12 juillet 2016

États-Unis : la mort, les statistiques ethniques et la guerre raciale

Le nombre de personnes abattues par la police aux États-Unis lors d’arrestations mouvementées, était d’environ 1’000 en 2015. Près de la moitié sont des natives americans, des américains de souche, blancs non hispaniques (image 1, cliquer pour agrandir).


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Les personnes d’origine afro-américaine représentent 1/4 des victimes. Leur proportion dans la société américaine est de 13% environ. Statistiquement elles risquent 2,5 fois plus d’être victimes de tirs policiers que les natives (image 2). Ce sont les chiffres. Est-ce du racisme?

D’autres chiffres indiquent qu’aux ÉtatsUnis la population noire est proportionnellement plus impliquée dans des crimes et délits que la population blanche (image 3, année 2008, tables 38 et suivantes). Ces tableaux ont été établis par le gouvernement fédéral. 

Notons que depuis 2012 ce tableau n’est plus visible: l’administration Obama a fait retirer de publication les statistiques ethniques sur les crimes, et les a remplacées par un nouvel outil d’analyse excluant toute référence ethnique. Mais ne pas nommer par crainte du racisme, n’est-ce pas encore une autre forme de racisme? En voulant indifférencier les groupes ethniques, les autorités font se demander pour quelles raisons ces données sont aujourd’hui absentes.

 

 

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Selon le site en lien ci-dessus les chiffres de ces tableaux mènent au constat suivant: 

« Voilà donc selon cette table quelques données dérangeantes que l’administration Obama ne souhaite plus voir publiées. Selon les données de l’Enquête sur la victimisation criminelle nationale (NCVS) de 2010, on estime que 320 082 Blancs étaient victimes de violence noire en 2010, tandis que 62 593 Noirs ont été victimes de violence blanches. Cette même année, selon le Bureau du recensement, les populations blanches et noires aux Etats-Unis étaient 196.817.552 et 37.685.848, respectivement. Les Blancs ont donc commis des actes de violence interraciale à un taux de 32 pour 100 000, tandis que le taux noir était de 849 pour 100.000. En d’autres termes, le noir «moyen» était statistiquement 26,5 fois plus susceptibles de commettre des violences criminelles contre un blanc, que l’inverse. »

La population américaine d’origine afro-américaine est donc statistiquement 26,5 fois plus susceptible de commettre des violences criminelles contre un blanc que l’inverse. Ce qui ne signifie pas que cette population soit naturellement plus violente. On trouvera plutôt dans ce chiffre la survivance mémorielle d’une situation historique, celle de l’esclavage et du déclassement social de cette population, ainsi que de son exclusion économique ancienne.

 

 

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Pour des raisons que l’on peut comprendre le statut de victime a été capté par cette population. Captation historique (mémorielle) légitime au regard du passé, mais contre-productive aujourd’hui. Car à force de manifester en cas de mort de personnes noires tuées par la police, alors qu’on ne voit aucune manifestation ni dénonciation des morts de personnes natives (blanches) par cette même police, on pourrait penser qu’il y a un biais.

Quand Beyoncé, richissime kador et féministe opportuniste,  annonce une minute de silence lors d’un concert et fait défiler une liste de noms de victimes noires sur grand écran, jette-t-elle de l’huile sur le feu? « Nous somme malades et fatigués des meurtres des jeunes hommes et jeunes femmes de notre communauté. Il est temps de prendre position et de demander qu’ils arrêtent de nous tuer. » 

L’ethno-centrisme, face cachée (ou positive) du racisme, est en vogue. Les États-Unis seraient au bord de la guerre raciale. Qui a intérêt à cette tension? Le communautarisme et son cloisonnement social sont-ils l’avenir des sociétés humaines? Féministe et black, Beyoncé surfe sur la mode de l’intersectionnalité féministe: les femmes, les noirs, etc, opprimés et discriminés historiquement par le patriarcat blanc. L’ennemi est désigné de manière binaire et manichéenne. Aucun mot sur les victimes blanches des criminels (quelle que soit leur origine) ou des policiers.

 

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Beyoncé est aujourd'hui connue pour son militantisme pro-noir. Son clip Formation (ci-dessous) est explicite. Selon le journaliste canadien Marc Cassini dans LaPresse, fan de Beyoncé:

« C’est un manifeste contre le patriarcat blanc, une ode à l’Amérique noire, un doigt d’honneur à l’idéologie dominante ».

Ouaip... Le dandinement, sexy, du cul de Beyoncé peine à faire croire à une analyse politique. Les femmes blacks sont surtout associées aux mouvements de leur cul: réducteur. Avec le cul on fait tout vendre, même de la merde. Le texte, apologie de la négritude, comme le petit geste à 1:01 du clip, est explicite: « Massacrez, ou vous serez éliminées ». Un deuxième degré qui se rapproche dangereusement du premier. Le sniper qui a tué 5 policiers à Dallas s’en est-il inspiré? La question me semble pertinente.

Je comprends la souffrance collective d’un groupe dont la qualité d’humain a été niée. Les victimes ont une mémoire. Mais la mémoire de victime ne justifie pas que l’on devienne soi-même bourreau. Le contournement des lois ne peut être justifié par ce statut ancien de victime, ou alors la loi ne serait pas faite pour tous.

Le communautarisme n’annonce-t-il pas un retour à l’état de force plutôt que le renforcement de l’État de droit? Et pourquoi approuve-t-on le discours ethniciste de Beyoncé alors qu’un blanc parlant au nom de la communauté blanche-caucasienne serait taxé de racisme?

Toutes ethnies confondues, 90% des personnes arrêtées aux USA sont armées et plus de 50 policiers ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions en 2014. Une autre étude montre aussi que dans les 3/4 des tirs fatals la police se défendait ou défendait une personne attaquée.

La mort d’un innocent tué par la police est un drame. Mais l’analyse ethnique n’est peut-être pas pertinente.

 

 

 

10:28 Publié dans Histoire, Politique, société | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : usa, états-unis, police, ethnie, race, noir, blancs, crime | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Bien vu. Entre ce que les médias et certains "mouvements" veulent nous faire croire et la réalité il y a un biais partisan intentionnel.

Écrit par : Ben Palmer | 12 juillet 2016

"du déclassement social de cette population, "

la population noire, bénéficie de discrimination positive aux USA, et pas la population asiatique, et ça ne sert à rien qu'a créer du multiculturalisme, plaie des pays anglo-saxons.

pourquoi la population noire bénéficie t'elle de discrimination positive ?

culture n'incitant pas les enfants au travail scolaire, aptitude intellectuelle globalement plus faible que les asiatiques.

même problèmes que chez nous avec les musulmans.

Écrit par : leclercq | 12 juillet 2016

Il y a aussi l'attitude de l'appareil politique démocrate à prendre en compte.

A exacerber les tensions au service d'objectifs de politique interne, plutôt que de mettre place des moyens permettant de maîtriser ces tensions, l'administration Obama est devenue un catalyseur de la violence.

Les équilibres sont délicats, bien plus que les raccourcis que nous servent les médias laissent entendre. Il faut des règles claires et applicables sous stress et des sanctions dissuasives pour ceux qui ne respectent pas ces règles.

L'une des difficultés est que ces règles sont souvent complexes car élaborées par des têtes bien pleines qui n'ont pas conscience de ce que signifie prendre une décision sous stress et dans l'urgence. C'est à ce niveau, mais aussi au niveau de la droiture des chefs qui ne doivent pas tolérer d'écarts et au niveau du politique qui doit éviter de récupérer les drames humains qu'il faut travailler.

Jouer à attiser le feu avec les médias dans le but de se faire aimer/élire est dangereux pour toute la société.

Écrit par : archi-bald | 12 juillet 2016

" Les femmes blacks sont surtout associées aux mouvements de leur cul: réducteur. Avec le cul on fait tout vendre, même de la merde. "

LOLLLLLLL

C'est le règne de Obama!

Écrit par : Patoucha | 12 juillet 2016

Moi ce qui me choque le plus dans ces chiffres, c'est les mille morts ! Rapporté à la population suisse, ça ferait environ 25 morts par an dans des arrestations violentes. Rapporté à la population française, environ 200 morts. Heureusement, on en est loin. La police américaine est terriblement violente, image d'une société ultra-violente. Quel modèle pour le reste du monde...

Écrit par : Kad | 13 juillet 2016

Il y a plusieurs niveaux de compréhension si on veut comprendre la situation dans sa globalité.

La société américaine n'est pas du tout raciste, elle est cosmopolite et de plus se sont bien des descendants d'immigrés qui compose la majeur partie. Le reste étant des descendants d'esclaves, des amérindiens, etc.
La politique américaine quant à elle a exercé des messages racistes envers la plus part des communautés soit en les parodiant soit en les associant à la drogue (chinois mexicain africain). Des spots de publicitaires encore trouvable pour certain sur internet. Le film Easy Rider, chef d'oeuvre des années 60 nous montre également au un autre visage, celle de l'amérique profonde. Cette amérique profonde que l'on connait pour ne pas aimer les gens différents tant sexuellement que physiquement.
On ne juge pas une société à comment elle met en avant ses minorités dans la majorité, soit devant un écran de télé, mais comment une minorité est traitée dans certains endroits.
La question n'est pas sur l'intégration, le débat doit se porter sur autre chose. La réconciliation. Malheureusement la rancoeur qui partage de génération en génération, n'aide pas la tranche des gens qui ont décidé de s'en sortir de la meme manière "les racistes blancs" n'aident pas les "nons-racistes blancs".

Sachez que cette rancoeur est quelque chose qui ne peut pas se comprendre on nous la transmet ou pas. Je réalise pour ma part que je ne l'avais pas du tout mais que de découvrir moi-meme des choses sur mon autre pays me donne plus de rancoeur envers les injustices coloniales et post-colonial. Je pense que de ne jamais etre considéré vraiment commun citoyen comme les autres, donne des génération de frustrés qui ne cherchent qu'à etre comme les autres. Metis et qui a grandit ici, j'ai pendant très longtemps cette interrogation du pourquoi ca ne marche pas, la réponse est là, elle est sur la considération et trop peu ne voient les conséquences de tout cela.
Bien à vous

Écrit par : plumenoire | 13 juillet 2016

Cette histoire de couleur de peau/ origine ethnique des victimes ou criminels est donc une fois de plus d'actualité.
J'ai parcouru le document gouvernemental donné dans le deuxième lien ci-dessus et ai été étonnée de voir qu'en 2011, on distinguait d'une façon aussi fine les différences appelées "race category". Depuis 2003, les personnes participant à des enquêtes gouvernementales ont le droit de se déclarer de plusieurs origines "raciales".
On distingue p.ex. entre espagnol-hispanique-latino ou American Indian - Alaska Native.
Je n'ai pas vu, si on doit prouver ses différentes identités dites raciales. Suffit-il de dire simplement : je suis noir - latino - blanc et espagnol ?

Ensuite, cela aura été complètement aboli de publication sous Obama en 2012, un peu à l'européenne.
Tout cela a dénoté ( particulièrement de 2003 à 2012) d'un souci et d'un besoin de distinguer finement( ou discriminer !)l’ethnicité ( ou : de "race", comme cela se dit en anglais, selon le texte ci-dessous, que j'ai extrait du document gouvernemental).
A mes yeux d'Européenne, cela semble incroyablement compliqué, mais ça dit aussi quelque chose sur le besoin des gens de se définir ainsi, comme si c'était important.
Je n'ai pas vu de statistiques par religion déclarée, mais j'ai peut-être lu trop vite.
Lorsqu'on est fiché, il y a une photo et un nom, n'est-ce pas ? Si quelqu'un trouve que l'ethnie est importante à connaître, est-ce que la photo ne suffit pas, à défaut de nom?
Certes, cela ne suffit pas pour établir des statistiques selon la couleur de peau ou origine ethnique.

"New Race Information
In 1997 the Office of Management and Budget (OMB) introduced new guidelines for the collection and reporting of race and ethnicity data in government surveys. These methodological changes were implemented for all demographic surveys as of January 1, 2003.
Individuals are now allowed to choose more than one race category. In prior years they were asked to select a single primary race.
Racial categories presented in these tables now consist of the following: white only, black only, other race only (American Indian, Alaska Native, Asian, Pacific Islander if only one of these races is given), and two
or more races (all persons of any race indicating two or more races). Individuals are now asked whether they are of Hispanic ethnicity before being asked about their race, and are now asked directly if they are Spanish, Hispanic, or Latino."

A mon avis, cette précision ne serait pas envisageable chez nous.

Écrit par : Calendula | 13 juillet 2016

A propos de la violence aux Etats-Unis, on dénombre une tuerie de masse par jour. (fusillade impliquant au moins 4 personnes touchées) Ce pays qu'on veut sans cesse nous donner en exemple est surtout une société malade.

http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/infographies-tueries-de-masse-aux-etats-unis-le-phenomene-est-en-expansion_1203549.html

Écrit par : Kad | 13 juillet 2016

Cher hommelibre,


- « l’administration Obama a fait retirer de publication les statistiques ethniques sur les crimes, et les a remplacées par un nouvel outil d’analyse excluant toute référence ethnique. »

Je crains que non, hommelibre.

http://gb1.ojp.usdoj.gov/search?q=perceived+race&site=BJS-OJP&proxystylesheet=bjsnew_frontend&output=xml_no_dtd&getfields=description


Néanmoins, ...

- « les statistiques ethniques et la guerre raciale »


Le problème des statistiques c'est que ... les statistiques n'expliquent rien, et sont incapables à elles seules de définir, comme vous l'affirmez ... un _risque_.

Elles ne servent qu'à donner ... l'état d'une situation, ... selon des _indicateurs_ ... que les "créateurs" d'une statistique ont eux-même choisis de _mesurer_, ... pour _leurs_ propres besoins, pour se convaincre eux-mêmes d'une situation.

Vous le notez d'ailleurs fort judicieusement, puisque vous écrivez ...

... "Ce sont les chiffres."

Ce qui ne sert strictement à rien, si ce n'est que pour faire ... un constat, ... par exemple ... que le thermomètre est monté aujourd'hui jusqu'à ... au moins ... 10 degrés. Où, à quelle altitude ? A quelle heure ? Quels genres de degrés ? Et un tas d'autres questions très intéressantes pour les créateurs de cette statistique, mais vraiment sans ... pertinence? ... pour ceux qui veulent utiliser cette statistique, par exemple pour montrer que quelqu'un a bien mesuré 10 degrés, par exemple pour multipler une autre statistique par 10, et montrer que le résultat est 10 fois plus important qu'autre chose.

Or, pour votre tentative de démonstration, vous utilisez des statistiques produites par quelqu'un d'autre, en omettant de préciser ... dans quel but ... ces statistiques ont été produites.

Et donner le but de chaque statistique que vous créez, et _surtout_ ... le but original de chacune des statistiques que vous réutilisez pour faire vos propres statistiques, est tout à fait indispensable, pour savoir si l'utilisation que vous faites vous-même de ces statistiques est, ... comme vous avez dit précédemment de la remarque de Pachakamac, ... "pertinente".

Par exemple, je peux expliquer avec une statistique de température, que le risque qu'un oeuf devienne victime d'une violence thermique et devienne "dur", est de ... 0 (zéro).

Pour cela, il suffit que je vous montre une statistique de la température mesurée, sur la planète terre, mettons à Saint-Trope.

Et si vous me dites, "ah mais, pour faire les oeufs durs, il faut mesurer la température de l'eau, parce que pour faire des oeufs durs, il faut les tremper dans l'eau chaude".

Et bien figurez vous que, j'ai sous la main, une statistique de température d'eau chaude, ...

https://www.nodc.noaa.gov/dsdt/cwtg/egof.html

Et si vous voulez, je peux même téléphoner à mon copain Donald Trump en vacances a Cancun, et lui demander de tremper un oeuf dans le golfe, et de mesurer la température pendant 10 minutes, ou 10 heures, ou 10 jours si vous voulez, mais je suis à peu près certain que ma statistique prouvera toujours que les oeufs durs n'existent pas, sauf en cas d'apparition d'un volcan, ou de la chute d'un astéroïde ou d'une bombe thermonucléaire.


- « Selon les données de l’Enquête sur la victimisation criminelle nationale (NCVS) de 2010, on estime que 320 082 Blancs étaient victimes de violence noire en 2010, tandis que 62 593 Noirs ont été victimes de violence blanches. Cette même année, selon le Bureau du recensement, les populations blanches et noires aux Etats-Unis étaient 196.817.552 et 37.685.848, respectivement. Les Blancs ont donc commis des actes de violence interraciale à un taux de 32 pour 100 000, tandis que le taux noir était de 849 pour 100.000. En d’autres termes, le noir «moyen» était statistiquement 26,5 fois plus susceptibles de commettre des violences criminelles contre un blanc, que l’inverse. »

Imaginons un instant qu'en 2010, la population martienne aux Etats-Unis était de ... 1.

Imaginons encore qu'en 2010, 1 martien a été victime de violence blanche, et 1 blanc a été victime de violence martienne.

Ainsi, en suivant votre logique de calcul, et vos chiffres de population blanche, ... les blancs ont "commis des actes de violence interraciale" contre les martiens à un taux de 1 pour 196.817.552, et les martiens ont "commis des actes de violence interraciale" contre les blancs à un taux de 196.817.552 pour 196.817.552, ... et donc ... le martien "moyen" serait "statistiquement" ... 196.817.552 fois ... "plus susceptible de commettre des violences criminelles contre un blanc, que l'inverse".

Qu'est ce que ce chiffre signifie ? Quel est le risque de la population blanche, des 196.817.551 autres blancs, d'être victime de la violence martienne, surtout si la police américaine blanche a bien fait son travail et abattu le martien raciste ?

- « On trouvera plutôt dans ce chiffre la survivance mémorielle d’une situation historique, celle de l’esclavage et du déclassement social de cette population, ainsi que de son exclusion économique ancienne. »

Vous allez bien rigoler. Regardez ce que j'ai trouvé "dans" le chiffre 7.

https://mathpauldoumer.files.wordpress.com/2012/05/devin1.jpg

http://www.sceneario.com/bande-dessinee/asterix/le-devin/7662.html

http://psymath.blogspot.ch/2012/08/biais-probabilistes-chez-des-enseignants.html

http://www.scilogs.fr/raisonetpsychologie/

Écrit par : Chuck Jones | 13 juillet 2016

Je me souviens, il n'y a pas si longtemps que certains blancs des Amériques ont commis les pires crimes en organisant l’enlèvement puis l'envoi aux Amériques, dans des conditions inhumaines, d'un grand nombre de personne a peau bronzée par le soleil. Le blanc les traitaient pire que des sous-hommes. Le visage pâle a exterminé aussi les natifs des Amériques.
Il a fallut une terrible guerre pour abolir ce trafic humain organisé par les blancs.

Durant l'histoire des hommes, on peut affirmer que ceux qui ont la peau la plus claire ont commis bien plus de crimes contre ceux qui ont la peau foncée.

Écrit par : Steve Roeck | 14 juillet 2016

Chuck,

Une statistique est une moyenne, elle indique une tendance. Elle ne peut s’appliquer sur le terrain sans nuances. Ici l’élément statistique est extrait d’une compilation de faits enregistrés. L’indice est quantitatif, pas qualitatif. Il me paraît évident que les situations réelles des humains sont plus riches et complexes que le chiffre de la statistique.

Celui-ci peut receler le risque d’une généralisation à l’ensemble d’une population. Oui, et pourtant ce sont ces chiffres qui déterminent des actions gouvernementales ou le discours de l’opinion.

Dans le chiffre global on n’a pas de précisions sur la nature des violences, leur contexte, le taux de récidive, etc, et donc tout n’est pas dit par ce chiffre. On ne sait pas si toutes les violences ont été dénoncées. On ne connaît pas plus le profil des agresseurs, ce qui serait de nature à nuancer le chiffre. Mais le but ici est de fournir des données brutes, me semble-t-il.

On peut aussi trouver un autre résultat si l’on reporte simplement le nombre de victimes de chaque groupe par rapport à leur nombre total. Constat: les victimes noires (d’agresseurs blancs) représentent 0.165% de cette population, et les victimes blanches (d’agresseurs noirs) 0.163%.

Le pourcentage de victimes dans les deux groupes est quasiment identique. L’affirmation selon laquelle il y aurait une violence de nature raciale contre un groupe n’est pas confirmée. Du moins pas quantitativement (proportionnellement au nombre de personnes de chaque groupe).

Écrit par : hommelibre | 14 juillet 2016

@ plumenoire

" plus de rancoeur envers les injustices coloniales et post-colonial. Je pense que de ne jamais etre considéré vraiment commun citoyen comme les autres, donne des génération de frustrés qui ne cherchent qu'à etre comme les autres. Metis et qui a grandit ici, j'ai pendant très longtemps cette interrogation du pourquoi ca ne marche pas, la réponse est là, elle est sur la considération".

explication un peu trop simpliste. mettre sur le dos des sois disant injustices coloniales et post-coloniales. injustices qui seraient uniquement la cause de générations de frustrés !!!

" Ainsi, à cette immaturité subjective se superpose une posture d’ex-colonisé, indigène de la République, victime du néo-colonialisme républicain, descendant d’esclave, victime du racisme et des discriminations, condamné au chômage ou au rejet sur le seul critère de son appartenance ethnique. Ces idéologies sont d’autant plus propagées et facilement intégrées qu’elles reposent sur une base de vérité, importante à reconnaître et à faire connaître, et que du coup, elles touchent une corde sensible dans l’opinion. Le racisme, l’exploitation et l’humiliation des dominés, c’est ce que nous ne voulons plus ni subir, ni faire subir, pour nous-mêmes ni pour nos enfants. Les enfants apprennent très tôt, et intuitivement, à utiliser les arguments qui leur donnent prise sur les émotions des adultes : il n’est pas sûr qu’ils auraient été convaincus par ces références mémorielles bien lointaines, et parfois complètement en porte-à-faux par rapport avec la réalité de leur filiation, s’ils n’avaient perçu d’abord le pouvoir d’intimidation qu’elles leur donnent sur les « autres » (le prof, le journaliste…). C’est le propre de l’idéologie, d’être non pas un mensonge ou une erreur, mais une vision tronquée de la réalité, mystifiante du fait qu’elle est simpliste et univoque. "

http://www.communautarisme.net/Violence-subjectivites-immatures-et-ideologies-victimistes_a641.html

Écrit par : leclercq | 14 juillet 2016

Violence, subjectivités immatures et idéologies victimistes
Par Sophie Ernst, Institut National de Recherche pédagogique
N'y a-t-il pas quelque chose de massifiant, et de mystifiant, dans les discours interprétant les violences urbaines en termes de luttes des classes ? Travaillant dans l'école et avec les enseignants sur "tout ce qui fait débat et désordre", Sophie Ernst attire notre attention sur certaines caractéristiques psychologiques des jeunes auteurs de violence. Elle s'inquiète des effets délétères des dénonciations mémorielles victimistes sur des personnalités immatures, à l'identité fragile. Et s'inquiète tout autant du manque de constance dans les politiques d'accompagnement social et éducatif.



Photo AFP/AFP (droits réservés)
Dès le début des années 90, les violences urbaines ont occasionné des enquêtes de grande ampleur réalisées depuis toutes sortes d’institutions intéressées à en connaître : police, accompagnement social, urbanisme, éducation. Ces enquêtes ont permis de mettre en évidence dans les situations à risque avant tout la dimension sociale et globale du problème (banlieues enclavées, pluriethnicité, grande pauvreté, familles nombreuses, chômage, échec scolaire) et il est hors de doute que ces facteurs touchant globalement une population défavorisée sont essentiels. Cela étant, ces enquêtes sont souvent plus profondes, en termes de diagnostic comme en termes de solutions ; en rester à cette description ne nous donne en réalité aucune prise pour comprendre les passages à l’acte ni pour y remédier, car il manque les articulations fines – il n’y a que depuis les lieux du pouvoir que les pauvres sont une masse indistincte sans différences individuelles dans les conduites, les valeurs et les aspirations. La télévision s’est faite, tout particulièrement, l’écho de cette vision où la compassion la plus convenue le dispute à la fascination pour le spectacle. C’est ainsi qu’un sociologue nous a doctement expliqué pourquoi l’on brûle les voitures : parce qu’on n’en a pas. Normal, quoi. Il est certain que cette explication sommaire quoique basique a le mérite de trancher avec ce à quoi l’on nous avait accoutumé ces dernières années, en allant systématiquement chercher dans d’obscures sourates du Coran les raisons de chaque acte déviant de jeunes illettrés. Mais peut-on en rester là ? L’insistance sur la grande pauvreté et le chômage, comme causes déterminantes et automatiques des violences éveille immédiatement un réflexe offensé de toutes les catégories sociales pauvres ou qui ont grandi dans un milieu pauvre, qui ont le sentiment d’avoir subi avec dignité des situations au moins aussi difficiles : nous n’avions rien, nous non plus, et nous n’avons jamais tout cassé – et certainement pas mis le feu aux autobus, attaqué les pompiers, et détruit les écoles !

C’est là qu’il importe de lire avec plus d’attention des enquêtes réalisées par des psycho-sociologues, l’une des plus intéressantes à mon sens étant celle qu’a coordonnée Jean-Paul Grémy pour l’IHESI, actuellement INHES (Les violences urbaines, Institut des Hautes Etudes en Sécurité Intérieure 1996). Bien loin de ce qui nous est martelé comme «explications» voire justifications des violences, qui donnent des facteurs touchant globalement une population défavorisée, les études psychologiques sur cette petite partie de la population qui passe à l’acte révèlent des êtres qui sont bien moins immoraux, ou intrinsèquement violents, que perturbés et gravement immatures, au sens où ils n’ont pas intégré des apprentissages minimaux de maîtrise de l’émotivité, de l’impulsivité et ne sont pas à même de se poser comme sujets si peu que ce soit autonomes (cette analyse concerne le gros des troupes, non pas les meneurs, dont le profil est sensiblement différent). C’est une pathologie de la rationalité élémentaire qui se révèle ici.
C’est un fait psychologique qui est occulté par la tendance à trouver toutes les explications dans le chômage et les discriminations : or ces jeunes sont très difficilement employables, à peu près pour les mêmes raisons qui les rendaient très difficilement scolarisables... On est très en deça de la moindre qualification, et même de la disponibilité à l’apprentissage. Il est difficile de lier des gestes dans une conduite ayant du sens, avec le minimum de patience et de coordination qu’exige toute réalisation.

La lecture par un éducateur est étonnante car elle offre le portrait en négatif de ce que vise normalement l’éducation à l’autonomie dans les premières années. On a affaire à des individus dont la subjectivité est en grave souffrance, notamment du point de vue de la liaison du temps vécu : pas de sens du lien de cause à conséquence, enfermement dans le présent et l’impulsivité, difficulté à réaliser les conséquences d’un acte, encore moins à l’anticiper, une chaîne temporelle dangereusement hachée. Faire tourner son regard en changeant de point de vue sur une situation est impossible : il leur est notamment très difficile de se mettre en pensée à la place d’autrui. Toute situation est structurée de façon binaire, dans la dépréciation stéréotypée des « autres » : territoire- étranger au territoire, eux-nous, gagnant-perdant, fort-faible…

Ce sont des apprentissages premiers qui se sont mal réalisés et toute prévention devrait d’abord concentrer ses efforts sur la petite enfance et l’enfance, à l’école, dans l’encadrement éducatif de proximité et dans le soutien aux familles, car il est probable que ces ratages éducatifs viennent en partie de déstructurations familiales, dont les causes sont diverses et complexes, jamais réductibles à un seul facteur (et certainement pas à l’Islam). C’est aussi par là qu’on pourra comprendre pourquoi les jeunes issus de l’immigration africaine des vingt dernières années sont surreprésentés dans cette dérive anomique, souvent autodestructrice, parfois délinquante – ce sont ces familles, issues de mondes traditionnels eux-mêmes fragilisés, qui sont le plus désaccordées à une société post-moderne qui les déstructure à bien des égards. Les diffractions symboliques, inévitables dans toute acculturation, produisent ici du chaos, où il n’y a pas tant une perte de repères qu’une pléthore d’injonctions contradictoires et désarticulées, dans une immense confusion. Il est d’autant plus remarquable que certains réussissent à se construire malgré toutes les conditions défavorables. C’est en observant ces parcours exceptionnels, les conditions qui les ont rendus possibles, qu’on peut mettre en place des accompagnements pour aider les familles à aider leurs enfants, pour aider les établissements scolaires à exercer au mieux leur rôle éducatif. Action patiente et pragmatique qui n’a jamais reçu le soutien cohérent et la continuité de politique qu’elle nécessitait.

La différence avec les années 90 est que certaines idéologies ont été abondamment diffusées par des groupes associatifs et politiques, et ont donné lieu à des versions internet très violentes. Notamment toutes sortes de discours qui héroïsent et justifient les actions violentes en leur fournissant une explication stéréotypée jouant de l’inversion de culpabilité. Ce sont ces discours simplistes et manichéens, qui vont fournir une cohérence et une identité en liant des éléments chaotiques et en leur donnant une apparence de sens. Ainsi, à cette immaturité subjective se superpose une posture d’ex-colonisé, indigène de la République, victime du néo-colonialisme républicain, descendant d’esclave, victime du racisme et des discriminations, condamné au chômage ou au rejet sur le seul critère de son appartenance ethnique. Ces idéologies sont d’autant plus propagées et facilement intégrées qu’elles reposent sur une base de vérité, importante à reconnaître et à faire connaître, et que du coup, elles touchent une corde sensible dans l’opinion. Le racisme, l’exploitation et l’humiliation des dominés, c’est ce que nous ne voulons plus ni subir, ni faire subir, pour nous-mêmes ni pour nos enfants. Les enfants apprennent très tôt, et intuitivement, à utiliser les arguments qui leur donnent prise sur les émotions des adultes : il n’est pas sûr qu’ils auraient été convaincus par ces références mémorielles bien lointaines, et parfois complètement en porte-à-faux par rapport avec la réalité de leur filiation, s’ils n’avaient perçu d’abord le pouvoir d’intimidation qu’elles leur donnent sur les « autres » (le prof, le journaliste…). C’est le propre de l’idéologie, d’être non pas un mensonge ou une erreur, mais une vision tronquée de la réalité, mystifiante du fait qu’elle est simpliste et univoque. Lorsque le débat se situe entre intellectuels sur la question des postes à créer dans l’université pour des études post-coloniales, pas de problème, quelque polémiques et anachroniques que puissent être les dénonciations de la francité, de la République, de la société blanche et esclavagiste… Mais la vulgarisation démagogique et venimeuse des mêmes débats a des effets désastreux sur une jeunesse déjantée, qui, faute de pouvoir élaborer une subjectivité cohérente et réaliste, se précipite sur un discours qui lui donne non pas une épaisseur, mais un contour, non pas une consistance, mais une posture.

Ces idéologies victimistes et vindicatives donnent une illusion de subjectivité, parce qu’elles permettent de dire quelque chose à la télé. On est intéressant dans l’exacte mesure où l’on passe à la télévision, on n’existe et on ne se définit que comme l’image de soi fournie expressément à la télévision selon les codes idéologiques en vigueur : puis l’on reçoit de son image télévisuelle la garantie que l’on est bien ce qu’elle montre, dans un bouclage sans fin. Une telle clôture compromet les prises de conscience, aussi bien du côté des jeunes eux-mêmes, que des éducateurs et des responsables de politiques ; elles bloquent les évolutions psychiques et comportementales nécessaires. Il faut mesurer la détresse et le sentiment de chaos qui sous-tendent une telle posture de « dépendance agressive », pour comprendre que le chemin de réapproppriation et de construction de personnalités plus authentiquement structurées sera bien ardu.

En tout état de cause, ce n’est pas le colmatage des subjectivités immatures par les idéologies victimistes qui permettra ce chemin. Tout au contraire en déréalisant la vision de soi et du monde, elles entretiennent des erreurs graves d’adaptation, dont on se sort que par une spirale de haine de plus en plus violente. Une politique de remédiation demande de la persévérance et de la cohérence, et impose de distinguer les problèmes pour apporter des réponses ciblées, finement ajustées et coordonnées. Toutes choses dont s’accommodent mal les dénonciations massives, qui s’enivrent de leur propre intransigeance impatiente et exaspérée. Je doute fort qu’elles aident à repenser, restructurer et consolider les dispositifs d’accompagnement, déjà tellement mis à mal par les politiques de court terme.
Mais qui sait, le temps est peut-être venu pour les dénonciateurs eux aussi d’accéder à plus de maturité ?

Mardi 15 Novembre 2005
Julien Landfried

Écrit par : leclercq | 14 juillet 2016

@ Steve:

Je ne vous suis pas sur ce point. L’enlèvement et l’envoi en Arabie et dans toute la région, jusqu’en Inde, a été massive. Des historiens africains, entre autres, estiment la traite négrière arabo-musulmane entre 12 et 18 millions d’âmes. Plus un à deux millions d’européens enlevés vers l’Afrique du Nord après la Renaissance.

Sans compter la participation de peuples africains eux-mêmes dans la traite de leurs compatriotes.

Le grand nombre de victimes depuis quelques siècles est lié à l’accroissement des population. Mais à plus petite échelle l’esclavage a existé presque partout, contre des noirs, des jaunes, des blancs.

Des évêques africains ont déclaré dès 2003:
«Commençons donc par avouer notre part de responsabilité dans la vente et l’achat de l’Homme Noir, hier et aujourd’hui… Nos pères ont pris part à l’histoire d’ignominie qu’a été celle de la traite et de l’esclavage noir. Ils ont été vendeurs dans l’ignoble traite atlantique et transsaharienne…»

http://www.slateafrique.com/1933/intellectuels-africains-traite-negriere-responsabilite

On peut évoquer aussi les génocides commis par les ottomans (blancs cassés non occidentaux) contre les assyriens et les arméniens.

Si l’on remonte plus loin des populations moyen-orientales (pas vraiment blanches) ont commis des massacres systématiques contre des populations pas totalement blanches non plus (Les Assyriens d’il y a 3 millénaires pillaient et tuaient régulièrement dans la région).

Selon l’historien C. Ceram (pseudo du journaliste et écrivain allemand Kurt Marek): « Si Ninive s’imposa à la mémoire des hommes, ce fut surtout par le meurtre, le pillage, la tyrannie, l’oppression des faibles, la guerre et les atrocités de toutes sortes. »

https://books.google.ch/books?id=He8S0Fq1GUQC&pg=PT153&lpg=PT153&dq=ceram+ninive+tyrannie&source=bl&ots=ojRRdQN-Hf&sig=Zpu-r-iQKfKVbhrAthFfh0puXQg&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwji84m3wPLNAhXG8RQKHeqUD-UQ6AEIIjAB#v=onepage&q=ceram%20ninive%20tyrannie&f=false

Afrique elle-même sous ses anciens empires, Asie, Amérique centrale et du sud: l’oppression n’a ni race ni sexe, à mon avis.

Écrit par : hommelibre | 14 juillet 2016

@ plumenoire

" À l’inverse, toute une idéologie gauchisante minoritaire au sein du milieu associatif réduit l’histoire de notre pays à ses pages les plus sombres et renforce la mentalité victimaire des jeunes désaffiliés en présentant leur situation dans la continuité de celle qui fut celle des esclaves et des peuples colonisés. Cette idéologie travaille à l’encontre de l’intégration et elle peut recouper ou se trouver mêlée à des thèmes fondamentalistes musulmans. Sans nier les pages sombres de notre histoire, l’intégration implique la conscience des acquis de notre histoire et le partage d’un patrimoine culturel commun. "

"trêve de plaisanterie, certaines populations sont entachées d'une image d’associabilité. donc être raciste c'est tenir compte de cette image d'associabilité.

"Les populations entachées par cette image d'associabilité
doivent réaliser qu'elles prendraient les mêmes distances
vis-à-vis des Français de souche si ces derniers adoptaient
le même mode d'expression. Les Français ne connaissent
pas dans le détail, et c'est naturel, les cultures autres que la
leur. Ils ne disposent donc pas de grilles de décodage suffi-
samment fines pour leur permettre de différencier chaque
individu de son groupe d'origine et le saisir en tant qu'in-
dividualité. Aussi se protègent-ils en préférant se tenir à
l'écart de tous ceux qui appartiennent à un groupe dont les
attitudes leur apparaissent comme menaçantes.
Ces grilles de décodage s'élaborent au cours du temps,
au travers des connaissances acquises grâce aux informations
que l'on recueille par le biais d'une multitude de canaux : la
lecture, les médias, le cinéma, et bien entendu l'expérience
du vécu quotidien des contacts avec les autres. Notre propre
psychologie et notre système de valeurs, hérités en grande
partie de notre culture, sont utilisés pour situer les autres
par rapport à soi. L'autre est constamment référencé par
rapport à nos propres critères d'évaluation. Ainsi, on ne
peut pas ne pas situer l'autre par rapport à soi. Cette consta-
tation est une donnée première de la réalité interhumaine. Le
résultat de l'identification de l'autre intervient et oriente tout le
processus de la communication avec cet autrui . Ce proces-
sus n'est donc pas propre aux Français; il est spontanément
mis en branle par tous les êtres humains sur terre. Il est un
fait que les comportements et les moyens d'expression très
éloignés de ceux que valorise la culture française exposent
leurs auteurs à une réprobation unanime qui se conclut par
une sanction, cette dernière pouvant aller jusqu'au rejet pur
et simple."

"Depuis tant d'annees que des crispations se font sentir,
les gouvernements successifs ont refusé de travailler à rassu-
rer les Français. On est au contraire parti du postulat que les
Français étaient potentiellement des racistes primaires , et
on a abondé dans la création d'une panoplie de mécanismes
et d'organismes pour leur faire la guerre. Les mots qui ont
été choisis ont leur importance. On parle de Haute Auto-
rité de lutte contre les discriminations. On planifie des
campagnes de communication pour sensibiliser et encou-
rager les potentielles victimes de discriminations à por-
ter plainte. Or, dans l'imaginaire collectif, qui dit lutte
dit ennemi ; qui dit victime dit « bourreau . Ainsi, on
stigmatise les Français en les érigeant ofliciellement au rang
d'ennemis ou de bourreaux."

"Aujourd'hui, les Français ont peur. Ils se sentent en insé-
curité quant au respect de ce qui fonde leur identité. À
leur défense de tout ce qui participe de cette identité, on
attribue désormais l'étiquette de raciste . Les Français ne
se sentent plus protégés ni par leurs institutions, ni par leur
classe politique. Or, le premier des besoins primaires est jus-
tement la sécurité. Satisfaire ce besoin doit donc s'inscrire
dans les priorités de tous nos gouvernants, quelle que soit
leur teinte politique.
Lorsqu'ils craignent d'être inquiétés, les Français déve-
loppent pour se défendre des stratégies personnelles d'évi-
tement qui sont autant de réflexes naturels de protection.
Refuser de décrypter les causes de leur comportement et ne
pas travailler à trouver les moyens de les rassurer les pousse
à se refermer chaque jour davantage sur eux-mêmes."

donc vous comme tous les français vous êtes concernés par une insécurité venant de populations immigrées non intégrés, donc à vous lire malgré celà, vous n'avez aucun évitement aucun réflexe naturel de protection.

donc pour clamer que vous n'êtes pas raciste, vous avez un fonctionnement anormal.

"Alors qu,on aurait dû aider les migrants et leurs descen-
dants à assimiler la portée des enjeux de l”insertion, on a
préféré et on continue de préférer exiger des Français des
concessions non négligeables vis-à-vis des fondamentaux de
leur société. Encouragées par l”inconscience d'associations
qui leur voulaient pourtant du bien, et parla démagogie de
partis politiques qui courtisaient leurs suffrages électoraux,
les populations issues de l'immigration ont alors commencé
à se dresser contre les Français. Cela n'a fait qu'engendrer
l`hostilité des Français de souche à leur égard. Ainsi, au lieu
de travailler à transformer les Français en alliés de l'inser-
tion, on en a petit à petit fait des résistants à l'insertion des
nouveaux arrivants. "

"La pression exercée par les associations et les collectifs
de toute nature ne laisse en effet souvent aucun choix à
nos gouvernants. Ces derniers finissent le plus souvent par
plier, car l”opinion publique est elle-même sentimentale-
ment manipulée et devient rongée par le remords et la mau-
vaise conscience. Elle exerce alors à son tour une pression
sur l'État et l'amène à des prises de décisions qui défient les
règles de bon sens et de sagesse."

" La France a pensé que la dimension
«sujet ›› pouvait être imposée de l”extérieur par l'octroi de
papiers d'identité. Le travail d'associations et d'avocats
qui se sont, tout au long des vingt dernières années, spé-
cialisés dans l'identification des failles du système social
et juridique français a sans cesse renforcé la dimension
«ayant droit ›› au détriment de la dimension «sujet ››. Loin
d'aider les migrants à appréhender l'ensemble des ques-
tions liées à une intégration, cette approche a en réalité
travaillé à leur malheur. "

"Dans cette phase de résistance, la négociation est per-
manente. Comme un enfant avec l”autorité parentale,
les migrants et leurs descendants testent régulièrement la
société d'accueil pour en éprouver les limites. Tant que les
parents ne trouvent pas comment clairement leur indiquer
les limites à ne pas franchir, les enfants connaissent un
sentiment de puissance qui grandit à chaque victoire; jus-
qu”au jour où les parents se trouvent dépassés, leurs enfants
ayant pris l'ascendant sur eux. Cette situation est certes ter-
rible pour les parents qui la vivent. Elle l°est encore bien
davantage pour leurs enfants, car ils perdent ainsi ceux qui
auraient pu, et qui auraient dû, leur servir, à l”image des
jeunes arbres, de tuteurs pour bien grandir. Cette situation,
c'est celle dans laquelle nous nous trouvons. La République
a été testée. Elle a tout accepté : son hymne a été conspué,
ses institutions, l'école et les représentants de la force publi-
que attaqués, l’enseignement d’une partie de ses program-
mes scolaires a été refusé... La République a sans cesse
reculé, signifiant ainsi sa faiblesse, et renforçant jour après
jour le sentiment de puissance de ceux qui la restaient. Elle
signifiait ainsi que tout pouvait être transgressé. Elle porte
la responsabilité d’avoir laissé les nouvelles générations de
l'immigration šengager dans une voie qui ne pouvait que
générer leur mise au ban de la société."

"l'évolution des êtres s'effectue toujours dans le sens de
la minimisation des coûts, c'est-à-dire que l'être humain
cherchera toujours à privilégier l'issue qui lui permettra de
satisfaire les commandements de celui qui exerce sur lui la
plus forte pression, cela dans l'optique de diminuer l'in-
tensité de la tension qu'il subit. Lorsqu'il est soumis à des
tensions culturelles extrêmes, le sujet construit son iden-
tité en privilégiant l'économie de moyens . Si la commu-
nauté d'origine exerce un contrôle extrêmement strict sur
ses membres, tandis que, dans le même temps, la Républi-
que se montre flexible, compréhensive, accommodante, il
est naturel que les jeunes générations de l'immigration se
raccrochent de plus en plus aux racines de leurs ancêtres
biologiques, et s'éloignent de ce fait chaque jour davantage
de l'insertion dans la société française. Ces jeunes généra-
tions risques beaucoup plus en n'observant pas le système
de valeurs et les codes de leurs groupes d'origines qu`en se
révoltant contre le modèle républicain.
Il apparaît d'ailleurs systématiquement, aux yeux des
jeunes générations issues de l’immigration, qu'il n'y a rien
à perdre en défiant les lois de la République.Cela est très
préoccupant. Si le sentiment de peur lié à l'éventualité de
la perte d'un statut ou d'avantages matériels a un effet dis-
suasif, le sentiment d'impunité n'empêche pas le passage à
l'acte délictueux, il peut même l'encourager si celui-ci pro-
cure un avantage. Ce cas extrême est illustré par l’empri-
sonnement, qui n'est plus vécu comme une sanction, mais
au contraire comme un élément de valorisation au sein du
groupe. La prison symbolise le courage d'avoir su affronter
l’adversaire «République française ››.
Tant qu'elles ne percevront pas qu'elles ont encore quel-
que chose à perdre, les jeunes générations issues de l'im-
migration continueront d'être à la merci de leurs pulsions
destructrices. Tant qu'ils ne percevront pas ce qu'ils ont à
perdre à les laisser se marginaliser en défiant la République,
leurs parents n'assumeront pas leurs responsabilités vis-à-vis
de ces dernières, ni vis-à-vis de la société. Nous voyons là
à quel point l”attitude adoptée par la République n'est pas
neutre, et va au contraire orienter la trajectoire empruntée
par les jeunes générations pour se construire, avec toutes les
conséquences que cela induira pour l’individu lui-même et
pour la société tout entière.
Pour développer les efforts et les concessions nécessaires
à l'insertion, il faut en saisir l'utilité, ou sentir que la non-
insertion revêt un caractère risqué. Pourquoi s'astreindre à
ce qui est ressenti comme une contrainte lorsque l'on sait
que la non insertion ne présente aucun risque?
Pour que les enfants des banlieues se réinvestissent à
l'école malgré l’opposition que leurs ascendants nourrissent
bien souvent à son égard, il est indispensable qu'il n'existe
plus autour d’eux aucun modèle de réussite où l'on puisse,
en particulier, gagner de l'argent sans grand effort tout en
étant protégé par une impunité quasi totale, puisque la pri-
son n'est pas une sanction efficiente. De plus, lorsque la
prison n'empêche pas le délinquant ou son entourage de
profiter du fruit de ses activités illicites, cela mérite bien d'y
séjourner un peu; «le jeu en vaut la chandelle ››. Que l, État
ait été si long à réagir face à la propagation des réseaux
d'économie souterraine, des vols à l'arraché ou des vols
à la portière a été très lourd de conséquences. Dans une
telle conjoncture, c'est un terrible fourvoiement que de
penser que le modèle de réussite par l'école républicaine,
à savoir travailler beaucoup et longtemps sur les bancs de
l'école pour recevoir plus tard un salaire, ait une quelcon-
que chance de constituer un attrait. Assécher l”économie
parallèle permettra le développement d`une motivation qui
conduira au développement des efforts incontournables
our a rendre tout métier.
J’avais au début de ce livre abordé le fait que les rêves
des parents pour leurs enfants étaient souvent déconnectés
de la réalité, et que le chemin qui devait conduire à ces
rêves n'était qu'exceptionnellement balisé par les adultes.
La méthode pour atteindre la réussite n'est donc pas tou-
jours centrale dans l’appréciation de cette réussite. De plus,
les critères d'appréciation de la réussite ne sont pas non
plus nécessairement les mêmes que dans la société française.
Pour qui est issu d’une société pauvre, réussir, c'est avoir
beaucoup d’argent. Cela ne signifie pas nécessairement
travailler, au sens classique du terme. La symbolique du
mot «travail» n’a absolument pas la même résonance dans
toutes les sociétés. C’est au demeurant celui qui réussira le
plus vite avec le moins d'efforts qui sera parfois considéré
comme le plus futé, c'est-à-dire le plus intelligent.
La société française est encore très loin du modèle de
société qui saurait être jugé acceptable par nombre de ses
migrants. Elle n'est donc qu’au début des demandes de son
adaptation. Son attitude freudienne (compréhension, jus-
tification et mansuétude) est systématiquement interpré-
tée comme un signe de faiblesse par tous ceux qui ont été
éduqués dans une culture privilégiant les attitudes et les
modes de communication basés sur l’autorité et le rapport
de force. Plus elle sera perçue comme accommodante, plus
les demandes d'accommodation afflueront, obligeant de
fait l'individu d'origine étrangère à se plier aux lois dictées
par son groupe d’origine, et non plus à celles que dicte la
République. Une République faible ne sera d’aucun secours
pour l'immigré confronté au processus d’insertion, et à plus
forte raison à celui de l’intégration.
L’engagement de la République à faire respecter ses fon-
damentaux soutient et guide, par ailleurs, ceux qui hésitent,
ceux qui titubent face aux difficultés de l'acceptation d'une
identité différente de celle de leurs ancêtres biologiques.
Plus la République sera forte, plus elle sera en mesure de
donner force et courage à ceux qui souhaitent l'intégrer, car
c'est elle qui assumera, face à son groupe d’origine, la res-
ponsabilité de l,adaptation de l'individu dans le processus
d’insertion, puis dans celui de l’intégration. Plus la Répu-
blique sera faible et le montrera, plus l”individu se trouvera
dans l’obligation de la sacrifier.
C’est à l’État qu'incombe la responsabilité de trouver le
moyen de faire triompher le respect de ses fondamentaux,
et en particulier ceux des droits de l'homme. Sans une assu-
qu incombe la responsabilité de trouver le moyen de faire
triompher le respect de ses fondamentaux, et en particulier
ceux des droits de l homme Sans une assu
rance de protection forte, incarnée par une République qui
assume ses responsabilités, beaucoup ne sauront pas fran-
chir le pas d’une insertion, et encore moins d'une intégra-
tion, dont le coût peut se révéler dissuasif. La République
ne doit plus fermer les yeux ou les détourner, pour simuler
n'avoir rien vu. Elle se doit de toujours rester aux côtés des
« faibles ››, et de les protéger en étendant sur eux le manteau
de ses valeurs fondamentales."

Malika Sorel Sutter

belle analyse du colonialisme par jean d'Orgeix

"Que notre analyse des mobiles de la politique française de l°époque
soit juste ou non, indéniablement la faute capitale fut d'admettre
le dénigrement de l,époque coloniale française.
Lorsque j,écris « admettre le dénigrement ››, ‘c’est un euphémisme.
Au lieu d” “admettre” on peut dans un très grand nombre de cas
dire “encourager”. Les opinions politiques obligeant, chez nous, à
des prises de position systématiques sur certains problèmes comme
celui de la colonisation, il n'y a plus étude des faits, recherche de
vérité, mais seulement prises de positions idéologiques. Il y eut une
époque, à Bangui, où les discours violemment anti-blancs tenus par
des dirigeants noirs étaient écrits par certains attachés de l'ambassade
de France. Combien de ces derniers sont arrivés avec l'opinion préé-
tablie que tout Français résidant là-bas ne pouvait être qu'un ignoble
exploiteur de la sueur du peuple centrafricain, auquel il fallait faire
rendre gorge. Cette autodestruction a eu des effets dramatiques.
Nous avons admis, encouragé tous les propos, tous les écrits
présentant l”époque coloniale comme si elle avait été une infamie,
une ignoble exploitation d’un vainqueur asservissant un vaincu.
L'écrasement d'un pauvre peuple par un autre. C'est au point, et
cela fait partie de la grande intoxication mondiale, qu'une majorité
de Français éprouve de nos jours un certain complexe de culpabilité
envers l'histoire coloniale de notre pays.
On croit rêver!
Qu'est-ce qu'était l'Afrique centrale quand les Français ont
commencé la pénétration? Une mosaïque de tribus plus sauvages,
plus cruelles les unes que les autres; connaissant des famines, une
mortalité infantile effroyable; un anthropophagisme institutionnel!
Nous savons comment le vieux Bandassa évoquait l”époque
de ce bon temps durant lequel quand il faisait des prisonniers de
tribus voisines, ces malheureux étaient attachés à des arbres et le
palabre concernant l”attribution de chaque morceau de viande se
faisait devant “l’animal sur pieds”, si l'on peut dire, qui, ainsi, avant
d’avoir la gorge tranchée avait le douteux plaisir de savoir, qui allait
manger son foie, son cœur ou ses abattis.
fai vu certaines des limites tribales au-delà desquelles tout homme,
femme, enfant étaient attrapés et immédiatement dévorés.
La culture, la civilisation de L’Afrique centrale dont les speakers
de Radio Bangui nous parlent souvent sans rire, cӎtait cela!
La réalité de la colonisation a été d'apporter d°abord ce menu
bienfait qui s'appelle “la paix” et de donner à tous les Africains de
nos colonies, avec la sécurité, la possibilité de voyager, de se déplacer
sans crainte hors de leurs limites tribales.
La colonisation a marqué la fin des famines grâce à une orga-
nisation administrative ayant rapidement regroupé sur des voies
accessibles les villages perdus de brousse et en organisant une
agriculture de base.
C”est l’effort sanitaire de nos médecins qui a permis de venir à
bout du fléau de la lèpre, de faire reculer toutes les grandes maladies,
et parvenir à la quasi-disparition des épidémies.
La colonisation, c”est elle qui a créé les routes, les villes, donner
un début d’infrastructure économique, construit des écoles, qui
a entièrement créé tous les éléments permettant aujourd'hui à ces
pays de revendiquer leur indépendance. Combien de temps dura
cette période coloniale pour parvenir à ce résultat? Un... deux...
trois siècles? Non! Les tout premiers Français ayant commencé
à pénétrer en Afrique centrale l”ont fait il y a moins de cent ans;
soixante ans à peine pour certaines régions.
Cette implantation coloniale s'est-elle accomplie par une invasion
brutale, dans un bain de sang? Aucunement. Dans la plupart des
contrées elle fut pacifique grâce à des “traités” avec les chefs locaux.
Les combats qui eurent lieu ne mirent jamais aux prises plus de
quelques compagnies. Toute la pénétration française en Afrique
centrale provoqua beaucoup moins de morts qu'une seule bonne
journée durant la guerre du Biafra, et certainement moins que le
nombre d'êtres massacrés chaque année par les expéditions tribales
avant la colonisation.
Cette période coloniale fut-elle entachée de brutalité, d'abus
d’exploitation ?
Brutalité? Il ne faut pas oublier quels hommes ont organisé ces
pays. Le militaire pénétra et ensuite assura la sécurité de tous. Ce
furent les administrateurs civils qui assurèrent la direction du pays,
parallèlement à L’implantation des missionnaires.
Imagine-t-on ces derniers instaurant avec nos fonctionnaires civils
un règne de terreur, de cruauté, de mépris de l,être humain? Soyons
sérieux! Que la fameuse “chicote” ait fonctionné, certes oui. Pour
obliger les villages à créer des plantations, les cultures nécessaires
pour empêcher les famines, les administrateurs durent employer
souvent des moyens énergiques et les chefs responsables des villages
n,ayant pas accompli le travail fixé recevaient un certain nombre
de coups de chicote sur les fesses. Quelle horreur? Encore une fois,
soyons sérieux. À cette époque les punitions corporelles existaient
encore dans la marine britannique et que je sache les marins de
Sa Majesté n'étaient pas de pauvres esclaves méprisés et avilis. Vers
les années 1970 le président Tombalbaye, au Tchad, réínstaura
oflîciellement les condamnations au chicotage pour les chefs de
villages n’ayant pas accompli le programme des travaux de culture
fixé par le gouvernement... qui y a trouvé à redire? Actuellement
dans de nombreux États on coupe les mains des voleurs... quand
ce niest pas plus. (]'ai fait un court séjour au Cameroun en 1975
et dans le journal Cameroun-Tríbune du 27 janvier, j'ai pu lire un
écho annonçant l,exécution de deux étudiants qui avaient volé un
transistor dans la chambre d,un de leurs camarades.) A-t-on jamais
vu de pareilles peines pour de simples vols durant l'époque coloniale?
Il est d'ailleurs plaisant aujourd”hui d”entendre dénoncer liau-
toritarisme de cette époque par ceux-là même qui proclament que
ces peuples sont encore trop jeunes pour accéder à la démocratie;
que seul un parti unique, c'est-à-dire une dictature avec tout ce que
cela implique, peut assurer le développement économique; et ces
personnes ne s”émeuvent aucunement (ou de façon vraiment discrète)
sur les incroyables abus de nombreux gouvernements africains.
Le voilà, le véritable esprit raciste. Il est chez ceux qui ne se
soucient pas qu'un noir tue un autre noir mais qui s”indignent si
un blanc donne une gifle à un noir.
Abus? Certainement il y en a eu! Dès qu'une communauté en
domine une autre, des individus en profitent, en usent et abusent.
C”est fatal. Mais les abus particuliers qui ont existé ne peuvent peser
dans la balance face à tous les bienfaits apportés durant l”ensemble
de l)époque coloniale.
Nul doute que durant les cinq siècles d’occupation romaine
nous ayons, nous Gaulois, subi bien des abus individuels. Mais
par ailleurs nous reçûmes tout l”apport de la civilisation romaine
et méditerranéenne.
Astérix nous ravit, mais, historiquement parlant, il est heureux
que le brave Vercingétorix ait été vaincu à Alésia.
Que sont d'ailleurs les abus qui furent commis par quelques par-
ticuliers en Afrique en comparaison de ceux commis actuellement
par les fonctionnaires africains?
Exploitation? Il aurait été normal que la France colonisatrice cherche
à tirer un maximum de profits des territoires qu’elle contrôlait. Hélas,
ce sens de l”exploitation rationnelle n'a pas été, comme chez les Anglais,
l’apanage des gouvernements de la III° République. Les quelques
richesses mises en valeur en Afrique centrale ne contrebalançaient
pas les sommes que nous a coûtées l'équipement de ces territoires.
Non! En aucune façon les peuples d”Afrique centrale ne peuvent
dénoncer l’époque coloniale. Elle a été nécessaire pour eux; elle,
et elle seule, leur a permis de sortir d”un complet primitivisme et
de pouvoir prétendre accéder à la civilisation; et cela en un laps de
temps très court et à un prix infime.
Quelle importance dira-t-on, des discours anticolonialistes à
l”usage de la population sont normaux; ils font partie d’un certain
défoulement compréhensible et sans conséquences! Mais si, juste-
ment, les conséquences en sont graves. L'Africain à tous les éche-
lons est un affectif. C'est aussi un comédien né; il joue des rôles,
se grise lui-même de mots. À force de dénoncer l’époque coloniale
sans que nous remettions les choses au point, le dirigeant africain
s'est convaincu lui-même.
Il est tristement de bonne foi aujourd'hui quand il affirme que
nous avons volontairement détruit la “culture” africaine, la “civili-
sation” africaine, les “monuments” africains [sic], tout ce qui faisait
la gloire et la grandeur de l°Afrique noire, et ceci afin de parvenir à
asservir de pauvres peuples, de les réduire en esclavage en détruisant
leur histoire et leurs traditions.
Il y croit d'autant plus qu”il veut y croire. Il faut beaucoup de
courage pour admettre que l”on appartient à des peuples restés en
retard des autres dans l'évolution du monde, qui ont eu besoin
d,une direction étrangère et qui ont encore des efforts importants
à réaliser pour combler ce retard.
Il est plus simple et plus agréable de se poser en malheureuses
victimes dont le développement, l'épanouissement ont été entravés
par de féroces peuples guerriers ayant imposé leur loi par la force.
Or c'est très grave. D'abord parce que l’irréalisme est le pire
ennemi de toute politique créatrice; ensuite, cette vision totalement
fausse de leur histoire donne à l'Africain une agressivité, si ce n'est
de la haine, envers le blanc.
C'était le point de départ fondamental de tous nos rapports
présents et à venir. Où ces pays reconnaissaient que la colonisation
française a été nécessaire pour eux, profitable, alors une coopéra-
tion amicale, fraternelle était possible, et serait source de progrès.
Ou bien ils considèrent avoir été spoliés, exploités, et alors cela
engendre à notre égard une méfiance, une agressivité, un goût de
“revanche ”complètement stupides.
Un ne peut s,empêcher de penser que la condamnation sys-
tématique, sans appel, sans même envisager qu”il puisse en être
autrement, de l,époque coloniale appartient à la très vaste action
visant à la décomposition par l°intérieur de l'Occident.
Dans cette guerre larvée qui caractérise notre époque, l'Est s'ap-
puie sur l'arme idéologique grâce à laquelle il utilise des “cinquièmes
colonnes révolutionnaires” à l’intérieur des pays de l,Ouest, et par
ailleurs il cherche à gagner en influence dans le Tiers-monde.
Quel meilleur moyen que, d'un côté, attiser le sentiment de
revanche raciale contre les anciens colonisateurs, et de l'autre détruire
les forces morales de l'Occident. Dans la mesure où celui-ci renie
son passé, n'a plus conscience de ce que sa civilisation a apporté au
monde, éprouve un permanent complexe de culpabilité sa faculté
de résistance s”effondre.
D'où la mise en œuvre depuis des années de ce gigantesque
lavage de cerveaux visant à donner à l'homme blanc un sentiment
de culpabilité par rapport aux peuples afro-asiatiques.

Écrit par : leclercq | 14 juillet 2016

@ plumenoire

" À l’inverse, toute une idéologie gauchisante minoritaire au sein du milieu associatif réduit l’histoire de notre pays à ses pages les plus sombres "

http://www.communautarisme.net/Violences-dans-les-banlieues-regarder-la-realite-en-face_a646.html

même cette analyse objective n'est pas objective par rapport à la colonisation, les repentants ont sévis, voir l'analyse objective de Jeand'Orgeix au-dessus

Écrit par : leclercq | 14 juillet 2016

Violences dans les banlieues : regarder la réalité en face
http://www.communautarisme.net/Violences-dans-les-banlieues-regarder-la-realite-en-face_a646.html

par Jean-Pierre Le Goff, sociologue, président du club Politique autrement
La mort de deux jeunes à Clichy-sous-Bois a servi de déclencheur à des violences et des actes de vandalisme de bandes de jeunes dans les banlieues. Les formules, provocatrices et indignes d’un homme d’État, du ministre de l’intérieur accompagné d’une cohorte de journalistes et de caméras, avaient auparavant contribué a exacerber la tension. Ces violences dans les cités révèlent une réalité dont il faut prendre la mesure en évitant l’angélisme et les faux-fuyants.




Jean-Pierre Le Goff (photo d'Olivier Roller, 2002) Quelle solidarité première ?

La vie dans les banlieues ne se confond pas avec les images de ces nuits de violence et de destruction. Des réseaux d’entraide et de solidarité entre habitants se sont mis en place dans des conditions souvent difficiles. La grande majorité désire plus de sécurité, plus d’emploi, de meilleures conditions de vie et d’habitat. C’est sur ce terreau-là qu’une dynamique positive peut se développer et non sur les bandes de jeunes adolescents et post-adolescents qui ont basculé dans la délinquance et la destruction.
Attaquer les pompiers, brûler la voiture de son voisin, ou tuer ce dernier comme par inadvertance, - « sans le faire exprès » diront certains -, incendier des magasins, des écoles, des gymnases du quartier où l’on habite, arrêter des bus pour y déverser de l’essence et y mettre le feu devant des passagers affolés... Face à de tels actes sauvages, la condamnation claire et la nécessité urgente d’un retour à l’ordre ne se discutent pas. C’est le préalable à tout débat sensé sur la question.
Mais, là aussi, on a pu assister à des réactions minoritaires, au sein du milieu journalistique et gauchiste, qui rompent avec la morale et le civisme élémentaires. Le mouvement spontané de sympathie ne se tourne pas vers les victimes des violences qui sont, non seulement les pompiers et les policiers, mais les habitants de ces quartiers qui craignent pour leur sécurité et leurs biens, se voient privés de moyens de transport, de commerces, d’écoles... On ne prend guère en considération la crainte des autres jeunes des quartiers qui ne veulent pas être confondus avec les bandes, continuent de croire à l’école et au travail pour « s’en sortir ».
Chez certains beaux esprits s’opère un curieux renversement : ce sont les agresseurs eux-mêmes qui sont considérés d’emblée comme les victimes. De telles réactions délétères rejoignent la façon dont les agresseurs mettent en avant leur statut de victime comme justification de leur violence et de leurs exactions ; elles contribuent à enfoncer un peu plus ces jeunes déstructurés dans l’impasse.
Les mesures pour rétablir l’ordre donnent lieu pareillement à des protestations qui dénoncent aussitôt les mesures prises comme une marque supplémentaire de répression et de « stigmatisation » des banlieues, sans se soucier outre mesure du climat de peur et de « ras-le-bol » des populations concernées.
On peut se demander si la prolongation des mesures de couvre-feu est l’instrument approprié du retour au calme ; on doit demeurer vigilant contre des brutalités policières et des atteintes possibles à l’État de droit. Mais considérer la répression nécessaire comme une dangereuse atteinte aux libertés ou une marque supplémentaire de la « stigmatisation » des banlieues relève d’une idéologie gauchisante de plus en plus coupée des réalités et du sens commun.

Comment interpréter les événements ?

De multiples analyses et commentaires interprètent les événements avec des schémas qui, pour l’essentiel, se refusent à voir ou secondarisent le caractère sauvage, désespéré et nihiliste de la révolte des bandes de jeunes. Certains y voient un signe de la montée des communautarismes, de l’emprise de l’islam radical, voire la concrétisation d’une guerre des civilisations. D’autres au contraire les considèrent à tout prix comme l’expression d’une pure révolte contre les discriminations et les inégalités, ou encore, à l’inverse de toutes les apparences, comme étant le signe d’une intégration. De tels schémas idéologiques ont pour effet de rabattre des événements dans des catégories générales prédéterminées qui en dissolvent la singularité. Avant même d’aborder les conditions qui ont rendu possible de tels événements et de le situer dans le cadre des banlieues et de la société, il convient de délimiter le phénomène et de cerner ses aspects nouveaux.
Il importe en tout premier lieu de prendre en compte ce que les éducateurs, les enseignants, les psychiatres observent depuis des années. Il existe un phénomène de bandes constituées de jeunes adolescents et de post-adolescents en situation d’échec et désocialisés, animés par le ressentiment et la haine à l’égard de la société et des institutions. Ces jeunes minoritaires sont désœuvrés et déstructurés ; ils ont perdu l’estime d’eux-mêmes et le sens du réel. Leur sentiment d’appartenance se limite souvent à leur quartier ou à leur immeuble. Leur langage colle aux affects et aux pulsions ; ils ne mesurent pas la portée de leurs actes et le sentiment de culpabilité est le plus souvent absent. Fascinés par les clichés sur la réussite et l’argent, ils vivent dans un univers où l’image est maître, et ils acquièrent des comportements de dépendance à l’égard des stupéfiants. Ils se réfugient dans des bandes machistes où les rapports de force dominent avec les phénomènes de caïds et s’enferment dans une sous-culture de la délinquance et du ghetto. Nombre d’animateurs, d’éducateurs sociaux, mais aussi d’enseignants se trouvent désemparés devant de tels individus perpétuellement agités, aux comportements asociaux et immaîtrisables. Ces jeunes ont une image dépréciative d’eux-mêmes qui peut se retourner en agression. Lors des nuits de violence, ils sont entrés dans une logique de destruction et d’autodestruction en s’attaquant aux quartiers où ils habitent.
C’est précisément cette réalité dérangeante qu’il s’agit d’aborder en face. Des militants de gauche et des journalistes bien-pensants la dénient en y collant des formules passées en complet décalage. C’est ainsi qu’on répète bêtement la formule attribuée aux classes dominantes de l’ère industrielle : « Classes laborieuses, classes dangereuses », pour l’appliquer aux actes de vandalisme des banlieues. Quel rapport avec des jeunes désocialisés qui ne travaillent pas et ne forment pas une classe ? S’il fallait tenter des comparaisons historiques, la notion de lumpenprolétariat serait plus proche de la réalité. Mais là aussi, le caractère très jeune des casseurs qui ne sont guère en haillons [1] et agissent souvent par mimétisme télévisuel, sort du schéma.
On invoque également le chômage pour expliquer les événements. Mais il est d’autres périodes dans l’histoire de France où le chômage était massif, comme dans les années trente, sans qu’on assiste pour autant à de pareils phénomènes de destruction. Comme on oublie souvent de le dire, ces jeunes ne sont pas en total abandon, mais ils sont assistés par l’État providence. Leur univers n’est pas la survie matérielle, mais ils sont fascinés par l’argent facile et les marques du look branché. Les chômeurs ne s’attaquent pas, que l’on sache, aux écoles, aux gymnases, aux centres sociaux, aux bus... comme le font ces bandes. Et si l’on tient, là aussi, à la comparaison historique, il faudrait poser la question : a-t-on jamais vu les chômeurs des années trente s’attaquer à la « soupe populaire » ?
Quant aux conditions matérielles de vie et de logement dans les cités, elles n’ont rien à envier à la pauvreté et aux logements insalubres des cités ouvrières du début du siècle. Chômage et habitat, s’ils entrent bien en ligne de compte, ne suffisent pas à expliquer le phénomène dans sa nouveauté. Contrairement à ce que laissent entendre nombre de commentateurs attitrés, le type de violence auquel on assiste aujourd’hui n’est pas mécaniquement et unilatéralement déterminé par la situation économique et sociale des banlieues, sinon c’est à un autre mouvement de révolte d’une bien plus grande ampleur à laquelle on aurait assisté. La misère existante dans les cités de banlieues n’est pas comparable à celle qu’ont pu connaître les couches populaires dans le passé : il existe des mécanismes d’assistance sociale qui, s’ils ne transforment pas les conditions matérielles de vie, en atténuent la dureté.
Les événements des banlieues relèvent moins de la pauvreté et de la misère telles qu’on a pu les connaître autrefois que de phénomènes de déstructurations identitaires qui sont plus difficiles à comprendre. Les violences des bandes de jeunes des banlieues révèlent de façon paroxystique une désaffiliation due à l’érosion des collectivités d’appartenance qui inscrivaient l’individu dans une collectivité et le structuraient « de l’intérieur » : famille, collectivité de travail, classes sociales, appartenance nationale... Autant d’éléments qui sont aujourd’hui érodés ou en crise et qui, contrairement aux discours angéliques « post-modernes », sont constitutifs des identités individuelles et collectives. Les situations de chômage et d’habitat dégradé se combinent avec une déliquescence des liens familiaux, pudiquement dénommée « famille monoparentale » : le plus souvent absence du père, la mère subsistant tant bien que mal des revenus de l’aide sociale et étant la plupart du temps absente lorsqu’elle travaille. Dans les familles issues de l’immigration, cette situation peut être aggravée par une inadaptation des parents à la culture française, entraînant une désorientation des jeunes qui coincés entre deux cultures peuvent « errer sans repère dans une sorte de no man’s land anthropologique » [2]. C’est sur ce terreau que les groupes fondamentalistes musulmans présents dans les quartiers peuvent tenter de se développer en présentant leur doctrine comme le levier d’une restructuration identitaire et leur encadrement des jeunes désœuvrés comme la condition de la paix sociale dans les banlieues.

Que faire ?

Face à cette réalité, il n’existe pas de remèdes simples dont les effets seraient immédiats. Mais il est important à la fois de fixer des repères et de tirer des leçons des pratiques passées. Avant même d’envisager des mesures particulières, il est des questions centrales auxquelles il n’est plus possible d’échapper.
Tout d’abord, la question de l’érosion de l’autorité parentale n’est pas facile à traiter. Les mesures de sanctions financières envers les parents des familles décomposées sont démagogiques et ne résolvent rien. Les associations aidées par des psychologues et des psychiatres pour s’occuper des parents et des enfants en difficulté paraissent indispensables, mais on ne peut reconstruire de façon volontariste des familles déstructurées. La puissance publique ne peut pas se substituer complètement aux familles et les aides psychologiques ne peuvent pas tout. Le problème n’est pas seulement à poser dans des termes psychologiques - le risque existe bien de s’enfermer dans cette problématique - en dehors du terreau social et culturel, d’un ethos commun. On ne peut échapper à la question de la famille comme une des structures anthropologiques de base de la société que des conceptions modernistes et gauchistes ont rapidement mis de côté. Il en va de même des fonctions structurantes de la morale, de l’interdit et de la limite qu’un angélisme post-soixante-huitard et rousseauiste a trop longtemps dénié. Dans ce domaine, comme dans d’autres, ce qui se passe dans les banlieues, reflète de façon extrême des phénomènes que l’on retrouve à différents degrés dans l’ensemble de la société.
D’autre part, le comportement fortement instable et violent d’une minorité de jeunes en grande difficulté n’est compatible ni avec l’enseignement ni avec le travail en entreprise. La réponse à cette situation ne peut pas être seulement répressive. Elle implique avant tout un type d’aide et d’encadrement social relevant d’institutions spécialisées, avant même d’envisager de les réinsérer dans le cursus scolaire ou dans les entreprises. Il existe des stages fortement encadrés mêlant vie collective, travail, réalisations concrètes et activités physiques dans des lieux fermés ou ouverts qui sortent les jeunes de la cité. L’idée d’un service civil pour tous les jeunes alliant réalisations de tâches utiles, apprentissage de la vie collective et formation professionnelle va dans le même sens. Cela suppose d’importants moyens, particulièrement en termes d’encadrement, et tout cela à un coût pour des résultats qui ne sont pas acquis pour la totalité des jeunes concernés.
L’apprentissage, s’il doit être pleinement pris en compte et valorisé, ne constitue donc pas une panacée. L’appel constant à l’« éthique » et à la « citoyenneté » des entreprises, pour nécessaires qu’il puisse paraître, ne suffit pas : même si les entreprises peuvent faire des efforts pour accueillir des jeunes en difficulté, leurs perspectives d’embauche sont liées à celles des carnets de commande et leurs critères restent avant tout ceux de la compétence et de l’efficacité. Les employeurs ne sont pas vraiment désireux de prendre en charge des jeunes instables, peu assidus. Et l’association de l’idée d’apprentissage à celle de jeunes en grande difficulté risque de nuire à la revalorisation de l’image de l’apprentissage dans l’opinion.
Il n’y a donc pas de solution simple. Mais il n’en demeure pas moins que la réalisation de tâches pratiques, l’insertion dans un collectif de travail, sont des éléments indispensables pour retrouver une confiance en soi pour ceux qui sont en situation d’échec scolaire, quitte à retrouver une filière scolaire après cette expérience. Qu’on le veuille ou non, dans sa dimension anthropologique, le travail demeure un élément fondamental de la structuration individuelle et sociale. Il est un élément décisif de la constitution de l’estime de soi, de la confrontation avec la réalité et de l’apprentissage de la limite, de l’insertion dans les rapports sociaux. Toute la question est de savoir quelles conditions favorables sont à mettre en place pour que l’insertion et la formation des jeunes en situation de travail puissent se faire dans de bonnes conditions. L’expérience des entreprises dites « intermédiaires » » qui insèrent les jeunes dans le travail en échappant pour partie aux contraintes et aux lois du marché méritent, dans cette optique, d’être valorisées.
Le discours généreux de la citoyenneté coupée du travail est une impasse. Toutes les mesures d’assistanat économique et social, de même que les activités associatives multiples, pour nécessaires et utiles qu’elles soient, ne peuvent suppléer à l’absence de travail. Les responsables associatifs, les animateurs, les formateurs, les psychologues..., malgré tous leurs efforts, se voient condamnés à jouer un rôle d’accompagnateur ou de « pompier » du social, s’il n’existe pas d’activité de travail et de perspective d’emploi pour les jeunes en difficulté.
Le modèle républicain implique un modèle d’égalité et de citoyenneté qui fait fi des appartenances ethniques et communautaires. Ce modèle a un caractère d’idéalité qui ne coïncide jamais avec les faits, mais c’est ce caractère d’idéalité lui confère sa dynamique et il a su au cours de l’histoire passer des compromis. Ce modèle s’appuie sur une certaine morale du travail, sur une culture commune liée à notre histoire, sur l’idée de promotion sociale... Ces points-clés sont en panne, mais la question est de savoir comment les relancer, plutôt que d’affirmer qu’il a définitivement échoué et passer rapidement à un autre modèle de type anglo-saxon qui n’a pas d’ancrage solide dans notre tradition et qui montre aussi ses limites. La discrimination positive dans le domaine économique et social mérite d’être évaluée à la lumière de ses résultas effectifs et non aux « bonnes intentions » qu’elle affiche. Elle peut créer des effets pervers comme l’évaluation des ZEP l’a montré. Dans le domaine de l’habitat, la discrimination positive apparaît comme une mesure pouvant favoriser la rencontre et l’échange entre les différentes catégories sociales. Là aussi il convient d’examiner avec soin à quelles conditions précises elle peut être efficace, en évitant les effets qui amèneraient les catégories sociales plus favorisées à aller habiter ailleurs. Mais dans ces deux domaines, la discrimination positive nous paraît rester dans le cadre du débat sur les adaptations possibles et nécessaires.
La discrimination positive à destination de ce qu’on appelle désormais les « minorités visibles » - autrement dit une différence de traitement, notamment à l’embauche, fondée sur les critères de race et de couleurs de peau - , est d’une autre nature et portée. Elle ouvre la boîte de Pandore en favorisant la généralisation de la suspicion de racisme dans les rapports sociaux, l’hypertrophie des plaintes et des droits. Elle renforce la « victimisation » existante dans une logique de concurrence sans fin entre tous ceux qui s’estiment être des victimes, contribuant ainsi au délitement du lien social et de la citoyenneté. _ La discrimination positive en faveur de ce qu’on appelle les « minorités visibles » constitue un nouveau tremplin pour le courant xénophobe et raciste, et peut favoriser à terme des affrontements ethniques.
On ne saurait enfin passer outre la question de la nation comme cadre central d’intégration, élément constitutif de l’existence collective d’un peuple, et partie constitutive de l’héritage européen. Qu’on le veuille ou non, la nation demeure une référence identitaire et le lieu central de la citoyenneté. Elle constitue un pôle d’identification avant même l’appartenance européenne dont la prégnance demeure faible, tout particulièrement dans les banlieues. Cela implique l’acceptation de l’ambivalence de son histoire en étant conscient qu’aucun peuple en l’affaire ne dispose d’un blanc-seing et un patriotisme qui ne se confond pas avec le nationalisme chauvin et xénophobe. À l’inverse, toute une idéologie gauchisante minoritaire au sein du milieu associatif réduit l’histoire de notre pays à ses pages les plus sombres et renforce la mentalité victimaire des jeunes désaffiliés en présentant leur situation dans la continuité de celle qui fut celle des esclaves et des peuples colonisés. Cette idéologie travaille à l’encontre de l’intégration et elle peut recouper ou se trouver mêlée à des thèmes fondamentalistes musulmans. Sans nier les pages sombres de notre histoire, l’intégration implique la conscience des acquis de notre histoire et le partage d’un patrimoine culturel commun. C’est aussi dans ce cadre, que l’éducation populaire peut retrouver un nouveau souffle. La citoyenneté n’est pas l’affichage des différences dans une logique de victimisation, mais elle implique le souci de partager les acquis de notre propre histoire et de créer un avenir commun.
L’histoire n’est pas tracée d’avance ; elle est ouverte sur de possibles régressions. Les violences récentes nous le rappellent. Les problèmes rencontrés dans les banlieues sont les nôtres, ils concernent une partie de nos compatriotes fragilisés par la crise que nous vivons. Dans cette affaire, notre responsabilité est engagée et il importe à la fois de regarder la réalité en face et de savoir quel modèle de vivre-ensemble et de citoyenneté nous voulons essayer de faire prévaloir au milieu du chaos ambiant. Les paroles d’Albert Camus « empêcher que le monde se défasse » prononcées dans d’autres circonstances [3] gardent leur acuité dans la situation présente.


Notes
[1] Lumpen signifie miséreux, en haillons.
[2] Emmanuel TODD, Le destin des immigrés, Seuil, Paris, 1994, p. 382.
[3] Albert CAMUS, Discours de Suède (1957), Folio Gallimard, Paris, 2001, p. 19.

Écrit par : leclercq | 14 juillet 2016

Au pays de _l'efficacité_ ... où on construit les choses ... vite, ... et bon marché ... pour devenir riche ... vite, ... des choses comme ... une société, une nation, une population, une identité, des armes, des usines, ... et toujours ... et encore ... plus vite, ... au point où on ne se retourne plus derrière soi (ça coûte cher d'être en retard) ... pour voir ce qu'on a écrasé en cours de route, ... ou de vérifier si le bruit qu'on a entendu n'est pas son héritier, ou un membre de "sa" génération future, que l'on croit toujours assis sur la banquette arrière (il s'ennuyait, alors pour se distraire il a décidé ... d'explorer ... ou d'exercer ... "sa" "liberté" ... toute américaine, ... par exempèle en s'amusant avec la poignée de la portière que "on" n'avait pas jugé nécessaire de "sécuriser" avec un mécanisme de vérouillage, ... par "efficacité" économique), parce que ... , ...

Steve Roeck: « Le visage pâle a exterminé aussi les natifs des Amériques. »

Ca, c'était de ... l'extermination de nuisibles (ils ne respectaient pas les droits de la propriété des terres, pourtant écrite sur ce papier) jugée à l'époque, ... moralement et économiquement ... "efficace".

- « ... certains blancs des Amériques ont commis les pires crimes en organisant l’enlèvement puis l'envoi aux Amériques, dans des conditions inhumaines, d'un grand nombre de personne a peau bronzée par le soleil. »

Ca, c'était de ... l'élevage d'animaux de labeur jugé à l'époque ... aussi ... moralement et économiquement "efficace".

- « Il a fallut une terrible guerre pour abolir ce trafic humain organisé par les blancs. »

Ca, c'était ... LA solution à un problème __d'idées__ morales et économiques, ... solution jugée à l'époque ... aussi ... moralement et économiquement très "efficace". Et puis d'un coup, au milieu de l'opération pour appliquer la solution, le problème s'est transformé en ... "problème d'identité", parce que, vous comprenez, ... mon cousin Johnny n'avait pas la même "identité" que papa, puisque mon cousin Johnny avait la même identité que mon oncle Robert, qui était vraiment beaucoup moins "efficace" que mon papa qui s'appelle Billy.

C'est pour ça que mon papa a son char 100% Made in USA avec son nom parce qu'il était le meilleur à la Guerre, la meilleur sport pour régler les problèmes d'identité, où c'est toujours le plus vite, le plus fort, le plus intelligent et celui qui a la plus grosse qui gagne.

https://en.wikipedia.org/wiki/Johnny_Reb
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marche_de_Sherman_vers_la_mer#Contexte_et_objectifs
https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_de_la_terre_br%C3%BBl%C3%A9e
https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_totale
https://fr.wikipedia.org/wiki/M4_Sherman

http://www.examiner.com/article/generals-sherman-and-sheridan-the-war-criminals

Écrit par : Chuck Jones | 14 juillet 2016

Cher hommelibre,

- « Chuck, Une statistique est une moyenne, elle indique une tendance.

Une tendance ... _de quoi_ ... _selon l'évolution de quoi_ ... ?

Écrit par : Chuck Jones | 14 juillet 2016

Cher hommelibre,

Pardonnez moi, si je vous ai mené sur une piste un peu longue, j'ai répondu sans réfléchir.

Ce que je veux dire, c'est que, il y a ... la moyenne _statistique_ ... et la moyenne _arithmétique_, ... et plein d'autres moyennes _différentes_.

"Différent", ça veut dire ... "c'est pas la même chose".

https://fr.wikipedia.org/wiki/Moyenne
https://fr.wikipedia.org/wiki/Moyenne_arithm%C3%A9tique

Et une "moyenne _statistique_", est _différente_ d'une ... "moyenne _arithmétique_", parce que ... elles ne se _calculent_ pas de la même façon.

Parce que, quand c'est en statistique, la moyenne est calculée d'une façon, et quand c'est en arithmétique, la moyenne est calculée d'un autre façon.

Parce que, quand c'est en statistique, vous ne pouvez faire que des opérations statistiques. Et quand c'est en arithmétique, vous ne pouvez faire que des opérations arithmétiques.

Par exemple, en statistique, la multiplication d'une statistique par une autre statistique, ça n'existe pas. Parce que le résultat ne veut rien dire. Donc on n'a pas jugé bon de donné un nom à ce résultat.

C'est très différent de l'arithmétique, où on peut faire des opérations comme des additions, ou des soustractions, ou des multiplications. Là, comme le résultat de chacune de ces différentes opérations veut bien dire quelque chose d'important, on leur a donné des noms ... aussi "différents".

Par exemple, pour l'addition, le nom qu'on a donné au résultat d'une addition, c'est "LA _somme_". C'est l'addition de plusieurs nombres. Pas le mélange de plusieurs nombres. Pas comme on peut mélanger l'eau de la Somme, et l'eau de la Seine.

Par exemple, pour la soustraction, le nom qu'on a donné au résultat d'une soustraction, c'est "LA _différence_". C'est la "différence" entre ... 2 ... nombres. C'est pas "les différences" des chiffres qu'on peut trouver en comparant 2 nombres, par exemple pour dire qu'un nombre est plus noir que l'autre.

Et finalement, pour la multiplication, le nom qu'on a donné au résultat d'une multiplication, c'est "LE _produit_". C'est le nombre qu'on obtient quand on prend un nombre, et qu'on l'additionne plusieurs fois. Par exemple, si je prends le nombre "1", et que je le multiplie par le nombre "2", c'est comme si j'avais fait l'addition "1+1". Autre exemple, si je prends toujours le nombre, et que je le multiplie par le nombre "3", c'est comme si j'avais fait l'addition "1+1+1". Le "produit", en arithmétique, c'est pas la meme chose que le "produit" qu'on peut trouver en magasin. C'est ... __différent__. Sommes nous d'accord ?

Bon, alors ... revenons un peu en arrière, les statistiques ...

Alors, d'une certaine façon, les statistiques, c'est comme ... les pourcents. Dans le sens où, la multiplication des pourcents, ça n'existe pas. On peut ajouter des pourcents, comme "10% + 10%", ce qui donne bien "20%", et tout le monde comprend ce que "20%" veut dire, et tout le monde sait que "10% + 10% + 10%" ça fait "30%". Mais on ne peut pas multiplier des pourcents, comme "10% x 3%". Parce que, _en pourcentage_ ça ne veut rien dire.

"10% x 3%" ... _ne fait pas_ ... "30%".

Eh ben, en statistique, .... ben ... c'est la même chose.

Vous ne pouvez pas prendre ... une moyenne statistique pour la multiplier à une autre statistique, parce que ... dans le monde des créateurs de statistiques, la multiplication des statistiques, ça n'existe pas ! Ca n'existe pas, parce que ça ne veut rien dire, même si des gens, qui ne savent pas comment calculer des statistiques, croient que ça veut dire quelque chose, même quand ils ont très peur.

Et donc, lorsque vous affirmez que ...

... « Les Blancs ont donc commis des actes de violence interraciale à un taux de 32 pour 100 000, tandis que le taux noir était de 849 pour 100.000." »

... vous mélangez les opérations statistiques, les opérations arithmétiques, les statistiques, les taux en pourcents, les taux en pourcentmilles, les mots, et les idées.

- « On trouvera plutôt dans ce chiffre ... »

Reste, ... les émotions.

Ca serait rigolo de faire une analyse statistique des émotions exprimées dans ce blog si libre. Mais ça ne ferait rire personne d'autre, vu que, heureusement, les statistiques, y'a que les créateurs de statistiques qui savent ce qu'elles veulent dire et à quoi elles servent.

Écrit par : Chuck Jones | 14 juillet 2016

Une remarque générale: Ce blog serait plus facile à lire s'il n'y avait pas des pages de textes simplement copié et collé. Si l'auteur donnait juste en résumé les points essentiels qui soutiennent son argumentation et laissait le lecteur décider s'il veut approfondir le sujet en suivant le lien, je lirais plus volontiers les commentaires. Mais là on me force à lire ce que je n'ai ni envie ni le temps de lire et à essayer de comprendre ce que l'auteur du commentaire voulait dire. Et je ne sais toujours pas ce que l'auteur du commentaire voulait vraiment dire, car il demande à quelqu'un d'autre (l'auteur du texte cité) de l'expliquer à sa place.

La citation par copie d'un texte complet viole les droits d'auteur.
Convention de Berne:
"D'autre part, la citation doit être « conforme aux bons usages », ce qui renvoie a minima au fait de citer la source de la citation (auteur et œuvre). Mais le bon usage renvoie également au caractère non abusif de la citation, qui doit généralement rester courte et strictement proportionnée à son but - ce qui renvoie au troisième critère." https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_de_courte_citation

Écrit par : Ben Palmer | 14 juillet 2016

"Mais là on me force à lire ,,,,"

Moi qui suis pour le "copier/coller" de certains articles, je dois reconnaître que là,leclercq, n'y va pas de main morte.... Et je dois dire que je suis passée outre!

Écrit par : Patoucha | 14 juillet 2016

@ Ben Palmer

"laissait le lecteur décider s'il veut approfondir le sujet en suivant le lien"

j'ai commencé à mettre les liens mais, manque de bol il sont obsolètes, apparement vous vous en êtes même pas rendu compte !!!

"Mais le bon usage renvoie également au caractère non abusif de la citation, qui doit généralement rester courte et strictement proportionnée à son but"

c'est le cas j'ai mis des extrait d'un livre de Malika Sorel Sutter, donc c'est court et proportionné, cet extrait nécessaire dans son entièreté explique très bien, l'attitude de l'état des français(traités de racistes), et l'immigrant dans le processus d'intégration.

donc si le sujet vous intéresse achetez ses trois livres.

"Si l'auteur donnait juste en résumé les points essentiels qui soutiennent son argumentation"

des points essentiels ne peuvent exprimer un point de vue, "car il demande à quelqu'un d'autre (l'auteur du texte cité) de l'expliquer à sa place.", et là dans ce sujet, mon point de vue sur la question c'est affiné en lisant les écrits de cette dame, et j’adhère entièrement à ses écrits donc je la cite. rien de mieux que des spécialistes objectifs et maitrisant leur sujet pour appréhender un sujet, c'est beaucoup mieux que des commentaires à rallonges, où la longueur du commentaire n’amène rien de plus, où on voit visiblement que la personne n'a qu'une connaissance vague et partielle du sujet et n'a visiblement pas fait de lectures ni de recherches pointues sur Internet pour essayer de mieux connaitre le dit sujet.

Écrit par : leclercq | 14 juillet 2016

@ Patoucha

ces écrits sont pour Plume noire, ça l'aidera peut-être si elle les lit à sortir de son attitude de Victime.

"sur mon autre pays me donne plus de rancoeur envers les injustices coloniales et post-colonial. Je pense que de ne jamais etre considéré vraiment commun citoyen comme les autres, donne des génération de frustrés qui ne cherchent qu'à etre comme les autres. Metis et qui a grandit ici, j'ai pendant très longtemps cette interrogation du pourquoi ca ne marche pas, la réponse est là, elle est sur la considération et trop peu ne voient les conséquences de tout cela."

quelle commence à connaitre la réalité coloniale, avant de parler des sois-disant injustices coloniales. Jean D'Orgeix l'aidera à appréhender le sujet.

Écrit par : leclercq | 14 juillet 2016

Rien ne sert de discourir pendant des pages et des pages sur les noirs foutez leur la paix . On entend jamais que la police noire en afrik a tue un homme blanc par erreur. Ce verbiage de caucasien pour justifier sa stupide animosité envers les noirs ne sert a rien vous n arriverez a rien sinon a engendrer encore et toujours de la violence. Et si vous n aimez pas les noirs cessez de venir en afrik ainsi vous pourrez justifier au moins cet hypocrite racisme teinte toujours de xénophobie . les caucasiens sont des sales porcs qui ne peuvent s empêcher de foutre la merde partout ou ils passent : réducteur .

Écrit par : arena | 17 juillet 2016

Merci d'avoir publié ces chiffres qui permettent de recadrer les choses.
Le principal problème à mon sens c'est la gauchisation de la société (et surtout des médias) qui fait que nous nous sentons toujours obligés de diviser le monde en deux camps: des victimes et des bourreaux.
Un Noir est par définition une victime et un Blanc un raciste potentiel. Cela génère finalement l'effet inverse de celui souhaité. Les Noirs finissent par croire ce message répété en permanence et certains commettent des actes racistes comme celui de Dallas. Et du côté des Blancs, beaucoup se rendent compte de la supercherie et en ont marre de voir la population noire surprotégée, ce qui peut aussi entraîner une réaction de rejet.
Les journalistes bien-pensants ont ici une responsabilité énorme.

Écrit par : François | 26 septembre 2016

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