04 juin 2016

Quand Hillary insulte Donald ce n’est pas un problème

Depuis des mois la presse éreinte Donald Trump pour ses attaques personnelles dans la campagne des primaires américaines. L’outrance serait sienne, et seulement sienne. C’est faux. Hillary Clinton fait de même. Mais curieusement cela ne semble pas émouvoir la presse.


 

amérique,clinton,trump,obama,guerre,psy,Hillary se profile pourtant comme une candidate mesurée face à Donald Trump, une candidate moralement propre, mais à la manière de la gauche « morale » française: ce n’est que du vent. Sa noblesse morale supposée n’exclut pas l’insulte. Elle vient en effet de traiter ouvertement son adversaire de malade mental:

« Je laisse aux psychiatres le soin d’expliquer son affection pour les tyrans. »

À voir les expressions du visage d’Hillary dans certaines circonstances, je me demande qui est malade mentalement. Et puis, venant d’une responsable politique dont le bilan est accolé à celui de Barak Obama, elle devrait faire amende honorable. Car elle déclare, toujours à propos de Trump:

« … qui ordonnerait à nos soldats de torturer les terroristes présumés, ainsi que leurs familles alors que c’est un crime de guerre… ».

Le procès d’intention est malvenu. Oublions donc Guantanamo... Et oublions les morts par drones: une étude affirme que pour chaque combattant présumé, visé par ces avions sans pilotes, vingt-huit civils meurent. Le meurtre de civils est un crime de guerre. C’est ce qu’a posé comme principe le Statut du Tribunal Militaire International de Nuremberg dans son article 6:

« … l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles… ».

Une partie de l’occident est en guerre contre le djihad islamiste, certes. Et la guerre se mène avec les moyens jugés les meilleurs. Si le djihad frappe de manière imprévisible en occident, par des attentats meurtriers, la réponse des drones est de même nature: invisible et imprévisible jusqu’à leur attaque. Les attentats frappent des populations civiles? Les drones visent les responsables militaires mais touchent aussi des civils. Si c’est un crime de guerre Barak Obama doit rendre son prix Nobel usurpé et passer en jugement, avec Hillary qui fut sa secrétaire d’État et qui a soutenu cette politique.

Tant que cet état de guerre asymétrique durera chacun fourbira ses armes, et chacun se sentira légitimé, les uns par leur idéologie politico-religieuse totalitaire et victimaire, les autres par la défense de la liberté occidentale. Toutefois il faut préciser que la dictature est islamiste, pas trumpienne. Si Donald Trump est friand de provocations, on ne peut le comparer à un dictateur ni lui attribuer l’étrange lenteur démocrate à lutter contre la dictature de Daesh.

Madame Clinton serait avisée de dire cela plutôt que de surfer sur des principes dits humanistes que son propre camp ne respecte pas. La prétendue noblesse morale gargouille de manière trouble. 

 

 

10:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : amérique, clinton, trump, obama, guerre, psy | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

"À voir les expressions du visage d’Hillary dans certaines circonstances, je me demande qui est malade mentalement."
D'accord avec vous, sauf que ce genre de maladie mentale n'est qu'un syndrome nécessaire pour la réussite en politique au niveau ou il se manifeste.

Écrit par : Mère-Grand | 04 juin 2016

Lorsque la gauche insulte, c'est du pain béni, c'est pour le bien et la bonne morale, comme lorsqu'elle s'allie avec les nationalistes dans les années 30 en Allemagne ou comme lorsque staline fait 70 millions de victimes dans d'atroces conditions.

Nous n'allons pas faire une visite complète des génocides et massacres concoctés par la gauche, il faudrait écrire des centaines de pages, de la révolution française à chavez en passant par mao, la liste est infinie.

Seulement, une chose, lorsque la gauche insulte ou massacre des innocents, c'est toujours au nom du bien, en quelque sorte, une nouvelle sorte de pratique religieuse.

Écrit par : Cyrano | 04 juin 2016

Ne jamais oublier que les démocrates se sont battus jusqu'au dernier pour maintenir l'esclavage aux USA et les républicains contre cette saloperie.

Comme c'était la gauche qui avait fait voté la loi en faveur des colonies en Algérie, cela contre la droite en 1850.

Écrit par : Cyrano | 04 juin 2016

Aux USA comme à Genève l'important c'est d'avoir bon genre peut importe les magouilles dont vous êtes l'auteur alors que celui qui crie un peu trop fort est un "poluliste" ce qui est l'injure suprême dans notre république même s'il dit la vérité.

Écrit par : norbert maendly | 04 juin 2016

"Mais curieusement cela ne semble pas émouvoir la presse."

Ce n'est pas curieux puisque la "presse" soutient corps et âme l'autre. Je peux me tromper, mais je pense que Trump va se débarrasser de l'autre comme il s'est débarrasser de Jeb Bush.


"l’étrange lenteur démocrate à lutter contre la dictature de Daesh."

Etrange, vous avez dit étrange?

http://www.veteranstoday.com/2016/06/02/chief-of-the-cias-bin-laden-unit-tells-the-world-that-al-qaeda-never-existed/

Et spécialement la vidéo au bas de la page...

Écrit par : Johann | 04 juin 2016

La question n'est pas que, comme vous le prétendez, qu'Hillary Clinton "insulte" Donald Trump. La véritable question est de savoir comment (a) se profiler face à Trump et (b) comment l'affronter dans les inévitables débats télévisés qui sont à venir si Clinton et Trump obtiennent l'investiture de leurs partis respectifs (ce n'est gagné ni pour l'une, ni pour l'autre).

Cela me fait penser au débat télévisé qui avait à l'époque opposé Le Pen à Bernard Tapie. Ce dernier avait engagé le frontiste borgne dans son seul registre de communication: l'invective, les insultes et les attaques frontales. Il était sorti grand vainqueur de ce "débat".

Indéniablement, c'est ce que Clinton commence à faire - et c'est malheureusement la seule chose à faire, vu le niveau de Trump qui est menteur, insinuateur, pratique l'insulte comme système de communication et ne sait rien en politique sinon titilller les émotions les plus basses et les plus vulgaires de ses partisans...

Bien à vous.

Écrit par : deblogueur | 04 juin 2016

Vous allez écrire des idioties jusqu'à votre mort hommeidiot ? Vous ne croyez pas que vous êtes un peut trop vieux pour vous conduire comme un petit con ?

Écrit par : Marcel | 04 juin 2016

Et vous Marcel, à voir, vous avez aussi de la bouteille et ça ne s'arrange pas !

Déblogueur, sauf que les fachos montrent leurs sales gueules de démocrates ou de gauchos, comme en 1933 !

Écrit par : Cyrano | 04 juin 2016

Le lancer d'insultes est désormais le sport le plus pratiqué et le plus populaire qui soit. Tout le monde peut le pratiquer et se perfectionner sans gros risques.

Franchement, j'ai l'impression d'être tellement habituée à ce que les gens s'insultent dans les commentaires, sur Twitter, sur Facebook,sur You Tube, à la télé, que je trouve Donald et Hillary juste totalement en phase avec leur époque.
Qui peut encore prétendre jouer aux vierges effarouchées ?!?
On n'attend que des insultes, tout le monde est à l'affût de la petite phrase assassine, du trait d'esprit piquant. Je crois qu'on est actuellement au-delà de la morale et des règles de bienséance.
C'est même le contraire qui est devenu désirable et c'est là que Donald Trump arrive à point nommé. Il est à l'envers du politiquement correct, il met les pieds dans tous les plats. Il est l'homme de la situation médiatique du moment. (On déplore souvent que la politique soit si faible face à l'économie est ses impératifs, mais le cas Trump montre que la maîtrise des médias est devenue l'arme la plus redoutable, puisque cet homme arrive à faire croire à ses électeurs qu'il est un génie financier, un self-made man et irréprochable en tout, alors que l'on sait que ce n'est pas totalement vrai. )

Comment se comporter face à un tel rival ? Il faut être très créatif et les autres candidats républicains n'ont pas trouvé la solution. Ils s'en sont pris plein la figure et ont perdu la bataille.
Pour le moment, on ne peut pas dire que Hillary fasse le poids face à Trump, en ce qui concerne la quantité et la qualité d'insultes.
Si l'élection présidentielle des États-Unis doit se décider sur l'unique critère de la capacité à proférer des énormités, à tenir son auditoire en haleine et à le faire rire de "bon" cœur, c'est qu'on est arrivé au bout tragique de l'évolution de la liberté d'expression et d'une certaine forme de démocratie.

Le roman "The Ugly American" de W. Lederer et E. Burdick (1958) décrivait les Américains mal-élevés, bruyants et méprisants lorsqu'ils sont à l'étranger. Ce roman a été une véritable claque pour les Américains de l'époque.

Mais quelque chose a changé entretemps. En fait, beaucoup de choses ont dû changer, pour qu'on en soit à devoir envisager un Trump comme président possible des Etats-Unis.

Là, avec Trump, on a une personnification, en chair et en os, de cette figure du "Ugly American", certes pour une fonction d'abord à l'intérieur de son pays. Mais on ne peut ignorer la dimension internationale, puisqu'il veut rendre les USA grands à nouveau. La politique étrangère des USA concerne beaucoup de nations sur cette planète et je me demande ce que le "great again" impliquera dans la pratique ...

Sans être fan de Hillary Clinton, et sans être encore convaincue qu'elle sera vraiment investie par son parti, je lui souhaite de trouver comment rester digne et imperméable face à cet adversaire brouillon et défoulatoire.
Dans un sens, ce serait plus intéressant d'avoir Bernie Sanders en face de Donald Trump : le vieux monsieur idéaliste, inoxydable, non-spectaculaire et pas bling-bling pour deux sous et qui saurait peut-être démasquer ce clown, en le laissant monter ses tours tout seul, jusqu'à épuisement des munitions.
Mais j'oublie : on n'est pas dans une télé-réalité, on est en campagne électorale. Il se joue quelque chose de très sérieux, ce n'est pas un spectacle, même si en Europe, et partout dans le monde, on est certes réduits au rôle de spectateurs bouche-bées, on ne peut rien faire. Sauf peut-être prendre conscience de ce qu'on ne voudrait pas avoir chez soi, là, où on a une petite chance de peser sur des choix politiques.

Écrit par : Calendula | 05 juin 2016

Personnellement, je vois au moins un intérêt à Trump: il ne représente que lui-même, parce qu'il est capable de financer seul sa campagne. Donc pas de langue de bois, de fausses promesses. On n'est pas forcé d'aimer son style, mais au moins, on n'est pas trompé sur la marchandise.

Par contre, Hillary, on peut penser qu'elle sera dans la même ligne qu'Obama, à savoir que ses promesses électorales seront vite oubliées.

Bon je me réjouis seulement d'une chose: Bill Clinton va peut-être être le premier ex-Président à devenir première dame !

Écrit par : Kad | 06 juin 2016

@Kad,

A mes yeux, le fait que Trump s'auto-finance n'est pas une garantie suffisante pour en faire un bon candidat. Ni même un candidat intéressant. Si j'avais le droit de vote, il faudrait que son projet me semble cohérent et bon pour mon pays avant toute chose.
Sa personnalité ne me séduit pas, et sa liberté de parole ne suffit pas pour faire un programme. Les analystes et tous ceux qui essayent de traduire les propositions de Trump en actes concrets sont perplexes. Peut-être y mettent-ils de la mauvaise volonté ?
Cette façon de voir ( autonomie financière de campagne = pas de fausses promesses) disqualifie d'entrée tout candidat qui ne serait pas multi-millionnaire. Cela a un côté assez embêtant.
Je comprends bien, en quoi le financement d'une campagne par des tiers peut rendre captif ou obliger à ménager quelque susceptibilité ou groupe d'intérêt, comme p.ex. l'orientation d'un parti politique. Il a été démontré que D. Trump n'est pas vraiment un représentant de la ligne politique des Républicains. Ben tant pis ! C'est aux Républicains d'assumer cela.
Mais est-il imaginable, en démocratie, qu'un homme seul puisse prétendre avoir toutes les capacités et toutes les libertés pour diriger un immense pays,( pour ne pas dire l'un des pays les plus importants dans la géo-politique mondiale), juste parce qu'il a les moyens financiers pour payer sa campagne et qu'ainsi, il n'a de comptes à rendre à personne ?

Certes, s'il emporte ces élections à la loyale, il peut dire qu'il est l'élu du peuple et nous devrons accepter que la majorité des votants américains nous l'impose comme leur leader.

Que pensez-vous du financement de la campagne de Bernie Sanders ? D'après ce que j'ai compris, des milliers de personnes ont contribué de petites sommes. Est-ce que Sanders est obligé de faire de fausses promesses ? Est-il moins crédible que Trump, pour autant ?

Écrit par : Calendula | 06 juin 2016

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