11 janvier 2016

Commémorations en rafale (de kalach?) : changer le nom de Paris

Aujourd’hui un brin d’humour, mimosa de l’esprit. Demain je reprends mon tracteur et je laboure les friches sauvages autour de Cologne.

On pourrait changer le nom de Paris. Trouver quelque chose que l’on soit sûr de ne pas oublier. Parce qu’il y a déjà Paris Texas, Paris Hilton, et encore d’autres. Cela sème la confusion. 

 


paris,commémoration,attentats,louange,hollande,johnnyIl y a bien Lutèce. L’ancien nom a du charme. Son défaut est d’être ancien. Il n’a pas l’odeur typique des couloirs du métro.

 

Il y aurait Seine. « Les prénoms de Seine », cela ferait une drôle de chanson. « Je vais à Seine ». Risque de confusion phonétique avec La-Seyne-sur-Mer, ville du midi, 65’000 habitants, près de Toulon. Même s’il n’y a pas de mer à Paris.

 

Il y aurait Touréfèle. C’est original, non, Touréfèle? On ne se tromperait pas. « – Tu vas à Touréfèle?  – Oui. – Ah, la capitale de la France! – Comment tu sais? »

 

Il y aurait Hollande. Cela donnerait enfin une place à François dans l’Histoire. Mais les bataves ne seraient pas contents de voir leur pays bien-aimé confondu avec une ville où l’on ne parle que la langue de bois. De bois de Vincennes, bien sûr. 

 

Il y aurait Charlie. En hommage à Charle de Gaulle. Mais on a déjà donné son nom à un porte-avion. On ne saurait plus si la ville est sur terre ou sur l’eau. Et des villes d’eau, il  y en a d’autres: Aix-les-Bains, Amélie-les-Bains, Brides-les-Bains. Tiens, Brides, ça me donne une idée: Brides-Abattues. Cela ferait penser à la fois à l’hippodrome de Longchamp – là où se court le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe paris,commémoration,attentats,louange,hollande,johnny – et au victimes des attentats. Pourquoi? Ben, parce qu’abattues. Et pas que moralement. Avec des balles payées par le Qatar, si ça se trouve...

 
Mais au fait, pourquoi changer le nom de Paris? Parce qu’il ne rend plus compte des nouveaux sites touristiques. En quelques jours pas moins de trois plaques commémoratives ont été inaugurées par Fanfrelande. 

 

On pourrait s’inspirer de ses speechs, prononcés devant des grands écrans qui repassaient hier les commémorations précédentes. Repasser sur écran les précédentes commémorations? Waow. On ne célèbre plus l’événement mais la mémoire de l’événement, les précédentes célébrations de l’événement. Des fois qu’on aurait oublié, on commémore la commémoration de la commémoration. C’est la mémoire de la mémoire.

 

Les attentats sont déjà devenus un spectacle. Ça va encore plus vite que la béatification de Jean-Paul II. D’ailleurs les officiels avaient leur place assise hier. Comme les places nominatives dans l’église catholique il y a très longtemps. La République est une nouvelle religion.

 

Qui dit mémoire dit souvenir. On pourrait donc l’appeler Johnny. Parce que, Souvenirs Souvenirs, et encore: J’ai oublié de me souvenir de l’oublier. Après on mettrait Johnny au Panthéon. Mais pourquoi l'idole des jeunes s’est-elle habillée en croque-mort pour chanter hier?

 

paris,commémoration,attentats,louange,hollande,johnnyOu bien, pour faire simple, on pourrait appeler Paris Commémoration.

 

– Salut, tu pars?

– Oui, je vais passer trois jours à Commémoration. Il y a un nouveau circuit touristique pour visiter les plaques aux morts.

– C'est chiant les circuits. Tu risques à chaque fois de croiser le cortège présidentiel. Pfff... Tu peux faire des escapades?

– Oui. J’aime bien aller m’asseoir au cimetière du Père Lachaise. C’est tranquille. Y a que des morts.

– Que des morts? Et pas de commémoration?

– Non.

– Mais que fait Fanfrelande?

 

Bon, en attendant si Johnny n’est pas disponible pour chanter dans les rues de Commémoration, il y a Louane et Ibrahim Maalouf. J’ai mis cet hommage en haut à droite pendant deux jours. Je le remets ici tellement j’aime la trompette de Maalouf. Envoûtante. Louane, d’accord, c’est une chanteuse tremblotante pour ados. Mais elle a cette grâce que j’aime dans le regard. Et puis elle nous change de Fanfrelande, qui n’a pas attiré grand monde hier.

 

Musique Ibrahim Maalouf, texte Amin Maalouf, chant Louane: Un automne à Paris.

 

 

 

23:53 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : paris, commémoration, attentats, louange, hollande, johnny | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Le problème avec ces commémorations réside dans la question : quand est-ce que c'est trop et quand trop peu ?
J'admets ne pas les avoir vraiment suivies et ainsi, je n'ai pas l'impression du trop.
Il faut s'assurer, dans un tel cas, de n'avoir oublié personne, car les proches, régions, ou communautés qui sont concernés par un attentat en particulier ne doivent pas avoir l'impression d'avoir été oubliés. Et si ce n'est pas le président qui participe, alors cela a moins de valeur.
On est dans le symbolique et c'est très très difficile à maîtriser.

En suivant les paroles de la chanson, il me semble percevoir la volonté de créer une communauté pour faire face à ce phénomène, qui pourrait amener des dégâts collatéraux dans la société (panique, radicalisations, clivages ). Beaucoup d'analystes ont exprimé l'idée que l'un des objectifs de ces attentats est de déstabiliser les pays européens, d'amener la discorde, qui finirait par affaiblir les pouvoirs en place et ainsi rendre l'Occident vulnérable.
Il y a beaucoup de Louane avec le texte et peu d'Ibrahim avec la trompette... Si j'ai bien compris, le texte devrait être étudié dans les écoles en France.
Amin Maalouf a peut-être su prendre la chose par un bon angle. Il y a des références culturelles, le rappel de chansons d'un passé pas trop éloigné et du Paris que tout le monde aime.
Ensuite, les enseignants ont la responsabilité d'arriver à en faire quelque chose qui puisse passer. Il faut arriver à faire ressentir quelque chose comme l'appartenance.
J'aurais aimé un peu plus de trompette, un peu moins de mots. A un moment, où la musique pourrait être stigmatisée par des fanatiques.
Mais Louane pourrait être la bonne personne pour obtenir que les ados écoutent et s'intéressent un peu. Car arriver en classe avec l'objectif commémoratif, selon les classes en question, ce n'est pas gagné d'avance ...

Écrit par : Calendula | 12 janvier 2016

Calendula,

J'aurais aussi aimé plus de trompette. Mais l'intro reste pour moi comme subliminale pendant toute la chanson.

Les paroles représentent un certain idéal européen, il est bien de le rappeler, même si l'on peut vouloir moduler son application. Quels seront les débats à l'école autour de cette chanson? J'espère que les enseignants donneront aussi leur parole d'adultes, mais en même temps ils risquent de donner un ton particulier politiquement. Pas facile le débat.

Par ailleurs, en vue d'un public scolaire, le choix de Louane est pertinent, en effet.

Écrit par : hommelibre | 12 janvier 2016

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