22 décembre 2015

Personnalité sexuelle et comportement : ni cochons ni salopes

Pour la première fois depuis longtemps je trouve un réel fond à un discours féministe. Il s’agit du féminisme évolutionniste, défendu par Peggy Sastre dans sont récent livre « La domination masculine n’existe pas ».


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Bien qu’elle garde son appartenance au clan des femmes et quelques thèse-réflexes de base, elle fait un sérieux accroc à la doxa victimaire. Elle soutient le féminisme évolutif ou évoféminisme. En rapide: il s’agit d’étudier les relations femmes-hommes sous l’angle des stratégies sexuelles et reproductives que l’évolution a mises en place depuis la nuit des temps.

C’est également la thèse que je soutiens de longue date: les comportements sont dictés d’abord en vue de la reproduction. C’est le fait de toutes les espèces. Les hommes ne draguent pas pour obtenir du pouvoir sur les femmes, comme le prétend la doxa simpliste des féministes, mais avant tout pour copuler et se reproduire. Et les femmes ne disent pas non juste pour les embêter.

Chaque comportement dispose de codes. Par exemple différentes études montrent qu’en général les femmes préfères les relations durables et les hommes les relations courtes. Ce sont deux stratégies différentes en vue de la reproduction. Les hommes multiplient leurs chances d’engendrer, les femmes privilégient le partenaire-soutien.

Dès lors les stratégies masculines privilégient les opportunités immédiates, alors que les stratégies féminines font attendre le mâle pour le tester.

 

 

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Ces codes de groupes sont ensuite modulés par des facteurs de personnalité. Il y a différentes personnalités sociosexuelles (comme il y a des personnalités caractérielles), dont l’attractivité ou le rejet peut se lire socialement, comme la richesse. Elles vont de l’inhibition au harcèlement.

Nous ne sommes pas égaux en attractivité. Certaines personnes portent une sociosexualité haute. Elles sont jugées plus séduisantes. On les reconnaît à leur comportement, aux gestes plus épanouis, à certaines expressions du visage et à des formes corporelles que l’on jugera plus attractives.

D’autres personnes ont une sociosexualité basse, sont plutôt coincées, peu attractives, voire repoussantes. On peut tout-à-fait imaginer une soirée avec quelques reines jugées très séduisantes, ayant un succès affirmé auprès des hommes et possiblement une relation forte et durable ou de nombreuses relations valorisantes. D’autres femmes seront les faire-valoir. C’est pareil pour les hommes.

Les femmes à sociosexualité haute privilégient les hommes de pouvoir et de réussite. C’est dans leur stratégie de reproduction. Les autres se contentent des restes, soit de la grande majorité des individus. Car une sociosexualité forte, épanouie, assumée, très attractive, n’est l’apanage que d’une minorité.

 

 

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Cela a des incidences sur la manière dont les sollicitations sont ressenties, et en particulier sur le concept juridique de harcèlement. Les études sur ce sujet montrent que de nombreuses femmes – et beaucoup d’hommes – ont été harcelés au moins une fois dans leur vie. La définition du harcèlement incluant les blagues à caractère sexuel et les remarques liées au genre, qui n’y a jamais été confronté? D’ailleurs, le harcèlement étant défini comme une sollicitation non souhaitée, même les compliments peuvent être ressentis comme un harcèlement si celui ou celle qui les reçoit est grincheux ou grincheuse. Toutes les astuces sont bonnes à faire monter les chiffres des victimes.

Dans la dissymétrie femmes-hommes, la dissymétrie des stratégies sexuelles et de séduction, c’est le mâle qui va vers les femelles pour augmenter ses opportunités. Il peut insister même en cas de refus car certains refus ne sont pas définitifs: Peggy Sastre dit elle-même qu’ils sont parfois comme des mises en attente du prétendant pour l’évaluer. Le controversé Alain Soral avait à une époque écumé les trottoirs dans une drague illimitée et intensive. Toute femme était bonne à aborder. Parfois cela marchait, souvent il était recalé. Il pouvait même passer pour agressif car il ne craignait pas d’être remis en place, et donc abordait les femelles sans se freiner.

Une femme dont la sociosexualité est haute, sûre d’elle, épanouie, aimant le sexe, sera plutôt flattée d’être sollicitée. Pour elle c’est normal, c’est ce qu’elle est en droit d’attendre. Si le mâle montre des signes de supériorité financière ou intellectuelle il sera plutôt bien reçu, sans pour autant anticiper d’un résultat.

Elle peut aussi être agacée d’être trop sollicitée, bien sûr. Les filles canons, en âge de reproduction, attirent plus que les filles moins séduisantes et plus âgées. Le marché sexuel est ainsi fait! La civilisation n’y change rien. Mais de manière générale la fille canon préférera les sollicitations valorisantes.

 

 
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La drague – ou le harcèlement– de rue est mal vue et mal perçue par beaucoup de femmes parce que, justement, ce sont des hommes de la rue, pas des canons, qui sollicitent. Ce sont des personnes à sociosexualité basse, coincés, frustrés, disgracieux, en manque, parfois pauvres et sans culture. Les rebuts, les repoussants. 

Dans le harcèlement ou la simple drague, tout le monde n’a pas envie de tout le monde. Les pauvres sexuellement cherchent plutôt les riches, les belles femmes séduisantes et disposant d’un réel pouvoir, donc d’une liberté dans leur sexualité. Mais ces femmes ne veulent pas des pauvres.

En matière de harcèlement, tout dépend donc du ressenti. Une femme sollicitée par un homme en belle voiture qui s’arrête à sa hauteur, et dont le conducteur semble de bon niveau de langage et de parure, se sentira moins harcelée, voire valorisée même si elle dit non, qu’une autre sifflée à la terrasse d’un bistrot par un homme immigré lui proposant directement l’hôtel.

C’est le problème soulevé par le document de rue filmé par Sofie Peeters il y a trois ans, et qui avait fait l’objet de polémique. Peggy Sastre convient sans hésiter que les cas de harcèlement dans ce petit film sont l’exemple du harcèlement des pauvres, des délaissés sexuellement, des immigrés maghrébins sans succès auprès des femmes, à cran et malades d’être rejetés sexuellement. Elle avait d’ailleurs filmé les images à Bruxelles près de Mollenbeck, c’est tout dire.

Le harcèlement est donc éminemment subjectif, en dehors de comportements réels d’agression et de pression manifeste et répétée. Beaucoup d’hommes se sentent également harcelés par des blagues à caractère sexuel, des oeillades, des propos liés au sexe, voire des habits provocateurs au travail – forme de harcèlement non-dit, discret et admis. La beauté, naturelle ou améliorée, exposée visiblement ou subtilement suggérée, est toujours un marqueur et un élément de stratégie sexuelle, même quand la femelle a déjà un bon partenaire. Etre désirée, pour une femme, peut servir à stimuler son compagnon et à entretenir une bonne image d’elle-même.

 

 

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Toute sollicitation dépend donc du contexte, de la personne et de la manière. Venant d’un homme à la sociosexualité haute, ce sera plus souvent une drague agréable ou un compliment. Venant d’une exclu du marché sexuel, d’un paria de la sexualité, ce sera du harcèlement.

Il faut admettre que d’une part nous ne sommes pas égaux en séduction et en attractivité sexuelle, et que dans ce domaine il y a les riches et les pauvres. Il m’amuse parfois de voir des femmes jeunes, très sexy, habillées de manière à le montrer, se plaindre d’être trop sollicitées et traiter les hommes de cochons, alors que ces hommes ne font que ce que les codes suscitent. Mais s’ils sont riches, beaux ou de bonne extraction sociale ils se transforment miraculeusement de cochons en princes charmants. On voit rarement des stars ou des dirigeants choisir un ou une partenaire hors de leur milieu.

D’autre part la sexualité est organisée selon une stratégie de reproduction immémoriale. Les besoins de chaque sous-groupe se manifestent par des stratégies différentes, parfois contradictoires. Les femmes doivent accepter les stratégies masculines qui au premier degré montrent l’intérêt d'un homme pour elles, dont la drague, que ces stratégies viennent d’hommes « riches sexuellement » – donc plaisants – ou de « pauvres en attractivité » – donc repoussants, et trouver comment y parer sans les accuser immédiatement de harcèlement ni actionner les tribunaux (sauf cas graves, assez rares). Les hommes doivent aussi accepter les stratégies féminines de résistance sans les déconsidérer si elle ne répondent pas à leur demande, et ne pas insister outre mesure. Vu le nombre d’humaines ils ne manqueront pas d’opportunités et il est émotionnellement moins coûteux d’en trouver une qui soit rapidement favorable plutôt que de s’époumoner après une autre qui dit toujours non.

Il n’y a ni cochons ni salopes, seulement des individus inégaux en attractivité qui tentent, avec bonheur ou pas, d’activer une stratégie en vue d’une copulation – et par là de reproduction.

 

 

Image 1: Charlie Riina. Image 2: Brad Pitt. Image 3: Alain Soral. Image 4: Prince charmant.

 

 

 

 

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A découvrir, l'exposition Polina Demidova, jusqu'au 2 janvier. Voir ici.

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Je ne crois pas à ces explications sociales basées sur l'évolution.
Tout expliquer par l'inconscient collectif n'est pas de la science, pas plus que la "psychologie évolutionniste".

Cependant , il est intéressant de voir une féministe oser mettre la sélection sexuelle , la relation hommes_femmes sur le plan sexuel au coeur du débat afin d'explique des schemas sociaux.
Ca change du discours victimisant marchant à sens unique là où il y a une réciprocité dans les actes.C'est un échange et ça , les autres , ne peuvent pas l'accepter car ça implique une part de responsabilité.


Je pense que les hommes sont élevés pour FAIRE car au contraire des femmes , qui suscitent plus d'empathie à en voir les sentences souvent moins lourdes , le pardon plus facile qu'on leur accorde en toute ciconstance , la tendance à ne jamais les dépeindre comme des méchantes etc...car ces dames sont désirées , un homme devra au contraire faire des choses pour être reconnu et apprécié, par les autres et surtout par les femmes elle même.

Un homme fait la cour en faisant.

C'est une tendance , pas une règle.
Les hommes sont donc élevés pour être efficaces et doivent pour celà apprendre à cacher leurs sentiments.
C'est à travers leurs actes , le symbole de la réussite , que ce soit une jolie chanson ou
par le fric qu'un homme est reconnu socialement.
Et on cherche la réussite pour avoir un accès au sexe plus facile bien plus que pour un accès aux ressources vitales , de nos jours.

On ne le demande pas aux femmes cette réussite , pas parce qu'on se moque d'elles mais parce que ce n'est pas par là que passe leur succès.

Un homme est plus dans le faire , une femme dans l'être donc.
Et je pense que l'on reproduit se schéma depuis toujours au jusqu'au point ou l'on montre par exemple des jouets de construction pour les hommes et de poupées pour les filles.
Celà couplé à la croyance désuette que les deux sexes ne doivent jamais avoir d'intérêts commun , un homme ça joue pas à la poupée et toutes ces conneries...


Quand les féministes disent qu'il faut exprimer nos sentiments , nous mâles , ils oublient ou n'ont pas pensé que ce n'était pas la cause du problème mais la conséquence d'un autre problème plus profond.
Il y a une différence énorme entre jouer aux durs et essayer de pleurer pour que nos problèmes disparaissent. Si un homme pleure pour un oui ou pour un non, on ne lui viendra pas aussi facilement en aide qu'à une femme. Sera même moqué par elles , considéré comme un incapable , un enfant qui ne suscitera pas le sentiment de sécurité chez elles.

(Je ne dis pas qu'il faille jour au gros dur comme un idiot , loin de là , il faut savoir être sensible mais "autrement")


Oui , la relation entre les sexes est très importante pour comprendre société et c'est pour ça qu'aucun féministe ne la mettra au centre de la discussion au risque de remettre en cause certains de leurs dogmes.

Écrit par : nemotyrannus | 22 décembre 2015

Hommelibre soyez prudent sur vos sources. J'ai l'impression que ce livre n'est qu'un tentative de récupérer le féminisme et corrompant la base scientifique qui se trouve à la base de la psychologie évolutive qui a la particularité d'expliquer pourquoi le féminisme recueille autant d'adhésion auprès des femmes et pourquoi les femmes se préoccupent si peu des injustices subie par les hommes.

Je recommande aux lecteurs de chercher des sources non contaminés par les féministes s'il veulent vraiment comprendre en quoi consiste la psychologie évolutive, qui dépasse totalement le cadre des relations hommes femmes.

Écrit par : de passage | 22 décembre 2015

est-ce une femme de plus dans le camp des femmes lucides et honnêtes ?

http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article232

les féministes avec leur mensonges ont assez fait de dégâts comme ça.

http://www.lexpress.fr/informations/les-femmes-jugent-les-hommes_633785.html

Ni dans la vie politique, qui reste la chasse gardée de ces messieurs, !!!

"Ils ne s'occupent pas assez des tâches ménagères, protestent-elles. Qu'on se le dise, c'est du côté de l'aspirateur et du balai- brosse que passe l'avenir des couples, puisque les jeunes femmes sont les plus intraitables: 83% des 15-24 ans et 64% des 25-34 ans estiment que, tout tendres et tout gentils qu'ils soient, les hommes d'aujourd'hui n'en continuent pas moins de snober scandaleusement l'idée de faire le ménage à la maison. " !!!

" Elles ont la maîtrise de la contraception, deviennent plus exigeantes avec leurs compagnons, et sont souvent à l'initiative des ruptures (quatre divorces sur cinq sont demandés par elles)." !!!

"Aujourd'hui, un type sur son ordinateur aura peut-être l'air moins viril mais il sera toujours aussi dominant. "

Écrit par : leclercq | 23 décembre 2015

Elle est dans "Le Matin":

http://www.lematin.ch/societe/evolution-machos/story/17425343

Interview intéressante, de même que votre billet!

A noter que j'ai l'impression de retrouver ici les éléments d'une conférence donnée il y a près de quinze ans par la chercheuse/universitaire Jacqui Shykoff à Fribourg, intitulée "Pourquoi les hommes préfèrent les blondes".

Écrit par : Fattorius | 23 décembre 2015

Merci pour le lien vers Le Matin. Intéressant en effet. Et intéressant entre autre parce que la journaliste revoit sur la notion de soumission féminine, alors que justement ce n'est pas le propos.

J'ai aussi une approche critique de certaines thèses de Peggy Sastre, que je viens de mettre en ligne:

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2015/12/23/hommes-et-femmes-la-violence-renaturalisee-272836.html

Écrit par : hommelibre | 23 décembre 2015

Je ne comprends pas pourquoi on a tant de mal à donner une définition claire du harcèlement. D'un côté, il y a ceux qui veulent mettre tellement de choses derrière ce concept que cela entraîne une sorte de condamnation morale de toute forme de tentative de séduction (ce qui est peut être le but qu'ils recherchent...). De l'autre, il y a ceux comme vous, John, qui estiment que cette notion est tellement subjective qu'on doit la retirer du droit.
Pourquoi ne pas dire que le harcèlement commence "quand l'approche sexuelle est exprimée avec agressivité, ou avec des termes insultants ou grossiers, ou quand elle est répétée plusieurs fois avec insistance malgré le refus de la personne concernée" ? Cette définition basique, qui peut certainement être améliorée, épargnerait les maladroits et les dragueurs gentiment "lourdingues", tout en laissant des possibilités de recours judiciaires aux femmes victimes de comportements réellement pénibles et qui n'auraient pas assez d'assurance sociale pour régler le problème par elles-mêmes.

Pour le reste, il y a bien des choses à dire sur le manichéisme du concept de domination masculine qui, tout comme le concept de domination en général, est une machine à simplifier le réel en lissant l'extrême diversité des milieux, des sociétés, des époques. En la matière, mes thèses de Melle Sastre ne me paraissent pas d'une extraordinaire originalité. L'importance des stratégies de reproduction, les inégalités sexuelles, la condition de frustrés de la majorité de l'humanité... tout ça, c'est dans Houellebecq, en moins construit mais en plus drôle (Ah, "Extension du domaine de la lutte"....)

Et puis, j'ai toujours du mal avec ce genre de théories "anthropologiques" (ou "sociologiques" d'ailleurs) qui finissent par faire peu de cas du libre arbitre humain. Entre expliquer et justifier il n'y a souvent qu'un pas et Sastre n'est pas loin de banaliser le viol et la violence conjugale en en faisant, nolens volens, non pas des péchés (il faut bien employer les mots qui fachent de temps en temps), non pas des dysfonctionnements, mais des conséquences, certes regrettables mais au fond inévitables, des inégalités structurelles entre les genres et entres les groupes.
Avec la vision qu'elle a du monde, il est assez logique que Sastre en arrive à dire que "tous les hommes sont des violeurs". Si la reproduction est l'objectif réel (bien que dissimulé) derrières tous les comportements masculins, alors les limites morales que les hommes se sont fixés en matière de sexualité sont hypocrites. Ceux qui ne violent pas des femmes parce qu'ils ont les moyens (physiques ou financiers) de coucher avec des compagnes désirables n'ont aucun mérite. Et ceux qui les violent ne le font que parce qu'ils sont les plus mal placés dans le "marché sexuel" et qu'ils sont incapables de copuler autrement que par la violence. On comprend que la dame ne se soit pas fait que des amies parmi ses consoeurs féministes.

Dernière chose, en suivant ce point de vue, on pourrait conclure que la femme qui préfère l'agrégé de lettres au regard rêveur qui la séduit en lui offrant une rose en lui parlant de Dante et Raphael et en la conviant à une balade au Bois de Boulogne, au chômeur en survet qui lui lance "Hé, Salxxx, tu sxxxx" est une hypocrite qui se ment à elle-même en prétendant apprécier la belle conversation là où elle ne voit que le portefeuille. Personnellement, j'aurais tendance à penser que 1°) même si l'agrégé est un faiseur, Dante et Raphael, c'est la civilisation 2°) tous les pauvres, heureusement, ne se conduisent pas comme des sagouins, 3°) les femmes aussi ont le droit d'aimer la Divine Comédie et La Madone au Belvédère et donc que 4°)invariants anthropologiques ou pas, les choses sont quand même un peu plus compliquées qu'une simple histoire de chromosomes.

Donc, bof, quoi.

Écrit par : F-Cat | 23 décembre 2015

F-Cat,

Je ne pense pas que le concept doive être retiré du code pénal, mais je souligne la grande difficulté à sortir du sentiment très subjectif et contextualisé de la chose. Le ressenti d'être agressée ou agressé doit répondre autant que possible à des critères objectifs et vos suggestions vont dans ce sens. Mais là encore faudra-t-il trier les cas. Entre une personne romantique et éconduite qui insiste auprès d'une ex amoureuse ou amoureux, et les gros sabots au boulot, il y a un monde. Et les gros sabots, n'ayant pas forcément vocation à comprendre la finesse d'une fine âme tremblante, la loi posera des limites dont parfois on dira que c'est juste, d'autres fois que c'est un reproche sur la personnalité et non sur les actes.

Ce que le naturel doit apporter est d'accepter que hommes et femmes n'ont pas les mêmes dynamiques et que le culturel a validé ces différences. Mais on ne doit ni forcer une femme qui dit non, ni criminaliser par principe un homme qui cherche (en reconnaissant qu'il y a des limites à chercher).

J'apprécie et adhère à l'anthropologique car il est en lien avec la matrice fondamentale qu'est le corps. Le libre arbitre vient se greffer par-dessus mais, même aujourd'hui, il y a des stratégies sous-jacentes au romantisme comme à la drague dure. Admettre cela c'est poser une forme de lucidité dans le prisme avec lequel nous regardons les relations, la morale, etc.

Le développement du libre arbitre est évidemment important et tout n'est pas acceptable.

Je pense que P. Sastre différencie le viol en tant que stratégie originelle, qui n'a pas été perçu comme viol si ce type de relation était la norme. La notion de viol bien avec la conscience d'être un individu à part entière. D'ailleurs je doute que cela ait été très répandu au sein des couples. Je pense que les humains, femmes et hommes, avaient plus besoin de coopérer que de se brutaliser.

D'autre part, en terme de stratégie reproductrice, on voit mieux que les deux avaient leur intérêt dans le système de relations. Je pense d'ailleurs que voir les femmes comme les victimes désignées st un mépris des femmes et de leur intelligence.

Les choses sont plus compliquées qu'un histoire de chromosome, j'en conviens, et un reproche que je fais à ce livre est de généraliser et au final de réintroduire une violence tout-masculin. Dans ce sens, il y a un tour de passe-passe. Mais elle rend les femmes un peu plus responsables de leur passé et c'est un bien.

Cela dit, je me souviens d'une séquence avec une ancienne compagne, qui avait été traitée de manière inconvenante (à ses yeux) par l'employé d'une administration. Elle m'a téléphoné en me demandant d'aller sonner les cloches à cet employé pour la défendre! Et j'y suis allé sans vérifier... Quand j'ai réalisé que j'étais utilisé comme moyen d'agression par procuration, le mal était fait, et l'employé me détestait alors que nous n'avions même pas tenté de comprendre le problème. Je pense que cette stratégie de la violence par procuration a été plus répandue qu'on n'imagine.
:-///

Écrit par : hommelibre | 25 décembre 2015

Voilà qui me rappelle un des plaisirs que s'offrait mon père de temps à autre.
Retirer une grosse somme d'argent à la banque en salopette. A tous les coups, le type du guichet devait appeler son supérieur hiérarchique à la rescousse.

Écrit par : PIerre Jenni | 26 décembre 2015

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