27 janvier 2016

Philae : la fin

Le petit robot ne se réveillera pas. Il est trop loin du soleil. Même s’il était dans une bonne position, il n’a plus de ressources. Batteries à plat, gelé dans le froid du vaste cosmos, soleil trop lointain et à l’ombre depuis son atterrissage chaotique, c’est la fin.


philae,rosetta,cherry,comète,espace,ciel,Il a encore pu envoyer quelques données en juillet dernier. Les ingénieurs de l’ESA espéraient que la position du canard volant Chury, après son virage autour du soleil, lui permettrait de reprendre un peu de vigueur. Ils ont rapproché la sonde Rosetta au plus près de la comète, pour essayer de capter quelques signaux.

Mais rien n’y a fait. Et même si 67P/Tchourioumov-Guérassimenko reviendra en 2022, la sonde sera gelée comme un fossile de mammouth dans la toundra. De plus l’orbiteur Rosetta sera aussi en bout de course, depuis longtemps même. Il est prévu de le faire atterrir ou chuter sur Chury en fin de vie, soit environ à la fin de l’année. Il n’y aura plus aucun moyen de communiquer vers la Terre.

Une des recherches n’a pu être menée à bien à cause de la position inconfortable de Philae: forer la glace de la comète à la recherche de molécules organiques complexes. La recherche de précurseurs de vie, quoi. Mais la moisson scientifique est exceptionnelle, grâce à Philae et aux instruments embarqués sur Rosetta. Et certains composés organiques ont bien été reniflés par les appareils disponibles.

Les images de comète sont les plus précises jamais vues, permettant de tenter quelques hypothèses sur sa formation. L’eau qu’elle contient n’est pas de même nature que l’eau terrestre, indiquant que celle-ci ne provient peut-être pas des philae,rosetta,cherry,comète,espace,ciel,comètes. Cependant toutes les comètes ne sont pas forcément identiques à Chury. Sans en fermer la possibilité, la nature de l’eau sur le canard de l’espace ouvre de nouveaux champs de spéculation scientifique.

Différents gaz ont été découverts dans la chevelure lors de son passage au périhélie. Ce qui a le plus surpris les responsables de la mission est la présence de quantité relativement importantes d’oxygène.

« Jusqu’à présent cette molécule n’avait été repérée qu’autour de lunes de Jupiter et Saturne et dans deux nuages interstellaires, dont la fameuse nébuleuse d’Orion, la plus luisante de notre galaxie. (…) Ce qui est également particulièrement surprenant c’est l’abondance de cet oxygène. On en trouve une grande quantité, jusqu’à 10% de la vapeur d’eau, ce qui est dix fois plus que dans le milieu interstellaire», constate Olivier Mousis, cosignataire de l’article au Laboratoire d’astrophysique de Marseille. «Et c’est la galère pour l’expliquer!», ajoute le chercheur. »

Bye bye petit robot qui nous a fait rêver. Bye bye produit du génie humain. Avec toi un nouveau pas a été franchi dans la compréhension de notre univers.

 

L’image 1 est une partie escarpée de la comète, sur lequel on peut voir un éboulement. L’image 2 est un montage fait par un internaute pour comparer la comète et la ville de Los Angeles.

Enfin, en souvenir de ce voyage extraordinaire et de l’exploit scientifique, voici une petite vidéo pour se rappeler  que le merveilleux est encore présent au XXIe siècle.

 

 

 

12:22 Publié dans Univers | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : philae, rosetta, cherry, comète, espace, ciel | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Belle fin pour cet engin créé par l'homme, pas par les religieux et leurs rois, encore moins par leurs théologiens.

Il aura fait rêver bon nombre d'Homos sapiens, les scientifiques ont de quoi travailler pour nous dévoiler encore quelques secrets de l'espace et ses objets célestes, inconnus des dieux et des moines.

Les têtes plates vont encore s'accaparer de ces nouvelles découvertes qu'ils transformeront dans leurs chapelles et lieux de cultes respectifs à la sauce à Larissa dans des nouveaux bouquins d'explications mensongères pour les uns, et à la mayo industrielle pour les autres dans les nouveaux messages entre deux cantiques.

Écrit par : Pierre NOËL | 29 janvier 2016

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