24 janvier 2016

Jacques Sapir prédit la fin de l’euro d’ici à 18 mois

Jacques Sapir est une star de gauche. D’une gauche très à gauche, plus loin que le parti socialiste. Il a soutenu la gauche radicale façon Mélenchon et travaille à donner des thèmes à cette gauche.

 


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Les thèmes privilégiés sont: le retour du protectionnisme et la sortie de la zone euro. Il semble proche des thèses du Front National mais il regrette que le Front de gauche laisse en réalité ce thème politique à la droite souverainiste. Il rêve d’une gauche nationale et souverainiste. 

Il accepte comme un indice positif le fait que le FN ait un réel désir de réparer les relations avec la Russie et de rétablir un équilibre dans la politique étrangère française, trop moulée sur l’atlantisme et les décisions américaines. Cela lui a valu d’être traité d’économiste d’extrême-droite par le socialiste Pierre Moscovici. Il s’est également rapproché du mouvement souverainiste Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan.

Spécialiste de l’ex-URSS et de l’économie russe, il plaide pour le retour des nations et la renonciation au fédéralisme européen pour lequel, selon lui, les peuples du vieux continent ne sont pas prêts. Il préfère à « l’empire européen » les alliances naturelles forgées par l’Histoire. Il a ainsi soutenu le non au référendum français sur le traité européen.

Il est interviewé par le magazine Causeur de janvier. Selon lui tous les événements récents précèdent l’inévitable retour de la souveraineté. Il est vrai que la libre circulation est déjà mise à mal depuis la crise des réfugiés-migrants, qui continue au même flot intarissable bien que certains, déçus et lucides, commencent à retourner en Irak. Selon lui les frontières nationales doivent être rétablies et Schengen abandonné. Les responsables de Bruxelles proposent encore plus de fédéralisme pour sortir de la crise alors que lui voit cette sortie par le rétablissement des souverainetés nationales.

 

 

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Il souligne que les attentats en France ont modifié profondément le discours politique. Il est vrai que Manuel Valls parle d’immigration incontrôlée et que François Hollande soutient la déchéance de la nationalité sur fond de marseillaise et de drapeau tricolore. Quels plus forts symboles de la nation souveraine? Quel meilleur indice de l’abandon symbolique de la doctrine européenne?

Dans les faits la nation semble être le recours dans un temps de crise majeure. L’Europe ne peut pas agir collectivement, et le refus par certains pays des quotas de réfugiés montre qu’il n’y a ni cohésion ni objectif commun encore actif. Seule la libre circulation intra-européenne tient encore, parce que les pays de l’est y voient une opportunité pour leurs populations au chômage dans une économie à la traîne.

Jacques Sapir constate la mort intellectuelle du parti socialiste, ce qu’une simple observation confirme: il ne produit plus ni idées sauf les idées sociétales dictées par le think tank Terra Nova ou les lobbys LGBT, ni théorie sociale, ni personnalité d’envergure.

Sur l’euro il joue au devin en annonçant:

« Entre la crise grecque et la crise des migrants, chacun a bien compris désormais que l’on ne s’en sortirait pas par davantage de fédéralisme. Tout simplement parce que les peuples n’y sont pas prêts. Dès lors que cette idée s’ancre dans les esprits, la dissolution de l’euro n’est plus qu’une question de temps. (…) S’agissant de l’euro, il est en phase terminale. Cela peut aller très vite, ou prendre un peu plus de temps, mais je dirais que dans les dix-huit mois, la monnaie unique aura cessé d’exister. »

 

 

 

Causeur est en vente en kiosque en France, et par le site causeur.fr.

 

 

 

 

15:10 Publié dans Philosophie, Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : jacques sapir, euro, europe, schengen, crise, migrants, fn, mélanchon | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Si l'euro existe encore dans 18 mois alors Sapir publiera un brillant ouvrage pour démontrer que nous l'avions mal compris.

Si à la fin de son mandat la courbe du chômage ne s'est pas inversée alors Hollande prononcera un brillant discours pour démontrer que nous l'avions mal compris.

"Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent."
Jacques Chirac
Expert en menterie

Écrit par : Giona | 25 janvier 2016

Il doit certainement lire nos commentaires! Heureusement, en espérant qu'il en soit de même pour la toxicité de l'islam.

"La Volkswagen Merkel est en lice pour avoir la médaille "Nobel de la Paix." On peut déjà, en acompte, lui accorder une médaille en OR pour avoir mis fin à cette Europe semi-monarchique et chrétienne qui a fait tant de mal.

A qui attribuer la médaille "Nobel de la Paix" avant que cette Europe devienne "Eurabia" car,jamais deux sans trois? Les médailles sont distribuées avant les grands conflits est-ce une mode ou un rituel, ?? *L* ??

Pensons également à notre citrouille nord coréenne, qui, malgré ses menaces politico-religieuses communistes hystériques, n'a jamais osé lancer un pétard mouillé sur son rival la Corée du sud. Il tue des poissons avec ses missiles, normal, il est idiot.

En dernier, tous les chefs d'états islamistes (57 pays) qui eux, sont en paix depuis plus de 1400 ans. Si si l'islam est parfait selon nos tarés. Les femmes le savent bien sous leurs beaux chiffons islamiques.

Ne soyons pas sots, presque deux cent dirigeants de ce monde ont le droit à ce "Prix Nobel de la Paix" comme pour les billets de banques, faisons tourner les machines, les médailles et les chiffons....

Ce monde ne tourne pas rond, c'est le moins que l'on puisse dire."

Écrit par : Pierre NOËL | 09/10/2015

Écrit par : Pierre NOËL | 25 janvier 2016

Jacques Sapir parie sur 18 mois. Peut être qu'il imagine que c'est le temps nécessaire, à ce qu'un grand changement arrive comme un fruit mûr, aux prochaines présidentielles ?
C'est vrai qu'en 18 mois , il peut encore se passer beaucoup de choses. Une union sacrée contre le joug européen, en France ?
Dans une émission de cesoj, on voit à côté de Sapir, Marie France Garaud, ancienne conseillère de Jacques Chirac et présidente de l'IIG qui publie la revue "Géopolitique", elle parle avec verve, pour ses 82 ans, et elle donne par son parcours et son expérience beaucoup de crédibilité aux thèses de Sapir:

https://www.youtube.com/watch?v=uGitsO4aOeY

Écrit par : aoki | 25 janvier 2016

En mécanique quand quelque chose ne tourne pas ou plus rond il faut comprendre pourquoi

Regarder de près. démonter, s'il le faut.

Sans quoi "cela" ne marchera plus jamais!


Qu'attendons-nous pour faire pression sur nos dirigeants?

N'y va-t-il pas non seulement de la survie de cette planète mais encore de celle de ses habitants?

Humains, variétés, espèces?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25 janvier 2016

Actuellement il y a moins une fracture sociale qu'une fracture entre le peuple et ses dirigeants. Et les dirigeants ne veulent pas le comprendre parce que la seule chose qui les intéresse, leur seul progranne, c'est de rester ou de revenir au pouvoir. En France nous avons une Nomenklatura politico-médiatique qui assure son spectacle en circuit fermé. Toujours les mêmes commentaires par les mêmes commentateurs. Toujours les mêmes discours grandiloquents sans aucun intérêt, car ce ne sont que des mots conçus par une équipe de communicants pour faire bien, purement démagogiques, manipulatoires. Ils ne s'intéressent qu'à eux-mêmes et à l'argent qu'ils peuvent empocher, eux et leurs "amis". Cette classe est totalement corrompue.

Suite à l'état d'urgence, des contrôles aux frontières ont été annoncés. Puis que ces contrôles seraient renforcés. C'est une blague et un mensonge éhonté quand on a l'habitude de passer la frontière franco-genevoise. Aucun contrôle. Eventuellement un ou deux hommes en armes visibles qui regardent passer les voitures. Et il y a longtemps que même ceci est terminé.

Les notions de gauche et de droite n'ont plus aucun sens à partir du moment où le parti socialiste fait la même politique que la droite voire encore plus à droite que la droite: intégration complète à l'OTAN, abrogation de fait des 35 heures, travail le dimanche, déchéance de la nationalité... Une gauche digne de ce nom serait montée aux barricades sur chacune de ces questions. Là non, rien ou si peu. Les députés se couchent, s'aplatissent devant le monarque si peu républicain. Surtout pas d'élections anticipées en s'opposant au monarque! La soumission totale, la lâcheté, le renoncement à toute idée de gauche pour la gamelle pendant encore un peu plus d'un an. Mais l'année prochaine, la gamelle ils vont d'autant plus la prendre qu'ils auront renoncé à tout sursaut. On ne vote pas pour des gens qui n'ont plus de dignité.

Écrit par : Lucretius | 25 janvier 2016

Un signe positif serait la fermeture, en France de l'ENA, ou son recrutement par tirage au sort.

Écrit par : Mère-Grand | 25 janvier 2016

@mère-grand : le problème de l'ENA est moins le choix ou le tri des têtes à l'entrée que le formatage des cerveaux à la sortie ! Tous dans le même moule à penser, tous avec cette absence criarde de savoir agir et surtout de savoir penser "moderne", i.e vers l'avenir , ses innovations et ses défis. Et avant tout éviter de n'y voir que sortie vers une carrière politique, de ministères en postes garantis et protégés. Songeons que dans le gouvernement actuel 1 seul ministre a réellement "travaillé" (dans le privé, sans ascenseur partisan ,ni serviette à porter pour avancer!)

Écrit par : uranus2011 | 25 janvier 2016

@ Aoki:

Oui, très intéressante cette dame Garaud. Plus qu'il y a quelques années me semble-t-il.

Écrit par : hommelibre | 25 janvier 2016

une gauche nationale et souverainiste ce n'est ce qu'on appelle aussi fascisme ?

Écrit par : Paul-Emic | 29 janvier 2016

ni le fascisme ni même le nazisme ne me font peur en ce qui concerne leur doctrine sociale mais je voulais juste relever que cette bonne gauche qui vomit inlassablement sur ces doctrines politiques et les régimes qui les ont appliquées nous font désormais du fascisme et même du nazisme, dans leurs pires aspects, à la petite semaine, sans broncher, et en plus en nous faisant la leçon à nous tous Français et plus particulièrement à "l'extrême droite" dont je me sens proche.

Écrit par : Paul-Emic | 29 janvier 2016

@ Paul-emic:

Oui, en partie. Vous nous rappelez que le fascisme est issu des rang du socialisme. Il en était imprégné.

"Il était évident pour tous que le fascisme est une émanation de la gauche révolutionnaire. Ses militants défilaient le premier mai sous des drapeaux rouges. Ses dirigeants défendaient le collectivisme, la nationalisation de l’industrie, le protectionnisme, les conseils d’ouvriers. Partout en Europe, ils pensaient comme Hitler qui dit à un Mussolini enthousiaste en 1934 : « le capitalisme a fait son temps ».

Une des réussites les plus impressionnantes de la gauche moderne est d’avoir imposé un climat culturel qui refuse d’entendre ces simples faits. L’Histoire est réinterprétée en partant du principe que le fascisme est de droite, la logique étant semble-t-il que « gauche » signifie gentil, « droite » méchant, et que les fascistes étaient très méchants. Cette analyse qui semble sortie tout droit de Twitter est déplacée de la part de commentateurs sérieux."

https://www.contrepoints.org/2013/02/19/115302-la-peur-de-rappeler-les-racines-socialistes-du-fascisme

Mais peut-être pourrait-on maintenant commencer à défaire la croyance que le fascisme et la terreur qui l'accompagne sont de droite.

Pourrait-on parler de nation, en pour ou en contre, sans associer immédiatement cette idée au "nationalisme" qui est une idéologie, alors que Nation est une identité. Parlons un peu de nation sans voir aussitôt l'ombre du Führer. Quand on parle de la Nation indienne on parle de l'ensemble des peuples et tribus amérindiens unis par quelques ressemblances culturelles. L'attachement à cette forme de solidarité nommée "nation" ne peut être réduite à une matrice à Apocalypses. Nations Unies a un autre sens.

C'est pourquoi je peux entendre cette notion de souveraineté dans le socialisme qui ne m'inspire pas immédiatement le pire.

Écrit par : hommelibre | 29 janvier 2016

Jacques Sapir - d'origine russe - annonce la fin de l'euro dans dix mois depuis... 7 ans ! Y compris dans des conférences devant des banquiers privés à Genève, car le cher homme croque à tous les râteliers, quand son cirage de pompe du Néo-Tsar lui en laisse le temps. Mais pour le moment, Mme Soleil se lève à l'Est s'est planté dans ses prédictions.
En fait il a eu une intuition géniale depuis dix ans, et il l'avait piquée à Piketty.

Écrit par : Boulevard Raspail | 29 janvier 2016

Boulevard Raspail? Pas très "brillant" ..........

Écrit par : Patoucha | 13 mai 2016

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