.

 

 

Images: 1, empire ottoman dans sa plus grande extension au XVIIe siècle; 2, démembrement prévu par le traité de Sèvre de 1920 et réalité du traité de Lausanne de 1923; Chiites et Sunnites aujourd'hui.

 

 

 

12:14 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : ottomans, turcs, daesh, proche orient, israël, panarabisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Des Ottomanes à Daech...Une suite logique...(C est juste mais il y a un mais...)

Y a t il une différence entre La Turquie d Erdogan, les USA d Obama, La France de Sarkosy/Hollande (pour ne nommer qu eux..)et entre Daech?

Ils sont tous des pays carrément Terroristes donc ils veulent que leurs classes riches s enrichissent encore plus et rien d autre (Leurs classes moyennes ont disparu et de leurs pauvres ils s en foutent).

Écrit par : Charles 05 | 29 octobre 2016

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- « L’empire ottoman a dominé le Proche-Orient musulman, »

Ah ben ... c'est quoi la différence entre le ... Proche-Orient ... et le "Proche-Orient musulman" ?
Et puis est-ce que les non-musulmans du Proche Orient musulman étaient aussi concernés par la domination de l'empire ottoman ?


- Il est le produit des conquêtes menées par une tribu turque (ethniquement non arabe).

Ah ben ... "tribu", "ethnie" ... c'est pas la même chose ?

Et puis ... si "l’empire ottoman" est le "produit des conquêtes menées par une tribu turque" ... pourquoi est-ce qu'il ne s'appelle pas tout simplement ... "l'empire turc" ?

Et d'ailleurs, cet empire qui s'appelle Otto-man, qui veut dire ... l'homme Otto, ou Otto (son nom court), ... est-ce pas plutôt à cause du premier empereur Otto I, qui est aussi ethniquement non arabe ?

https://en.wikipedia.org/wiki/Otto_I,_Holy_Roman_Emperor


- « Le désir d'union panarabe s’est renforcé avec le temps. »

Ah ben ... l'union "panarabe", ... ben ... quelle différence avec ... l'union "arabe" ?

Ou est-ce que "tribu arabe", "ethnie arabe", "peuple arabe", "culture arabe", et "identité arabe" ... c'est tout la même chose ?

Et puis, pourquoi ce "désir" d'union panarabe s'est "renforcé" ? "Renforcé" chez qui ?
Et ceux qui voulaient pas s'unir ? Par exemple, les non-arabes ? Ou les non-panarabes ?


- « L’unité du monde arabe ... » ?

Parce que dans un monde arabe, ou dans un empire arabe, tous les arabes ne sont pas unis ? Ou est-ce qu'ils ne sont pas tous arabes ?


- « ... se superpose à l’unité de l’oumma, la famille des croyants musulmans. »

Se "superpose" ? Donc ça veut dire ... par dessus ? Donc recouvre l'unité de l'oumma ?
Et puis les croyants musulmans qui sont pas arabes (pourtant une majorité dans le monde de l'oumma !) ? Ou les arabes non-musulmans ?

Et quel rapport avec L'unité de l'empire ottoman et du monde turc ?


- « Cette unité semble plus de l’ordre du fantasme que de la réalité au vu des différences d’origines ethniques et des courants fratricides dans l’islam. Les intérêts ne convergent pas tous. »

Excellente remarque ! Donc ... "L'unité du monde arabe" c'est plutôt un fantasme ...
. C'est donc plutôt ... pas une bonne idée ?
. Ou plutôt une mauvaise idée ?
. Ou c'est pas vraiment important ?
. Ou si c'est plutôt important, c'est important pour qui ?
. Ou si c'est un fantasme, est-ce que c'est plutôt parce que ça ne veut rien dire ?


- « Dans les mouvances restées fidèles à l’unité arabe et musulmane ... »

Ah ben ! Comme la mouvance du briton-tonique Lawrence d'Arabie ? Qui a donné l'idée à Hussein-ben-Ali, le shérif musulman de La Mecque, papa de Fais-ça-là ?

Faut dire que l'anglais Lawrence d'Arabie il a eu une super idée !

Celle de recycler l'idée de Henri VIII, qui a inventé l'Anglicanisme, pour permettre une conversion économique pas cher pas cher des non-anglais (les écossais et les irlandais) et des catholiques (les écossais et les irlandais), en leur offrant le choix entre devenir anglais, ou devenir anglican, ou rester comme ils sont.

En effet, le discours de la doxa de l'époque dont le chef était Henri VIII, c'était ...

... "Faites ce que je vous dis ! Pour l'unité de l'Angleterre, l'unité des anglais, l'unité des anglicans, parce que tous les anglais sont anglicans, et que l'Angleterre c'est la terre des anglais et des anglicans, sans préférence, et moi je suis le chef de l'Angleterre, des anglais et des anglicans en même temps, et si je dois choisir entre être le chef des anglais, ou être le chef des anglicans, je vais devenir complètement schismo-schizo-fou, et perdre la tête comme mes femmes féministes Anne et Catherine.".

A la décharge de Henri VIII, faut dire que l'invention de la raison, l'invention de la psychologie, l'invention de la psychiatrie, et l'invention de l'aspirine (pour soigner les maux de tête) ont toutes eu lieu beaucoup plus tard, et que Lawrence d'Arabie n'avait pas encore importé en Angleterre le haschich et l'opium exporté du monde musulmano-perso-arabe, qui eux avaient compris comment ne pas perdre la tête pour des histoires feministes.


- « Daesh ... le projet se veut transnational, comme le montrent les frontières du territoire contrôlé par l’organisation État Islamique.... »

Vous voulez dire que le projet Daesh a fait exprès ? ... d'être "transnational" ? Comme le projet de la France et la Grande-Bretagne, qui était aussi "transnational", comme le montre les frontières du territoire controlé par la France et la Grande-Bretagne après avoir découpé l'empire Ottoman ?


- « Daesh ne reconnaît pas les frontières héritées des vainqueurs de l’époque. »

Un problème de douaniers ? Un problème d'héritage ? Un problème d'époque ? Un problème de reconnaissance pour le travail des vainqueurs, par exemple pour les promesses non-tenues ?


- « De ce point de vue le combat de l’organisation est une lutte de libération qui opère par la terreur. »

De libération de qui de qui, ou de qui de quoi ?

En terrorisant qui ?


- « Le sentiment nationaliste arabe est de fait important dans l’idéologie du groupe. »

Donc Daesh fait de la libération des arabes en les terrorisant ? Daesh libère les arabes de leur calme et de leur sérénité ?


- « Nationalisme et fondamentalisme religieux se renforcent mutuellement. »

Vous voulez dire qu'ils s'ajoutent ? Comme quand on superpose 1 kg sur 1 kg, ca fait 2 kg ? Pour faire plus de terreur ? Ou plus de libération ? Ou plus de séparation entre les nationalistes et les fondamentalistes religieux ?

Et ceux qui se trouvent entre les deux, ou qui sont ni l'un ni l'autre ? Entre les nationalistes et les fondamentalistes religieux ? Est-ce qu'ils sont écrasés, ou écartelés entre les deux ?


- « Est-ce le nationalisme qui sert l’objectif religieux, ou le ciment religieux n’est-il qu’un prétexte au nationalisme? »

Ben, est-ce que ça dépend pas si on est ... dedans ... le ciment, ... et alors ça renforce ? Ou ... dehors, et alors ça sépare ?


- « Dans les deux cas il n’y aura pas d’apaisement rapide. Les causes des conflits du Proche-Orient demeurent.

Mouaip. Si on est dedans, ça peut durer un moment pusique tout le monde peut trouver une bonne raison nationaliste ou fondamentaliste pour tuer quelqu'un, et si on est dehors, ça donne vraiment pas envie d'y entrer, et se retrouver dedans pour se faire tuer pour les raisons nationalistes ou fondamentalistes des autres.

Surtout quand on est ni arabe, ni musulman.

- « Et en presque un siècle le thème de l’identité arabe et musulmane s’est renforcé. »

Le "thème" ... vous voulez dire dans les médias ? Mais quels médias ? Ceux faits pour terroriser les non-arabes, non-musulmans, pour qu'ils soient d'accord de clicker Like! pour bombarder de très loin ou de très haut les arabes et les musulmans ?

- « La création de l’État d’Israël n’est, dans cette perspective, qu’un épisode de plus, presque opportun. La haine d’Israël est en effet un bon moteur pour alimenter le sentiment panarabe. »

Oui. Comme la haine du communisme était un bon moteur pour alimenter le sentiment pancapitaliste et le sentiment panjudéo-christianiste, ou le sentiment panintégriste musulmano-afghan.

Ou comme la des arabes et la haine des musulmans est un bon moteur pour alimenter le sentiment pan-laïc.

Les sentiments anti-panous, quoi ! Surtout les panous qu'on nous montre bien dans les médias, qu'ils sont vraiment pas comme nous !

- « Le documentaire rappelle que les peuples ne correspondent souvent plus aux frontières et que des fractures subsistent du passé. Fractures qui continueront à menacer la paix dans la région, et la paix dans le monde, pendant longtemps. »

Mais, est-ce que c'est des fractures de frontières parce que les peuples ils ont envie de se superposer dessus ?

Ou est-ce que c'est des fractures de peuples parce que quelqu'un d'autre qu'eux décide que c'est vraiment mieux que les frontières les découpent en morceaux sans leur demande leur avis ?


- « ... la défaite (probable) de Daesh ... la renonciation à cette chimère d’une unité arabe impossible »

Euh ... mais quel rapport entre "l'unité arabe" et "Daesh" ?

Et puis, pour quelle raison est-ce que "l'unité arabe" ça a de l'importance pour quiconque n'est pas arabe ?

Ou est-ce que c'est parce que "tribu arabe", "ethnie arabe", "unité arabe", "oumma arabe", "culture arabe", "nationalisme arabe", "frontière arabe", "machin musulman", "machin islamique" ... c'est vraiment tout la même chose ?

Écrit par : Chuck Jones | 30 octobre 2016

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@ cher chuck

autre analyse du monde arabe issue "des territoires perdus de la république"

"au « monde arabe » par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), lequel concerne 22 États membres de la Ligue arabe rassemblant 280 millions d'habitants en 2000, soit 5 % de la population mondiale. Le « monde arabe » y est stigmatisé en termes extrêmement sévères : il a « enregistré le niveau de liberté le plus bas du monde à la fin des années quatre-vingt-dix ». La moitié des femmes arabes sont analphabètes, note le rapport, leur taux de fécondité est le plus élevé du monde (avec celui prévalant parmi les femmes de certaines zones d'Afrique noire). De 280 millions d'habitants en 2000, le « monde arabe » pourrait atteindre 459 millions d'âmes en 2020, avec la masse immense d'analphabètes qu'on imagine. Désert culturel : les 22 États du « monde arabe » traduisent chaque année 330 livres, soit à peine un tiers de ce que traduit la Grèce qui est pourtant l'un des pays les moins riches de l'Union européenne. « En mille ans, note Salman Massalha du journal Al-Hayat de Londres, les Arabes n'ont pas traduit plus de livres que les Espagnols en une seule année ! » En matière de libertés civiles, de droits politiques et d'indépendance des médias, le PNUD affirme que le « monde arabe » vient « en dernière place derrière toutes les autres régions du monde ». Partout, poursuit le rapport, « la société civile est manipulée et la liberté placée sous surveillance ». Cette « léthargie », comme l'écrit Al-Hayat, cette tragédie, insiste-t-il, débouche sur une déchéance culturelle et civique, sur un isolement quasi complet sur les plans scientifique, technologique, agricole, philosophique, littéraire, etc. Cette situation de spectateur impuissant, cette position constante de victime de plus en plus aigrie devant le monde, nourrit ce ressentiment, cette haine et, in fine, cette violence qui essaiment jusque dans les villes françaises, faisant de l'école républicaine comme des rues de certains quartiers des zones où le droit semble devenu une langue étrangère.
C'est ce drame que l'immigration du dernier quart de siècle a introduit jusqu'au cœur de l'Hexagone. C'est cette situation de frustration face à une histoire
qui se fait largement sans elle, qui a conduit une partie de la jeunesse d'origine maghrébine, à l'évidence la plus mal insérée, à des comportements inciviques, voire parfois barbares. En ce sens, la dérive antisémite dont l'école et la rue sont parfois en France le théâtre depuis plus de dix ans ne constituent qu'un aspect d'une tragédie plus vaste qui embrasse les deux rives de la Méditerranée.
Via Internet, le câble et le satellite, ces propos font le pain quotidien d'une partie des médias arabes et sont reçus en France sans difficulté.
C'est pourquoi ce détour était nécessaire ; seul il permet de comprendre comment un antisémitisme diaboli-sant a gagné une population vivant dans l'Hexagone. Seul il permet d'entendre comment cette propagande reçue quotidiennement s'oppose fron-talement à l'enseignement des Lumières, à la leçon de tolérance et d'humanisme propre à l'école de la République. Au sein du monde arabe, les voix discordantes sont rares, et lorsqu'elles osent s'élever, elles confirment l'ampleur des dégâts. C'est le cas de ces rares entrepreneurs arabes présents au Forum économique de Davos en janvier 2004 qui déplorent cette attitude de mensonge permanent imputant tous les échecs du monde arabe « aux Américains et à Israël ». Un journaliste éclairé du quotidien Al-Hayat24, Hazem Saghiyah, met en garde ses compatriotes contre le poison d'un antisémitisme dont il reconnaît explicitement l'existence, et qui se complaît, déplore-t-il, dans la « célébration honteuse d'un Roger Garaudy »."

Écrit par : leclercq | 31 octobre 2016

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Ce que les turcs ont fait aux arméniens en 1915 ou aux grecs et arméniens de Smyrne/Izmir en 1922 n'a rien à envier à Daech.

http://www.imprescriptible.fr/documents/smyrne1922.htm

Même si histoires et motivations sont différente, je comprends le rapprochement...

Écrit par : archi-bald | 31 octobre 2016

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- « Même si histoires et motivations sont différente, je comprends le rapprochement.. »

Ah ben, j'ai cru que c'était une superposition d'une confusion entre les turcs et les arabes.

Écrit par : Chuck Jones | 31 octobre 2016

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