07 janvier 2016

Et si Don Juan avait raison ?

Pourquoi tant de détestation contre cet homme mythique qui ne fit qu’illustrer la revanche de la nature sur la culture? Aujourd’hui tout serait culturel. Même le sexe. La théorie du genre rejoint en cela, d’une autre manière, les thèses religieuses où la morale gouverne l’instinct.


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Car Don Juan vit dans un monde culturé à l’extrême. Il n’y a plus guère de domaine où l’instinct, la jouissance spontanée, l’animalité et la dimension sauvage et créative des humains soient encore en odeur de sainteté. Le corps vital, sexué, est enfermé ou annulé, tout est codifié. La religion dit ce qui est bien et mal, permis et interdit. La sexualité libertine est un péché. Le sexe hors de la reproduction est un péché.

C’est parfaitement logique: le sexe est d’abord destiné à reproduire la vie, à reproduire l’espèce. Le plaisir n’est que le sucre qui attire mâles et femelles en vue de l’accouplement. Du désir vient la jouissance, de la jouissance vient l’enfant.

Mais on sait que ce n’est pas si simple. Les mâles, si l’on poursuit la thèse darwinienne de la reproduction, veulent surtout répandre leurs gènes et proliférer. Les femelles, à qui la reproduction est matériellement assignée par la nature, veulent un mâle stable pour les protéger et les soutenir.

Le désir ne suffit pas à rendre stable un mâle. Deux choses ont été mises en place pour le retenir dans le couple exclusif: l’affect et la culpabilité. Par l’affect, par les sentiments, le mâle trouve une raison de durer pour reproduire le plaisir des émotions, et parce qu’en durant il est valorisé socialement et par sa compagne. La culpabilité pour faire frein au car où l’affect ne suffit pas à le retenir.

 

 

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Le mâle qui est par nature plutôt destiné à se répandre, en vient à se limiter, à durer, à être fidèle. Pourquoi? Pour une femelle, pour l’accès permanent au sexe et à la valeur, pour une place sociale.

Car il est clair que Don Juan n’a pas de place sociale ni de reconnaissance par autrui. Toutes les femmes étant ensemençables, celles de ses amis le sont également. Amis qu’il ne saurait garder longtemps. Bref, en se répandant, il tombe inévitablement de temps en temps sur une femme déjà en couple. Socialement c’est invivable. Et plusieurs de ses folles nuits risquent de se terminer aux urgences pour quelques points de suture…

A moins de rompre culturellement l’unité du couple et d’accepter une infidélité ouverte, qui dès l’ors n’en est plus une. Mais cela c’est possible en théorie. Dans la pratique quiconque a vécu cela sait que l’attachement à une personne produit de la souffrance en cas de partage des corps. En plus de créer la peur de l’abandon et donc de la solitude économique, affective et intellectuelle dans l’éducation des enfants.

Don Juan ne peut donc être amoureux. Il ne peut que désirer, et désirer encore, toutes les femmes possibles. Il ne peut s’attacher et rester. Il ne revient jamais. Don Juan brise le mythe du Retour. Il est le sauvage intégral, celui qui remet en avant le pur instinct, dans sa quête infinie de l’extase. Car hors de l’extase, de la plénitude indistincte de l’extase – poétique, sensorielle, sexuelle – que vaut d’être vivant?

Dans la littérature Don Juan est au final puni, à moins de faire pénitence et de reconnaître ses péchés dans certaines versions. La notion de péché demeure. Cependant en terme uniquement de reproduction de l’espèce, il n’y a pas de péché. Alors pourquoi la culture pose-t-elle des règles et des interdits?

 

 

don juan,libertinage,libertin,sexe,liberté,femmes,hommes,reproduction,espèce,darwin,Un rêve sauvage

Pour éduquer et protéger, disais-je avant. Mais si les hommes ne sont plus là, les femmes peuvent se grouper en matriarcat et se passer des mâles à part pour la fécondation, seule fonction absolue des mâles. Ils n’embêteraient plus leurs épouses. Elles garderaient les enfants pour elles. Les mâles gambaderaient de femme en femme, centrés exclusivement sur leur jouissance sexuelle. Et Don Juan aurait raison.

Pourquoi donc avoir brimé ce coureur de jupons? Pourquoi l’avoir enfermé dans le mélange des sentiments, dans l’enfer de la culpabilité? Pourquoi ne pas trouver magnifique la sexualité débridée et sans attaches de Don Juan? Pourquoi l’avoir subordonné au désir des femelles ? Pourquoi l’Homo Baisantus a-t-il mauvaise presse et est-il symbole de déchéance?

J’ai tendance à penser que si un système s’impose et fonctionne pendant des milliers d’années, c’est qu’il est préférable à un autre système. La belle liberté de Don Juan, la magnifique jouissance du mâle sans attache, ne fonctionnait peut-être pas pour assurer la paix des groupes et la reproduction de l’espèce.

Don Juan aurait donc tort et ne servirait au fond que de nostalgie et de contraste dans des sociétés trop contraintes par la culture, au détriment de l’Homme sauvage. Il ne serait qu’un rêve pour les hommes, qui se voient enfin la possibilité de vivre leur sexualité sans limites et sans punition ni reproches féminins. Qu’un rêve pour les femmes qui, en dehors de la nécessaire prudence avec les hommes (ce ne sont pas eux qui assument la grossesse en cas de coup d’un soir), pourraient enfin s’abandonner au stupre et à la fornication illimitée sans peur du jugement et des conséquences.

Au final il est possible que Don Juan ait tort. Mais je n’en suis pas encore sûr à 100%. Et si je n’étais pas un indécrottable romantique exclusif malgré tout, peut-être serais-je un pur libertin chevauchant toutes les croupes que le ciel mettrait à ma disposition. Les femmes sont si attractives (même certaines Gorgones)!

 

 

15:22 Publié dans Humour, Philosophie, société | Lien permanent | Commentaires (34) | Tags : don juan, libertinage, libertin, sexe, liberté, femmes, hommes, reproduction, espèce, darwin | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Vous cherchez ce qu'il faut faire ou qui a raison mais c'est parce-que vous êtes encore coincé dans l'éducation moraliste et coercitive de notre société. D'où des questionnements infinis et zéros réponses sur "la bonne façon d'agir" qui n'existe pas. Dans l'idéal, chacun fait ce qu'il veut et vit de la façon qu'il aime dans le respect total. Pourquoi ce besoin d'obéir à des trucs ? Si vous avez envie de coucher avec une femme et qu'elle aussi alors avez-vous besoin d'une permission divine ou de l'approbation de votre épouse ?

Ce qui est triste dans notre société c'est que les gens ne savent même plus ce qu'ils veulent et ne connaissent même plus leurs propres besoins. Obéir, être conforme, ne pas blesser, mentir, s'excuser, manipuler etc. C'est la mentalité des esclaves !

Écrit par : Sub | 07 janvier 2016

Bonjour

Si pour vous Sub, trahir la confiance de votre épouse représente le respect total...alors chapeau :-)

Écrit par : absolom | 07 janvier 2016

S’empêcher d'avoir une aventure alors qu'on en crève d'envie, ce n'est pas se respecter soi-même et c'est trahir quand même son épouse. Mais dans la société des esclaves, c'est bien vu d'être hypocrite, ça s'appelle le respect. Toutes les valeurs sont à l'envers.

Écrit par : Sub | 07 janvier 2016

Je comprends ce que vous écrivez Sub, mais si cela devait m'arriver, je le dirais à ma compagne avant, quitte à en arriver à une séparation.

Ainsi, le respect est gardé envers chacun, et tant pis pour le côté "excitant" de l'affaire...

Écrit par : absolom | 07 janvier 2016

Je pense qu'il est inutile de se poser trop de questions. Si on ressent de l'atachement pour une femme, alors on choisira de ne pas la tromper car on ne souhaite pas lui faire de mal et encore moins prendre le risque de la perdre.

Et si on ne tient pas à elle... alors il faut en tirer les conclusions qui s'imposent. Si on juge que la fidélité compte moins que l'assouvissement de ses envies, c'est signe qu'il faut reprendre sa liberté.

Sub: Ce que je n'aime pas dans votre position, c'est que vous mettez l'envie et l'acte de l'adultère sur le même plan. Pour vous, c'est déjà de l'adultère si on en a envie. Mais ce que je pense c'est que c'est pour vous une justification pour passer à l'acte. Tout le monde a, à un moment ou un autre, une envie, une occasion consécutive à un sourire, une discussion, etc. Si on part du principe qu'on ne peut rien se défendre, alors on va plonger à chaque fois. Mais où est le respect de la personne aimée ? Assouvir toutes ses envies passe-t-il avant le bonheur de sa conjointe ou de son conjoint ? La fidélité n'est pas de l'esclavagisme. La fidélité c'est une question de respect et d'amour propre.

Écrit par : Kad | 07 janvier 2016

A mon avis, le conjoint ou la conjointe est responsable de son propre bonheur et de sa façon d'interpréter les choses, tout comme nous. Je préfère ne pas tomber dans ce piège là sinon on a vite fait de redevenir esclave de l'autre...

Écrit par : Sub | 07 janvier 2016

Il n'y a pas de règles absolues.
Pour certain céder à toutes ses envies correspondra à se vautrer constamment par manque de construction qui s'inscrit dans la durée.
Pour d'autres il s'agira simplement de gestion et de choix de sa propre construction.

Écrit par : aoki | 08 janvier 2016

Je précise le mot "respect" qui signifie, pour moi, ne pas forcer la personne. C'est à dire ni représailles en cas de refus (faire la tête par exemple). Ni menaces, promesses ou récompenses, chantage affectifs, sermons etc. La liste est longue des techniques de manipulation et de coercition plus ou moins admises dans nos sociétés.

J'ai l'impression que vous employez le mot respect dans le sens "gentil", c'est à dire de ne pas blesser la personne, ce qui est impossible. D'ailleurs, on se rend compte jusqu'où cela peut aller, certaines femmes vont se "sentir blessée" pour un regard ou je ne sais trop quoi. La seule façon de ne blesser personne est d'être un paillasson.

Écrit par : Sub | 08 janvier 2016

Il y a autant de conceptions de la morale en matière amoureuse et sexuelle que d'individus. Et c'est tant mieux ! Les sociétés puritaines qui refrènent les pulsions des individus dans un carcan unique, sont détestables. Mais les mots d'ordre libertaires qui imaginent que chacun peut trouver son bonheur dans une sexualité totalement libérée sont illusoires.

Chacun doit trouver son équilibre entre les aspirations profondes que l'on doit suivre et les fantasmes qui n'ont pas vocation à être réalisés; entre les règles morales qui font sens à nos yeux et celles qui nous apparaissent comme des rituels hypocrites. Il faut se défier aussi bien de la fascination de la vertu abstraite que de la complaisance narcissique envers ses petits émois.... Et éviter de juger les autres en fonction de ses propres critères. L'adultère par exemple, n'a pas forcément la même signification dans tous les couples (trahison impardonnable ou simple vexation). Et symétriquement, une vie maritale en apparence banale et linéaire n'est pas contradictoire avec l'épanouissement amoureux.

Bien sûr, la règle morale de base, essayer de faire le moins de mal possible autour de soi, reste valable. Reste à savoir ce qui fait vraiment "mal". Don Juan n'est pas un violeur. Il séduit les femmes, allume la passion chez elles, leur donne du plaisir, puis les abandonne. Faut-ils vraiment les plaindre ? Et d'ailleurs toutes se plaignent-elles ? Ont-elles vraiment l'impression d'avoir perdu quelque chose dans l'histoire ?..
Personnellement, j'ai toujours eu une certaine sympathie pour les personnages des femmes fatales légendaires, de Guenièvre à Loulou, de Salomé à Manon Lescaut, de Cléopâtre à Cléo de Mérode. Certes, les hommes qui ont aimé ces gentes dames ont mal fini. Mais ce qu'ils ont vécu avant méritait peut être cette peine...

Il me semble que si j'étais une femme, j'éprouverais un sentiment similaire pour Don Juan et ses "continuateurs" divers, de Bel-Ami à James Bond...

Écrit par : F-Cat | 08 janvier 2016

Vous n'avez pas tort Sub...

L'on ne peut éviter de fouler le sol et d'écraser la fourmi...mais je fais partie de ceux que ça ennuie...et donc je fais attention :-)

Écrit par : absolom | 08 janvier 2016

@F-Cat

- « Don Juan n'est pas un violeur. Il séduit les femmes, allume la passion chez elles, leur donne du plaisir, puis les abandonne. »

Dans le cas de Don Juan, "abandonner", tout comme "se donner", sont des métaphores de la langue française, parmi d'autres langues. Ou Don Juan est passé à côté d'une riche carrière d'esclavagiste.

Or, pour "les abandonner", qu'est ce qui suggère que "ces femmes" lui *** appartiennent ***, ou éventuellement, qu'il détient une quelconque responsabilité de ce qui suit après la "première fois" ?

Et qu'est-ce qui suggère que Don Juan doit "donner" encore, et encore, à la même femme à qui il a déjà "donné" une fois ?

Écrit par : Chuck Jones | 08 janvier 2016

@Chuck Jones
"Or, pour "les abandonner", qu'est ce qui suggère que "ces femmes" lui *** appartiennent ***, ou éventuellement, qu'il détient une quelconque responsabilité de ce qui suit après la "première fois" ? Et qu'est-ce qui suggère que Don Juan doit "donner" encore, et encore, à la même femme à qui il a déjà "donné" une fois"

Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog - il est vrai que vous n'avez pas énormément de concurrence sur ce créneau (à part Leclercq ? - je plaisante). Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play... D'autant que je pense que nous sommes d'accord sur le fait que Don Juan n'a pas être diabolisé et que les femmes qu'il a séduites sont dans l'ensemble des grandes filles qu'il ne convient pas de plaindre avec condescendance....

Écrit par : F-Cat | 12 janvier 2016

pourquoi ce faire-valoir en 2016 d'un contexte passé favorisant tous crimes sexuels,

se jouant des lois et droits les plus fondamentaux, ignorant la reconnaissance de tous droits humains à +50% de sa société

qui cherche à légitimer ces agressions de masse pour commettre vols + viols,

ce que viennent de faire, à l'occasion des fêtes de fin d'année, des groupes de maghrébins aussi migrants clandestins que délinquants fichés voulant se fondre dans la masse, en Suède au Danemark comme en diverses villes allemandes

sur le mode du "pas vu pas pris",

exécutés à l'époque où tout mâle pouvait assouvir ses besoins quitte à violer sa femme sa soeur ou sa fille ou les 3, hors tout contexte légal

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 08 janvier 2016

Le don-juanisme est défini comme le besoin pathologique de séduire.
Il se pourrait, bien sûr, que ce sens ait été donné par des moralisateurs, qui ne pouvaient voir dans la succession de conquêtes qu'un excès maladif.

En lisant un peu autour de ce sujet, on trouve l'idée que ces hommes-là auraient besoin de se rassurer, tout comme les femmes qui doivent tester leur pouvoir de séduction à tout moment.

Ainsi, "avoir raison" n'est peut-être pas le bon terme, on devrait peut-être dire "avoir besoin".

Considéré du point de vue biologique, Don Juan serait celui qui n'a pas de femme attitrée, mais qui irait "ensemencer" les femmes des autres homes. Je le verrais donc comme adversaire des hommes, comme un rival qui vient semer la zizanie et remettre en cause l'attractivité de la liaison sérieuse, celle qui est censée favoriser l'éducation et la survie des enfants.
Je n'y vois pas en premier lieu un pêché, mais une sorte de hold-up sur ce bien inestimable, qu'est la transmission et la survie des gènes d'un mâle donné.
Ainsi, Don Juan n'est pas en premier lieu un problème moral, mais un problème biologique. Pour les autres hommes.
La morale n'a pas que du mauvais ! Dans ce cas, il peut être malin de contrôler le désir des femmes, trop facilement séduites par un Don Juan, grâce à un discours sur le bien et le mal. Si le respect de cette morale peut les préserver, entre autres, de déceptions au moment où Don Juan passe à la suivante, ça n'a pas que de mauvais côtés.
Dans la pièce de Molière, il me semble qu'Elvire lui était particulièrement désirable, parce qu'elle résistait, au nom de son éducation religieuse. Il a réussi à l'enlever du couvent. Mais il l'a malgré tout "jettée".

Quant à la fidélité conjugale dans le monde d'aujourd'hui :
S'il est vrai, comme l'écrit F-Cat, que chacun a sa propre vision de la gestion de l'adultère, il me semble devoir ajouter une chose que j'ai entendue à la radio de la part d'une spécialiste des relations hommes-femmes, puisque c'était une sexologue.
Elle avait observé que l'infidélité du partenaire / de la partenaire n'est pas vécue de la même façon, selon que l'on se trouve au début d'une relation ou dans une relation bien établie. De même, lorsqu'on est en âge de fonder une famille ou que les enfants sont petits, l'infidélité est vécue comme une catastrophe.
Alors que dans un couple, dont les enfants sont loin de la maison et qui a déjà vécu plein d'épreuves en commun, cela passerait mieux.
Son conseil était tout de même de vivre l'infidélité de la façon la plus discrète possible et de ne pas obliger le conjoint /la conjointe à donner son accord indirect ( ou à prendre des décisions irrévocables au moment du choc de la nouvelle). L'idée étant que si on en fait la révélation, on serait en quelque sorte en train de dire qu'on a déjà passé à une nouvelle histoire.
Tout ça est bien théorique, car il doit être très difficile de réunir tous les paramètres permettant la discrétion, puisqu'il se pourrait que la tierce personne se découvre des intentions sérieuses et tout ce bel édifice de discrétion pourrait se révéler être un nid de vipères.

Écrit par : Calendula | 09 janvier 2016

Très peu de morts parmi les gens corrects entre eux...on ne peut malheureusement pas dire la même chose des autres :-)

Écrit par : absolom | 09 janvier 2016

Calendula, en effet la question est largement biologique et Don Juan met en danger les autres hommes. C'est pour cela que je suggère qu'il n'apporte pas la paix dans la commu8nauté humaine et la met en danger à cause de cela.

Maintenant si tous les hommes étaient Don Juan la compétition serait moindre.

(PS: Don Quichotte m'a fait bien rire! :-)))) )

Écrit par : hommelibre | 10 janvier 2016

@hommelibre

- « ... la question est largement biologique et Don Juan met en danger les autres hommes. »

Mais quel danger et comment fait-il celà ?


- « C'est pour cela que je suggère qu'il n'apporte pas la paix dans la commu8nauté humaine et la met en danger à cause de cela. »

Question subsidiaire, cher ami ... Croyez vous que cette idée préoccupe autant les femmes ?

Écrit par : Chuck Jones | 11 janvier 2016

@hommelibre,

En lisant votre billet, je n'avais pas envisagé la possibilité que tous les hommes puissent se comporter en Don Juan, en même temps !
Je ne sais d'ailleurs pas, si ce serait à proprement parler de la séduction, ou simplement une sorte de bacchanale généralisée, réservée bien sûr aux jeunes.
On sent bien que c'est invivable et même sans entrer dans des considérations d'engendrement d'enfants, on serait exposé à des maladies transmissibles. Cela pourrait donc avoir uniquement lieu dans une société ayant inventé le préservatif et généralisé son utilisation, au bas mot.
Et un clivage jeunes / vieux, qui pourrait certes être évité par le recours à des médicaments type Viagra...
Au fond, pour arriver à vivre un "donjuanisme" maximal, il faudrait une société qui serait capable d'être très hygiéniste (empêcher la propagation des MST), contrôler les naissances (vérifier l'origine du père), empêcher l'idée que le sexe et l'attachement puissent être parfois liés ( même pour des personnes pratiquant un donjuanisme non pathologique, mais juste sociétal).
Cela impliquerait que les femmes devraient trouver tout ça super, afin que ça puisse avoir lieu, c'est à dire qu'elles devraient être séductibles à gogo, car si non, on en viendrait à des situations de contrainte ( p.ex. viol).
Bref !
C'est totalement impossible et carrément inhumain.
Voilà ce que j'en pense en tant que femme, mais je ne représente pas l'ensemble des opinions possibles.
En cela, je crois avoir aussi un peu répondu à Chuck Jones.

Je me demande par ailleurs, s'il peut y avoir quelque lien avec les "événements de Cologne". Nous ne connaîtrons peut-être jamais les vraies motivations de ces groupes d'hommes, qui se sont comportés de façon "no limits". En adoptant un comportement de horde déchaînée, ils testent certainement les limites de notre système, dans lequel les femmes ne sont pas à disposition, même si elles sont dehors la nuit.
En l'état actuel de nos connaissances, je pense que nous devons entendre et comprendre le message. Et faire comprendre nos limites. Nous n'avons pas à changer notre mode de vie.

Écrit par : Calendula | 11 janvier 2016

Je pense que votre analyse est pertinente Calendula, surtout sur le point du désir des femmes. C'est peut-être d'ailleurs le désespoir de Don Juan: que toutes les femmes ne trouvent pas cela super...

Pour le reste, la technologie moderne apporte des possibilités médicales que ne connaissaient pas nos ancêtres et l'on peut imaginer se prémunir contre les maladies et éviter les grossesses non désirées. Mais il reste que l'éducation doit être menée. Et là je pense que cela reste le rôle de la famille, c'est bien moins coûteux socialement que le tout à l'Etat. La famille semble dater d'il y a longtemps, les hommes ont donc épousé le système du couple durable depuis longtemps aussi.


Chuck: les Don Juan n'ont pas vraiment bonne presse dans la gente féminine, et pour un qui séduit et fait rêver (mais qu'elles n'épousent pas), les autres sont plutôt mal considérés.

Écrit par : hommelibre | 11 janvier 2016

Sur un éventuel lien avec les événements de Cologne, non à mon avis. Car dans ma perception de Don Juan il reste respectueux du désir de l'autre. C'est sa propre liberté et sexualité qu'il défend, pas la contrainte (puisque lui-même refuse la contrainte pour lui).

Alors oui en apparence, quand on constate comment ces groupes ont agi, mais au fond non je pense. D'abord ces groupes ont agi par la contrainte. Ils ne peuvent le faire publiquement que par le nombre qui les protège. Le Don Juan est plus intéressé à séduire individuellement, cela le valorise et le stimule son désir. La contrainte reste pour moi une forme de pathologie individuelle ou sociale. Et à plusieurs, il n'est rien. En fait, je doute que dans sa liberté Don Juan ne cherche que la copulation. L'extase oui, mais elle ne vient que d'une réelle conquête relation, même sans lendemain. A mon avis l'homme sauvage n'est pas totalement déculturé et sait ce qu'il doit à la culture. Sa liberté même prend plus de sens et de force, par transgression peut-être, si elle s'exerce dans un milieu où il y a une culture des relations.

Ensuite, il semble que cela ait été plus ou moins planifié, comme le dit un ministre. C'est plausible dans la mesure où cela s'est passé avec la même technique dans plusieurs ville. Une sorte de test de nos limites, oui, ou d'appropriation d'un territoire, de confrontation. Car comment expliquer cela "naturellement"? Je ne vois pas des hommes oser agir ainsi par centaines sauf sans des circonstances spéciales: guerre en particulier, où ils sont poussés par le groupe ou par la hiérarchie.

Sinon ces faits sont commis par des individus qui dérapent. Il n'y a pas de culture collective de l'agression sexuelle. Ce n'est pas un comportement habituel masculin. Du point de vue criminel peu d'hommes succombent à cette contrainte par la violence. Il y a un univers entre vivre une liberté sexuelle totale et agresser pour tirer un coup. Même les frustrations sexuelles culturelles ne produisent pas de telles actions d'une telle envergure et en public. Les femmes agressées dans des centres de réfugiés (on a dû créer des espaces qui leur sont réservés) le sont de manière cachée par un homme, ou par très peu à la fois. Il n'y a pas cette revendication publique de l'acte par l'acte collectif lui-même, comme à Cologne.

Écrit par : hommelibre | 11 janvier 2016

@Chuck Jones
"Or, pour "les abandonner", qu'est ce qui suggère que "ces femmes" lui *** appartiennent ***, ou éventuellement, qu'il détient une quelconque responsabilité de ce qui suit après la "première fois" ? Et qu'est-ce qui suggère que Don Juan doit "donner" encore, et encore, à la même femme à qui il a déjà "donné" une fois"

Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog - il est vrai que vous n'avez pas énormément de concurrence sur ce créneau (à part Leclercq ? - je plaisante). Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play... D'autant que je pense que nous sommes d'accord sur le fait que Don Juan n'a pas être diabolisé et que les femmes qu'il a séduites sont dans l'ensemble des grandes filles qu'il ne convient pas de plaindre avec condescendance....

Écrit par : F-Cat | 12 janvier 2016

Test censure

Écrit par : Chuck Jones | 13 janvier 2016

@F-Cat

- « Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog ... »

Me "positionner" ?
Pourquoi faire ?
On participe à un concours ?
Pour y gagner quoi ?
Et si j'ai besoin de "renforcer" ma position, en quoi est-elle si "fragile" ?

- « Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play ... »

J'ai décrit plus haut un mot que vous avez employé dans le contexte de "Dom Juan", "abandonner", comme étant une métaphore. En quoi est-ce donc un détournement ou un jugement de valeur ?

Ou me reprocheriez vous de vous avoir mal compris ?
Et qu'est-ce que selon vous j'ai compris ?
Et qu'est-ce que j'aurai dû comprendre à la place ?

Écrit par : Chuck Jones | 14 janvier 2016

F-Cat:

- « Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog ... »

Me "positionner" ?
Pourquoi faire ?
On participe à un concours ?
Pour y gagner quoi ?
Et si j'ai besoin de "renforcer" ma position, en quoi est-elle si "fragile" ?

- « Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play ... »

J'ai décrit plus haut un mot que vous avez employé dans le contexte de "Dom Juan", "abandonner", comme étant une métaphore. En quoi est-ce donc un détournement ou un jugement de valeur ?

Ou me reprocheriez vous de vous avoir mal compris ?
Et qu'est-ce que selon vous j'ai compris ?
Et qu'est-ce que j'aurai dû comprendre à la place ?

Écrit par : Chuck Jones | 14 janvier 2016

F-Cat:

- « Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog ... »

Me "positionner" ? Pourquoi faire ?
On participe à un concours ? Pour y gagner quoi ?
Et si j'ai besoin de "renforcer" ma position, en quoi est-elle si "fragile" ?

- « Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play ... »

J'ai décrit plus haut un mot que vous avez employé dans le contexte de "Dom Juan", "abandonner", comme étant une métaphore. En quoi est-ce donc un détournement ou un jugement de valeur ?

Ou me reprocheriez vous de vous avoir mal compris ? Et qu'est-ce que selon vous j'ai compris ? Et qu'est-ce que j'aurai dû comprendre à la place ?

Écrit par : Chuck Jones | 14 janvier 2016

@F-Cat

- « Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog ... »

Me "positionner" ? Pourquoi faire ?
On participe à un concours ? Pour y gagner quoi ?
Et si j'ai besoin de "renforcer" ma position, en quoi est-elle si "fragile" ?

- « Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play ... »

J'ai décrit plus haut un mot que vous avez employé dans le contexte de "Dom Juan", "abandonner", comme étant une métaphore. En quoi est-ce donc un détournement ou un jugement de valeur ?

Ou me reprocheriez vous de vous avoir mal compris ? Et qu'est-ce que selon vous j'ai compris ? Et qu'est-ce que j'aurai dû comprendre à la place ?

Écrit par : Chuck Jones | 14 janvier 2016

@F-Cat

- « Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog ... »

Me "positionner" ? Pourquoi faire ?
On participe à un concours ? Pour y gagner quoi ?
Et si j'ai besoin de "renforcer" ma position, en quoi est-elle si "fragile" ?

- « Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play ... »

J'ai décrit plus haut un mot que vous avez employé dans le contexte de "Dom Juan", "abandonner", comme étant une métaphore. En quoi est-ce donc un détournement ou un jugement de valeur ?

Ou me reprocheriez vous de vous avoir mal compris ? Et qu'est-ce que selon vous j'ai compris ? Et qu'est-ce que j'aurai dû comprendre à la place ?

Écrit par : Chucky Jane | 14 janvier 2016

@F-Cat

- « Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog ... »

Me "positionner" ? Pourquoi faire ?
On participe à un concours ? Pour y gagner quoi ?
Et si j'ai besoin de "renforcer" ma position, en quoi est-elle si "fragile" ?

- « Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play ... »

J'ai décrit plus haut un mot que vous avez employé dans le contexte de "Dom Juan", "abandonner", comme étant une métaphore. En quoi est-ce donc un détournement ou un jugement de valeur ?

Ou me reprocheriez vous de vous avoir mal compris ? Et qu'est-ce que selon vous j'ai compris ? Et qu'est-ce que j'aurai dû comprendre à la place ?

Écrit par : Chucky Jane | 14 janvier 2016

@F-Cat

- « Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog ... »

Me "positionner" ? Pourquoi faire ?
On participe à un concours ? Pour y gagner quoi ?
Et si j'ai besoin de "renforcer" ma position, en quoi est-elle si "fragile" ?

- « Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play ... »

J'ai décrit plus haut un mot que vous avez employé dans le contexte de "Dom Juan", "abandonner", comme étant une métaphore. En quoi est-ce donc un détournement ou un jugement de valeur ?

Ou me reprocheriez vous de vous avoir mal compris ? Et qu'est-ce que selon vous j'ai compris ? Et qu'est-ce que j'aurai dû comprendre à la place ?

Écrit par : Chuck Jones | 14 janvier 2016

@F-Cat

- « Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog ... »

Me "positionner" ? Pourquoi faire ?
On participe à un concours ? Pour y gagner quoi ?
Et si j'ai besoin de "renforcer" ma position, en quoi est-elle si "fragile" ?

- « Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play ... »

J'ai décrit plus haut un mot que vous avez employé dans le contexte de "Don Juan", "abandonner", comme étant une métaphore. En quoi est-ce donc un détournement ou un jugement de valeur ? Ce mot, selon vous, n'est-il donc pas une métaphore ?

Ou me reprocheriez vous de vous avoir mal compris ?
Et qu'est-ce que selon vous j'ai compris ?
Et qu'est-ce que j'aurai dû comprendre à la place ?

Écrit par : Chuck Jones | 18 janvier 2016

@F-Cat

- « Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog ... »

Me "positionner" ? Pourquoi faire ?
On est dans un concours sans que je le sache ? Pour y gagner quoi ?
Et si j'ai besoin de "renforcer" ma position, en quoi est-elle si "fragile" ?

- « Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play ... »

J'ai décrit plus haut un mot que vous avez employé dans le contexte présent, "abandonner", comme étant une métaphore. En quoi est-ce donc un détournement ou un jugement de valeur ?

Ou me reprocheriez vous de vous avoir mal compris ? Et qu'est-ce que selon vous j'ai compris ? Et qu'est-ce que j'aurai dû comprendre à la place ?

Écrit par : Chuck Jane | 18 janvier 2016

@F-Cat

- « Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog ... »

Me "positionner" ? Pourquoi faire ?
On est dans un concours sans que je le sache ? Pour y gagner quoi ?
Et si j'ai besoin de "renforcer" ma position, en quoi est-elle si "fragile" ?

- « Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play ... »

J'ai décrit plus haut un mot que vous avez employé dans le contexte présent, "abandonner", comme étant une métaphore. En quoi est-ce donc un détournement ou un jugement de valeur ?

Ou me reprocheriez vous de vous avoir mal compris ? Et qu'est-ce que selon vous j'ai compris ? Et qu'est-ce que j'aurai dû comprendre à la place ?

Écrit par : Chuck Jones | 18 janvier 2016

@F-Cat

- « Chuck, je comprends que vous vouliez renforcer votre positionnement de "type de gauche moderniste, humaniste et libertaire" de ce blog ... »

Me "positionner" ???
M'enfin ??? Pourquoi faire ?
On est dans un concours sans que je le sache ? Pour y gagner quoi ?
Et pourquoi aurais-je besoin de "renforcer" ma position ???

- « Mais bon, de là à détourner le sens de ma réaction comme vous le faites, je trouve ça assez peu fair-play ... »

J'ai décrit plus haut un mot que vous avez employé dans le contexte présent, "abandonner", comme étant une métaphore. En quoi est-ce donc un détournement ou un jugement de valeur ?

Ou me reprocheriez vous de vous avoir mal compris ? Et qu'est ce que j'aurai du alors comprendre ?

Écrit par : Chuck Jones | 18 janvier 2016

J'extrais du discours de Fienkelkraut à l'Académie Française ce passage. Il rend hommage à Félicien Marceau, dont il prend le siège, en le citant:

« Que cherche Don Juan ? Non le plaisir mais la victoire. Sa vie est un perpétuel défi. Il a besoin d’un ennemi à vaincre, d’un obstacle à surmonter. Casanova, lui, cultive l’occasion et il est prompt à la saisir. » Il n’est pas l’homme du défi, mais l’homme de la disponibilité : dans le plaisir il ne cherche rien d’autre que le plaisir. La transgression restant dans un rapport de dépendance à l’égard de la loi, il s’affranchit simultanément de l’une et de l’autre. Jamais il n’éprouve le besoin de se poser en s’opposant : c’est un voluptueux, ce n’est pas un adversaire. Il choisit l’hédonisme, non l’héroïsme. Pour le dire d’un mot, Casanova ne met pas le système en question, il le met entre parenthèses. La liberté dont il fait preuve est « une liberté limitée à l’acte et que n’escorte aucune doctrine ».

Écrit par : hommelibre | 29 janvier 2016

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