02 mars 2016

Myriam El Khomri : la ministre fragile terrassée par le sexisme ?

Après la brève hospitalisation de madame El Khomri le quotidien Libération vient au secours de la ministre du Travail du gouvernement Valls. Il semble même plonger dans une une sorte de psychologie politique qui devrait faire école. 


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L’auteur de l’article, Laure Bretton, n’affirme-t-elle pas en effet, dans une phrase qui logiquement devrait devenir culte:

« Politiquement fragilisée, elle est - forcément - fragile physiquement. »

C’est beau, ce forcément! On dirait du Marguerite Duras. Et ce lien entre des critiques sur un texte de loi et la fragilité physique, c’est presque du Lévi-Strauss. Un grand moment de journalisme, une étape décisive pour la pensée française. Une petite phrase sur papier, un grand texte dans l’esprit!

(Hum… je déconne…)

Mais faut-il nommer des ministres fragiles? Et ne faudrait-il donc plus critiquer ou tacler un ministre homme ou femme quand il propose une nouvelle loi? Un ministre devrait peut-être être protégé de tout discours contraire à son projet? Autant dire qu’il n’y a plus lieu de débattre. On se demande même pourquoi élire des députés. Une bonne vieille dictature serait aussi bien.

Myriam El Khomri serait victime de sexisme. Selon l’auteur c’est parce qu’elle est une femme qu’elle reçoit une telle volée de bois vert: pas taillée pour le job, nulle, incompétente, selon divers propos relevés comme autant d’agressions machistes.

 

 

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Sexisme? Mais alors que dire des noms d’oiseaux jetés aux oreilles de François Hollande et de Manuel Valls au salon de l’agriculture? Bon à rien, fumier, connard, pour le premier; petit zizi, trouillard, pour le second. Petit zizi, n’est-ce pas du sexisme misandre? Imaginez quelqu’un criant à Najat Vallaud Belkacem petit vagin! Que dirait-on? Toute la batterie des guerroyeuses féministes descendrait dans l’arène pour stigmatiser cette énième attaque contre des femmes parce que ce sont des femmes. Mais étrangement, petit zizi ne trouble personne. C’est pourtant une injure humiliante pour un homme.

« Genriser pour mieux discréditer : la ficelle est aussi vieille que le combat des femmes en politique. »

Eh bien, le leitmotif est rodé. Quoi? Ne pourra-t-on bientôt plus critiquer une femme politique au prétexte qu'elle serait femme plus que politique? Les hommes eux peuvent aller sur le ring et prendre tous les coups possibles, mais il faudrait garder les femmes à l’infirmerie? Leur parler bas, ne pas les mettre en cause?

Et comme Fanfrelande a commis l’irréparable – soit affirmer que le malaise de sa ministre devenue fragile est un accident domestique (elle aurait glissé dans sa douche) – on en remet une couche:

« François Hollande se rend suspect de sexisme en évoquant un «accident domestique», un adjectif malheureux que le Président n’aurait probablement pas utilisé si Jean-Marc Ayrault s’était coupé en se rasant. »

 

 

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Donc si vous critiquez une femme politique vous êtes misogyne, rétrograde, salaud que sais-je! On connaît bien le mécanisme: il faut présenter les femmes en victimes pour demander pour elles des privilèges toujours plus exorbitants et absurdes. La liste des mots dorénavant interdits s’allonge si l’on veut être un bisounours parmi les bisounours, si l’on veut être dans le camp du Bien. Domestique est désormais sur la liste, surtout quand on parle d’une femme.

Le mot domestique étant, dans leur esprit, synonyme d’oppression des femmes, on se demande toujours pourquoi elles réclament le partage du temps de tâches ménagères. Car envoyer des hommes dans cette supposée oppression abominable alors qu’il semblerait que l’on veuille en libérer les femmes, ce n’est pas raisonnable. 

Quand aux ministres, prenez des hommes ou femmes, mais prenez-les solides. Car si c’est la pression et les attaques qui auraient provoqué le malaise de cette ministre, comme le suggère la journaliste paranoïaque de Libération, alors en effet elle n’est peut-être pas taillée pour le poste.

Et puis quoi! Ne pourrait-on critiquer un texte qui, écrit par une équipe du ministère et porté par sa ministre fragile, commence par garantir la liberté religieuse dans l’entreprise! À ce point la critique est même faible.

Quant au fait pour Libération de laisser passer un tel article intitulé, je vous le donne en mille: Le bal des machos, cela confirme le degré, proche du zéro, d’une pensée qui n’est plus qu’une sorte de réflexe pavlovien.

 

 

 

Commentaires

Ce qui endurcit le cuir des politiciens, c'est l'expérience.
Etre catapultée au gouvernement à un jeune âge et assez vite à un poste aussi difficile, c'est un gros challenge pour elle et un vrai pari de la part de ceux qui l'ont nommée. Dans ce cas, les chances de réussite étaient vraiment réduites.
Généralement, une femme-ministre doit être "forcément" particulièrement compétente et motivée, puisque peu de femmes arrivent tout en haut de la pyramide. Je ne sais pas si les attentes de la population et des médias sont plus élevées, mais le fait même de leur féminité est sujet à conjonctures : comment s'habillent-elles, sont elles (trop) jolies, trop jeunes ou trop vieilles, sont-elles des alibis ? Et surtout : sont-elles vraiment compétentes et à leur place ?
Je ne me prononce pas, en ce qui concerne M. El Khomri, car je ne la connais pas.
Je pars plutôt sur la généralisation, sur le thème des femmes en politique.
Les Suissesses arrivées à un haut niveau au plan national sont des cas particulièrement intéressants. Elles ont fait preuve de grande solidité, même si elles n'ont pas toujours été à la hauteur (p.ex. Mme Kopp). La collégialité du Conseil Fédéral est censée procurer une sorte de bouclier à chaque Conseiller. Ainsi, des personnalités peu enthousiasmantes peuvent s'en sortir sans trop de dégâts. (Là, je pense à des politiciens-hommes.)

Il me semble que les Conseillères-femmes ont été tout sauf invisibles ou insipides ! Ruth Dreifuss, Micheline Calmy Rey, Doris Leuthard, Simonetta Sommaruga, Ruth Metzler ont été très profilées et peu fragiles ( sauf peut-être R. Metzler).
Quoi que l'on pense d'Evelyne Widmer Schlumpf, il faut admettre qu'elle a été attaquée systématiquement. Certes, à cause de la "haute trahison" face à son parti, mais on ne peut pas dire qu'elle ait donné l'image d'une femme fragile, malgré un aspect extérieur peu robuste. Elle a été tenace.
Micheline Clamy Rey est définitivement discréditée chez d'aucuns à cause du foulard qu'elle a porté en Iran. Si elle avait été un homme, elle n'aurait pas à porter le souvenir de cette histoire ad vitam aeternam !
Comme quoi, il faut parfois faire preuve de davantage de courage, selon les circonstances et savoir risquer solidement l'incident diplomatique, en terrain extra-occidental ;-)))

Quant à l'insulte "petit zizi" : je crois que ça s'est passé virilement entre hommes. Que ce problème de taille reste donc dans le domaine masculin !
Les femmes peuvent se faire traiter de "connes" et d'ailleurs ça arrive parfois ( grosses ou petites). Mais de ça, on en a déjà parlé ici, n'y revenons pas. Ca ne grandit rien ni personne !

Écrit par : Calendula | 02 mars 2016

Calendula, la comparaison avec les femmes suisses parvenues au sommet de l'État est intéressante. En effet elles ont été solides, y compris EWS.

On ne saura pas ce qui s'est passé pour Mme El Khomri. Je ne la connais pas plus et je n'ai pas d'avis sur elle, mais plutôt sur son texte de loi, qu'elle doit assumer y compris avec les vertes critiques. Il est possible qu'à ce poste, hautement conflictuel en France, elle n'a peut-être pas assez d'expérience.

C'est une femme, féministe, ancienne présidente d'Osez le féminisme, qui a lancé une pétition contre la loi et qui en a fait une critique sévère.

Par ailleurs il est fréquent que l'on s'envoie des noms d'oiseaux, genrés ou non. Tout le monde le fait, femmes et hommes. Cela permet parfois de sortir une pique d'humeur. Cela correspond à "quel con!" dit en soi-même ou à haute voix quand on nous résiste. On ne va quand-même pas se mettre à traquer tous les propos sous l'angle de la victime.

Écrit par : hommelibre | 02 mars 2016

Les salauds qui l'on misent en place sont effectivement des petits zizis, quand aux femmes elles n'ont pas leur pareilles pour déboulonner leurs semblables. C'est la France dans toute sa splendeur féodale. Il ont soi-disant inventer la démocratie tout en gardant leurs travers travers médiévaux. Bientôt ils pourront s'adonner à un autre culte médiéval faute d'avoir cru pouvoir le garder sous la cuisse. Du Royaume au Califat il n'y a qu'un pas.

Écrit par : norbert maendly | 02 mars 2016

@hommelibre,
De parler de l'histoire du "petit zizi" n'était pas mon idée à la base!
Vous avez écrit, sur le mode interrogatif, que ça pouvait être du "sexisme misandre." Jusqu'à présent, j'ai pensé qu'il y avait misandrie, lorsque des féministes s'en prenaient injustement à des hommes en général ou en particulier. Mais je me suis peut-être fourvoyée.
Ici, la scène avait lieu entre des hommes agriculteurs et un homme premier ministre.
Dans ce cas, c'est effectivement juste une insulte comme une autre, mais ça fait quand-même un peu récré d'école primaire. Je ne sais pas, qui à l'air plus con à la fin : l'insulteur ou l'insulté ! ;-))))

Écrit par : Calendula | 02 mars 2016

On ne dit pas petit vagin, on dit planche à pain :). Et je suis sûr qu'entre femme ministre ce genre d'insulte a du sortir mais il ne faut pas le dire ca risquerait de casser le mythe de la solidarite feminine.

Écrit par : Politiquement corect | 03 mars 2016

Ou comment un (en l'occurrence une) ministre se défile de ses responsabilités.
Ah il a bon dos le "sexisme" tiens !

Écrit par : tartar | 03 mars 2016

@politiquement corect

La solidarité féminine est loin d'être un mythe, si vous pouviez voir les études faites à ce sujet notamment sur les primates, par des chercheurs de Harvard. Mais bon il y 'aura toujours des gens se croyant plus savant sur le sujet, un sujet qu'ils ne maîtrisent généralement pas.
"Car envoyer des hommes dans cette supposée oppression abominable alors qu’il semblerait que l’on veuille en libérer les femmes, ce n’est pas raisonnable"
Et vous avez raison autant que les pères ont raison de se méfier, car dans un monde où le chômage est menaçant, où aucun travailleur n'a le droit à un millimètre d'écart, où les hommes se retrouvent au chômage plus que les femmes, car les métiers de production peuplés d'hommes subissent les menaces de décentralisation, d'exportation.
Le pire étant que la chiasse ambian... euh la propag... euh la presse mainstream se plaignent que les hommes ne prennent pas plus le congés papa :
http://www.europe1.fr/societe/conge-parental-les-peres-sont-peu-nombreux-a-lutiliser-2682814
Un congé dont même pour les femmes il constitue un frein à un parcours professionnel. Mais bon un nanti ou un bureaucrate payé une somme faramineuse à se b....r les c....es ne pourra jamais y être confronté.
Il est grand temps de sortir le grand échafaud et corriger les erreurs de l'Histoire.

Écrit par : révolucion | 03 mars 2016

Ca ma refait penser à cet article
https://www.contrepoints.org/2014/06/29/170473-et-cest-au-tour-de-najat-de-nous-pondre-une-loi-idiote
Quand un homme a des responsabilités il a des contraintes une femme le rapporte plus "facilement" à son sexe qu'un homme. Il devient de plus en plus regrettable que les hommes n'est pas le même poids dans la presse ou sur les instances dirigeantes.

Écrit par : Lafaux | 03 mars 2016

Quand Jean-Paul II a glissé puis est tombé en sortant d'une baignoire quelqu'un sur le moment aurait-il mis en doute ou analysé les raisons réelles de la chute ("chute", voir en GE Adam et Eve...) de l'homme polonais qui prononçait le mot péché "péchai"!?

Les femmes de carrière: frappant politiques et "pasteures" alors que l'Evangile de Thomas, en l'occurrence, en féminisme est grand précurseur. "La femme tout comme l'homme a une âme" et d'elle, femme, Jésus annonce qu'il la fera homme, soit femme pasteur, ou pasteur (pourquoi "pasteure": Dr Dolto médecin ou médecine!)

Les femmes qui imitent les hommes ne devraient-elles pas tout d'abord travailler à se retrouver ce qu'elles sont, exactement ce qu'elles sont. L'une d'elles très féminine, une autre un peu virile, etc., redevenir elles-mêmes puis se perfectionnent afin d'apporter non ce qui serait le potentiel d'autres masculins... potentiel dont elles ne disposent pas... mais leur potentiel propre?

Pas en possession du potentiel de l'autre tout en enterrant leur potentiel avec le (c..) entre deux chaises... serait-ce la raison pour laquelle par leur démarche (et calculs) certaines, sont peu ou prou instables ou "fragilisées"?
Ces femmes ne prennent-elles pas le risque de tôt ou tard tomber à la renverse ou basculer!?

Cette permanente instabilité (pas toutes, Mmes Bachelot, Alliot-Marie Simone Veil...) n'est-elle pas pour les hommes mine d'or alors que l'on sait à quel point épouses et mères de famille comme favorites les femmes, des hommes au pouvoir, furent les "éminences grises"?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 26 mars 2016

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