08 mars 2016

Le cadeau historique du 8 mars : vers un apartheid pénal

Les femmes françaises – puisque le 8 mars est la journée des femmes et non de la femme – reçoivent en ce jour un cadeau historique. Censé protéger certaines d’entre elles, ce cadeau à visage inégalitaire donnera aux femmes un nouveau statut. Je ne suis pas sûr que toutes le désirent...

 


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Vu que les femmes n’ont pas choisi ce cadeau et vu que n’importe qui peut parler en leur nom – c’est d’ailleurs une spécificité des féministes: jamais mandatées par un vote elles affirment parler au nom de toutes – il est permis d’en dire ce que l'on veut. De toutes façons ça n’a aucun effet et aucune importance: un lobby fait les lois et les politiques s’inclinent, pleinement soumis à la doxa fabuleuse (au sens propre).

Le cadeau? Un projet de loi qui vise à introduire la notion de légitime défense différée. J’avais parlé ici de l’affaire Catherine Sauvage: ce projet en est la suite immédiate. Il s’agit de déclarer une responsabilité pénale limitée d’une accusée si elle a commis des crimes ou délit du fait d’être ce que l’on nomme une femme battue. Extrait d’un article de Causeur.fr:

« Ainsi se trouve vivement défendue l’idée que les femmes qui subissent des violences conjugales (sans que soient jamais précisées leur fréquence ni leur nature ni leur gravité) seraient « sous l’emprise de leur bourreau », « désorientées et terrorisées », atteintes du syndrome de la femme battue (SFB) c’est-à-dire « d’un ensemble de signes cliniques les privant de la possibilité de trouver une solution raisonnable » les conduisant donc à « concentrer toute leur énergie sur la prévention d’une nouvelle attaque ce qui, à long terme, amoindrit leur capacité de jugement ». Et nos législatrices, sûres de leur intelligence, ne se demandant même pas si le code pénal actuel ne contient pas déjà ce qu’il  faut pour les cas établis d’altération du discernement, de conclure que la définition actuelle de la légitime défense est « archaïque » et « ne correspond plus à la réalité ni à l’évolution de notre société », c’est-à-dire, si l’on comprend bien, à la conception illimitée qu’elles se font des « droits des femmes ».

 

 

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Il apparaît, si ce projet aboutit, que l’on traitera les femmes et les hommes différemment en cas de crime grave. Une femme pourrait toujours être exonérée de son crime si elle était battue – encore faudra-t-il vérifier cette allégation. Elle sera considérée comme moins responsable que les hommes. Et c’est bien le problème: l’irresponsabilité est ici associée non seulement à une pathologie, mais à un statut de genre.

Je comprends que la violence d’un partenaire (ou une: au Canada la moitié des victimes de violence domestique sont hommes, un tiers en France, un quart en Suisse), avec lequel on vit, est une situation particulière. Et alors que nombre de femmes quittent le domicile aux premiers signes, il faut reconnaître que certaines d’entre elles, peut-être perturbées psychiques avant ces violences, peut-être alcooliques, peut-être dotées d’un caractère querelleur, restent malgré les coups. Dans le cas inverse, celui des hommes battus, on identifie le même genre de comportement.

Mais le fait est que l’on veut créer une législation spécifique au sexe. Une forme d'apartheid. Ce qui est l’opposé de l’égalité. Que comprendre? Que non seulement les femmes seraient plus enclines que les hommes à être atteintes de troubles psychiques, seraient ou plus tolérantes à la souffrance ou plus bête que les hommes, bref plus faibles, mais que certaines sont disposées à se satisfaire de privilèges d’un autre âge. Le féminisme montre son vrai visage.

Dorénavant, si quelqu’un vous agresse, vous aurez le (presque) droit de lui rendre la pareille au moment qui vous conviendra. Vous pourrez préparer votre coup et prendre l’autre par surprise. Au final vous évoquerez la légitime défense différée.

Ce concept est une aberration, et une atteinte grave à philosophie de notre droit.

 

 

 

Commentaires

Cher hommelibre,

- « Les femmes françaises ... »

C'est très bien de définir le contexte de ses propos. Au moins ça a le mérite d'être clair et sans ambiguïté.

- « ... les femmes ... vu que n’importe qui peut parler en leur nom - c’est d’ailleurs une spécificité des féministes: »

Lègère contradiction ... vu que ... "n'importe qui" sert à désigner ... _personne en particulier_, et vous identifiez à la suite ... "les féministes" ... en particulier.

- « Un projet de loi qui vise à introduire la notion de légitime défense différée. ... Il apparaît, si ce projet aboutit, que l’on traitera les femmes et les hommes différemment en cas de crime grave. »

Ah ... nouveau contexte ... "Un projet de loi ... "
Pourquoi "apparaît" ? Pourquoi est-ce seulement une apparence et pas une certitude ?

Si cela "apparaît" aussi important au point de mériter une telle attention, ne serait-il pas ... démonstratif ... de citer ce projet de loi afin de clairement montrer la conséquence dramatique que vous décrivez ?

- « Une femme ... Elle sera considérée comme moins responsable que les hommes. »

La grammaire française ... cher hommelibre.
Vous comparez ... "Elle" ... "une femme" ... à ... "les hommes" ?
Décrypté, vous comparez ... une personne indéfinie de sexe féminin ... à ... toutes les personnes de sexe masculin, ou, autrement dit, à un genre, ou une "famille" de personnes.

Le résultat étant que ... vous suggérez, non pas "une femme" parfaitement indéfinie comme vous commencez votre phrase... mais bien "La Femme" comme genre de personne, ou "les femmes" comme groupe de personnes ... mais dans les deux cas exprimés comme une généralisation ... qui révèle alors une caractère, dirons nous ... _sexiste_ ?

Et "considérée" par qui ?

- « Une femme pourrait toujours être exonérée de son crime ... Elle sera considérée comme moins responsable que les hommes. Et c’est bien le problème: l’irresponsabilité est ici associée non seulement à une pathologie, mais à un statut de genre. »

"Pourrait" ? Donc ce n'est pas certain ?
Parce que le projet de loi ne le dit pas ? ... Ou parce que la justice n'est pas infaillible ?

Mais alors pourquoi affirmez vous aussi _catégoriquement_ "toujours" si ce n'est PAS certain ?

Et "Elle sera considérée comme moins responsable" ... "considérée" par _qui_ ?
Et où DONC est LE problème qui vous soulignez avec insistance ? Votre prédiction que ... "Elle sera considérée comme moins responsable..." ... ou ... votre affirmation que ... "l’irresponsabilité est ici associée à un statut de genre." ?

Parce que OU donc est cette association au "statut de genre" dans le projet de loi en question ?

- « Je comprends que la violence d’un partenaire (ou une: au Canada la moitié des victimes de violence domestique sont hommes, un tiers en France, un quart en Suisse), avec lequel on vit, »

Ah ! Changement de contexte ... "la violence d'un partenaire".
Euh ... êtes vous sûr que les "chiffres" que vous citez mettent en évidence la violence entre ... partenaires domestiques _intimes_ ET _de sexes différents_ ?
Je présume que c'est bien de cela que vous écrivez puisque vous faites ci-dessus la distinction entre hommes et femmes, n'est-ce pas ?

Je vous demande à propos de ces chiffres parce que "violence d'un partenaire" et "violence domestique" sont deux choses distinctes, oui ?

Et les chiffres que moi j'ai trouvés (canada, france, suisse) concernent la répartition des ... auteurs ... et des ... victimes ... de violences domestiques ou de violences sexuelles, mais rien *** spécifiquement *** aux ... "partenaires domestiques ET de sexes différents".

Et donc vos chiffres n'incluent-ils pas AUSSI ... les violences commises envers des enfants ou des parents, les violences entre personnes du même sexe, ou même des violences entre personnes ayant une relation disparate et ne vivant pas sous le même toit ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Violence_conjugale
http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/130225/dq130225a-fra.htm
http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/130225/t130225a001-fra.htm
http://www.inhesj.fr/sites/default/files/files/Synthese_Rapport_ONDRP_2012.pdf
http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/medienmitteilungen.Document.165518.pdf

Il me semble que votre "interprétation" souffre d'un défaut majeur, c'est qu'elle se base sur des statistiques elles-mêmes basées sur des chiffres produits par les différentes polices qui comptent ... les victimes ... et ... les auteurs.

Si je parle de "défaut", c'est parce que ... ce que vous semblez chercher à mettre en évidence avec ces chiffres, c'est non pas leur distribution ou leur évolution, mais _l'état de *** relations *** entre personnes de sexes différents_, afin de vous en servir comme argument pour justifier des prises de position sur des sujets, dans le cas présent, sociologiques et juridiques.
Et CA ... c'est réellement un problème.

- « Et alors que nombre de femmes quittent le domicile aux premiers signes, il faut reconnaître que certaines d’entre elles, peut-être perturbées psychiques avant ces violences, peut-être alcooliques, peut-être dotées d’un caractère querelleur, restent malgré les coups. »

En quoi est-ce que ce constat est différent des hommes, méritant d'être ainsi évoqué ?

- « Mais le fait est que l’on veut créer une législation spécifique au sexe. »

"On" ? Qui cela "On" ?

Et que devient le principe capital de _non-discrimination de la loi_ ?

Et pour une rupture aussi dramatique de l'esprit de la loi française, ne croyez vous pas nécessaire d'inclure ici le texte, ou du moins une référence, de ce fameux projet de loi ?

- « Que non seulement les femmes seraient plus enclines que les hommes à être atteintes de troubles psychiques, ... Le féminisme montre son vrai visage. »

"Le féminisme montre son vrai visage" ... ne conviendrait-il alors pas mieux d'écrire ... "les femmes SONT", et non "les femmes seraient" ?

- « Ce concept est une aberration, et une atteinte grave à philosophie de notre droit. »

J'aimerai tellement être d'accord avec vous ... mais le texte de ce projet de loi, où donc peut-on le trouver ?

Ah ben ... une piste ? ...
http://www.huffingtonpost.fr/2016/03/08/affaire-jacqueline-sauvage-comment-tirer-lecons-loi_n_9406490.html

.. et une dépêche de l'AFP, une autre piste ? ...
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160308.AFP9213/possible-irresponsabilite-penale-de-certaines-femmes-battues-prone-une-proposition-de-loi-d-une-deputee-lr.html

... où on peut lire que ...

« ... une proposition de loi visant à mettre en place une "irresponsabilité pénale" pour certaines femmes victimes de violences conjugales s'en prenant à leur conjoint. »

"Irresponsabilité pénale" ?

Peut-être aurait-il été plus intéressant d'évoquer la problématique actuelle dans l'établissement juridique de "l'Irresponsabilité pénale" ... et le sort du principe de _non-discrimination de la loi_ ... mais c'est vrai que c'est un domaine de connaissance différent de ... "les femmes" et "les féministes".

Écrit par : Chuck Jones | 09 mars 2016

Encore l'autre **** Chucky avec ses messages hoax pour aveugler davantage le peuvre nigaud de base.
Ta propagande je me **** avec

Écrit par : rhooo | 09 mars 2016

Bonjour,

Avez vous vu cet article et son débat ?

http://www.causeur.fr/jacqueline-sauvage-feminisme-legitime-defense-avortement-37111.html

Écrit par : Monteynard | 09 mars 2016

Bonjour Monteynard,

Oui je l'ai lu et je partage cette analyse en plusieurs points.
Le débat part dans beaucoup de directions,

Écrit par : hommelibre | 09 mars 2016

Vous êtes prolixe, Chuck. Ma réponse sera plus succincte.

Vous allez dans des détails qui pour beaucoup n’ont à mes yeux pas lieu d’être. Vous chipotez. Par exemple:

«N’importe qui»: oui, les féministes en particulier. C’est d’elles que je parles puisqu’elles inspirent ce projet de loi.

Autre exemple: «Pourquoi est-ce seulement une apparence et pas une certitude?»

Parce qu’un projet n’est pas définitif, qu’il varie parfois (voir Loi sur le travail).

Ou alors nous ne parlons pas la même langue.

Après votre analyse sur la forme – à laquelle je ne souscris pas – je viens au point de fond:

Le statut de genre est implicite dans le contexte particulier où le projet est repris par une députée. La demande des associations féministes est explicitement celle-là.

Les chiffres ont au moins une utilité: celle de faire réfléchir à la violence d’une manière plus large que dans la seule optique féministe, malheureusement biaisée et orientée, voire partiale, et malheureusement dominante. De plus ils minent le stéréotype misandre bourreau-victime.

Les statistiques ne sont pour moi qu’un indice, mais je sais comment l’air du temps et les enquêtes peuvent moduler les résultats. Il faudrait ne compter que les condamnations en justices. Mais d’une part on aurait peu d’hommes car ils n’ont pas la culture de la victime, d’autre part les chiffres de violence domestique ou sexuelle chuteraient vertigineusement, et les subventions aux association aussi, donc aux petites mains qui vivent grâce à la terreur supposée où vivent les femmes.

Dernier point:

«En quoi est-ce que ce constat est différent des hommes, méritant d'être ainsi évoqué ?»

Je n’ai pas fait ce constat, j’ai dit que les hommes victimes ont aussi cette tendance à rester:

«Dans le cas inverse, celui des hommes battus, on identifie le même genre de comportement.»

Écrit par : hommelibre | 09 mars 2016

Cher hommelibre,

- « Le statut de genre est implicite dans le contexte particulier où le projet est repris par une députée. »

Ce qui n'est pas le cas lorsqu'il s'agit _d'UN député_ ?

Et pardonnez moi d'insister, mais le "statut de genre" que vous évoquez est juste grossièrement _anticonstitutionnel_.

Maintenant si votre argument est que le "statut de genre" est "implicite" à cause d'un biais systématique des juges dans l'application de cette loi, alors ce biais peut être invoqué pour _n'importe quelle loi_, et parler d'un projet de loi devient alors un exercice parfaitement futile puisque les juges ne se donnent pas la peine d'appliquer LA loi qui est *** écrite *** que tout le monde est sensé connaître et ne pas ignorer.

Écrit par : Chuck Jones | 10 mars 2016

Je vois bien Chucky boy en danseuse étoile il doit être vachement sexy !!!

Écrit par : antiantifa | 14 mars 2016

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