08 juin 2016

Revue de presse : Thorez pas dû – Elle a ri Hillary

Si c’est pour aller au casse-pipe, il faut que les femmes et les hommes politiques aient un gros besoin de tenir  une place – si possible la première – pour se présenter aux élections. Le moindre pet de travers est scruté et commenté. C’est le jeu. Mais tout n’est pas utile à l’édification du peuple.


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François Hollande est un candidat parfait pour les bourdes. C’est régulier. Après le tunnel nord-sud du Gothard, qui selon lui reliait l’Europe de l’est et l’Europe de l’ouest, il s’est adressé aux grévistes français.

Pour être entendu de la CGT et entrer un peu plus dans l’Histoire il a même repris une citation célèbre de Maurice Thorez: « Il faut savoir arrêter une grève ». Paroles prononcées en 1936 après les accords de Matignon sur la semaine de 40 heures et les congés payés.

Sauf que… la citation complète se continue par: « … dès que satisfaction a été obtenue ». Ce qui n’est évidemment pas le cas ici. Reprendre cette citation en ne gardant que la première moitié, alors que la CGT, qui connaît Maurice Thorez et le Front Populaire de 1936, pouvait lui envoyer en réponse la deuxième moitié, c’est juste ouf! Fanfrelande vient de donner un message subliminal aux grévistes: « Continuez puisque vous n’avez pas obtenu satisfaction ». Il est vraiment space, Fanfrelande!

T’aurais pas dû invoquer la grande figure de Thorez, Fanfan. Ce n’est pas utile à l’édification du peuple, celui-ci sachant déjà à quoi s’en tenir à ton sujet. D’ailleurs la CGT s’en moque: elle veut que les organisations syndicales soient « entendues et reçues sur leurs revendications et exigences ». 

Le mot exigences les fait bander, je parie!

 

 

 

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Ça, elle montre sa bouche grande ouverte à qui veut bien la regarder. Dès qu’elle a su disposer du nombre de délégués nécessaire pour obtenir l’investiture démocrate, elle s’est fendue de sourires carnassiers. C’est qu’elle a avalé des couleuvres et a beaucoup à venger. Obtenir l’investiture, après la honte publique de l’affaire Lewinsky et l’échec contre Obama en 2008, c’est une grande revanche. Un peu comme si Sarko obtenait l’investiture des Républicains pour 2017.

Mais elle va moins rire quand l’affaire des courriels officiels envoyés depuis son portable personnel, sans sécurité particulière, sera évoquée. Pour briguer la tête de l’État il serait peut-être préférable de se montrer plus prudente. La légèreté de la candidate devrait, elle, servir à l’édification du peuple.

Par contre les révélations diffusées par la presse sur la vie privée de la dame ne nous intéressent qu’à moitié. Je les cite pour signaler ce qui est de l’ordre du privé, et donc de leur non intérêt. Pour être président il faut probablement un caractère bien trempé. Et elle est décrite comme une personne « volcanique et impulsive (…) qui méprise les règles établies ». 

Gary Byrne, ancien garde du corps du couple Clinton, la décrit aussi comme « incontrôlable et parfois violente » avec son mari lorsqu’il était encore président. Bon, jusque là c’est son caractère, c’est son affaire et je m’en fiche. Puis Gary Byrne ajoute que Bill est arrivé un matin avec un « oeil au beurre noir brillant ». C’était en pleine révélation de sa relation avec Monica Lewinsky.

Voilà par contre qui devrait servir à l’édification du peuple. Veut-il que la violence domestique féminine contre les hommes soit placée au sommet de l’État? Paradoxalement, si ces faits sont avérés, ce serait comme envoyer à la poubelle les campagnes féministes biaisées sur le sujet. À moins que l’on ne considère qu’une réaction violente physique est au fond assez normale: la blessure, fût-elle narcissique, est réelle. 

 

 

 

11:56 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : hollande, clinton, hillary, élection, américaine, cet, grève, france | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Concernant H. Clinton :

Ceux qui voteront pour elle, le feront probablement sans aucune illusion. C'est le bon côté d'une candidature de quelqu'un qui s'est déjà beaucoup illustré par le passé. On ne peut pas idéaliser la personne.
Et on peut espérer qu'elle a appris quelque chose de ses erreurs. Cette histoire des mails est vraiment grave et si c'est cela qui l'empêchera d'être élue, tant pis !
Dans le style imprévisible, volcanique et méprisant des règles établies, elle n'est peut-être pas la plus forte ! Elle a encore du chemin à faire, pour rivaliser avec Monsieur Trump ! ;-)))

Je l'ai vue à la télévision ce matin et je me suis dit qu'elle avait un destin vraiment particulier. Elle a un côté très résilient.Et ce n'est pas négligeable.
Elle fait face au monde avec ce mari-là. Elle a réussi le tour de force de se sortir la tête haute d'une situation socialement peu enviable. Arriver à assumer d'être cocu /cocue sans se ridiculiser tient d'un exercice de haut vol.

Au lieu de se faire plaindre comme victime d'un mari volage, elle lui colle une droite ? Je sais que vous préconisez la gifle dans ce cas, mais c'est un geste dont la bonne maîtrise n'est pas donnée à tout le monde.
Moi, je n'exigerais de personne d'y arriver, alors que moi-même, je ne sais pas l'exécuter proprement.
(Attention : je ne justifie aucune violence conjugale, aucune. Je tiens juste à dire qu'elle ne s'est pas posée en victime geignarde.)

A-t-elle profité de ce mari et de sa carrière à lui pour arriver, où elle est ?
Je me pose la question, mais c'est dommage que je puisse le faire.

Écrit par : Calendula | 08 juin 2016

Calendula,

D'accord avec vous sur la résilience de Hillary. C'est bien que vous l'ameniez, j'ai hésité à le mentionner dans mon billet, mais il y avait assez de choses et j'ai pensé que quelqu'un y reviendrait en commentaire.

Elle ne se plaint pas, et c'est à son honneur. Il est vrai qu'elle s'est bien sortie de cette épreuve.

Pour le coup sur l'oeil, s'il est avéré, je relativise. Je pense que des coups dans un couple c'est désastreux, mais dans ces circonstances exceptionnelle j'admets qu'elle a eu besoin d'exprimer son tremblement de terre intérieur par le corps. Pour autant qu'il y ait eu bonne maîtrise du geste.

A-t-elle bénéficié de la carrière de son mari? J'imagine que oui, et pourquoi pas? Je suis gêné par l'aspect dynastique, j'avais fait un billet sur ce thème. Mais la démocratie ne l'empêche pas, alors...

Écrit par : hommelibre | 08 juin 2016

LOL! "Elle ne se plaint pas, et c'est à son honneur."

De quoi? D'être « volcanique et impulsive (…) qui méprise les règles établies », « incontrôlable et parfois violente » avec son mari alors président? Ou de l'avoir boxé: «... oeil au beurre noir brillant »

"Il est vrai qu'elle s'est bien sortie de cette épreuve."

Ben.. en et pour le public! Mais quel enfer pour le pauvre Bill! Un homme soumis?

Écrit par : Patoucha | 10 juin 2016

"Arriver à assumer d'être cocu /cocue sans se ridiculiser tient d'un exercice de haut vol."

Pas à ce niveau Calendula. Ici on ne fait que de la stratégie. Chaque virgule est analysée, les déclarations décortiquées.

Écrit par : Pierre Jenni | 08 juin 2016

Je pense que c'est toujours Hillary qui a porté la culotte au sein du couple Clinton. Elle a poussé son mari à faire une carrière politique et finalement à occuper la présidence parce que l'Amérique n'était sans doute pas prête pour elle. Mais pendant les 8 ans de règne de Bill, elle a toujours participé aux décisions si ce n'est plus.

Sa colère au sujet de Monica, je la vois plutôt comme une frustration devant un acte qui aurait pu lui coûter la suite de sa carrière. C'est une femme de très grande ambition. Aujourd'hui il semble que son heure soit venue. Personnellement, sa présidence ne me dit rien qui vaille. J'en suis presque à espérer une victoire de Trump.

Écrit par : Kad | 08 juin 2016

Tout à fait de votre avis Kad!

Écrit par : Patoucha | 08 juin 2016

Kad votre propos sur la frustration peut être pertinent. Moi non plus elle ne m'inspire rien de très positif, à part sa qualité de combattante. Il faudra voir les confrontations avec Trump. Elle pourra se montrer redoutable. Elle n'a plus de limites. Pour lui je me dis qu'il va peu à peu se montrer autrement. On ne peut être à son niveau de réalisation matérielle rien qu'en jouant le personnage de comics.

Écrit par : hommelibre | 08 juin 2016

On peut s'intéresser à une élection, sans avoir le droit de vote, ni l'expérience du vécu dans un pays.
On se prononce en étant hors-sol, à un niveau assez théorique et sans réelle responsabilité.
Et pourtant,l'élection du président américain nous concerne davantage que l'élection du président de la Confédération helvétique ne concerne les Américains ...
La puissance des USA a des effets concrets sur la politique internationale.

Cela étant posé, je constate qu'il est question (toute proportion gardée) de choisir entre la peste et le choléra. Entre le connu et l'inconnu.
A chaque élection, on fait un pari sur l'avenir, on espère avoir compris la cohérence du candidat et on décide de lui faire confiance.
Dans le cas présent, je me dis qu'on connaît Hillary Clinton, elle est un produit de l'appareil et membre d'une sorte de dynastie. Elle est introduite à l'internationale, pour le meilleur et pour le pire. Son programme est lisible, mais on ne sait bien sûr pas, si elle va pouvoir le tenir ou si elle va même essayer.
Quant à Donald Trump, pour le moment, je ne comprends pas encore son programme, je ne comprends pas ce qu'il peut réellement faire au niveau de ses grands projets "coup de balai", quelle marge de manœuvre il pourrait réellement avoir.
Fait-il semblant de ne pas connaître le système parlementaire ? Table-t-il sur une loyauté aveugle des députés républicains, qui le suivraient dans ses projets, par simple réflexe ?
Franchement, choisir Trump pour emm... les Clinton me semble téméraire, mais choisir Clinton par idéalisme est impossible.
En l'état, si j’avais la carte d'électeur, je m'abstiendrais.

Écrit par : Calendula | 09 juin 2016

Avec l'élection Américaine se posent plusieurs problèmes notamment celui du renouvellement politique Bush Clinton. Mme Clinton et plutôt la filière classique de la politique Monsieur Trump est un indépendant qui c'est associer au Républicain (cela peut donner des idées pour des prétendants pour des futures élections) cependant l'un comme l'autre sont un peut des choix par défaut. Madame Clinton me paraît dangereuse cela c'est vu pour la Crimée mais pas seulement mais elle a beaucoup de cartes en main elle est issu de la filière politique classique et en tant que femme son sexe elle ne va pas hésiter de le faire remarquer elle est assez proche des théories féministes et un soutien médiatique et culturel important. Face à elle Monsieur Trump capable de tout dans ses discours réfléchis comme le contraire assez très direct dans ses phrases pas politiquement correctes et un discours qualifié de populisme, sa marque c'est l'Amérique d'abord au niveau intérieure comme extérieur voir ses déclarations sur l'OTAN. Il a vaincu les différents candidats à la primaire "assez facilement" mais maintenant il va être obligé de faire des compromis. J'espère que sa serra une élection assez serre.

Écrit par : Lafaux | 10 juin 2016

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