17 mars 2016

Marketing genré (1) : non, il n’y a pas de « taxe rose »

Les prix des rasoirs et cosmétiques pour femmes et pour hommes sont-ils délibérément calculés pour prendre plus d’argent aux femmes? France 2 a diffusé dimanche dernier un documentaire sur le sujet: Le prix a-t-il un sexe?


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Divers produits sont déclinés par genre. Rasoirs jetables roses pour les femmes, bleus ou jaunes pour les hommes. Cosmétiques, oeufs Kinder, Lego et autres sont traités selon le sexe (le genre étant le prolongement social du sexe biologique). Le site Le journal des femmes n’hésite pas à parler de guerre des genres:

« Homme vs. femme. Dans les rayons des magasins de jouets et des supermarchés, la guerre des genres fait rage. »

C’est une des batailles actuelles des nouveaux groupes féministes en quête de visibilité et de subventions: il y aurait une taxe rose. Un supplément de prix demandé aux femmes parce qu’elles seraient femmes. On crie même à la discrimination.

Discrimination par le genre? Pas vraiment. Premièrement les prix sont fixés librement. On peut vendre une plaque de chocolat à 100 dollars si l’on trouve preneur. Le prix de vente d'un produit tient compte des coûts de recherche, de fabrication et de publicité, en plus de la marge normale des acteurs économiques. Il illustre la volonté des fabricant et vendeurs de valoriser le produit, mais aussi de faire avec la concurrence. Les consommateurs et consommatrices valident en achetant, et rien n’empêche les femmes d’acheter le produits pour hommes s’ils sont moins chers.

 

 

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Certains produits pour femmes ont un contenu différent de celui pour hommes. Ils sont également annoncés par des célébrités et présentés sous des emballages spécifiques, ce qui en augmente le coût. D’autres sont vendus en volume numériquement moins important. Ainsi les hommes se rasent très régulièrement, alors que l’usage d’un rasoir par une femme est plus ponctuel. Moins de vente signifie moins de recettes et, souvent, augmentation du prix de détail.

Un internaute le fait d’ailleurs remarquer sur un forum:

« Comment comparer des rasoirs par 10 et par 5. Les yaourts par 16 sont moins chers que ceux par 8 ; idem pour les rasoirs. Comment comparer des produits de rasage homme et femme ? Comme si les femmes se rasaient aussi souvent que les hommes... Les séries industrielles sont beaucoup plus grandes pour le rasage homme que pour le rasage femme, donc le rasage homme est moins coûteux à fabriquer que le rasage femme. Comment comparer la coiffure homme avec la coiffure femme. Je paie ma coiffure homme 25 euros, cela dure 25 mn. Pendant ce temps les femmes qui étaient déjà là à mon arrivée sont encore là pour longtemps, et elles devraient payer 25 euros comme moi ? »

 

 

taxe rose,femmes,hommes,prix,rasoirs,cosmétique,marketing genre,Stéréotypes

Le marché fait loi. Faut-il y déroger et fixer un prix unique pour tous les produits divisés par genres? Ce serait une forme de contrainte économique étatique. Or ce n’est pas le rôle de l’État de fixer une égalité des prix qui défierait toutes les règles de l’économie de concurrence, pilier économique de la liberté de choix.

Quant aux stéréotypes véhiculés par ce marketing, et que déplorent des féministes, je considère au contraire qu’ils sont utiles, nécessaires et même indispensables. Ils participent à la construction de la personnalité des enfants selon leur groupe-sexe naturel. Ils créent les bases d’un référentiel dynamique pouvant évoluer avec le temps.

L’indifférenciation des sexes est une régression dans les relations humaines. 

Celles-ci, fruits d'une évolution de plusieurs millions d’année, se construisent sur la différence, puis elles sont complétées par des passerelles d’égalité que permettent la loi, la philosophie et la pratique de la plupart des couples. On peut relativiser les stéréotypes, les rendre moins étanches et plus fluides. 

On peut aussi tenir compte des personnalités et des caractères pour moduler la transmission des stéréotypes. Moi-même je n’ai jamais accepté de me faire enfermer dans une image et je comprends le besoin de liberté hors des rails. Mais les supprimer purement et simplement, comme s'il n'y avait pas de différences à gérer, c’est se mutiler.

 

 

À suivre.

 

 

18:06 Publié dans Féminisme, société | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : taxe rose, femmes, hommes, prix, rasoirs, cosmétique, marketing genre | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Cher hommelibre,

- « Marketing genré (1) : non, il n’y a pas de «taxe rose» »
- « Discrimination par le genre? Pas vraiment. »

Pardonnez moi, mais pour de nombreuses raisons, la lecture de ce billet me fut particulièrement pénible.

Aussi, je ne relèverai qu’il était inutile de citer l’article du Journal des Femmes, puisque vous ne semblez pas du tout vous intéresser à son constat de départ …

… "En comparant la composition des produits pour hommes ou femmes, on n'observe pas de dissemblance assez importante pour justifier les différences de tarifs constatées."

Dès lors, vos tentatives, pour expliquer combien l’idée de la "taxe rose" n’est qu’une vue de l’esprit, paraîssent un tant soit peu … fastidieuses.

Écrit par : Chuck Jones | 18 mars 2016

Chuck,

Comme je l'écris, les volumes de production sont différents. Les investissements aussi. Wilkinson a investi 130 millions d'euros rien que pour la production du rasoir féminin, selon des analystes. Gillette a investi 300 millions d'euro et 50 dépôts de brevets dans son rasoir féminin (contre 35 pour celui des hommes, ce qui implique déjà une différence de coût).

Cela dit rien n'empêche les acheteuses de prendre des produits équivalents pour hommes s'il sont moins cher. Cet argument à lui seul suffit à démonter l'idée d'une discrimination. A moins que nos féministes ne soient si attachées au rasoir pour femmes parce qu'ils sont "pour femmes"?

Selon un responsable de la marque Wilkinson:

« Il est extrêmement compliqué de mettre au point un rasoir, explique la responsable marketing du fabricant. Changer par exemple un seul micron dans l'inclinaison des lames a de grandes conséquences sur leur efficacité. Il faut aussi pouvoir répondre à la cinquantaine de gestes de rasage différents que l'on a recensés chez les hommes. » Sans compter la création de lignes de productions avec des équipements de fabrication spécialement conçus….

www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/Les-rasoirs-se-font-plus-innovants-pour-regagner-en-popularite-_NG_-2010-11-08-558522


De plus le marketing genré, sexué, ne sert pas qu'à multiplier les ventes, il correspond à des besoins et des psychologies différentes. Enfin s'il y a vendeur c'est qu'il y a acheteur.

Il semble que femmes et hommes ne souhaitent pas se mélanger dans ce genre d'achat.


La position de Gillette:

"Gillette veut rompre définitivement avec l’approche unisexe du rasage, partant du principe que les besoins des hommes et des femmes en la matière sont très différents."

Car les peaux des femmes et des hommes sont différents par nature:

"Structure de la peau : pas tous égaux !

En apparence, la peau féminine parait plus fine, plus délicate, presque plus fragile que celle de l’homme, dont la texture semble plus épaisse et moins souple. C’est le cas ! La peau de l’homme est davantage vascularisée que celle des femmes. En cause ? Les hormones, qui jouent un rôle dans l’épaisseur de la peau masculine, supérieure de 25% par rapport à celle de la femme, ce qui lui confère aussi une plus haute résistance."

www.pure-magazine.fr/la-peau-des-hommes-et-des-femmes-est-elle-la-meme


Je ne vois pas en quoi ce constat, à portée de n'importe qui, serait fastidieux.

Écrit par : hommelibre | 18 mars 2016

Coucou Homme Libre,
c'est pas faux,perso j'achète toujours du chocolat milka 200 g, il est moins cher au kilo que les autres formats,d'ici là qu'y ait une discrimination sur les gros format chocolat, et d'ailleurs le 300 g est le plus cher, et là lorsqu'on regarde au kilo, le rose vaut 2 E 01 tandis que le bleu, 4 E 01 donc le bleu est quand même plus cher.
bisouxxx!!!

Écrit par : Sarah | 18 mars 2016

Cher hommelibre,

- "Comme je l'écris, les volumes de production … les investissements … Wilkinson … Gillette … rasoir féminin, selon des analystes."

Et en évoquant les fabricants de rasoirs … vous continuez d’ignorer superbement le constat de l’auteur de l’article sur la "taxe rose" que j’ai moi-même cité dans mon commentaire précédent.

Le but final du marketing "capitaliste" est bien de générer un profit maximum, en "fixant" le prix de vente le plus élevé qu’un acheteur est prêt à payer pour un produit donné.


- "De plus le marketing genré, sexué, ne sert pas qu'à multiplier les ventes, il correspond à des besoins et des psychologies différentes."

Mais … la finalité est de … générer plus de profits. Vous croyez que les fabricants de rasoirs vont faire tous ces investissements pour … générer moins de profits ? C’est bien parce que les fabricants de rasoirs croient pouvoir vendre plus de rasoirs … et faire plus de profits … qu’ils ont décidé de fabriquer … des rasoirs pour homme … et des rasoirs pour femme.


- "Cela dit rien n'empêche les acheteuses de prendre des produits équivalents pour hommes s'il sont moins cher."

Attendez … vous passez un temps fou à démontrer que les femmes qui veulent faire comme les hommes sont idiotes, mauvaises ou ridicules, et les fabricants de rasoirs dépensent un argent fou pour dire aux femmes que les rasoirs pour femmes sont mieux que les rasoirs pour hommes, parce qu'ils sont plus chers …

Et maintenant vous suggérez que les femmes achètent des rasoirs pour hommes parce qu’ils sont moins chers ? Bon, ben … c'est ptet que la féminité est un luxe ou un confort alors …

Mais alors, ... si les rasoirs pour femme sont plus confortables, pourquoi les fabricants ne font pas les mêmes pour homme ? Comme ça ils pourront en vendre plus et faire plus de profits ... puisqu'ils sont plus chers !

Écrit par : Chuck Jones | 18 mars 2016

Chuck:

Non, ne mélangez pas les choses. Faire comme les hommes en tant que comportement n'est pas identique au fait d'acheter des produits équivalents pour hommes s'ils sont moins chers et s'ils ont le même usage. Vendre plus est un objectif de toute entreprise, mais l'usage différencié par les femmes ou les hommes peut néanmoins impliquer des différences qualitatives dans le produit.

D'accord avec votre conclusion!
:-)

Écrit par : hommelibre | 18 mars 2016

Cher hommelibre,

« Non, ne mélangez pas les choses. Faire comme les hommes en tant que comportement n'est pas identique au fait d'acheter des produits équivalents pour hommes s'ils sont moins chers et s'ils ont le même usage. »

Vous pourriez, s'il vous plait, m'indiquer précisément, les mots exacts de mes propos qui vous laissent penser que j'ai écrit/dit/pensé cela ? Parce que je n'ai eu ni l'intention de l'affirmer, ni celle de la suggérer. Merci d'avance ;-)

Écrit par : Chuck Jones | 18 mars 2016

Coucou Sarah,

Ce n'est pas que je n'aie pas eu le temps de vous répondre, c'est que ma tête est en partie ailleurs: je prépare mon deuxième album de chansons, je suis bientôt en studio et il sortira ce printemps ou cet automne. Alors j'ai moins de disponibilité d'esprit.

Mais cette affaire de chocolat bleu plus cher... grrr! Je vais acheter le rose!!!

:-D

Bizzzouxxx!!!

Écrit par : hommelibre | 01 avril 2016

coucou Homme Libre,
cool, bon faut nous faire vibrer et danser, genre "sucré sucré" ou "le chocolat" de l'eurovision, faut éviter les trucs qui font pleurer dans les chaumières ;)))
bizzzouxxx!!!

Écrit par : Sarah | 01 avril 2016

Sarah: je vous promets de l'humour, de la poésie... et des maracas!

:-)
Bizzzouxxx!!!

Écrit par : hommelibre | 08 avril 2016

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