29 juillet 2016

Jugement, rejet, exclusion : un racisme non-officiel

Pour continuer sur le thème de mon avant-dernier billet, je pourrais mettre en question le droit de porter un jugement sur une personne en raison de particularités qu’elle présente.


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Juger, c’est pas bien. Parce que l’autre nous est inconnu et n’est pas réductible à notre propre mesure. Pourtant nous le faisons tous. Des centaines, des milliers de fois par jour. Des exemples? C’est ce connard qui roule trop lentement alors que le feu va passer au rouge. On l’égorgerait bien! C’est cette grosse qui devrait surveiller son poids, elle occuperait moins de place dans le bus. C’est ce gamin qui hurle et que ses parents laissent hurler – il faudrait un permis pour être parent et une autorisation pour mettre au monde un tel brailleur.

C’est aussi celui qui se fait flinguer symboliquement sur internet pour des propos trop spontanés, ou sortis du contexte. Ou celle qui est moche et ferait mieux de se cacher.

Les exemples sont légions, du petit rejet au grandes théories d’exclusion. Le rejet participe à la relation humaine. Il est un élément de ce mécanisme: s’approcher, s’éloigner, aimer, ne pas aimer, voir comme un modèle ou comme un contre-modèle. C’est la dynamique relationnelle naturelle. Mais ce qui peut être dit dans l’intimité d’une discussion entre amis devient un délit dans certaines circonstances. Le rejet généralisé, qui commence par le rejet de quelques individus d'un même groupe, est la base même du racisme: stigmatiser le différent. Le racisme est certes plus pesant puisqu’il juge et condamne des populations entières en raison de leur couleur ou de leur origine ethnique, mais le mécanisme est le même.

À une petite échelle les jugements de valeur et les rejets préparent des exclusions ou des ségrégations qui, sans être liées à la race, n’en sont pas moins discriminantes pour celui ou celle qui les subit. Et pas besoin d’être particulièrement black pour en être victime.

Mais, pourrions-nous éviter tout jugement de valeur? Difficilement: ils servent à nous définir nous-mêmes autant ou plus qu’à définir l’autre. Cependant ils produisent aussi des situations de bouc émissaire. 

 

 

 

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J’admets le fait que les humains aient besoin de s’apprivoiser plus que de s’aimer par obligation. Entre deux personnes cet apprivoisement prend du temps, entre deux groupes aussi. Le risque est qu’un comportement d’une personne soit ensuite généralisé à l’ensemble d’un groupe, quel qu’il soit. Or, en particulier dans ce qui ne relève pas d’un choix comme par exemple la couleur de la peau ou l’origine géographique, il n’y a pas à porter de jugement général sur une population. Simplement parce que la généralisation est souvent abusive.

La violence de langage et d’attitude en politique peut aussi être perçue comme un rejet du différent. Il est bien vu d’écraser l’adversaire, individuellement ou pour son appartenance à un groupe. Pourtant, bien qu’à mon sens le mécanisme ne soit pas différent, personne ne parle de racisme dans ce cas. 

Dire, comme je le suggérais, que Gaston Defferre était raciste pour des propos qui aujourd’hui lui vaudraient une pendaison virtuelle sur internet et peut-être des poursuites pénales, est possiblement excessif. Sa réaction à l’époque était celle d’un responsable politique qui exprime la grosse difficulté à gérer cette situation. Devant la marée humaine, devant un groupe aussi massif, il ne pouvait tout accueillir et tout absorber, pour des  raisons techniques de logement et d’infrastructures, mais peut-être aussi culturelles: les pieds-noirs étaient considérés comme des exploiteurs. Où est la différence d’avec le discours frontiste de limitation de l’immigration?

Et dire cela alors qu’une campagne hargneuse sévissait en France contre les pieds-noirs, était-ce innocent? On peut suspecter le socialiste d’alors de racisme, de populisme, de xénophobe, bref de tout ce qui fait habituellement partie de l’arsenal moral des bien-pensants.

 

 

 

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Je ne vois pas vraiment la différence entre ces propos et ceux par exemple d’un Jean-Marie Le Pen. Et les dockers de la CGT à Marseille, prônant le rejet à la mer de ces envahisseurs, volant leurs biens sur les bateaux ou les détruisant pour en chasser les propriétaires, ne dépareraient pas s’ils défilaient avec des skinheads fascistes. 

Côté haine de l’autre, nombre de jeunes beurs, rappeurs ou non, s’en prennent avec violence à la France. Cette haine, entretenue par des membres de leur communauté, est aussi une forme de rejet du français blanc, et contient donc des germes de racisme. Les jeunes beurs, racistes? Autant que les cocos, que les hétéros blancs. Bref, tout le monde est plus ou moins raciste, ou discriminant au sens d’exclure, si l’on veut voir les choses ainsi. On oublie simplement que l’autre est justement autre et que s’ouvrir à lui est un processus, non une obligation ou un speed-dating de sept minutes. Je crains le jour où le modèle humain de référence sera le bisounours et où l’on n’aura même plus le droit d’émettre une critique ou de prendre le temps de s’apprivoiser.

Il serait bon de ne garder le mot raciste que pour de réelles situations de racisme. Tout autre usage n’est que tentative de stigmatisation quand on est à court d’arguments. Les autoproclamés antiracistes sont aujourd’hui piégés par leur propre théorie. Par exemple Beyoncé a réalisé un clip avec d’autres artistes, sous le titre: « 23 manières de te faire tuer si tu es noir en Amérique ». 

La plus blanche des afro-américaines célèbres se veut africaine et porte-parole des opprimés. Pourtant elle n’a pas élevé la voix quand, tout récemment, un jeune homme blanc, désarmé, a été tué sans raison apparente par un policier – on dirait presque une exécution. Cette séquence visible ici (attention au choc) montre qu’aux USA on ne déconne pas avec la police. Blanc ou noir. Beyoncé ne défend pas la démocratie mais sa communauté. La récup politique par une starlette plus connue pour ses fesses que pour sa tête est une manoeuvre grossière. Une manière de relayer des propos bien plus graves contre les blancs, propos de plus en plus répandus sur internet.

 

 

 

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On est loin des United Colors of Benetton. Pourtant cette campagne était intéressante et sans théorie inutile. Quelque chose a tourné depuis lors. Voici la question du racisme vue par une mère originaire de l’immigration maghrébine:

« Nadia Remadna, fondatrice de la Brigade des Mères, accusait récemment les politiques d’être à l’origine du refus d’assimilation et de sentiment d’appartenance des jeunes musulmans à leur pays d’accueil : «… souvent, ils ont la haine de la France, une haine qu’on a soigneusement cultivée chez eux en leur disant sans cesse que les Français étaient racistes et méchants. Avec le temps, ils se sont enfermés dans cette haine. Moi, j’en veux aux politiques qui ont fait de nos enfants des gens qui sont toujours en train de revendiquer au lieu de se sentir français ». 

On peut en effet légitimement se demander si un tel délire propagandiste n’a pas pour visée d’attiser la haine de millions d’individus accueillis par les Français afin qu’ils se retournent contre leurs hôtes avec l’aval crapuleux et criminel d’un régime qui, en désignant abusivement le blanc comme étant LE raciste, LE coupable de maux créés de toutes pièces par ce même régime sur de prétendues victimes qui en usent jusqu’à plus soif, et de leur donner par ce genre de message un permis d’agresser et de tuer du blanc. »

Je ne sais pas si Beyoncé est de gauche. Probablement puisqu’elle soutient Hillary Clinton. Cette remarque, parce que l’accusation de racisme pour déclasser un adversaire est plutôt une pratique de la gauche morale, devenue la caricature d’un humanisme dont elle a oublié les fondements à force de cultiver ses immigrés à des fins électorales, comme d’autres avaient leurs pauvres à d’autres époques.

Aujourd’hui l’antiracisme semble servir surtout à censurer la parole sous un prétexte supposé infaillible parce que moral. Bullshit!

 

 

Un des clips de la récente campagne gouvernementale française contre le racisme, campagne stéréotypée qui ne démonte rien:

 

 

 

 

07:48 Publié dans Philosophie, Politique, Psychologie, société | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : racisme, beyoncé, benetton, juger, jugement de valeur, exclusion, rejet | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

@ hommelibre,

Je suis en particulier d'accord avec ce passage :

"Il serait bon de ne garder le mot raciste que pour de réelles situations de racisme. Tout autre usage n’est que tentative de stigmatisation quand on est à court d’arguments. "

Toute tentative de simplification grossière ( et donc de choix de mots peu précis ) ressemble à une tentative de manipulation.

Le show-biz ( Beyoncé, les rappeurs, Dieudonné, .... ) est certes au diapason avec leur public et l'opinion publique et il a une immense responsabilité. Les prises de position des artistes sont émotives et peut-être aussi démagogiques, mais les jeunes prennent ça pour des analyses.
C'est là, qu'il faudrait des adultes en face, des gens qui contrediraient ou relativiseraient ce discours. les enseignants le font, mais nous savons, combien c'est difficile dans certains quartiers en France.
les familles sont encore une instance responsable des enfants, en tout cas aux yeux de la loi.
Une mère qui rejette la responsabilité de la situation catastrophique d'une partie de la jeunesse a également trouvé une explication trop simple.
Dire : "Moi, j’en veux aux politiques qui ont fait de nos enfants des gens qui sont toujours en train de revendiquer au lieu de se sentir français . "
c'est se laver les mains de l'éducation au quotidien.
Est-ce ainsi qu'on va pouvoir améliorer la situation ?
L'idée que l'on pourrait tout attendre des politiques et ne rien faire soi-même est vraiment catastrophique.

Écrit par : Calendula | 29 juillet 2016

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Je partage votre conclusion Calendula, ainsi que votre remarque concernant la mère.
Tout attendre des politiques me semble tout aussi déraisonnable et déresponsabilisant.

Il faudrait remettre beaucoup de choses à plat me semble-t-il, afin de tomber d'accord sur des définitions précises quant à la réalité qu'ils désignent.

Écrit par : hommelibre | 29 juillet 2016

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Très bon billet mettant en relief le comportement recherché par certains Politiciens
Et si vous refusez de bien trier ,vous serez amendable
Finalement le titre colle comme un gant au célèbre tri sélectif qui dit humain peut penser objet bien que cela ne soit pas très jojo mais souvent le cas
Cependant le tri est devenu tellement tendance qu'on entend même des enfants plus tout jeunes ce qui est encore pire ,dire à leurs parents nous on est de tel canton et vous d'un autre
C'est fou les progrès stupides intellectuellement réalisés avec les nouvelles technologies et par des Politiciens qui voudraient en plus s'occuper de l'éducation des enfants .Ce à quoi certains Grands Parents répondront, même pas en rêves

Écrit par : lovejoie | 29 juillet 2016

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je me permet de rajouter ceci, finalement tout ce qui est tri est une forme dérivée pour mieux enseigner dès le plus jeune âge à séparer les productifs c'est à dire les jeunes des improductifs, les plus âgés
Ce qui relève d'un apprentissage sectaire ni plus ni moins !

Écrit par : lovejoie | 29 juillet 2016

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L'usage inadéquat et tordu du terme raciste m’irrite autant que vous (Calendula et John), en revanche je ne désavouerai pas vraiment la remarque de cette mère.

En effet elle ne me semble pas dans la plainte passive et dépendante d'autant plus qu'elle empoigne le problème qu'elle dénonce avec son association.
Elle en veut au contraire aux pouvoirs publiques d'avoir pris une part active et décisive dans l'ambiance générale victimaire et communautaire.
Cette part active est avant tout une tendance politique volontaire que les médias ont repris sans grande analyse. Et malheureusement ont ne peut pas dénier l'impacte prépondérant du politique et des médias. On ne peut pas à mon humble avis, l'accuser d'être dans la démission et la passivité

Écrit par : aoki | 29 juillet 2016

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@ aoki,

Je crois comprendre ce que vous voulez dire: du moment qu'elle a fondé une association, elle est active et pas seulement dans des jérémiades passives.
Dont acte.

Quand je lis des affirmations aussi lapidaires que celle citée, je me dis : rien n'est si simple ! Si nos vies dépendaient avant tout des hommes politiques, ce serait vraiment terrible ! Si les hommes politiques avaient le pouvoir de me modeler, ou mes enfants, et de nous influencer à ce point, ce serait vraiment grave.

Récemment, j'ai entendu de la part de plusieurs analystes l'idée suivante :
En France, on attend tout de l’État, qui détiendrait toutes les clés et ainsi, lorsque quelque chose ne va pas bien, c'est forcément la faute à l’État. Tout comme la dérive des jeunes serait de la responsabilité de l’École, qui ne ferait pas bien son boulot. Oui, les structures étatiques ont certainement des ratés et selon les endroits, ça doit être carrément énorme, mais j'espère que la "Brigade des mères" voit, où les familles ont leur part de responsabilité.
Si cette mère décide d'empoigner les problèmes à son niveau, elle va à l'encontre de cet état d'esprit attentiste et on ne peut que la féliciter pour cela.

Écrit par : Calendula | 29 juillet 2016

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@ Calendula

Soyons clair ! Il existe en France une culture politique impliquant surtout une certaine gauche, dévellopant une l'analyse culpabilisante du mode de vie franco-français, une idéalisation multi-ethnique inconditionelle favorisant la victimisation des immigrés et partant un communautarisme égocentré. Cette idéalisme aveugle relayé par les médias et plus tard les réseau sociaux à infléchi profondément la société française.

On peut critiquer ce fait, ainsi que le pouvoir en place qui persiste et signe dans cette idéologie délétère. On peut déplorer le manque de pragmatisme et d'anticipation du choc des cultures.
Le monde politique dispose de ce pouvoir et de cette responsabilité à délivrer des signaux significatifs qui donne une direction générale face au problème de l'intégration.

En principe il existe une interaction cohérente entre le peuple et le pouvoir. Mais quand ce pouvoir a un dessein idéologique une distorsion se crée et l'initiative personnelle peut parfois paraître quelque peu dérisoire face au rouleau compresseur institutionnel.

L'interwiew d'Aldo Stérone sur le blog de Mireille Valette est très parlant lorsqu'il explique comment l'Algérie s'est fait "mangée" par l'islamisme, alors que le pouvoir en place était aveuglé dans sa propre idéologie

Écrit par : aoki | 30 juillet 2016

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cette femme résume les extraits que j'ai mis de Malika Sorel Sutter, mais contrairement à Madame Sorel elle absous les familles immigrées de l'éducation de leurs enfants, elle dit plutôt que ce sont les familles qui en rajoutent une couche dans le rejet de la France,

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2016/07/15/putain-de-camion-277646.html#more

". Si la commu-
nauté d'origine exerce un contrôle extrêmement strict sur
ses membres, tandis que, dans le même temps, la Républi-
que se montre flexible, compréhensive, accommodante, il
est naturel que les jeunes générations de l'immigration se
raccrochent de plus en plus aux racines de leurs ancêtres
biologiques, et s'éloignent de ce fait chaque jour davantage
de l'insertion dans la société française. Ces jeunes généra-
tions risques beaucoup plus en n'observant pas le système
de valeurs et les codes de leurs groupes d'origines qu`en se
révoltant contre le modèle républicain."

"Un facteur qui influence significativement la construc-
tion de l'identité profonde est le tableau que les migrants
dressent, à leurs enfants, du pays d'accueil. ]'ai déjà abordé
ce point au début du livre, lorsque j'évoquais le socle indis-
pensable aux descendants des immigrés pour pouvoir se
construire dans le pays d'accueil. Plus les parents auront
dépeint le pays d'accueil comme étranger, voire adverse, en
raison du passé historique ou de la différence des systèmes
de valeurs, plus leurs enfants développeront des résistances,
voire une opposition farouche à l'intégration.
Il est une attitude qui est individuelle, même si elle est
largement influencée par la culture familiale, c'est la pré-
disposition à rester plus ou moins fixé sur son passé ou sur
celui de son pays d'origine, plutôt que de s'investir dans
son propre avenir et dans celui de son pays d'accueil. Ceux
qui recevront une éducation qui invite à rester focalisé sur
le passé seront plus enclins à sombrer dans les difficultés
que réserve le chemin de l'édification d'une existence dans
un nouvel environnement. L'énergie mobilisée dans des
voies sans issue, le passé étant par définition déjà joué, ne
sera pas investie dans ce qui se joue, c'est-à-dire l'avenir."

Écrit par : leclercq | 30 juillet 2016

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extrait

"Aucune comparaison ne peut être établie entre la situa-
tion des enfants des migrants des pays de l'Est ou du Sud
de l'Europe des précédentes vagues d,immigration et ceux
dont l'intégration pose de nos jours de sérieuses difficultés.
Les parents des premiers veillaient à ce que leurs enfants
adoptent le référentiel de la France. Ils les encourageaient
vivement à s'intégrer dans la communauté qui les avait
accueillis et les soutenaient tout au long de leur parcours
d'intégration. Aujourd'hui, le contexte est dans la plupart
des cas substantiellement différent. Les parents sont en
effet très loin de constituer des alliés de leurs enfants dans
leur processus d'intégration. Cette intégration est donc
menée sous la forme d'une lutte de chaque instant, car
le modèle que ces enfants importent à l'intérieur de leur
cellule familiale est tout simplement repoussé. Les parents
ne disposent pas d'une entière marge de manœuvre. Ils
sont souvent eux-mêmes intellectuellement, affectivement
et viscéralement attachés à leur nation d'origine, qui, dans
leurs schémas de représentation, constitue leur nation. Ils
sont, de plus, assujettis au regard de leur propre groupe,
s'il leur arrivait d'être indulgents ou permissifs avec leurs
enfants."

Écrit par : leclercq | 30 juillet 2016

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extrait complet

"Les problèmes de l'insertion et de l integration

Le rôle d'une classe politique est de savoir identifier, et
même anticiper, les difficultés nouvelles qui se présentent à
la société au destin de laquelle elle préside. Aussi appartient-
il à notre classe politique de savoir se former et s'informer
en permanence, et surtout de savoir assumer ses responsa-
bilités. Les citoyens ne disposent, la plupart du temps, que
diune infime partie des informations qui concourent à une
prise de décision éclairée. S'ils doivent être consultés sur
les sujets majeurs, il est irréaliste de penser qu'ils puissent
s'astreindre à se documenter pour décider de tous les sujets.
Des sujets qui exigent de nombreuses compétences dans une
multitude de domaines et qui deviennent chaque jour de
plus en plus complexes. Cest là le rôle de nos élus. Ce sont
la clairvoyance et la compétence de dirigeants politiques qui
permettent l'élaboration de nouvelles politiques pour faire
face aux mutations de l'environnement et à l'émergence de
nouveaux risques. Sinon, pourquoi élire, s'il nous revenait
de réfléchir à chacun des dossiers abordés?
Que faire toutefois lorsqu'un sujet, devenu au fil des ans
d'importance capitale, est instrumentalisé par des courants
politiques, mais aussi par une multitude d'associations et
de lobbies, qui l'utilisent au choix comme engrais, terreau
ou repoussoir? Quel est le point commun entre ceux pour
lesquels toute personne d'origine immigrée est à exclure et
ceux qui depuis vingt-cinq ans exploitent politiquement la
misère des migrants pour culpabiliser les Français et impo-
ser à la France de ne pas traiter avec sérieux le dossier de
leur insertion et de leur intégration? Ces deux catégories
ont toutes deux contribué à fabriquer la situation explosive
que connaît à présent la France.
Lorsqu'on analyse l'écho des Français sur le sujet de l'in-
tégration, on ne trouve guère qu'une poignée d'intellectuels
de grandes villes, quelques personnalités politiques, des
lobbies ou des cercles d'influence, pour affirmer que l'on
doit rompre avec le modèle républicain d'intégration. Pour-
tant, à défaut de se voir proposer d'autres axes de réflexion
et d'autres chemins d'espoir, les Français s'interrogent
aujourd'hui sur la pertinence de leur creuset républicain.
Accepteront-ils de plonger dans une aventure de rupture
avec leurs convictions républicaines et leur contrat social?
Rien n'est moins sûr. Les Français sont de grands conserva-
teurs. Ils apprécient la sécurité et se tiennent à distance des
entreprises hasardeuses. Cette attitude frileuse irrite parfois,
mais, sur les questions qui nous concernent ici, elle pourrait
se révéler être le plus sûr des investissements pour garantir
la sérénité de l'avenir.
Pour quelles raisons le modèle républicain français ren-
contre-t-il, depuis vingt-cinq ans, tant de difficultés et tant
d'hostilité? Pour réussir son intégration, un migrant doit-il
le vouloir, ou cette intégration peut-elle réussir sans que lui-
même adhère à ce processus? Un migrant venant d'un pays
où la culture est profondément différente de celle des Fran-
çais peut-il réussir son intégration sans pour cela ne rien
avoir à concéder de sa culture ancestrale? Un migrant peut-
il s'intégrer à la communauté nationale du pays d'accueil
sans avoir réussi au prealable son insertion dans la société
civile de ce pays ? L’identité d'un individu se construit t'elle
de maniere autonome ou depend-elle de la volonté de son
propre groupe culturel? Il peut sembler difficile de traiter
du probleme de l intégration tant ceux qui y sont confront-
tes presentent des profils heterogènes Il n'en demeure pas
moins qu'ils partagent tous le meme point névralgique, a
savoir le probleme de la construction de leur identité, cette
question est veritablement le nœud central du problème de
l’intégration Viennent ensuite se greffer des dèternimants
qui vont servir ou desservir les enfants de l'immig
Parmi ces determinants, on peut citer notamment le
cours scolaire
Avant d aborder ces questions, je souhaite d'abord expos-
ser les raisons pour lesquelles il est primordial, afin d'aider
les Jeunes genérations de l immigration a se construire sai-
nement, de resister a la tentation de cautionner la violence
de certains d entre eux en la Justifiant

NE PLUS CAUTIONNER LA VIOLENCE EN LA JUSTII
Sans meme nous en apercevoir, nous nous sommes peu
à peu habitués au fait que tout acte, du plus anodin au plus
monstrueux, était explicable. Pour le commun des mortels
ce qui est explicable est interprete comme etant en
compréhensible, voire excusable Cette approche, basée sur
l'analyse, aurait du demeurer confinee aux antres des psy-
chologues et des psychanalystes
Tous ceux qui voient autour d'eux evoluer des enfants
savent qu'un enfant comprend instinctivement que la jus-
tification que ses parents trouvent à son comportement le
dédouane d'une grande partie de ses actes et l emêche dans
le même temps de développer quelque effort qué ce soit
pour améliorer son attitude. Au fil des vingt-cinq dernières
années, la victime d'une précarité a petit à petit acquis le
droit, aux yeux de la société, à se transformer en agresseur.
Cautionner la violence, c'est l'ériger en moyen acceptable
de communication. Ce discours de la déresponsabilisation
a poussé dé nombreux jeunes dans la voie de la communi-
cation par le déversement d'un torrent de violence, créant
ainsi un immense tort à notre pays. Ce mal de la dérespon-
sabilisation est le cancer qui ronge notre société.
La justification de la violence a renforcé la détermina-
tion et le sentiment d'impunité dé tous ceux qui, par leurs
agissements, ont profondément altéré leur propre image et
celle de leur communauté d'originé. Le sentiment de préca-
rité dépend beaucoup du référentiel adopté; il ne se mesure
pas dans l'absolu. Si l'échelle dé mesuré intègre le dénué-
mént qui règne sur l'autré rive dé la Méditerranée, alors on
peut, sans hésiter une seule secondé, soutenir que la France
a permis à beaucoup d'immigrés des dernières vagues un
fabuleux bond économique et social, en un laps dé temps
extrêmement court.
Dans les grandes villes du Maghreb ont été construits
de nombreux quartiers dotés de tours dont la hauteur n'a
rien à envier à celles de nos banlieues françaises. Les familles
rêvent d'y être logées pour échapper à la cohabitation, lar-
gement répandue, de trois générations sous un même toit.
Les jeunes sont massivement au chômage et n'ont souvent
même plus la possibilité de rêver à un avenir meilleur. Ils
passent le plus clair de leur temps adossés aux murs, à dis-
cuter, pour tuer le temps. Ils se nourrissent de la télévision
française, qui leur donne chaque jour la mesure de leur
propre dénuement. Pire que ces images reçues du ciel, ils
voient régulièrement revenir, aux vacances, leurs propres
cousins, qui étaient leurs richesses sous leurs yeux : belles
voitures, vêtements de marque, stations de jeux pour les
enfants, beaux bijoux d'or et belles robes de cérémonie pour
les femmes... Ces jeunes ne détruisent ni ne brûlent quoi
que ce soit, alors qu'ils ont pourtant de multiples raisons de
se sentir frustrés, de cette frustration qui, paraît-il, alimen-
terait la violence dans nos banlieues.
En hiver, nous avions du mal à écrire, car nos doigts
étaient raidis par le froid. Nous étions engoncés dans nos
manteaux, qu'il n”était pas question d'ôter vu la tempé-
rature qui régnait dans la classe, Ceux qui avaient un
bon manteau pouvaient déjà s'estimer heureux, car tous
n'avaient pas cette chance. Lorsqu'il soufflait fort, il arri-
vait au vent de s'inviter en classe par les vitres cassées.
Il couvrait par instants la voix de notre enseignant, qui
interrompait son discours, le temps qu'Éole veuille bien
tirer sa révérence. Un nombre non négligeable d'élèves ne
déjeunaient pas à la cantine, car leurs parents étaient trop
pauvres pour pouvoir se permettre d'en honorer la note. À
l'heure du déjeuner, ils se regroupaient devant les grilles du
collège ou du lycée et sortaient de leur cartable un simple
morceau de pain. Nous partagions pour la grande majorité
la même détresse matérielle. Suivant le raisonnement qui
prévaut en France, nous étions donc tous voués à devenir
des délinquants et des incultes. Il eût donc probablement
fallu tous nous séparer et nous disperser (éclater la carte
scolaire), pour tenter de nous remettre sur le chemin de la
réussite scolaire.
Nous niavons jamais été ni outrageants ni violents. Je
garde de cette époque des souvenirs de légèreté et d'insou-
ciance, des souvenirs de bonheur d'enfance. ]'ai encore en
tête le rire des enfants qui résonne, et le sourire lumineux
des enseignants.
Si les difficultés d'insertion dans la société française
étaient réellement dues à une détresse matérielle liée, entre
autres, à la qualité de l'environnement, comment expliquer
alors que le déplacement vers des environnements sociaux
privilégiés de familles défavorisées et sources de troubles
dans leurs quartiers soit inefficace, voire dangereux, car
générateur de nouvelles zones géographiques d'insécurité?
En juillet 2005, les Renseignements généraux rapportaient
que, dans la moitié des cas de déplacement, les familles à
problèmes avaient non seulement continué d'exercer des
activités répréhensibles dans leur quartier d'origine, mais
pire, avaient dans le même temps installé un climat de ter-
reur dans leur nouvel espace géographique! Dans neuf cas
sur dix, ces délocalisations se sont soldées par un échec. Cet
investissement financier a été une pure perte. Il a de plus
contribué à renforcer le sentiment d'impunité de ceux qui se
voient systématiquement présentés, aux yeux de la société,
comme non responsables, car excusables, du fait de leur
misère matérielle. L'échec de ces expériences de dépla-
cement présente néanmoins un grand intérêt : il participe
à nous faire prendre conscience que recourir systématique-
ment à l'hypothèse des difficultés matérielles pour justifier
des comportements asociaux est simpliste et dangereux.
La France pourra bien dépenser des deniers publics
pour continuer à détruire des tours et leur substituer petits
immeubles et pavillons, cela participera très certainement
à la relance de la filière du bâtiment (ce qui en soi pré-
sente un indéniable intérêt économique), mais ne résoudra
pas les problèmes liés à l'insertion et à l'intégration, tout
simplement parce que la qualité de l'habitat des banlieues
n'est pas la cause principale de leurs problèmes. Les tours
d'immeubles n'ont rendu ni les Maghrébins asociaux au
Maghreb, ni les Asiatiques asociaux dans toutes les villes
où les gratte-ciel qu'ils habitent embrassent les nuages. De
plus, dans une période où tant de jeunes ménages, tant de
familles des classes moyennes et tant d'étudiants peinent à
se loger, se permettre de détruire des habitations est perçu
comme une injustice inacceptable. Rares sont les Français
qui souscrivent au fait que l'on puisse dépenser de l'argent
pour détruire des immeubles, dont une partie aurait pu et
dû être réhabilitée et consacrée au logement de ceux qui en
ont besoin, fût-ce en échange d'une contribution modique
de leur part.
Beaucoup des élèves pauvres qui m'ont accompagnée
tout au long de ma scolarité dans le Maghreb ont brillam-
ment réussi. Ils sont devenus médecins, architectes, ensei-
gnants, ingénieurs, grands scientifiques... Certains ont
rejoint des laboratoires mondialement réputés aux États-
Unis, en Grande-Bretagne ou en France. Ils auraient préféré
travailler pour leur pays; mais celui-ci ne leur a pas fait de
place. Lorsqu'on a connu l'envers du décor, entendre dire
que les espoirs de ces pays du Sud ont été ruinés par la
France est insupportable. Il me semble honnête d'affirmer
que ces mensonges ou ces vérités tronquées ne méritent
pas les honneurs qui leur sont faits depuis trop d'années en
France. Faire échec aux matérialistes de la mémoire, c'est les
empêcher de semer le chaos sur leur passage; c'est aider les
Français et les enfants de l'immigration à se construire un
chemin d'entente, une voie de cohabitation pacifique.
Si j'ai fait un détour par le Maghreb, c'était pour
bien mettre en lumière que des jeunes aux mêmes profils
ne manifestent pas la même violence, selon le pays où
ils vivent. Serions-nous entrés en un temps inédit dans
lequel, contrairement au sentiment que partagent les
Français, l'espoir de s'en sortir ferait naître une fureur
dévastatrice ?
suite

L'espoir a toujours servi à mobiliser les énergies vers la
création de valeur et de bien-être. Pourquoi n'est-ce donc
pas le cas pour les dernières vagues d'immigration? Cette
question est au cœur du malaise actuel des jeunes qui en
sont issus. Ces différences comportementales d'un même
type de population, selon le contexte géographique où elle
se situe, est LA question à partir de laquelle les problèmes
de l'insertion et de l'intégration doivent être posés et analy-
sés. Ce n'est en effet pas la misère ni le manque de moyens
matériels qui conduisent à l'incivilité ou à la délinquance
dans les quartiers sensibles , ce sont les diflicultés de posi-
tionnement identitaire que j'aborderai dans les pages qui
viennent. Il nous faut donc rendre aux pauvres la dignité
qui leur a honteusement été enlevée!
Il n'est plus possible de cacher ni de taire ce que tout le
monde sait déjà. La forte implication des enfants de l'im-
migration dans l'augmentation de la violence en France
est une réalité bien établie. Lorsqu'une réalité saute aux
yeux de tous, c'est-à-dire lorsqu'elle devient un secret de
Polichinelle, il n'est pas utile d'avoir en plus recours au
fichage des délinquants selon leur origine pour découvrir
ce que nous savons tous déjà. Répertorier les individus
selon leur ethnie, leur race ou leur culture, c'est par contre
ouvrir la porte à toutes les dérives possibles. Cette appro-
che s'apparente au ver qui serait introduit dans le fruit,
car elle constitue la première marche vers la communau-
tarisation de la France. Il faudra donc lutter, à tous les
niveaux, contre cette tentation qui anime certains lob-
bies et responsables politiques, influencés en cela par des
associations ou des cercles qui ne perçoivent pas toujours
le danger de tels fichages. Ceux-ci ont existé en d'autres
temps. La France va-t-elle se laisser entraîner à reproduire
les lourdes fautes du passé?
Une bonne image est lente et diflicile à construire; elle
peut au contraire être fortement ternie en très peu de temps.
La délinquance de certains enfants de l'immigration a ainsi,
au fil des ans, tissé et renvoyé au reste de la population
l'image d'une inaptitude à la vie commune dans le respect
des règles de vie de la société française. Les populations des
banlieues paient chaque jour les conséquences de l'image
fortement dégradée qui leur est attachée. De plus, le fait
que les populations des quartiers sensibles, des associations
et même des élus de la République réclament aux pouvoirs
publics des moyens supplémentaires, en arguant que l'ab-
sence d'effort substantiel entraînerait de nouvelles insurrec-
tions des banlieues, renvoie une image ahurissante au reste
de la population. Ce discours est interprété comme une
sorte de chantage. Il n'a jamais été nécessaire d'être de condi-
tion sociale aisée pour apprendre à respecter les règles de la
vie commune. Il y a trop de pauvres en France aujourd'hui
qui cependant ne cassent ni ne brûlent et trop de quartiers
qui sont très loin de disposer d'autant d'attentions que les
banlieues sensibles et ne menacent pas de s'embraser ou de
défier la République. Les Français le savent, et cela ajoute à
leur incompréhension et à leur désapprobation.
Les populations entachées par cette image d'associabilité
doivent réaliser qu'elles prendraient les mêmes distances
vis-à-vis des Français de souche si ces derniers adoptaient
le même mode d'expression. Les Français ne connaissent
pas dans le détail, et c'est naturel, les cultures autres que la
leur. Ils ne disposent donc pas de grilles de décodage suffi-
samment fines pour leur permettre de différencier chaque
individu de son groupe d'origine et le saisir en tant qu'in-
dividualité. Aussi se protègent-ils en préférant se tenir à
l'écart de tous ceux qui appartiennent à un groupe dont les
attitudes leur apparaissent comme menaçantes.
Ces grilles de décodage s'élaborent au cours du temps,
au travers des connaissances acquises grâce aux informations
que l'on recueille par le biais d'une multitude de canaux : la
lecture, les médias, le cinéma, et bien entendu l'expérience
du vécu quotidien des contacts avec les autres. Notre propre
psychologie et notre système de valeurs, hérités en grande
partie de notre culture, sont utilisés pour situer les autres
par rapport à soi. L'autre est constamment référencé par
rapport à nos propres critères d'évaluation. Ainsi, on ne
peut pas ne pas situer l'autre par rapport à soi. Cette consta-
tation est une donnée première de la réalité interhumaine. Le
résultat de l'identification de l'autre intervient et oriente tout le
processus de la communication avec cet autrui . Ce proces-
sus n'est donc pas propre aux Français; il est spontanément
mis en branle par tous les êtres humains sur terre. Il est un
fait que les comportements et les moyens d”expression très
éloignés de ceux que valorise la culture française exposent
leurs auteurs à une réprobation unanime qui se conclut par
une sanction, cette dernière pouvant aller jusqu'au rejet pur
et simple.
La modification de la démographie française s'est opérée
trop rapidement pour que le peuple français ait pu disposer
du temps nécessaire à l'assimilation d'un si profond boule-
versement. Ce temps aurait pu être nettement raccourci si
les flux migratoires ne s'étaient pas accompagnés d'autant
d'interrogations quant aux facultés des migrants à s'inté-
grer, ou plus modestement s'insérer dans la société fran-
çaise. Répéter, dans un discours purement intellectuel, que
1'immigration est une richesse pour la France ne suffit pas à
en convaincre les Français. Comme toutes les autres popu-
lations au monde, la population française juge en fonction
de ce qu'elle observe ou rencontre dans son environnement
quotidien. Le moins qu`on puisse dire, c'est que cette expé-
rience l'aura conduite à l'inquiétude.
Au moment où brûlaient les banlieues, nos femmes et
hommes politiques tentaient de nous convaincre de la res-
ponsabilité majeure du déficit de mixité sociale, qu'il fallait
absolument combler. Quelle erreur de communication!
Les Français ont traduit : voyez ces voitures qui brûlent,
nous voulons les exporter également chez vous. Qui aurait
envie d'adhérer à une mixité sociale, présentée sous un tel
visage! Ce ne sont pas des lois qui changeront la donne.
Aucune loi ne réussira à imposer une mixité sociale dans
les zones géographiques ou dans les entreprises. Seule por-
tera des fruits la construction d'une image positive ren-
voyée par une immigration qui aura réussi à s'insérer dans
la société.
Depuis tant d'annees que des crispations se font sentir,
les gouvernements successifs ont refusé de travailler à rassu-
rer les Français. On est au contraire parti du postulat que les
Français étaient potentiellement des racistes primaires , et
on a abondé dans la création d'une panoplie de mécanismes
et d'organismes pour leur faire la guerre. Les mots qui ont
été choisis ont leur importance. On parle de Haute Auto-
rité de lutte contre les discriminations. On planifie des
campagnes de communication pour sensibiliser et encou-
rager les potentielles victimes de discriminations à por-
ter plainte. Or, dans l'imaginaire collectif, qui dit lutte
dit ennemi ; qui dit victime dit « bourreau . Ainsi, on
stigmatise les Français en les érigeant ofliciellement au rang
d'ennemis ou de bourreaux. En procédant de la sorte, on
divise la France en deux, en plaçant deux communautés
face à face. Comment ose-t-on ensuite espérer que ces deux
communautés apprendront à cohabiter?
On préconise des absurdités telles que le CV anonyme,
qui ne fait que déplacer l'instant de la rencontre entre les
peurs et le déclenchement de réflexes de protection. On
peut bien traquer ceux qui se protègent; ils développeront
aussitôt d'autres stratégies de protection, tant qu'ils en
éprouveront le besoin. Les minorités gagneraient elles aussi
à se démarquer des pratiques de certains de leurs membres,
au lieu d'expliquer sur toutes les ondes que la délinquance
est une réponse naturelle à la précarité sociale. Les Français
n'apprécient pas ces menaces à peine voilées, qui singulari-
sent encore davantage à leurs yeux les populations d'origine
étrangère.
Accorder le statut de victimes aux populations d'ori-
gine immigrée qui rencontrent des problèmes d'insertion
et d'intégration est contre-productif, car cela les enferme
inéluctablement dans un état de déresponsabilisation qui
les empêche de prendre en main leur destin pour devenir
moteurs de leur insertion et de leur intégration. Nous savons
bien que l'argument très souvent utilisé est que cela ne leur
est pas possible. Cet argument ne tient plus lorsque près de
500 000 emplois ne trouvent pas preneurs dans notre pays,
en majorité dans les domaines du BTP, de l'artisanat, de
l'hôtellerie, de la restauration, des services d'aide à la per-
sonne... et que les élus osent voter à l'Assemblée nationale
un texte sur l'immigration de travail, arguant que, dans ces
domaines précisément, les entrepreneurs ont besoin de faire
appel à de la main-d'oeuvre étrangère. . . Imaginons un seul
instant à quel niveau tomberait le taux de chômage, qui
angoisse et démoralise tant les Français, si ceux qui recher-
chent un emploi et ne disposent pas encore de qualification
précise acceptaient de se former et de répondre à l'offre de
ces entrepreneurs ? Ainsi, occulter aux enfants de l'immigra-
tion, dont le taux de chômage est très élevés qu'ils ont un
rôle actif à jouer et des perches à saisir, c'est ruiner définiti-
vement leurs chances d'insertion dans notre société.
Bien entendu, je ne fais absolument pas référence
au statut général de victime qui est indispensable pour
que l'individu reconnu comme tel puisse commencer sa
reconstruction ou son travail de deuil. Attribuer sys-
tématiquement le statut de victime dans le dossier qui
nous intéresse ici, c'est comme éduquer un enfant en lui
énonçant régulièrement que les autres sont à l'origine de
tous ses malheurs et qu'il lui faut lutter contre eux. Il ne
faudra alors pas être surpris de voir cet enfant adopter
un comportement général de défiance envers ces mêmes
autres et grandir avec la certitude que rien ne dépend de
lui. La conséquence directe, c'est qu'il lui sera très difficile
de cohabiter sereinement avec ceux qui apparemment lui
voudraient du mal. Il sera également enclin à ne dévelop-
per aucun sens de l'initiative et de l'effort, puisque rien
n'est de son fait.
Soutenir les valeurs républicaines qui régissent le fonc-
tionnement de notre société n'a pas fait monter les scores
électoraux des partis politiques extrêmes dans notre pays.
Ce qui les a fait monter, c'est au contraire d'avoir oublié
de les soutenir. S'ils ne veulent plus avoir à subir à chaque
élection la menace d'un basculement vers les extrêmes, les
Français doivent d'urgence se réapproprier leurs valeurs
républicaines (une certaine idée de la justice, la liberté des
uns et des autres, l'esprit d'initiative, l'égalité entre tous les
êtres quels que soient leur sexe, leur race ou leur culture, la
laïcité, la fraternité...) afin d'obliger les partis de gouverne-
ment à en garantir le respect.
Aujourd'hui, les Français ont peur. Ils se sentent en insé-
curité quant au respect de ce qui fonde leur identité. À
leur défense de tout ce qui participe de cette identité, on
attribue désormais l'étiquette de raciste . Les Français ne
se sentent plus protégés ni par leurs institutions, ni par leur
classe politique. Or, le premier des besoins primaires est jus-
tement la sécurité. Satisfaire ce besoin doit donc s'inscrire
dans les priorités de tous nos gouvernants, quelle que soit
leur teinte politique.
Lorsqu'ils craignent d'être inquiétés, les Français déve-
loppent pour se défendre des stratégies personnelles d'évi-
tement qui sont autant de réflexes naturels de protection.
Refuser de décrypter les causes de leur comportement et ne
pas travailler à trouver les moyens de les rassurer les pousse
à se refermer chaque jour davantage sur eux-mêmes. Cette
attitude de repli sur soi n'aide guère à l'intégration de tous
ceux qui y aspirent. Ces derniers souffrent de devoir payer
pour les actes de membres de leur communauté d'origine.
Le jour où les Français se sentiront à nouveau protégés,
la situation évoluera pour le plus grand bonheur de tous
ceux, issus de l'immigration récente, qui aspirent à ce que
les Français les adoptent. Il est stérile et contre-productif
de ne pas respecter le droit élémentaire du peuple fran-
çais à exprimer et à afiirmer son identité. L'intégration des
populations diorigine étrangère n'a pas la moindre chance
de réussir si elle est menée contre les Français. Le jour où
nous le comprendrons, l'un des obstacles å liintégration s'en
trouvera levé.
suite

En France, les récentes manipulations de pages de
l'histoire coloniale ou de l'esclavage n'ont finalement que
renforcé, chez certaines populations, un sentiment de ran-
cœur déjà présent. Les matérialistes de la mémoire ou
les semeurs de graines de discorde n'ont fait qu'exacerber
ces sentiments, en leur donnant une justification raison-
née. Ils portent néanmoins une lourde responsabilité dans
les tensions communautaires qui se sont largement accrues
sur notre territoire. Jeter de l'huile sur le feu ne peut que
l'entretenir, voire l'amener à un point passé lequel il ne sera
plus possible de l'éteindre.
La situation de loin la plus critique se présente aux
migrants qui doivent parcourir un chemin d'intégration
façonné par l'ensemble des trois paramètres précités. Dans
ce cas, ils doivent affronter les difficultés cumulées des pro-
blèmes économiques, des problèmes moraux liés au passé
historique et de la différence des systèmes de valeurs. Ces
migrants sont ceux dont le processus d'intégration sera le
plus compliqué, et surtout le plus risqué, sans issue prédic-
tible.
TENSIONS DANS LA CONSTRUCTION DE L'IDENTITÉ
Appartenir aux dernières vagues d'immigration ne pré-
dispose pas fatalement à une tension extrême avec l'identité
française. Certains optent pour cette identité pour des rai-
sons affectives ou philosophiques. On pourrait les appeler
les Français de cœur et d'esprit. En migrant, ils vien-
nent en quelque sorte se blottir dans les bras de la nation
France , dont ils étaient déjà les enfants, avant même de la
connaître en chair et en os . Passé les quelques années de
difficultés incontournables pour la construction matérielle
d'une nouvelle vie, ils ne rencontrent pas d'obstacle majeur
à s'intégrer et à être reconnus par les Français. Ce qui est très
saisissant, c'est de découvrir à quel point leur intégration
semble évidente et spontanée, comme s'ils avaient depuis
toujours fait partie du même univers. Ils sont les enfants
adoptifs de la France. Restons toutefois lucides en précisant
qu'ils ne sont pas majoritaires.
Un facteur qui influence significativement la construc-
tion de l'identité profonde est le tableau que les migrants
dressent, à leurs enfants, du pays d'accueil. ]'ai déjà abordé
ce point au début du livre, lorsque j'évoquais le socle indis-
pensable aux descendants des immigrés pour pouvoir se
construire dans le pays d'accueil. Plus les parents auront
dépeint le pays d'accueil comme étranger, voire adverse, en
raison du passé historique ou de la différence des systèmes
de valeurs, plus leurs enfants développeront des résistances,
voire une opposition farouche à l'intégration.
Il est une attitude qui est individuelle, même si elle est
largement influencée par la culture familiale, c'est la pré-
disposition à rester plus ou moins fixé sur son passé ou sur
celui de son pays d'origine, plutôt que de s'investir dans
son propre avenir et dans celui de son pays d'accueil. Ceux
qui recevront une éducation qui invite à rester focalisé sur
le passé seront plus enclins à sombrer dans les difficultés
que réserve le chemin de l'édification d'une existence dans
un nouvel environnement. L'énergie mobilisée dans des
voies sans issue, le passé étant par définition déjà joué, ne
sera pas investie dans ce qui se joue, c'est-à-dire l'avenir.
La difficulté est encore plus grande si la focalisation sur
le passé entretient des tensions d'ordre moral ou philoso-
phique.
Une autre qualité personnelle qui aura une incidence
non négligeable sur le processus d'insertion et aussi sur celui
de l'intégration est la capacité des individus à savoir capi-
taliser sur ce dont ils disposent déjà. Vous trouverez tou-
jours, parmi un groupe de personnes parties avec le même
bagage , une proportion qui saura surmonter une à une
les difficultés rencontrées, quelle qu'en soit la nature, tandis
que d'autres, dans le même temps, s'enfonceront peu à peu.
Pour s'en convaincre, il n”est qu'à observer comment, au
sein d'une même cellule familiale, les parcours des membres
d'une même fratrie, ayant pourtant grandi dans le même
environnement, avec les mêmes moyens humains et finan-
ciers, varieront parfois dans des proportions considérables.
Dans l'étude du problème de l'intégration des dernières
vagues d'immigration, l'un des principaux errements aura
été de considérer que l'immigration récente était de même
nature que celles qui l'ont précédée (Portugais, Italiens,
Européens de l'Est. . .), et que son traitement relevait, de ce
fait, principalement du domaine économique. Par voie de
conséquence, on a réduit l'ensemble du puzzle de l'intégra-
tion à une seule de ses pièces, et qui plus est la plus petite!
Il est un fait que l'intégration des plus récents migrants
qui fait actuellement débat en France ne peut être comparée
à celle des plus anciens. Le socle culturel de base de ceux-ci
était identique à celui des Français de souche . Ces immi-
grés partageaient tous avec les Français le même héritage
culturel profond. Leurs différences culturelles étaient mini-
mes, au regard de celles qui existent avec les populations
issues des dernières vagues d'immigration. Si l'immigration
récente avait été le fait de ressortissants des pays de l'Europe
de l'Est ou du Sud, l'intégration aurait finalement réussi,
malgré le contexte économique tendu que l'on a connu ces
trente dernières années.
En plus de leur culpabilité liée à la période coloniale,
les Français éprouvent un profond malaise à vivre si bien,
quand tant de peuples souffrent à travers le monde, et
notamment en Afrique. Ils sont encore sous le coup du trau-
matisme psychologique provoqué par des images de famine.
suite

sur ce continent, largement diffusées. Leur conscience en
a été fortement ébranlée. Ils adoptent depuis, fait surpre-
nant, un regard qui n'est pas le même selon la couleur de la
misère qui leur est présentée. Selon que la misère touche le
Maghreb (ex-colonies), l'Afrique (ex-colonies et problèmes
de famine), l'Europe de l'Est, l'Asie ou l,Amérique du Sud,
elle n'a pas du tout la même résonance en eux. Cette idée se
nourrit également d'une méconnaissance de la transforma-
tion du continent africain. Pourtant, en Asie, en Europe de
l'Est ou en Amérique du sud, des enfants ont aussi les joues
décharnées. Ils sont contraints de travailler dès leur plus
jeune âge. Nombreux sont les adultes qui ont depuis long-
temps perdu leur sourire et leurs dents, faute d'alimentation
appropriée. Ce regard biaisé que portent les Français sur les
migrants les empêche d'adopter un comportement objectif.
La conséquence la plus lourde en est que les Français accep-
tent (mais seulement en apparence) de la part des migrants
des pays du Sud des comportements qu'ils n'accepteraient
sous aucun prétexte de la part d'autres migrants. Ils taisent,
en particulier, ce qu'ils ne tairaient en aucun cas face à des
Occidentaux. Cette attitude est préjudiciable à l'insertion
et à l'intégration des nouveaux venus, car elle leur occulte
la réalité a laquelle ils vont se trouver inéluctablement
confrontés au moment où ils souhaiteront entrer dans le
monde économique, s'ils n'ont pas identifié les points d'ac-
climatation, explicites ou non, que commande la société.
Les Occidentaux posent les uns sur les autres un regard
objectif et lucide. Lorsque surgissent des différends sur des
points de cohabitation, la négociation s'engage de manière
le plus souvent tacite, et l'équilibre des forces en présence
est maintenu de manière souple et continue. L'orsqu'un
migrant arrive dans un nouveau pays, il a de très fortes
chances, lorsque sa culture est très éloignée de celle de ce
nouveau pays, d'y rencontrer des tensions et des problè-
mes de cohabitation. Sur des éléments superficiels ou des
vétilles, la tension est amenée à disparaître très vite, car
un processus d'adaptation ou d'acclimatation réciproque
se met en place jusqu'à rendre cette tension supportable,
et donc acceptable. Lorsque des différences apparaissent
concernant des points fondamentaux, c'est-à-dire ceux qui
touchent aux valeurs profondes qui structurent la société, se
font jour des tensions beaucoup plus grandes. Les Français
encaissent et ne bronchent pas. L'ennui, c'est qu'ils inté-
riorisent et accumulent toutes ces tensions. On sait que le
peuple français est doté d'une grande qualité, celle de pou-
voir beaucoup absorber. Il peut néanmoins réserver des sur-
prises, car absorber ne signifie pas nécessairement assimiler.
Le peuple français saura-t-il un jour apprendre à s'exprimer
au fil de l'eau, sans attendre que sa frustration devienne si
insupportable qu'elle se traduise par un tsunami?

On a en
particulier terriblement sous-estimé l'influence considéra-
ble des civilisations grecques et romaines, de la Renaissance
et du siècle des Lumières, sur les schémas de pensée des
Occidentaux et sur l'organisation de leurs sociétés, telles
que nous les connaissons. Les sociétés qui n'ont que très
peu, parfois pas du tout, été façonnées, sculptées et inti-
mement travaillées par ces courants ont peu de chances de
partager les mêmes points de vue sur un grand nombre de
concepts et d'idéaux.
On nous a souvent proposé, comme explication aux
problèmes des enfants de l'immigration récente, l'échec du
modèle d'intégration dit à la française ou creuset répu-
blicain. Il conviendrait cependant de se demander si ce
modèle a véritablement été appliqué ou respecté ces vingt-
cinq dernières années. L'État, qui aurait pu devenir pour
les immigrés habités d'une réelle volonté de s'intégrer un
filet de sécurité, un tuteur, une boussole, a failli à ses obli-
gations. Cette démission n'a pas été volontaire. On a juste
parié que le temps finirait par avoir raison de toutes les
difficultés. C'était compter sans la complexité de la nature
humaine, et sans le fait que les difficultés qui ne sont pas
traitées dès leur apparition finissent le plus souvent par faire
boule de neige.
La boussole s'est bloquée, et l'immigré s'est retrouvé
seul face à lui-même, seul avec son système de valeurs et de
codes hérités d'une autre société. Il s'est surtout retrouvé
seul face à la pression de son groupe culturel d'origine. les
Français auraient pu, eux aussi, à leur niveau, Jouer ce rôle
de guides; mais, comme je l'ai déjà mentionné, bâillonnés
ils n'étaient plus en position d'aider cet immigré au jour le
jour, pour l'amener à identifier les points d`acclimatation
nécessaires, et même indispensables, à son insertion dans
la société. Un immigré qui arrive dans un nouveau pays
en ignore tout le plus souvent. Il a besoin d'apprendre à
en connaître les règles. La démission de l'État a laissé le
champ libre à la montée en puissance des groupes com-
munautaires, qui se sont approprié les individus et les ont
peu à peu coupés des voies d'insertion. Cela s'est d'ailleurs
rapidement traduit sur le terrain par la chute du taux d'in-
sertion des enfants de l'immigration.
La majorité des migrants rejoignent les pays économi-
quement développés pour y trouver un épanouissement
matériel. Ils ne recherchent en aucun cas une nouvelle
forme d'épanouissement affectif ou spirituel. C'est la raison
pour laquelle ils sont les premiers surpris et déçus de n'avoir
pas prévu qu'il leur faudrait évoluer dans une société qui ne
partage pas leurs aspirations.
L'intégration des dernières vagues d'immigration repré-
sente un sérieux défi pour le peuple français, ainsi que pour
les migrants et leurs descendants. Elle nécessite en outre un
accompagnement différent de celui qui a été apporté aux
vagues d'immigration d'origine européenne. Il faut, dans
le même temps, accepter une évidence propre à tout ce qui
concerne les êtres humains : l'issue des processus d'insertion
et d'intégration sera éminemment personnelle.
À chaque occurrence médiatique de difficultés les
concernant, on entend dire que les enfants de l'immigra-
tion ont perdu tout repère, ou qu'ils souffrent de cruelles
carences éducatives. Or, cela n'est pas tout à fait exact. Ces
enfants ont bénéficié d'une éducation. Ils possèdent même,
pour la majorité d'entre eux, de solides repères, qui ne sont
toutefois pas ceux de la société française. C'est la raison
pour laquelle les observateurs qui ne connaissent qu'une
seule culture se heurtent à une difficulté majeure, qui est
leur incapacité à décrypter les différences culturelles et leurs
répercussions sur les comportements individuels. La ques-
tion est donc de savoir si la France peut admettre que les
familles qui arrivent sur son sol transmettent à leurs enfants
tous leurs repères, y compris ceux qui vont les placer en
porte-à-faux avec la société d'accueil. `
Naturellement, nous savons tous que les enfants sont
éduqués par leurs parents et leur cercle familial. Ce sont eux
qui leur transmettent leurs propres règles de vie en société,
leur éthique, leur système de valeurs. Ils leur transmettent
également leurs sentiments d'approbation ou de rejet de
certains codes comportementaux. Soyons réalistes : accep-
tons que, de la même manière qu'un Français de culture
européenne qui émigre transmettra à ses enfants son pro-
pre référentiel de valeurs, les parents d'origine immigrée
transmettent, en France, à leurs descendants, leurs propres
idéaux et systèmes de valeurs. Plus il existera de différences
entre les fondamentaux des deux systèmes de valeurs (celui
qui est transmis par les parents au sein de la famille, et celui
de la société d'accueil), et plus difficile sera l'insertion.
Lorsque ces différences touchent à des fondamentaux, de
réels conflits surgissent. l'enfant est de ce fait régulièrement
confronté au délicat problème du choix des fondamentaux
qu'il doit respecter. Pour être en position de choisir, encore
faudra-t-il qu'il soit psychologiquement en mesure d'effec-
tuer cet arbitrage et que sa famille accepte de lui laisser ce
choix. Certes, l'identité possède un caractère dynamique
qui lui permet d'évoluer au gré des expériences, mais ce
mouvement peut être largement compromis lorsqu'il est
entravé par des agents extérieurs, rendant de ce fait l'inté-
gration dans une nouvelle communauté difficile et parfois
improbable.

La même question se pose au sujet du sens de la Fra-
ternité . Celle que définit la Déclaration des droits de
l'homme et du citoyen est-elle véritablement reconnue et
partagée par tous sur terre? Tous les enfants sont-ils réelle-
ment éduqués avec une conception de fraternité qui lierait
tous les hommes, de par leur seule qualité d'hommes? La
réponse est négative. Pour nombre de peuples, cette frater-
nité n'embrasse que ceux qui partagent le même héritage.
Cette différence de perception de la fraternité introduit une
hiérarchisation des individus. C'est pour cette raison que
des actes de racisme à l'encontre de Blancs se produisent
aujourd'hui sur notre territoire. Nier l'existence du racisme
anti-Blancs participe à renforcer le sentiment d'impunité
des auteurs de ces actes de racisme. On se prive dans le même
temps d'une opportunité pédagogique vis-à-vis de ceux qui
adoptent une attitude qui n'a pas sa place dans la société
française. Combattre toutes les formes de racisme est une
obligation; faire une distinction, c'est s'inscrire soi-même
dans une position raciste. La République doit cesser, par son
mutisme, de cautionner la hiérarchisation de la souffrance
humaine qui s'est établie sur son territoire. l'effort de péda-
gogie doit porter sur l'exigence que tous ceux qui évoluent
dans notre société doivent souscrire à la même définition
de la fraternité : celle des fondamentaux de la République,
qui englobe tous les êtres humains pour leur seule qualité
d'êtres humains, et qui transcende donc les distinctions de
race, d'ethnie ou de culture.
Ces principes de Liberté, d'Égalité et de Fraternité sont
inscrits dans la Constitution de la République française.
Sera-t-il un jour nécessaire de l'abroger, pour lui substituer
une coexistence de plusieurs autres constitutions? Un pays
régi par plusieurs constitutions sera-t-il encore un pays,
ou deviendra-t-il une fédération de pays? Si cette der-
nière option est retenue, faudra-t-il, comme pour la liste
des bénéficiaires de la discrimination positive, se poser la
question du public concerné par chacune de ces différentes
constitutions? Les individus disposeront-ils alors de la lati-
tude du choix, ou leur sort sera-t-il définitivement scellé à
la naissance? Ces questions sont-elles ouvertes ou fermées?
Leurs statuts seront-ils appelés à évoluer en fonction du
pouvoir que les groupes communautaires auront réussi à
conquérir en France?
Les Français le sentent instinctivement : ce qui est ici
en jeu n'est pas le respect des différences culturelles, déjà
acquis, mais le respect ou non des fondamentaux de la
République. Chaque fois qu'elles s'inscrivent dans le respect
des lois et de l'idéal de la République française, les Français
admettent les différences culturelles.

La contestation de l'autorité des policiers par les jeunes
n'est pas liée aux qualifications des forces de l'ordre. Cette
non-reconnaissance, voire ce refus de leur autorité, tient en
partie, comme cela est souvent avancé, au désir de certains
de soustraire de l'autorité de la République des territoires
qu'ils ont annexés pour y mener une vie paisible à l'ombre
de l'économie parallèle. Elle n'est pas sans rapport non plus
avec la symbolique de l'uniforme, puisque cet uniforme
représente une société qu'ils rejettent avec vigueur et dont
ils ne souhaitent pas respecter les lois, car ils ne les recon-
naissent pas. Ils ne rejettent pas du tout cette société parce
qu'elle les aurait rejetés (ça, c'est l'explication vitrine
qui leur a été fournie par de savants spécialistes et par
la gauche). Ils la rejettent uniquement parce qu'elle n'est
pas conforme à leur système de valeurs et d'idéaux. C'est
d'ailleurs pour la même raison que les enseignants, qui sont
eux aussi des symboles de la République, sont agressés. L'er-
reur est de continuer à penser que les jeunes sont des
électrons libres. Ils ne le sont pas. S'ils sont en position
de camper si fort sur leurs positions extra-sociétales, c'est
qu'ils savent qu'ils bénéficient du soutien pas nécessaire-
ment réfléchi de leurs tuteurs légaux, et de l'aubaine de l'in-
toxication des esprits liée au politiquement correct . Une
action sur les seuls jeunes ne suffira donc pas, car, une fois
extraits de la société, ils seront aussitôt remplacés par leurs
puînés sur le terrain de l'action. Il est nécessaire de faire
prendre conscience aux parents que leurs attitudes sont loin
d'être sans conséquence et qu'il leur est possible de ne pas
entraver l'insertion de leurs enfants dans la société.
Il est essentiel de relever que cette vive antipathie de
certains enfants de l'immigration pour leur pays d°accueil
n'est jamais ressentie pour leur pays d'origine, qui est pour-
tant celui qui a poussé leurs familles à l'exil et les a donc
privés d'une existence dans une société conforme à leur sys-
tème de valeurs. Preuve s'il en fallait encore que le véritable
amour, sincère et désintéressé, n'est pas lié à des contingen-
ces matérielles.
Un nombre non négligeable de Français d'origine
maghrébine se sentiront d'emblée plus proches de n'importe
quel autre personne d'origine arabe se trouvant à l,autre
bout du monde, que du Français d'origine européenne qui
vit pourtant à côté de chez eux; cela pour la simple raison
qu'ils partagent un immense héritage commun. La notion
de nation arabe a un sens. Avoir le sentiment d'y appartenir
recouvre une réalité à part entière, tout aussi respectable
que celle d'appartenir à toute autre nation. C`est la raison
pour laquelle les conflits qui impliquent les peuples ara-
bes sont vécus avec autant d'intensité et d'émotion dans les
banlieues françaises. Cette proximité se vérifie, de la même
manière, entre tout Français de souche européenne et tout
autre individu d'origine européenne, qui partagent du fait
de cette origine un important héritage commun.
Aucune comparaison ne peut être établie entre la situa-
tion des enfants des migrants des pays de l'Est ou du Sud
de l'Europe des précédentes vagues d,immigration et ceux
dont l'intégration pose de nos jours de sérieuses difficultés.
Les parents des premiers veillaient à ce que leurs enfants
adoptent le référentiel de la France. Ils les encourageaient
vivement à s'intégrer dans la communauté qui les avait
accueillis et les soutenaient tout au long de leur parcours
d'intégration. Aujourd'hui, le contexte est dans la plupart
des cas substantiellement différent. Les parents sont en
effet très loin de constituer des alliés de leurs enfants dans
leur processus d'intégration. Cette intégration est donc
menée sous la forme d'une lutte de chaque instant, car
le modèle que ces enfants importent à l'intérieur de leur
cellule familiale est tout simplement repoussé. Les parents
ne disposent pas d'une entière marge de manœuvre. Ils
sont souvent eux-mêmes intellectuellement, affectivement
et viscéralement attachés à leur nation d'origine, qui, dans
leurs schémas de représentation, constitue leur nation. Ils
sont, de plus, assujettis au regard de leur propre groupe,
s'il leur arrivait d'être indulgents ou permissifs avec leurs
enfants."

Écrit par : leclercq | 30 juillet 2016

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pour relativiser le racisme sois disant viscéral des français.

extrait de "pour en finir avec la repentance coloniale" de daniel Lefeuvre.

"Mais quel souvenir un de ces Algériens immigrés
à Paris au cours des années 1920 a-t-il conservé?
Celui du racisme des Français côtoyés à l”usine ou
dans le métro? «Nous étions unanimes à nous
réjouir de l,attitude de sympathie des populations
à notre égard, et à faire une grande différence entre
les colons d'Algérie et le peuple français dans leur
comportement avec nous. Les gens nous manifes-
taient du respect et même une grande considéra-
tion mêlée de sympathie. ›› Paroles d'un

Écrit par : leclercq | 30 juillet 2016

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Bonjour aoki,

Le positionnement de la gauche xénophile, que vous décrivez, est exactement ce que j'opposais à l'idée d'une gauche héritière du discours de Gaston Deferre ( billet précédent) et donc crypto-raciste.

Il ne faut pas croire que je serais favorable à l'auto-dénigrement et une admiration béate pour le multi-culturalisme mou.

Sans entrer dans un récit autobiographique, je voudrais quand-même dire, que mon expérience d'expatriée m'a permis de constater beaucoup de choses par rapport à la difficulté d'intégration, même dans un endroit aussi ouvert et cosmopolite que Genève, même dans mon milieu très favorisé.

Sans initiative personnelle on n'arrive pas à s'intégrer et l'attente d'un salut venant à notre rencontre est vouée à l'échec.

Très vite, on peut avoir l'impression de ne pas être aidé, parce que la tâche est immense. Mes parents se sentaient écrasé par les démarches, la mentalité nouvelle pour eux.
Surtout ma mère, qui devait gérer le quotidien.
Elle a tout fait pour apprendre le français au plus vite, même si elle trouvait que tous devaient parler l'allemand, puisqu'on était en Suisse !
Elle était tout le temps révoltée par rapport à l'environnement inconnu et s'est mise à se sentir étrangère au-delà de toute proportion raisonnable.
C'était affreusement pesant pour toute la famille.
Nous, les enfants, on a investi l'école et le voisinage, qui nous obligeaient à nous confronter à la nouveauté et à nous adapter. Pour les enfants, c'est relativement facile. Heureusement que nous n'étions pas entourés d'enfants de notre culture d'origine !
Nos parents ont eu le réflexe de nous mettre à l'école publique et en cela, ils ont été bine avisés. L'école est un lieu privilégié, mais encore faut-il la soutenir activement et faire alliance avec l'institution.
Je pense que la "ghettoïsation", l'habitat trop homogène culturellement, est la vraie origine du problème d'intégration et de l'impression (justifiée) de vivre dans des conditions défavorables.
Autant je pense qu'il ne faut pas tout attendre de l'école, autant je crois que c'est l'endroit le plus adéquat, pour favoriser le sentiment d'appartenance.

Écrit par : Calendula | 30 juillet 2016

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Demander aux maghrébins et plus précisément aux algériens d'aimer la France, c'est comme si vous enverriez des millier d'albanais kosovars aller travailler en Serbie et leur demander de se sentir serbe. C'est juste pas possible!

Il faut comprendre que le peuple algérien s'est constitué contre la France. Mais suite à l'indépendance, ils sont venus par milliers pour travailler dans l'hexagone sous le regard bienveillant de la droite patronale.

Je mets au défi n'importe qui de prendre un drapeau français et aller se balader à Alger..... On vous jettera des pierres.

Si vous ajouter à cela une dimension islamique, la France coloniale tant détestée par les anciens se mue en pays de kouffars à combattre pour les nouvelles générations...... La seconde guerre d'Algerie est en marche, mais sur le sol français.

Écrit par : Riro | 30 juillet 2016

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@

" ils sont venus par milliers pour travailler dans l'hexagone", avant le guerre d'Algérie des campagnes d’information étaient faites pour dissuader les Algériens de venir travailler en France rien n'y faisait. lissez Daniel Lefeuvre j'ai l'impression que vous en avez bien besoin, votre connaissance du sujet me semble très parcellaire.

ils ont été imposés par le nouvel état Algérien personne n'a été les chercher.

"la France coloniale tant détestée par les anciens", euh respectée par les anciens, les anciens mangeant du porc dans les cantines et ils fermait leur gueule., (voir les écrits de michéle Tribalat)le problème de la France c'est surtout quelle montre de la faiblesse par rapport aux immigrés elle accepte toutes leur exigence en bonne mémère compatissante quelle est, les immigrés musulmans ont besoin de pays d’accueil forts et là ils t’intégrons et respecteront les pays d’accueil

Écrit par : leclercq | 30 juillet 2016

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Encore des ados?!!!!!!

U.S.A : fusillade à Seattle, 5 morts

Plusieurs sources signalent que plusieurs personnes ont été victimes d’une fusillade à Mukilteo, près Seattle.

Il y aurait au moins cinq morts.

La fusillade aurai eu lieu au cours d’une fête à laquelle participaient des adolescents. Les parents se sont rassemblés sur les lieux dans l’attente d’informations de la police.

© Gaïa pour www.Dreuz.info - le 30 juillet 2016

Écrit par : Patoucha | 30 juillet 2016

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"Dire, comme je le suggérais, que Gaston Defferre était raciste pour des propos qui aujourd’hui lui vaudraient une pendaison virtuelle sur internet et peut-être des poursuites pénales, est possiblement excessif."
C'est non seulement excessif, c'est surtout stupide vu que les pieds-noirs étaient des Français à 100%. Pour certains des colons racistes qui n'ont pas accepté de vivre dans un pays indépendant. Pour certains qui avaient commis des crimes racistes. Pour le racisme, le vrai, le seul, en voici un exemple et il y en a d'autres dans la marge de droite:
https://www.youtube.com/watch?v=UBp1DgRNk_Y

Écrit par : Charles | 31 juillet 2016

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Combien d'assassins parmi les colons français débarquant à Marseille?
https://www.youtube.com/watch?v=7s0tSEGL5Gs

Écrit par : Charles | 31 juillet 2016

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Exemple:
« À Kef-El-Boumba, j’ai vu des Français faire descendre d’un camion cinq personnes les mains ligotées, les mettre sur la route, les arroser d’essence avant de les brûler vivantes »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_S%C3%A9tif,_Guelma_et_Kherrata

Écrit par : Charles | 31 juillet 2016

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@ Charles

vous prenez vos informations chez les repentants, l'impartialité n'est pas leur fort.

ils changent même la définition des mots.

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide

d'autres liens qui changeront de votre prêche de repentant.

http://popodoran.canalblog.com/archives/2010/03/09/17056552.html

http://popodoran.canalblog.com/archives/role_positif_de_la_france_en_algerie/index.html

ESSAI POLÉMIQUE SUR LA REPENTANCE
http://popodoran.canalblog.com/archives/repentance_essai_sur_la_polemique_/index.html


L’esclavage oublié : celui des Blancs par les Nord-Africains
http://ripostelaique.com/l-esclavage-oublie-celui-des.html

http://www.grands-reporters.com/Guerre-d-Algerie-Les-derniers.html


http://www.blog-lefeuvre.com/?p=20

Écrit par : leclercq | 31 juillet 2016

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suite



" lorsqu’elle affirme que la guerre d’Algérie aurait fait un million de victimes parmi la population algérienne musulmane. C. Coquery-Vidrovitch, qui me reproche d’ignorer les travaux d’André Prenant, sait pertinemment qu’elle énonce, là, un mensonge grossier, forgé par la propagande du FLN et qui sert, aujourd’hui encore, à conforter le pouvoir des dictateurs algériens : tous les travaux des démographes et des historiens français (d’André Prenant à Charles-Robert Ageron, de Benjamin Stora à Guy Pervillé et Gilbert Meynier) ont infirmé ce chiffre et proposé des estimations beaucoup plus basses : 250 000 morts environs, parmi lesquels, selon Gilbert Meynier, environ 200 000 auraient été victimes de l’armée française et 50 000 du FLN. Tout comme est mensonger le chiffre d’un million de morts liés à la conquête de l’Algérie, qui ignore l’ampleur de la catastrophe démographique des années 1865-1868, tout à la fois alourdie ET amortie par le fait de la colonisation, comme je me suis attaché à le montrer dans mon livre. "

http://www.histoire-en-questions.fr/guerre%20algerie/armee-djebel-jumelles.html

"C'était la recherche permanente du fell, le déclenchement soudain de petites opérations rapides menées par les troupes opérationnelles aussi bien que par les troupes de secteur. Chaque P.C. d'unité opérationnelle à l'échelon du régiment avait une compagnie en alerte prête à être héliportée. En outre, Gracieux avait à son P.C. cinq ou six unités en pompier pouvant arriver à la rescousse. Sur un renseignement de valeur l'opération était mise en route. II n'était plus question de grandes lignes rigides tracées à l'avance mais d'une multitude de tentacules qui s'emparaient de la Kabylie, s'accrochaient aux gros villages, s'infiltraient dans les vallées. La présence des vingt cinq mille hommes des troupes opérationnelles permettait aux troupes de secteur, familiarisées depuis des mois avec le terrain, de sortir à dix ou vingt sans craindre d'être accrochées par une ou deux katibas.
En cinq semaines les résultats avaient été considérables. Du jamais vu. Les fells étaient coupés des villages, qui avaient été fouillés et toute l'organisation politico-administrative de la population s'écroulait.
On ne pouvait plus bouger, racontera plus tard le lieutenant Saada, on ne mangeait plus. J'étais si faible que je n'arrivais même plus à porter ma mitraillette. L'implantation des postes militaires, la multiplication des autodéfenses et des agents de renseignement nous rendaient la vie et même la survie impossibles. Il a fallu reprendre la population en main. On a liquidé certains traîtres pour l'exemple. En une nuit, à Yakouren, on a liquidé sept Kabyles. Et pourtant il y avait un poste français. On a laissé passer une patrouille française et quand les harkis de l'autodéfense sont arrivés on leur est tombé dessus. Le propre fils d'un des traîtres s'était proposé pour le liquider. Après quelques exemples comme celui-là, du jour au lendemain, beaucoup d'autodéfenses assurèrent notre protection. Des villages dits pacifiés se tournèrent à nouveau vers nous. C'est grâce à cela qu'on a pu survivre. En exécutant les traîtres en série. Mais jamais on n'a réussi à reprendre l'initiative"

Écrit par : leclercq | 31 juillet 2016

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_S%C3%A9tif,_Guelma_et_Kherrata

http://popodoran.canalblog.com/archives/pour_qui_la_repentance__8_mai_1945__setif_/index.html


"Le début des massacres de Sétif, des Hauts-Plateaux et de Guelma fut d’une atrocité obscène. En quelques heures, sur tout ce territoire des hommes furent littéralement lynchés par dizaines, des enfants tués et disons-le une fois de plus des femmes violées collectivement avant d’être éventrées et d’avoir les seins coupés.

Le « fait de tuer » avait été sublimé, en quelque sorte « consacré », par les incantations et les psalmodies des jours précédents. C’est-à-dire pendant la période du 23 avril au 8 mai 1945 et les quelques jours qui ont suivi.

C’est au nom de Dieu que l’on a voulu humilier les Français d’Algérie de toutes confessions, comme si l’on avait voulu projeter une malédiction sur un peuple de Français d’Algérie qui, depuis toujours, avait établi d’excellentes relations avec les Berbères. Et je fais partie de ceux qui attribuent aux malheureuses femmes violées le rang de saintes martyres de notre terre.

Aucune justification sociale, économique ou tout banalement humaine ne pouvait être invoquée. C’était encore une époque coloniale certes, mais tout à fait légitime et légale, au cours de laquelle les relations entre les peuples étaient déterminées par des règles différentes des règles modernes, qui ont vu le jour par la suite. Règles imposées par la logique et par la raison. Et auxquelles nous avons adhéré.

Mais rien ne justifiait une fureur animale de cette envergure. En particulier on ne pouvait invoquer « la faim ». Car il s’agissait de terres à blé et les populations qui y vivaient étaient les mieux nourries d’Algérie. C’est au nom de Dieu, au cri de jihad que fut déclenché le massacre de notre peuple français. Le génocide amorcé des Français avait été l’expression choisie de la foi en Dieu.

Il fallait arrêter le massacre. Donc il a fallu riposter. La riposte fut terrible. Oui. C’est vrai. 4 000 morts, chiffre le plus vraisemblable. Et heureusement. Pour être efficace elle se devait d’être violente, cruelle même, en tout cas spectaculaire. Car en quelques heures il était devenu nécessaire de se comporter en égorgeurs pour ne pas être égorgés ! Au diable la timidité, les fausses pudeurs, la lâcheté et les manifestations méprisables de pitié a posteriori. Le moment était une terrible tragédie."

Écrit par : leclercq | 31 juillet 2016

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"vous prenez vos informations chez les repentants, l'impartialité n'est pas leur fort."
Ah! Un nostalgique de l'Algérie "française". Et vous prenez vos liens chez les envahisseurs, les massacreurs, les tortureurs et les racistes, style OAS et autres fascistes. Merci de tomber le masque. Comme ce salopard d'Aussaresses qui ose prétendre qu'il n'a pas eu connaissance de viols. Les exactions des uns n'excusent pas celles des autres. Et c'est valable dans les deux sens. Toujours minimiser l'ampleur des massacres et du génocide des ennemis et les augmenter quand cela concerne ses propres victimes. Tous les chiffres sont bidons, à la louche. Quand on vous lit on serait presque heureux de la colonisation en retour de la France par les Nord-Africains, tellement vous n'avez rien compris.
Le rôle de la France à part exploiter et tuer? Vous ne savez pas répondre à cette question: combien y avait-il d'ingénieurs agronomes algériens au 4 juillet 1962?

Mais merci de justifier pleinement par votre propagande le gouvernement syrien et la guerre qu'il mène contre les terroristes.

Écrit par : Charles | 31 juillet 2016

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Comment s'aimer ou aimer "par obligation"?
Il y a une belle pensée selon laquelle Dieu serait l'"amour qui fait se mouvoir le soleil et les autres étoiles", certes, mais le mot "amour" (qu'est-ce, exactement, l'amour?) me posait problème... jusqu'au jour où je formulai différemment soit que

l'intelligence créatrice est cette force (énergie, donc) qui fait se mouvoir le soleil et les autres étoiles force HARMONIE sans laquelle, harmonie, le soleil et les autres étoiles seraient astres tamponneurs...

Harmonie avec ce qui l'accompagne: GRÂCE
HARMONIE ET GRÂCE évoquent la danse, la danse, le mouvement.

Le mouvement, la VIE.

A partir de l'intelligence créatrice que nous portons en nous comme elle nous porte en elle.

Nous ne pouvons pas toujours aimer, apprécier.

Mais l'harmonie et la grâce nous habitent tous... le soleil brillant "sur nos monts"!y compris en ce jour de Ier août 2016.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 01 août 2016

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@ Charles

"Tous les chiffres sont bidons, à la louche"

mais bien sur donc les exagérations algériennes sont vraies elles !!!

Le rôle de la France à part exploiter et tuer?

vous avez bien lu votre phrase, vous êtes dingue où quoi ? vous avez un peu trop l'habitude des affirmation des repentants ç vous dérange le cerveau.

lisez de Daniel lefeuvre pour en finir avec la repentance coloniale ça vous fera du bien

https://www.herodote.net/Le_passe_colonial_revisite-article-169.php

http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/____pour_en_finir_avec_la_repentance_coloniale/index.html

https://www.amazon.fr/product-reviews/2082104400/ref=acr_dpproductdetail_text?ie=UTF8&showViewpoints=1

http://www.lafauteadiderot.net/Pour-en-finir-avec-la-repentance

Écrit par : leclercq | 01 août 2016

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suite

https://www.amazon.fr/Ch%C3%A8re-Alg%C3%A9rie-France-colonie-1930-1962/product-reviews/2082105016/ref=dpx_acr_txt?showViewpoints=1

"Vous ne savez pas répondre à cette question: combien y avait-il d'ingénieurs agronomes algériens au 4 juillet 1962? " et la France les aurait former avec quel Argent, les colonies étaient déjà un gouffre financier plus le coût de la guerre d’Indochine.

les russes ont beau jeu d'avoir former des Ingénieurs agronome, dans le but d'imposer leur idéologie mortifère, ce ne sont eux qui supportaient le coût des colonies.

" Et c'est valable dans les deux sens."

dans le genre bouchers et poseurs de bombes pour déchiqueter des jeunes gens il faut reconnaitre que le FLN faisait très fort. une bande d’assassins pas autre chose.

"tellement vous n'avez rien compris"

Ah parce que vous vous avez compris quelque chose !!! expliquez moi quoi exactement.

Écrit par : leclercq | 01 août 2016

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Ah! Un nostalgique de l'Algérie "française".

pas du tout, la France a bien fait de se débarrasser de ce gouffre financier.
par contre j'aime l'honnêteté d'un vrai historien comme Daniel Lefeuvre, ça devient si rare par les temps qui courent

Écrit par : leclercq | 01 août 2016

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lisez aussi maitres musulmans esclaves chrétiens édifiant.

https://assr.revues.org/3905

Écrit par : leclercq | 01 août 2016

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