21 mai 2016

Cogestion des entreprises et salaires des patrons : le populisme de gauche

Une tendance forte s’affirme actuellement en France, dans ces semaines et ces mois troublés. Une cible est désignée: les patrons. On a vu par exemple deux jeunes femmes présenter des pancartes sur lesquelles on peut lire: « Sous le pont d’Avignon on y pend tous les patrons ».


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Deuxième degré, me dira-t-on. Oui. Mais quand-même l’ambiance est là. Le simple fait de désigner une catégorie sociale et de la dénigrer n’est pas du racisme mais ça y ressemble dans la mesure où l’on vise sans nuances l’ensemble de cette catégorie. 

François Hollande déclarait en 2012: Je n’aime pas les riches. La France était dressée contre elle-même dès le premier jour. Pour un président normal et se voulant apaisant, cherchez l’erreur. 

En 2008 le parti socialiste publiait une déclaration de principes. À part bon nombre de banalités cette déclaration mentionnait un choix décisif et fort:

« Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux. »

Le renversement du système économique a donc été officiellement abandonné et la logique libérale introduite dans l’ADN socialiste français. Enfin, en principe. Ceux qui ont voté PS en 2012 étaient censés le savoir. Ils n’ont donc rien à dire aujourd’hui sur l’orientation réformiste et libérale de l’équipe au pouvoir. La contestation par les frondeurs et autres ultra-gauche dans la rue est en retard d’une bataille. Ils devaient s’opposer au gouvernement bien en amont puisque ce virage libéral était pris depuis 2008.

 

 

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Cependant si le gouvernement va en partie dans le sens de l'économie de marché, ce qui lui vaut d’être taxé de droite par son aile gauche, le libellé du principe contient encore une menace sur une liberté fondamentale, même un droit fondamental: celui d’entreprendre.

Ce risque prend forme ces jours avec l’appel entendu encore hier soir chez Taddeï à une cogestion des entreprises. Et même à une participation des syndicats au Conseil d’Administration. Tout cela à cause du salaire de quelques grands patrons. Il faut une cible, un bouc émissaire, ce sont donc eux. C’est facile, l’imagerie enfantine du socialisme a déjà planché sur le sujet.

La grande majorité des patrons sont de petits patrons, qui bossent dur, qui ne gagnent pas des millions, qui prennent des risques, qui y laissent parfois leur vie privée. Alors la moindre décence des intégristes de gauche serait de nuancer leurs propos.

La cogestion c’est la participation des employés et travailleurs par le biais de leur représentants élus, aux décisions de l’entreprise. C’est encore un hold-up. Celui qui crée son entreprise prend des risques, il est normal qu’il en ait les avantages s’il y en a. La régulation proposée par la puissance publique et par les partenaires sociaux, est un concept dangereux dans la mesure où il donne à l’État et aux syndicats des droits sur l’entreprise. 

 

 

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Quand on connaît certains syndicats en France, mieux vaut se flinguer que de leur donner ce droit exorbitant et dont la légitimité n’est pas établie, sauf par un gouvernement dictatorial. Bien sûr la CGT, en perte de vitesse, joue son va-tout sur le désordre ambiant. 

Manuel Valls et Fanfrelande sont en phase sur l’idée de légiférer sur les salaires des patrons. Emmanuel Macron, lui, dit le contraire. Valls insiste. Le gouvernement socialiste veut donc limiter, contrôler, contraindre.

Ce coup de force réussira-t-il? Il reste peu de temps à cette équipe, qui cherche probablement à faire revenir les électeurs de 2012 dans son giron. Comment? Entre autres en reprenant quelques thèmes-symboles. Dont la haine des patrons.

Mais comment des gens qui ne connaissent rien à l’entreprise et qui gouvernent comme des singes ivres, peuvent-il prétendre faire la loi là où cela ne le regarde pas? Hollande n’a jamais travaillé; Valls, ancien de l’UNEF et apparatchik du PS depuis ses 17 ans, pas plus. Et ces gens veulent donner des leçons de morale financière.

Une loi sur les salaires des patrons devrait logiquement, au nom de l’égalité des citoyens, être accompagnée d’une loi sur tous les salaires. Il ne resterait qu’à nationaliser et à jeter la démocratie aux orties.

Cette tendance gauchisante est actuellement forte en vue de 2017. Certains veulent matraquer les vieux thèmes populistes et démagogiques de gauche pour dire qu’ils en sont encore, de cette gauche.

Qu’ils créent donc leur propres entreprises. Après quelques années on en discutera.

 

 

 

15:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : gauche, patrons, salaires, cogestion, entreprise, valls, hollande, macron, riches | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Cher hommelibre,

- « Et même à une participation des syndicats au Conseil d’Administration. »

- « La grande majorité des patrons sont de petits patrons, qui bossent dur, qui ne gagnent pas des millions, qui prennent des risques, qui y laissent parfois leur vie privée. »

Oui, bien sûr. Mais quand vous parlez de la "grande majorité des patrons", donc les "petits patrons" ... est-ce bien la _même_ "grande majorité des patrons" qui doivent rendre des comptes à un _conseil d'administration_ ?
Parce que si les "petits patrons" ne doivent pas rendre des comptes à un _conseil d'administration_ ... pourquoi est-ce _important_ de parler alors des "petits patrons" dans un billet titré "Cogestion des entreprises et salaires des patrons" ?

- « La cogestion ... C’est encore un hold-up. Celui qui crée son entreprise prend des risques, il est normal qu’il en ait les avantages s’il y en a. »

Généralement, quand un "patron" a des "avantages", et _doit rendre des comptes à un conseil d'administration_, c'est parce que ... ce même conseil d'administration a décidé d'accorder ses "avantages" au "patron", même quand ce patron est "petit", et quand le "patron" est "celui qui crée son entreprise" et "prend des risques".

Alors si le "patron" est victime "encore d'un hold-up" après l'entrée de représentants syndicaux dans le conseil d'administration, c'est parce que ce même patron a déjà été victime "d'un hold-up" avant l'entrée de représentants syndicaux dans le conseil d'administration, ce qui laisse supposer que ... le patron risque "un hold-up" parce qu'il a des "avantages" d'être "patron", peut-être même des "avantages" pas accordés par le conseil d'administration, ou parce qu'il prend des risques.

Écrit par : Chuck Jones | 22 mai 2016

Je veux te répondre à mon tour à toi l’étudiante / l’étudiant qui veut « tuer les patrons ». Moi je suis un patron comme les trois millions d’autres patrons en France.
Je suis le même que tous ces patrons qui se couche le soir sereinement. Je suis un de ceux qui dorment bien la nuit, tranquille, serein sans se poser de questions, sans se faire soucis et en écoutant le premier venu sans réfléchir.
Tu l’auras compris tout ça n’est que sarcasme : le stress qui anime chaque patron, chaque jour, qui crée des ulcère à l’estomac, de l’angoisse, des insomnies est très difficile à supporter. Parfois j’ai envie de tout abandonner et de passer du côté des employés, mais je regarde autour de moi tous mes collaborateurs qui font des enfants, qui achètent des appartements, qui font des projets, qui s’amusent et je me dis que je n’ai pas le droit, je ne dois pas baisser les bras. Alors je continue et j’espère que la nouvelle génération va nous aider à trouver des solutions.
Je compte sur ces étudiants qui ont le temps de penser à leur avenir, ces étudiants qui ont le temps de faire une pause.
Et toi étudiante qui a fait des études qui est censée être plus intelligente que nous, du moins c’est ce que j’espère parce que sans toi l’avenir n’existe pas., Es-tu sûre de t’adresser aux bonnes personnes ? es-tu sûre que tuer quelqu’un est une bonne solution ?
Es-tu allée en cours d’histoire où l’on parle de la guerre, la vraie pas la virtuelle, celle qui a fait des millions de morts parce que soi-disant une caste était supérieure à l’autre. n’as-tu rien retenu des erreurs du passé ? as-tu envie de revivre le même schéma ou veux-tu faire évoluer les choses dans le bon sens ?
Moi patron je tiens bon, chaque jour. Chaque jour j’ai envie de crier mon mécontentement contre des choses qui me paraissent injustes. Mais malheureusement je n’ai pas ce loisir parce que je suis patron, mes responsabilités envers mes collaborateurs et la société m’interdissent ce genre d’écart. Tout ce que j’espère de toi, c’est que tu ne perdes pas ton temps en cherchant le chaos mais que tu prennes du temps pour nous aider, nous, êtres humains, à trouver des solutions pour notre avenir.
Alors arrête de te faire mener par le bout du nez par des gens qui ne veulent qu’une chose, le pouvoir à tout prix. Ne laisse pas une poignée de manipulateur te dicter ta conduite, ne les laisse pas gagner. Observe par toi-même, raisonne par toi-même, regarde par toi-même et comprend comment marche le système. Fais partie de ce système et alors tu pourras te battre intelligemment et tu pourras faire avancer les choses. A ce moment-là, au lieu d’avoir des ennemis, tu auras des alliés pour trouver des solutions.

Prend conscience que l’avenir c’est toi!

Écrit par : henri itali | 22 mai 2016

Beaucoup de blabla de votre part alors que le but du gouvernement est de limiter les salaires du cac40, pas des petits patron.
La stabilité d'une société passe par une limitation des injustices.
Le salaire des patrons de grand groupe ne colle plus à la réalité de l'entreprise, et pour bon nombres de citoyens, cela est devenu insupportable.

Tout un article parce que vous n'aimez pas les socialistes en brandissant la pancarte de la liberté. La liberté totale, c'est l'anarchie et la violence. Il faut des règles pour que les plus faibles aient accès à la liberté que les forts ne veulent pas donner, mais au contraire veulent la garder tout seul pour eux.

Le gouvernement français va dans le même sens que les citoyens suisses qui ont voté largement pour le contrôle par les actionnaires des salaires des patrons.
Un patron qui s'octroie son propre salaire sur le dos d'une entreprise qui ne lui appartient pas, c'est une liberté totale qui ne peut pas être toléré.

Là où je vous rejoins, j'imagine mal comment édicter des règles pour un montant maximum. La majorité actionnaires par majorité au 3/4, devrait pouvoir décider du salaire, incluant les bonus et autres avantages.

Écrit par : motus | 22 mai 2016

Porter une loi sur les salaires des patrons même si cela peu paraître normale toutefois rien que le fait de faire une loi meu dérange un peu et d'ailleurs pourquoi uniquement les patrons (joueurs de foot, cadre,..)
Ici un article qui en parle également avec leur fortune : http://www.jeanmarc-sylvestre.com/2016/05/03/salaire-de-carlos-ghosn-mais-pourquoi-bercy-semploie-autant-a-ternir-limage-de-renault#more-

Une petite parenthèse il est intéressant le silence quant à l'adoption de la résolution n°6 chez Renault pourtant sous "les projecteurs".

« Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux. »
Tout est une question de choix, de proportion mais entre un socialiste dit de droite ou de gauche ils ont un ADN commun.

Écrit par : Lafaux | 23 mai 2016

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