16 juin 2016

Libéral-social : est-ce possible ?

On oppose parfois libéralisme et socialisme. On commet une erreur d’échelle car les deux ne sont pas au même niveau. Le libéralisme n’est pas une théorie mais un état ou une condition: l’état de liberté ou les conditions de la liberté. 


libéralisme,socialisme,liberté,état,redistribution,Liberté de choix de vie individuelle, liberté de choix affectif ou professionnel, liberté d’entreprendre et de s’engager par un contrat qui donne des droits librement consentis aux deux partenaires, etc.

Le fondement du libéralisme est la libre disposition de soi-même. Les institutions politiques qui en découlent sont au service de la liberté de choix et de l’autodétermination individuelle ou collective.

En régime libéral les acteurs de la société s’organisent entre eux sans que l’État n’intervienne trop souvent. Toutefois le libéralisme total, soit une société uniquement privatisée et sans État, ne pourrait assurer la sécurité, la justice et la mise en place des infrastructures. Du moins cet idéal n’est-il pas encore réaliste en regard des humains aujourd’hui, car la fin de l’État suppose une humanité parvenue à un haut degré de probité.

La France est un pays fortement socialiste dans son modèle social. La part publique dans l’économie est supérieure à la part du privé (image 1, cliquer pour agrandir). De l’étatisme et la centralisation de Napoléon, à la grève de la CGT, c’est le discours socialisant ou étatiste qui prédomine.

Le socialisme se définit, du moins jusqu’à aujourd’hui et dans la pratique, par une plus grande importance accordée à l’État qu’au privé, et par une priorité donnée à la redistribution des richesses sur leur création (ce qui, à terme, est un programme de faillite économique). L’État socialiste fait plus que gérer ou arbitrer comme un libéralisme,socialisme,liberté,état,redistributionacteur neutre: il intervient, contraint, décide par la tête de ses élites de ce qui est bon pour tous, étouffant la créativité naturelle. Il va jusqu’à décider des comportements, paroles, habillements, spectacles, qui sont jugés bons pour le peuple. Pauvre peuple, que de crimes commis en son nom. Mais la droite fait pareil en France. La droite française n’est pas vraiment libérale, c’est bien ce qui cloche.

Le libéralisme est l’espace où différentes pensées peuvent émerger. En ce sens, en mettant l’accent sur la nécessaire redistribution (le salaire n’y suffit pas quand on évalue le coût d’infrastructures collectives par exemple), le socialisme n’est pas une alternative au libéralisme mais un patch, une sorte de pièce supplémentaire, un outil libéral dont on pourrait user avec parcimonie dans les domaines où cela s’applique. Mais peut-on être libéral-social sans faire rugir les tenants du clivage politique, ceux qui vivent de ce clivage? Dur dur.

Le libéralisme est devenu le diable pour certains. Quoique, soyons lucides sur nos postures morales: aurait-on détesté autant la finance et les traders si Kerviel avait gagné 5 milliards plutôt que de les perdre? Et les clients de Madoff, pauvres victimes de l’escroc, n’avaient-ils pas la même cupidité que lui en investissant dans son fond supposé miraculeux? Il y a bien des gens qui donnent leur argent à un marabout nigérian en pensant qu’il va faire des petits!

Qu’on le nomme libéralisme simple, ou néo-libéralisme, ou ultra-libéralisme, c’est toujours la même base de société: la liberté individuelle, de contrat, d’association, de pensée, prime sur les injonctions collectives ou collectivistes qui réduisent l’individu à l’état d’objet.

La France est-elle enfin mûre pour une révolution culturelle libérale?

 

 

 

 

12:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : libéralisme, socialisme, liberté, état, redistribution | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

bonjour Hommelibre depuis hier je réfléchis au titre et je peux sans trop me tromper écrire que tous les Protestants épurés du conditionnement provocateur et destructeur des anciens sermons peuvent avouer qu'ils sont libéraux et pseudo socialiste
Je dis pseudo car ne faisant pas de politique
Je pense qu'être libéral et socialiste est un art de vivre qui permet aux autres de vivre comme cela leur chante pour autant qu'ils ne soient pas tributaires de dogmes encore plus sataniques que ceux dont nous nous sommes tous déprogrammés. non sans mal il faut le reconnaitre et cecipour mieux nous intoxiquer à nouveau
C'est à dire en ayant appris à séparer le bon grain de l'ivraie ce qui n'a rien à voir avec l'ivresse bien qu'ils soient nombreux ceux qui nous saoulent par des principes qu'ils n'appliqueront jamais dans leur manière d'être de tous les jours ou qui paradoxalement utiliseront des produits toxiques pour aider à franchir la dernière porte vers l'au -delà
C'est y pas le monde a l'envers ?
Du moment qu'on paie ses assurances, son loyer et ses impôts que demander de plus au bon Peuple,rien sinon qu'il exige du respect et du bons sens de la part de certains Partis qui se prennent pour es élus du Grand Barbu et qui souffrent d'un très grand défaut comme mettre leur nez là ou rien ne les y autorise n'ayant pas requis l'accord du peuple pour le faire
Très bonne journée pour Vous

Écrit par : lovejoie | 17 juin 2016

Le libéralisme bien compris est souhaitable à condition d'être ouvert à l'histoire humaine en sa diversité à commencer par les naissances favorables aux uns, non ou moins aux autres.

Écrit par : Fée des lilas | 17 juin 2016

Le libéralisme respecte la liberté individuelle sans étouffer l'intelligence créatrice.

De nos jours ce socialisme à la française étouffeur... "éteigneur" d'imagination comme de joie de vivre.

Retour, donc, à la dangereuse et à hauts risques imagination pathologique fruit des contraintes et des inégalités... de criantes à cruelles!
scandaleuses, même, ouvrant grand la porte à de multiples gourous.

Sans oublier l'antidémocratique article accordant é M. Valls la "chance" de pouvoir passer outre son propre Parlement, l'article 49.3

De nos lectures d'antan de Mme de Ségur: éducatrice "libérale" née Mme de Fleurville aux très larges dons parce que vivant viscéralement et par empathie la détresse, également économique, d'autrui moins bien loti.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 17 juin 2016

Cher hommelibre,

- « On oppose parfois libéralisme et socialisme. On commet une erreur d’échelle car les deux ne sont pas au même niveau. Le libéralisme n’est pas une théorie mais un état ou une condition: l’état de liberté ou les conditions de la liberté. »

Oui. Cela arrive que ... "on" ... oppose ... "libéralisme et socialisme" ... quand on _redéfinit_ (ou quand on _révise_ la définition ...) ... par exemple ... ce qu'est le "libéralisme", ... au lieu de se référer aux définitions que l'on trouve dans les dictionnaires, ... ou dans les livres spécialisés, si on n'oublie pas, bien sûr, de préciser quels livres on utilise, ... par exemple ... www.cnrtl.fr.

Mais ... heureusement ... que _tout le monde_ ... ne révise pas ... les _définitions_ de toutes les _idées_ ... auxquelles "on" a donné ... un _ mot_. Ca serait assez compliqué, ça prendrait beaucoup de temps, et ça coûterait très cher. Surtout à chaque fois qu'on veut par exemple écrire ... ah que ... des SMS d'amuuuuur ... au lieu de SMS de "provocation".

Et ptet aussi parce que les définions dans les dictionnaires sont parfois plus compliquées que les nouvelles définitions qu'on veut donner aux mots.

C'est ptet pour ça d'ailleurs que toute le monde ne rédéfinit pas _toutes_ les définitions de _toutes_ les idées.

Mais c'est ptet aussi pour ça que c'est bien pratique ... de redéfinir les définitions des mots ... pour donner des définitions plus simples, ... par exemple pour laisser celui qui lit les mots qu'on a écrits ... imaginer ce qu'il veut, surtout des idées qui font le plus peur.

Ou bien pour donner des définitions complètement différentes, comme ça c'est beaucoup plus facile de dire que celui qui lit n'a pas compris ce qu'on a voulu dire, parce que ya plen d'autres gens qui eux ont compris autre chose.

Écrit par : Chuck Jones | 17 juin 2016

Libérale et sociale, c'est l'UDC depuis des années. Pour simplifier et familièrement parlant : on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis.

Donc il faut un patronat, des dirigeants, et il faut des exécutants des ouvriers, des employés....et du respect et des règles. Les uns doivent tenir compte des autres et vice et versa. Ca c'était avant.

Quand on voit que Ch. Blocher demande depuis 2 décennies de retirer la demande d'adhésion à l'UE et que cela se fait seulement maintenant!
Sans respect des règles c'est foutu et ça déraille des années durant.

Toujours aujourd'hui le même Monsieur demande aux parlementaires de diminuer leurs "royalties" car surévaluées pour un temps partiel de 35%
Aucun respect des institutions mène à l'abus!
Pendant ce temps-là les mêmes parlementaires qui refusent pour eux, le demande aux patrons qui eux se remplissent les poches trop gracieusement... Ah bizarre comme l'on exige des autres ce que l'on ne veut pas appliquer à soi-même!

Vous remettez cela dans le monde du travail et on arrive aux mêmes exemples.

Alors on continue, et la seule certitude est que l'on va dans le mur, à défaut aux massacres tels qu'on le constate tous les jours.

Et ne croyiez pas que c'est seulement ailleurs, ici tout proche de nous il y a des entreprises, qui ont des mandats pour la Confédération, où ça couvent gravement: les merveilles de Schengen amplifient le problème et se sont les employés qui s'humilient entre eux, il suffira d'une étincelle!!!!!

Écrit par : Corélande | 17 juin 2016

"(...) et ce sont les employés qui s'humilient entre eux (gaspillant ainsi leur énergie!), il suffira d'une étincelle!!!!!"

Il suffira d'une étincelle à condition que les employés en aient ou trouvent en eux la force laquelle, affirmait Edmond Kaiser, "diminue au fur et à mesure que la misère croit"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 17 juin 2016

@Corélande bien dit ! Monsieur Blocher fait partie de cette classe politique qu'on ne voyait que très rarement et beaucoup plus efficace et surtout plus réaliste qu'aujourd'hui
Trop parler nuit dit le dicton en politique on pourra ajouter et trop se pavaner nuit tout autant
Qu'on nous sorte de ce royaumes de Peter/s Pan/s qui ns cessent de planer et fantasmer sur un monde complètement irréaliste

Écrit par : lovejoie | 17 juin 2016

@Corélande

- « Quand on voit que Ch. Blocher demande depuis 2 décennies de retirer la demande d'adhésion à l'UE et que cela se fait seulement maintenant! »

Y'a plein de gens qui demandent des tas de trucs très compliqués qui prennent beaucoup de temps, vous savez. Et quand ils les veulent plus vite, c'est normal que ça coûte plus cher. Alors pourquoi faudrait-il que "Ch. Blocher" obtienne ce qu'il veut plus vite ?

Écrit par : Chuck Jones | 17 juin 2016

- « ... la pudeur interdit ... »
- « Si on devait faire une nouvelle loi chaque fois que quelqu'un est "choqué" on serait condamné de rester à la maison ... »

De la même façon que ... "la pudeur interdit", ... la _politesse_ ... _oblige_.

En suivant un chemin de réflexion parallèle à Monsieur Palmer, il faudrait aussi rester à la maison pour ... _éviter_ de "choquer" ... volontairement ... _ou_ ... _involontairement_ ... parce que l'on a oublié une étape dans le ... code ... ou le _protocole_ ... de la ... politesse, ... sous peine de ... "provoquer" ... une "légitime défense" de la part des personnes que vous rencontrez en circulant ... _physiquement_ ... dans la ... société, ... ces personnes que vous rencontrez pouvant croire que vous leur êtes hostile ... et pouvant vous tuer ... par mégarde ... ou intentionellement.

Eh oui, ... parce que si on a le droit de punir quelqu'un de très impoli, ... ou si on se donne le droit de punir quelqu'un ... il ne faut pas s'étonner que l'on puisse AUSSI __perdre la vie__ ... pour avoir essayé de punir quelqu'un de très impoli, ... qui en plus se permet de se défendre ... parce que vous voulez lui faire du mal, ... ou parce qu'il croit que vous voulez lui faire du mal ... par exemple pour le punir.

Ce qui est très injuste pour les bourreaux parce que, ... après tout, ... ils ne tuent pas par haine ... ou pour le plaisir, ... mais _seulement_ pour l'argent.


Mais, ... pour en revenir à ... la "pudeur" ... un petit extrait de ... "Les Avenues de Fémynie: Les Femmes et la Renaissance" de Madeleine Lazard ...

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La Guerre du Sein

La guerre du sein se poursuivra bien au-dela du XVIe siècle. La Contre-Réforme continuera à stigmatiser les "femmes débraillées", les "seins de feu", pouvoyeurs du diable de la poésie baroque. Du côté des catholiques, on refusera la confession et la communion si les decolletés sont trop généreux. On dénoncera les distractions que les femmes causent à l'église. Les protestants ne seront pas en reste, ils multiplieront les synodes sur les toilettes du XVIe siècle au XVIIe siècle (synodes d'Orléans en 1576, de la Rochelle en 1581, de Vitré en 1620, de Castres en 1626). Les femmes réformées elles-mêmes se joindront à ces protestations: une satire de Marie de Brabant, l'Epitre aux bombancières, s'en prend rageusement à tous les artifices de la toilette féminine, à tous "ces fatras de chambre, bourrelets, attifés, corsets, grands échafauds de patins hauts montés", et pour les condamner va jusqu'à prêter la parole au Seigneur:

Et de votre poitrine allongeant l'ouverture
Je mettrai tout à nu jusques à la ceinture
Votre honte au soleil, s'il vous en reste encore.

Le decolleté qui exhibe le haut du corps féminin fait scandale, le caleçon qui cache le bas va déchaîner toute une polémique. On sait que les dames, jusqu'à la Renaissance, ignorent les dessous. C'est Catherine de Médicis (Brantôme nous l'apprend) qui en inaugura la mode. Passionnée d'équitation et de chasse, elle introduisit en France une nouvelle manière de monter à cheval. ...

http://www.poetesses.fr/brabant-marie-de-femme-du-seigneur-de-bracy-1602
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Et pour en reveir à la politesse ...

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Politesse

"La politesse, du latin politus qui signifie uni, lisse, brillant,jaune regroupe un ensemble de comportements sociaux entre individus visant à exprimer la reconnaissance d'autrui et à être traité en tant que personne ayant des sentiments."
...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sens_de_circulation_%28route%29#Durant_l.27Antiquit.C3.A9

Durant l'Antiquité

La coutume de circuler à gauche peut être retracée jusqu'en Grèce, Égypte et Rome antique : les soldats, principalement droitiers, marchaient à gauche (de même que les cavaliers1), portant leur bouclier et leur fourreau à gauche, afin de pouvoir dégainer leur épée plus facilement. Les conducteurs de chariots roulaient également à gauche, comme en attestent les ornières des routes plus importantes à gauche qu'à droite à la sortie des carrières, le poids des chariots une fois chargés étant plus important2.

Au Moyen Âge

... Personne jusque-là n'avait pensé à réglementer le trafic routier : au milieu du XIIIe siècle, le pape Boniface VIII (1235-1303) conseilla aux pèlerins de marcher sur le côté gauche de la route. Cet édit papal poussa l'Europe à circuler à gauche pendant près de quatre siècles2.
...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Salut_militaire#Historique

Historique

Le salut militaire fut d’abord le signe de paix et de fraternité échangé, de loin, par deux voyageurs qui se rencontraient. En élevant leur main droite largement ouverte, ils montraient l’un à l’autre l’absence d’armes dans leur main.

Écrit par : Chuck Jones | 19 juin 2016

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