09 avril 2016

Prostitution (3 et fin) : contrôler la sexualité masculine

Les abolitionnistes ont détourné et réécrit l’histoire d’Adam et Ève. Dans cette version contemporaine la femme reste la tentatrice. Et l’homme sera puni s’il consomme. Comme dans la bible. Non, non, rien n’a changé…


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J’adhère à une lecture non féministe de cette légende biblique des origines: pour moi la femme n’est pas fautive de la chute de l’homme. Elle est même plutôt audacieuse. En réalité les deux, Adam et Ève, sont co-responsables d’avoir mangé la pomme. Adam n’a pas été forcé. Dans la Genèse les deux furent punis sévèrement, signe d’une sorte d’égalité de traitement.

Aujourd’hui, dans certains pays dont la France depuis cette semaine, la prostituée reste libre de pratiquer et de tenter des hommes. Seul l’homme est puni s’il consomme. Curieuse conception de l’égalité et du droit, et grossière incohérence.

Cela s’inscrit dans un plan à long terme. Le but est manifestement d’encercler l’homme. Tout le discours le démontre. Jusqu’au plus haut niveau des gouvernements personne ne parle des prostitués masculins, ni de co-responsabilité. 

Les personnes prostituées ne seraient-elles pas des humains respectables, libres et autonomes? Ne sont-elles que des prétextes pour déployer à large échelle l’idéologie sexiste au pouvoir?

On a vu précédemment comment la loi aggrave la situation des  prostitués femmes et hommes. Voyons encore ceci, puis ce qu’il en est des hommes. 

 

 

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Le discours féministe, simpliste et binaire, ne peut produire que la haine et l’exclusion. Contre les prostituées en premier lieu: elles font tache dans leur paradis. C’est l’implicite du discours féministe. Les femmes qui se prostituent devraient donc être jugées et condamnées dans leur conception d’un monde pur. 

Mais entre elles, elles ne se jugent pas. L’astuce est de les présenter comme des victimes: victimes des hommes, victimes de l’obligation de travailler pour vivre, et de subir l’hypothétique violence masculine généralisée. Pourtant, à entendre les propos de prostituées, les clients sont plutôt réservés, souvent timides, en général respectueux. Rien à voir avec des prédateurs.

Derrière cette victimisation l’objectif réel des féministes est la mise sous tutelle du désir et de la sexualité masculine. Du moment où la théorie condamne le coït en l’assimilant au viol, la messe est dite. Par exemple, Christine Delphy, relayée sur un blog, dit ceci:

« … l’avortement, c’est ce qui va rendre toutes les femmes disponibles à tous les hommes. [...] Une des excuses que les femmes pouvaient fournir pour ne pas coucher avec un mec c’était qu’elles ne pouvaient pas être enceinte. (…) Or, aujourd’hui, la pilule et l’avortement font que nous n’avons plus ce moyen de négociation possible, nous n’avons plus d’excuses pour refuser le coït aux hommes. »

Idéologie pure ou fantasme paranoïaque: pourquoi donc une femme sous contraception ne pourrait-elle plus dire non à un homme? Toutefois cette remarque appelle un constat fort: la différence de rôle, de comportement et d’éducation entre les femmes et les hommes a eu une raison non discriminante. C’est une protection pour les femmes contre les grossesses non désirées, et l’on peut supposer que ce point a dû être majeur, fondateur dans la construction culturelle des sociétés humaines.

 

 

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Pourquoi montrer les femmes comme de petites choses taiseuses, au visage baissé et renfrogné, esclaves d’un salaud? Pour désigner l’homme à la vindicte et au législateur. Qu’il s’agisse de violence conjugale, du nombre invérifiable des viols, des consentements successifs dans une relation sexuelle, du refus de la pénétration sexuelle, des fausses accusations d’ordre sexuel en progression constante, il s’agit de circonscrire les hommes, de les menacer et de les culpabiliser. La culpabilité marche bien avec eux.

Mais elle ne suffit pas: certains hommes ont l’audace d’être fiers d’être hommes. Ils sont imperméables à la culpabilisation et au discours victimaire, et favorables à l’égalité réelle. La loi doit contrer leur audace. C’est une des armes utilisées contre les hommes aujourd’hui. On veut contraindre les hommes à se soumettre, à faire profil bas, à avoir peur d’une dénonciation fabriquée de viol conjugal ou d’agression.

Il n’y a guère que dans le porno où l’usage commercial des corps et du sexe ne semble pas déranger nos Gorgones. Du moins n’ont-elles pas encore le pouvoir de l’interdire. Mais elles y viendront. Parce que les acteurs hommes s’en donnent à coeur joie sans passer par les fourches caudines de la censure. 

De plus en plus d’hommes renoncent désormais à entretenir une relation de couple et à avoir des enfants. C’est le courant MGTOW, Men Going Their Own Way (vidéo ci-dessous). Ils ont des rencontres occasionnelles et s’arrêtent là. Ils n’ont plus envie de s’engager dans une relation où tout leur montre que le risque de tout perdre (enfant, argent, liberté, dignité) est très élevé.

Faut-il désormais conseiller aux hommes de devenir acteurs porno pour vivre leur sexualité? Au moins, ils ne risquent pas d’être accusés à tort…

Ou bien faut-il chanter: Ève lève-toi contre l'oppression féministe?

 

 

MGTOW vidéo:

 

 

 

15:26 Publié dans Féminisme, société | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : prostitution, abolition, france, loi, criminalisation | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Selon la nouvelle loi la femme n'est toujours pas maîtresse de son corps. On punit l'homme qui consomme comme si la femme ne peut être qu'une victime sexuelle. L'Etat avoue son incapacité à agir contre les vrais coupables qui sont les proxénètes alors il choisi la solution de facilité qui est celle de punir le consommateur. C'est comme avec la drogue à la différence prêt que les deeleuses de sexe n'envoient pas leurs client vers une déchéance certaine. Contrairement à ce que veulent nous faire croire les défenseurs de cette loi ce n'est pas la faiblesse des femmes qui est au centre du débat mais la faiblesse de l'Etat face à la criminalité. Les hommes continueront à consommer en cachette n'importe où n'importe comment avec n'importe qui et les salopards qui exploitent les femmes qui n'ont pas choisi d'exercer cette activité continueront de narguer la justice comme il l'on toujours fait.

Écrit par : norbert maendly | 09 avril 2016

@ Norbert:

"L'Etat avoue son incapacité à agir contre les vrais coupables qui sont les proxénètes": je le pense aussi.

Écrit par : hommelibre | 09 avril 2016

D'ailleurs l'État français lui-même reconnaît le vide sécuritaire, dans l'argument même de la loi: il y aurait selon lui tant de femmes sous l'emprise des réseaux (comment les ont-ils comptés?) que manifestement rien n'a été fait et que rien ne sera fait dans l'avenir. Une belle balle dans le pied. Le prétexte victimaire rend bête. Ou inattentif...

Pourtant, s'ils peuvent donner un chiffre, c'est qu'ils connaissent les réseaux...

Écrit par : hommelibre | 09 avril 2016

Je viens tout juste de voir l'émission « on n’est pas couché » avec en invité "Caroline De Haas" c'est du haut niveau sur le sujet de la prostitution...
ça fait peur quand on comprends que c'est ce type de militantes féministes très virulentes qui ont infiltrées l'appareil politique français, et que personne n'ose la ramener...

Écrit par : steppenwolf | 10 avril 2016

"Pourtant, à entendre les propos de prostituées, les clients sont plutôt réservés, souvent timides, en général respectueux. Rien à voir avec des prédateurs."

exact, quand existaient Les BMC, 20à 30% des soldats ne pratiquaient pas l'acte sexuel mais uniquement pour la compagnie d'une femme, pendant la guerre de 14/18 il y a la mise en place des BMC pour cause sanitaire, l'armée ayant fini par comprendre que de garder ses forces vives pour l'acte guerrier uniquement ne tenais pas debout, et bien les ligues de vertu anglaises on fait interdire les BMC anglais, déjà les puritaines de l'époque les mêmes saloperies que les féministes actuelles juste bonne à régenter interdire, ça me fait penser à une émission de télé où une féministe avait à un agriculteur qui s'offrait de temps en temps les services d'une péripatéticienne qu'il fallait qu'il se fasse soigner c'est ça soigner les hommes !!!

https://www.google.fr/search?q=bordel+militaire+de+campagne&biw=1285&bih=895&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&sqi=2&ved=0ahUKEwiO6NKI44TMAhUBERQKHQPJCNgQsAQIJg

Écrit par : leclercq | 10 avril 2016

Les Français sont bien plus sensibilisés par la loi du travail que par la prostitution. En tout cas pour le moment....

Écrit par : Patoucha | 11 avril 2016

Incapacité du gouvernement français à s'attaquer aux réseaux mafieux, c'est vrai. Mais l'essentiel de la prostitution ne se fait pas sous la contrainte. C'est plutôt l'appât du gain qui motive les personnes prostituées. Les étudiantes qui se prostituent préfèrent cette solution, plus rentable et moins fatigante que la plonge jusqu'à 3 heure du matin dans un restaurant, comme le font les étudiants masculins.

Mais c'est aussi, comme le montre Homme Libre, la volonté des lesbo-féministes de contrôler la sexualité masculine, voire de l'éradiquer en l'orientant vers une fonction unique : le remplissage des éprouvettes des banques de sperme afin de satisfaire le désir d'enfant de ces dames, sans avoir besoin de se coltiner un mec.

J'espère que cette loi ouvrira les yeux des hommes encore sous la coupe de ces gorgones.

Écrit par : Henri | 11 avril 2016

qu'on ne s'arrête donc pas en si bon chemin. La mendicité est une situation abjecte et dégradantes dont la plupart des mendiants rêvent de s'affranchir.Longtemps on les a cru victimes de la pauvreté et du chômage. Que nenni! Les mendiants sont les victimes des vilains salauds qui leur donnent des pièces!
Infligeons donc une amende de 1500 euros à quiconque sera pris en flagrant délit de faire la charité et la mendicité disparaîtra bien vite. Certes les mendiants mourront de faim, certaines prostituées aussi d'ailleurs que la perte de leurs clients aura réduit à la mendicité, mais il auront au moins dans la tombe, ou dans la fosse commune, la satisfaction d'être libérés de leur condition infâme.
Bordel de merde, des tas de gens ont un sale boulot et voudraient bien pouvoir en changer. En attendant, ce le boulot les fait bouffer.

Écrit par : cyril | 14 avril 2016

Je ne sais pas, quel billet est le plus adéquat pour poster ce commentaire. Celui-ci ou celui sur le " le voile c'est comme l'épilation"
Il y est question de prostitution, de voile et de contrôle de la sexualité.

Ce matin, j'ai eu connaissance de l'existence de ce livre : "Les putes voilées n'iront jamais au paradis" de Chadorrt Djavann.

http://www.myboox.fr/edito/conseil-lecture/chahdortt-djavann-plaidoyer-pour-les-putes-voilees

Evidemment, je ne l'ai pas encore lu. J'ai vu l'écrivain dans l'émission "Thé ou Café", où elle explique l'enjeu de son livre.

http://www.france2.fr/emissions/the-ou-cafe/videos/bonus_axel_kahn_17-04-2016_1117381?origin=ftvsite_homepage

Le contrôle de la sexualité de tous, hommes ou femmes, est en somme la "normalité" dans le monde régi par la religion, par les normes sociales
traditionnelles.

La prostitution est le carrefour de toutes les contradictions et les tartufferies. Je peux imaginer, que de vouloir cacher ces pratiques soit une solution séduisante, mais ce n'est pas une invention du féminisme occidental.

Écrit par : Calendula | 17 avril 2016

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