18 mai 2016

Sur le dos d’un zèbre

L’histoire du jour est hyper courte. Et très délicieuse à mon goût. La séquence se joue pendant la diffusion d’un téléjournal. On y parle de startup, et de l’une en particulier qui propose des animations d’anniversaire pour les enfants.

 


enfants,conflit,synthèse,JT,lion,zèbre,Pour être compétitive cette jeune entreprise diversifie ses offres. Elle propose par exemple de fêter son anniv’ dans un parc animalier. C’est canon, ça. Vous dites à vos copains que vous avez mangé votre gâteau sur le dos d’un zèbre, vous gagnez des points dans l’ascenseur social des enfants!

Justement, un groupe d’enfants est interrogé sur cette visite-anniversaire dans un parc français. Deux enfants de six ans sont à l’écran. Le journaliste demande ce qu’ils ont aimé dans le parc. Le premier enfant répond avec une sorte d’autorité:

– On a préféré les lions.

Son on englobant l’ensemble du groupe, le deuxième enfant rectifie et réplique:

– Non, on a préféré les singes.

Le premier marque un très petit temps puis reprend:

– Non, on a préféré les lions.

– Non, dit le deuxième, on a préféré les singes.

Cette fois le premier semble déstabilisé et marque une hésitation. Il regarde vers son copain, puis revient vers le micro et offre spontanément cette réplique qui pourrait passer à la postérité:

– On a préféré les deux.

 

Belle intelligence de l’enfant qui, bien qu’en désaccord avec son copain, évite un conflit peu utile, ne renie pas ses propos, inclus ceux de l’autre, et s’en sort sans que personne ne soit perdant.

 

Je remets ce petit dialogue sans commentaire: 

– On a préféré les lions.

– Non, on a préféré les singes.

– Non, on a préféré les lions.

– Non, on a préféré les singes.

– On a préféré les deux.

 

Délicieux.

 

 

08:51 Publié dans Divers, Humour | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : enfants, conflit, synthèse, jt, lion, zèbre | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Merci pour cette belle anecdote; un exemple que devraient suivre tant et tant...

Écrit par : colette | 18 mai 2016

Merci à vous Colette.
Cette anecdote vaut un livre de philosophie, je trouve!
:-)

Bonne soirée.

Écrit par : hommelibre | 18 mai 2016

La séquence est ici à 22:40.

On peut aussi le voir de manière plus individuelle:

Je trouve que l'enfant qui parle en premier et préfère les lions a un peu l'aplomb du lion. Il affirme et se retrouve d'aplomb quoi qu'il advienne.

L'autre a plutôt la mobilité du singe dans le corps et le visage. Sa vivacité est plus proche de celle du singe que de celle du lion.

Écrit par : hommelibre | 18 mai 2016

Oups...
Séquence:

http://lci.tf1.fr/jt-20h/videos/2016/le-20-heures-du-17-mai-2016-8741587.html

Écrit par : hommelibre | 18 mai 2016

Cher hommelibre,

- « Belle intelligence de l’enfant ... »

Tiens ... Pourquoi "l'enfant" ... et pas ... "cet enfant" ... puisqu'il y en a "deux" ? Ca doit être un détail sans importance. Une figure de style ? A l'essentiel, d'abord.

Comme les "belles" promesses n'engagent que ceux qui y croient, une "belle intelligence" n'engage que ceux qu'elle séduit. Certains pourraient dire que la notion même "d'intelligence" est _surfaite_, pas très objective, voire ... _personnelle_.

Alors, qu'y a-t-il de si remarquable dans l'intelligence de "l'enfant" de 6 ans, et qui mérite autant d'admiration ?

- « Deux enfants de six ans sont à l’écran. Le journaliste demande ce qu’ils ont aimé dans le parc. »
– « On a préféré les lions. »
– « Non, on a préféré les singes. »

Confondre ... "aimer" et "préférer" ?
Confondre ... "on" et "moi", ... ou confondre "nous" et "moi" ?

– « On a préféré les deux. »

Ah ! "L'enfant" de 6 ans sait que les "lions" ... c'est pas la même chose que les "singes". Une manifestation certaine ... d'une certaine intelligence.

- « ... bien qu’en désaccord avec son copain, ... »

Ainsi, il n'est pas _en accord_ avec son copain. Qu'est-ce que cela indique ? Qu'il pense _différemment_ ? Qu'il n'est pas un robot ? Qu'il a déjà développé une certaine _personnalité_, ... et des opinions ? En somme, rien qui n'est pas ... très normal ... pour "un" enfant de 6 ans.

- « ... évite un conflit peu utile, ... »

Aussi bien que Obama, président des Hue-Ess-Ahh et Prix Nobel de la Paix ? Ou faut-il croire que Obama, ou Fanfrelande, ne sont pas plus intelligent que "l'enfant" de 6 ans ?

- « ... ne renie pas ses propos, ... »

Parce qu'il aurait dû ? Parce qu'il s'est abstenu ? Parce que c'était pas vraiment "utile" ? Pas vraiment important ? Ou ptet parce que ... "renier" ... ou "propos" ... sont un peu difficile pour un enfant de 6 ans à comprendre ?

- « ... inclus ceux de l’autre ... »

... dans les siens.

Oui, ça arrive quand on fait la confusion entre les "propos" ... et les _idées_. Par exemple, quand on mélange de l'huile à de la vinaigrette, ou du vinaigre à de la vinaigrette. Dans les deux cas on obtient ... de la vinaigrette. Mais attention, si en mélangeant de l'huile à de la vinagrette, vous voulez obtenir de l'huile (par exemple ... les intégristes de l'huile), il faut inclure beaucoup d'huile. C'est la même chose si en mélangeant du vinagre à de la vinagrette, vous voulez obtenir du vinaigre (par exemple ... les intégristes du vinaigre), il faut beaucoup de vinaigre.

C'est une question de ... _pureté_ ... du produit que l'on obtient en mélangeant de l'huile et du vinaigre. Maintenant, certains diront que l'huile et le vinaigre, c'est tout la même chose ... de la vinaigrette. Généralement, ce sont les mêmes qui trouvent que manger de la salade assaisonée à l'huile c'est tout aussi délicieux que de la salade assaisonée au vinaigre puisque pour eux, ils font pas la différence. C'est compliqué, hein ? Ptet qu'on pourrait demander à "l'enfant" de 6 ans avec la "Belle intelligence" de nous expliquer ? Ou à Madame Vallette ?

- « ... et s’en sort sans que personne ne soit perdant. ... »

Ah ben ... un propos-devinette ! "Sorti" de quoi ? Euh ... voyons ... Du "conflit" qu'il a évité (un peu plus haut) parce c'était "peu utile" de marcher dedans ? Ou est-ce qu'il l'a évité parce qu'il a vu le "conflit" avant de marcher dedans et qu'il a eu peur ? Et son copain ? Lui aussi il a évité de marcher dedans parce qu'il a eu peur ? Ou lui aussi, il a pensé que c'était "peu utile" de marcher dedans ? D'ailleurs, ... croyez vous qu'il est "utile" d'avoir _peur_ ? Et croyez vous qu'on peut avoir _peur_ sans voir avec ses yeux quelque chose qui fait peur ?

Mais tout cela finit bien, puisque personne n'a "perdu". On ne sait pas trop quoi (un rien ?), mais comme c'était à la télé, ca devait probablement être quelque chose de très important.

Écrit par : Chuck Jones | 19 mai 2016

Chuck, vous poussez un peu le bouchon, non?

- L'enfant ou cet enfant? Vous avez compris de quel enfant je parlais, ma phrase est explicite.

- Par Belle intelligence je veux dire que le premier enfant s'adapte à la situation. Il a peut-être intégré un code télé: il faut aller vite sinon ça coupe. Sa capacité à trouver sa réplique finale est particulièrement rapide. J'imagine l'intensité des connexions de neurones à cet instant!

- Ce qui pour moi est admirable est justement cette adaptation et cette capacité à modifier son affirmation sans blesser personne.

- Le désaccord indique surtout qu'ils ne se sont pas mis d'accord sur l'animal préféré avant d'être interrogés par le journaliste. Ou que le premier enfant a cru de bonne foi que tous ou une bonne partie préféraient les lions. Ce n'est pas le désaccord qui est important, c'est la manière qu'a le premier enfant de le gérer.

– Aimer ou préférer, cela me semble de peu d'importance ici, l'enfant répond spontanément à sa manière. Son "on" est généralisateur, il vaut pour "nous", sinon il aurait dit "je".

- Sur la question de "se renier" et "d'éviter le conflit inutile" je ne vois rien d'autre à en dire.

- S'en est sorti: oui, car il y avait une situation qui partait pour être peut-être bloquée après que chacun ait affirmé autre chose que l'autre.

Personne n'a perdu. C'est bien parfois quand cela se passe ainsi. Par rapport à des comportements très réactifs, ici l'enfant a produit en un instant une synthèse que je trouve admirable dans cette circonstance. Quel à-propos!

Écrit par : hommelibre | 19 mai 2016

Cher hommelibre,

- « Chuck, vous poussez un peu le bouchon, non? »
- « L'enfant ou cet enfant? Vous avez compris de quel enfant je parlais, ma phrase est explicite. »

Ben ... oui pardonnez moi, j'ai pas voulu le pousser aussi loin. Je suis juste un peu curieux et je ne comprends pas pourquoi vous avez choisi d'écrire "l'enfant" et pas "cet enfant". Essayez vous de me dire que l'enfant" et "cet enfant" ... c'est la même chose ?

- « Par Belle intelligence je veux dire que le premier enfant s'adapte à la situation. ... »

"S'adapte à la situation", vous voulez dire qu'il a _adapté sa réponse_ ... oui ? ( ou est-ce qu'il a adapté autre chose ?) ? ... Mais alors, pourquoi "l'enfant" a-t-il cru _devoir_ ... _adapter sa réponse_, ... pour quel besoin ?

C'est difficile de s'adapter, ... je veux dire ... plus difficile que ... de _ne pas s'adapter_ ... quand on a pas besoin de s'adapter, ... même quand on a une "Belle intelligence", êtes vous d'accord ?

- « Ce qui pour moi est admirable est justement cette adaptation et cette capacité à modifier son affirmation sans blesser personne. »

En quoi est-ce que dire quel est son animal préféré est blessant ?

- « Le désaccord indique surtout qu'ils ne se sont pas mis d'accord sur l'animal préféré avant d'être interrogés par le journaliste. »

Euh ... bon ... Après tout, pourquoi pas ? Mais quand vous écrivez ... "ils ne se sont pas mis d'accord" ... est-ce parce qu'ils auraient _dû_ se mettre d'accord ? Ou c'est une habitude des enfants de 6 ans de se mettre d'accord sur les réponses à de questions qu'ils ne connaissent pas à l'avance ?

- « Ou que le premier enfant a cru de bonne foi que tous ou une bonne partie préféraient les lions. »

Oui, on ne va tout de même pas mettre en doute la bonne foi d'un enfant de 6 ans. Moi j'avais cru que ... ce que le premier enfant a cru de bonne foi ... c'est ce que le journaliste lui avait demandé ... quel était son animal préféré ... à lui ... à "l'enfant". C'était pas ça la question ?

- « Ce n'est pas le désaccord qui est important, c'est la manière qu'a le premier enfant de le gérer. »

Euh ... là aussi je ne comprends pas très bien. Si le "désaccord" n'est pas important, quel besoin de le gérer ? C'est compliqué de ... "gérer"! Ca demande un tas de connaissances. Si c'était facile ... tout le monde aurait une "Belle intelligence". Comme d'aller pêcher, vous ne croyez pas ?

– « Aimer ou préférer, cela me semble de peu d'importance ici, l'enfant répond spontanément à sa manière.

Euh ... bon. Si on veut alors. Est-ce que ca explique pourquoi l'enfant _n'a pas besoin d'adapter sa réponse à la question ... mais à la situation ?

- « S'en est sorti: oui, car il y avait une situation qui partait pour être peut-être bloquée après que chacun ait affirmé autre chose que l'autre. »

Ben ... ça aussi je ne comprends pas! Si la situation ... donc le "désaccord" ... est bloquée, ... est-ce que c'est justement pas une _bonne_ chose, ... puisque si elle est bloquée, la situation ne peut pas évoluer ... en "conflit" ?

- « Personne n'a perdu. C'est bien parfois quand cela se passe ainsi. »

Euh ... pardonnez moi d'insister, s'il vous plaît ... mais "perdu" ... _quoi_ ?

Écrit par : Chuck Jones | 20 mai 2016

eh Chuck Jones, tu fais aussi l'amour en te triturant les émisphères pour savoir si ça passe "par la gauche"-ou__-..."la_couille_droite_",

ou t'arrives à baiser en même temps si le/la baisé/ée ralenti le tempo?

Écrit par : divergente | 20 mai 2016

MDR MDRR Je suis pliéeeeeeee! Merci divergente pour ce moment de fou rire :)

Bon week-end,

Bon week-end hommelibre, et bonne chance avec le fumeur de moquette _......_ LOLLLLLL

Écrit par : Patoucha | 20 mai 2016

@divergente

Euh pas vraiment. Trop compliqué. Et j'ai pas trop besoin de réfléchir pour ça.

Écrit par : Chuck Jones | 20 mai 2016

@divergente

- « tu fais aussi l'amour en te triturant les émisphères pour savoir si ça passe "par la gauche"-ou__-..."la_couille_droite_" »

- « MDR MDRR Je suis pliéeeeeeee! Merci divergente pour ce moment de fou rire :) »

Meeeuuuuu-euuuUUUHHH Vous voyez ? Y'a vraiment pas besoin de réfléchir !

Écrit par : Chuck Jones | 20 mai 2016

@ Chuck:

- L’enfant ou cet enfant: voyez-y alors une manière stylistique. Le doute sur quel enfant ne devrait pas exister puisque cela suit un paragraphe où il est question du premier enfant et de sa dernière réplique. Ensuite le contenu du paragraphe désigne bien de quel enfant il s’agit. Je ne vois vraiment pas ce que vous cherchez de ce côté.

- S’adapte à la situation: par ses paroles il adapte spontanément sa posture cognitive. Pour quel besoin? Celui qui est apparent est de ne pas entrer en contradiction avec son copain. Cela fera bouger ses certitudes puisque dès lors il accepte, selon ses propres mots, qu’il y ait eux des préférences variées, au moins deux.

- S’adapter, est-ce difficile? Cela dépend, j’imagine, de ce à quoi il faut d’adapter et de la nécessité qui nous y pousse. Et des capacités de chacun a préserver une part de souplesse intellectuelle.

- Ce qui est blessant, éventuellement, ou excluant (ce qui peut blesser) est que son copain ne soit pas représenté dans la définition de l’animal préféré. Insister dans la même ligne aurait conduit à une forme de rapport de force sur un désaccord insoluble si l’on n’accepte pas que l’autre existe avec son avis différent.

- La question du journaliste étant coupée à l’antenne, il a pu demander ce qu’ils avaient aimé ou préféré. Ce qui compte est la réponse du premier enfant: globale et non individuelle. Ce qui entraîne la correction de l’autre enfant.

- Quand j’écris que ce n’est pas le désaccord qui est important mais la manière de le gérer, cela n’élimine pas le fait du désaccord. Il faut donc le gérer et c’est ce sur quoi je mets l’accent. J’aurais aussi pu écrire un billet sur le fait que le premier enfant a spontanément (peut-être) répondu pour tous, et sur le fait que nous ne vérifions pas toujours le degré de consensus entre nous et d’autres personnes. C’est compliqué de gérer, parfois oui en effet, et cet enfant nous donne une démonstration de gestion rapide et efficace.

- Sur l’adaptation à la situation plutôt qu’à la réponse, je ne vois pas bien ce que vous voulez dire.

- Situation bloquée… mais Chuck, je ne peux quand-même pas faire votre éducation littéraire et intellectuelle! Je n’en ai ni l’envie ni la compétence. Mais il me semble que « situation bloquée » est une expression dont le sens est généralement connu de tous. Et une situation bloquée peut évoluer en conflit parce qu’elle est bloquée, justement.

- Personne n’a perdu: personne n’a perdu la face, ni le premier enfant ni son copain. Cependant cela n’est que spéculation de ma part car j’ignore comment ces deux enfants ont vécu ce moment.

Écrit par : hommelibre | 23 mai 2016

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