19 décembre 2015

Le précipice d’insignifiance

Mon précédent billet se terminait ainsi: « Le productivisme présente cette contradiction qu’à la fois il permet la survie de l’espèce dans des conditions inespérées, et la pousse en même temps au bord du précipice de la saturation et de l’insignifiance. » J’en dis un peu plus.


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Le productivisme dont je parle est l’intention de produire en nombre pour le nombre, de dépasser notre condition et de tout contrôler, de faire primer l'efficacité sur la contemplation, de considérer la masse plus que l’individu, de ne plus accepter d’autre destin que celui déterminé et appliqué par notre seule volonté, de croire que demain sera toujours mieux (générant au passage le déni du présent et du passé et l’angoisse consumériste), que le progrès est une valeur en soi qui dévalorise ou annule toutes les cultures antérieures. Il fonctionne grâce au consumérisme et aux rêves qu’il alimente chez les consommateurs. Cette puissance est l’un des objectifs que Descartes et Bacon lui avaient assigné.

Ce productivisme permet de jouir de conditions technologiques jamais atteintes. Par exemple: la recherche et la production en série de moyens médicaux, technologiques et médicamenteux. L’entretien de routes de qualité stable en toutes saisons. Les moyens de déplacement garantissant un confort et une grande autonomie à tous points de vue. Les habitations disposant d’eau froide et chaude, d’évacuation des eaux usées, de chaleur en hiver, et dotées de machines permettant de conserver des aliments et de nettoyer son linge sans aller à la rivière.

Les formations des enfants et des adultes sont devenues la norme pour une large partie de l’humanité et cela se développe dans les pays moins bien dotés. Les moyens de formation, livres, documentations, internet, sont nombreux et soignés.

Les prix des biens de consommation sont abordables en général grâce à la production en masse, donc grâce au nombre d’humains acheteurs. Téléphones et ordinateurs ont rendu le monde plus proche. Les moyens d’achat – le crédit en particulier – permettent d’accéder à des biens autrefois inaccessibles. C’est bien sûr une contrainte, car c’est de l’argent qui n’existe pas et que nous devrons créer en travaillant après. Mais il ne faut plus attendre des décennies pour être chez soi, et le prix d’une location peut être crédité directement sur un bien dont nous sommes propriétaire. Dans ce système acheter c’est comme économiser, en disposant du bien à l’avance.

 

 

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En corollaire la quantité disponible abaisse la valeur propre de chaque bien. Par exemple on imagine le concentré de travail de recherche et de technologie mis dans un téléphone portable. Il y a deux cent ans un tel appareil serait apparu comme magique et sa perte aurait été un vrai drame. Si un artisan du XXIe siècle devait le fabriquer de bout en bout il coûterait des milliers de francs. Qui pourrait le payer? Aujourd’hui il est remplacé dans les heures qui suivent sa perte. L’objet a perdu de sa valeur, il est remplaçable sans difficulté.

Aujourd’hui tout ce à quoi nous tenons peut être remplacé rapidement: téléphone, ordinateur, livre, couple, maison, voiture, habits. Le nombre est l’inverse de la rareté. Ce qui est rare monte en valeur, ce qui est habituel et en nombre perd de la valeur – valeur affective autant que monétaire.

Par le passé, les guerres se déroulaient entre deux armées, sur un champ de bataille. Les soldats tués étaient connus car ces armées n’étaient pas illimitées comme aujourd’hui. On honorait ceux qui revenaient comme ceux qui ne revenaient pas. La tombe du soldat inconnu a changé la norme: le soldat lambda n’a plus de nom, pas même de numéro. Il n’a pas d’existence propre, il est un symbole de la chair à canon envoyée en masse et remplaçable à souhait. Bientôt on verra des tombes symboliques érigées aux civils inconnus morts sous les balles des soldats.

Les statistiques humaines parlent des humains en chiffres, en masses, pas en personnes. Il fut un temps où donner sa parole et sa main était donner sa foi. C’était aussi solide qu’un contrat. C’était un contrat. On engageait son corps car une trahison pouvait nous valoir la mort. Au Moyen Âge encore, l’humain était au centre de la société humaine.

 

 

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Aujourd’hui tout est interchangeable. On met indifféremment homme ou femme dans le même rôle parental – jusqu’à considérer de peu d’importance notre place sociale en tant que sexe et genre puisqu’on pourrait en changer selon notre humeur. Un individu malade ou mort au front est immédiatement remplacé par le numéro suivant; la parole engagée et non tenue ne nous vaut plus qu’une moue de la part de celui qui est trahi.

Les sacs en plastic qui s’accumulent dans les zones naturelles et les océans montrent un peu plus crûment ce précipice d’insignifiance. Un tel sac représente le développement d’une société et de la recherche technologique, de l’extraction pétrolière, de la transformation des ressources, d’une chaîne de vente. Le sac en plastique vaut peu tant il est nombreux. Quelle importance de le laisser s’envoler vers le grand large? Alors que dans certaines régions du monde un seul de ces sac est l’équivalent d’une valise pour nous.

La croissance démographique fait que 50 millions d’individus meurent dans une guerre sans que cela ne mette l’espèce en péril. Nous sommes entrés dans le temps des fourmilières. Une ouvrière est reproduite en nombre et remplacée rapidement. Dans une autre époque les sociétés était centrées sur la personne humaine. Aujourd’hui sur le nombre – même si paradoxalement les couples font moins d’enfants. Un individu est devenu relativement insignifiant aux yeux du monde, sauf quelques-uns sortis des castes dirigeantes, médiatiques et économiques. Soit très peu de personnes. Nous communions en groupe de millions de personnes à la mort de Nelson Mandela mais nous ne savons même pas ce que sa mort représente pour chacun de nous et en quoi elle nous concerne. 

 

 

Oublier

L’émotion devant la télévision – cette boîte à oubli – fait partie du précipice d’insignifiance: aujourd’hui Mandela, demain Lady Diana, après-demain le Bataclan, et ainsi de suite. L’affaiblissement de l’implantation d’émotions durables et de pensées profondes, et d’une place solide dans le monde, font que rien ne s’enregistre plus vraiment. Nous apprenons à pleurer tous les jours, pour honorer chaque fois un autre grand mort et montrer ainsi que nous sommes dans le camp du bien. Et nous passons cop21,nature,nombre,guerre,troupeau,productivisme,consumérisme,progrès,médecine,portable,statistiques,soldat,moyen âge,bataclan,giorno,insignifiance,rapidement au cadavre suivant. La boîte à oubli assure quotidiennement un spectacle décérébrant où des animateurs toujours souriants nous disent bêtement que tout va bien, et nous disent en choisissant les images à quel moment il faut pleurer. En réalité nous avons déjà commencé à chuter dans le précipice d’insignifiance.

L’écrivain français Jean Giono avait écrit sur ce passage au nombre, lui qui toujours mettait en valeur des personnes. C’était dans Le grand troupeau, un roman où les transhumances des flots innombrables moutons illustraient les flots de soldats allant à la mort. Les bêtes n’avaient plus de nom, seulement un numéro.

Le précipice où elles allaient, où allaient les soldats en défendant leur famille et leur pays, se souvient d’elles et d’eux comme de simples numéros. C’est, me semble-t-il, là où nous allons. 

Le productivisme nous donne des ailes, nous vivons mieux à tant de points de vue. Mais demain, si nous sommes morts, nous seront remplacés instantanément. Nous ne laisserons plus de trace, de manque, notre cimetière ne sera pas le Panthéon mais le bas-côté de la route, dans l’oubli qui caractérise de plus en plus nos sociétés.

Je constate combien nous vivons mieux, et combien nous perdons simultanément en sens. Je suis dans la posture des philosophes que critiquait Descartes: j’observe, je spécule, je n’en tire rien. Il y a, je pense, une vraie nécessité à l’observation, à la contemplation, a zoner dans des espaces où nous n’avons pas de pouvoir personnel, pour laisser grandir de nouvelles pensées dont nous ignorons encore l’existence. Le productivisme ne fonctionne que sur lui-même. Pour le nuancer il fait laisser entrer l’inconnu, l’inattendu, autrement que par la guerre et la maladie. 

Parfois il faut se débrancher de la machine en tant qu’individu. Et peut-être, allez savoir, à force de chercher le sens dans la consommation, cette insignifiance nous ramènera-t-elle à la valeur de chaque individu dans ce grand troupeau.

 

 

 

Commentaires

"la quantité disponible abaisse la valeur propre de chaque bien": n'est-ce pas aussi valable pour la quantité d'êtres humains? La suite de l'article fait plus que de le laisse penser. Ce avec quoi je suis d'accord.
"nous perdons simultanément en sens": mais pourquoi donc devrait-il y avoir un sens autre que celui de vivre harmonieusement?

Écrit par : Charles | 19 décembre 2015

"L’écrivain français Jean Giono avait écrit sur ce passage au nombre, lui qui toujours mettait en valeur des personnes. C’était dans Le grand troupeau, un roman où les transhumances des flots innombrables moutons illustraient les flots de soldats allant à la mort. Les bêtes n’avaient plus de nom, seulement un numéro."

Ouille!
Dur-dur à lire, "Le grand troupeau", même pour un pacifiste militant.
L'un des premiers ("early", en anglais) romans de ce très grand écrivain.

Comme lecture d'introduction, préférer, dans l'ordre ...

- Le Moulin de Pologne
- Que ma joie demeure
- Le Hussard sur le toit

Incidemment, joli billet bien construit, hommelibre.

Écrit par : Chuck Jones | 20 décembre 2015

Je me demande, s'il est toujours vrai que :
" La tombe du soldat inconnu a changé la norme: le soldat lambda n’a plus de nom, pas même de numéro. Il n’a pas d’existence propre, il est un symbole de la chair à canon envoyée en masse et remplaçable à souhait."

Ne dit-on pas, que tant les Etats- Unis que les pays européens ne veulent désormais plus envoyer leurs soldats au combat au sol ? Que les pertes humaines sont devenues insupportables, suite aux milliers de morts en Irak ou en Afghanistan. Il me semble que cela a commencé avec la guerre du Vietnam. Les vétérans meurtris dans leurs têtes vivent si difficilement le retour au pays, que l'opinion publique américaine en est profondément marquée.
Il me semble que du côté occidental, la guerre devient de plus en plus technique et que le soldat, en tant qu'être humain et individu est mis en avant. Lorsqu'un militaire français meurt en mission, on nous montre sa photo, on parle de sa famille, on montre les obsèques à la télévision.
On est d'accord d'envoyer des avions, des bombes, de la technologie, des conseillers militaires, mais pas de soldats-chair à canon.
Dans les villages français, on trouve presque toujours un monument aux morts, on peut lire les noms des soldats morts au combat ou dans la Résistance, pendant la Seconde Guerre. J'avoue lire ces noms et souvent un même nom de famille revient plusieurs fois. Je calcule l'âge des jeunes gens. Je crois qu'on ne les oublie pas.
Les cérémonies de lecture des noms des victimes des attentats reposent sur ce principe du rappel du nom, tant qu'on se souvient nominalement de la personne, elle n'est pas tout à fait morte. Le nombre de bougies allumées représente chaque personne décédée.
Par ailleurs, comme nous avons moins d'enfants, il me semble que nous sommes bien plus affectés par une mort prématurée, que ce soit par accident ou par maladie. Nous sommes indignés face à la mort d'un enfant. Ce qui est rare est plus cher.
Les progrès de l'hygiène et de la médecine nous rendent la maladie insupportable, on fait tout pour éviter de souffrir, ce qui est bien compréhensible.
Et lorsque la mort survient dans notre entourage, je crois que nous en sommes très affectés, car nous ne sommes ni remplaçables, ni interchangeables. Il est évident que la mort cause toujours de grandes souffrances à la famille et aux amis du défunt.

Quant aux morts lointaines, c'est bien sûr une autre problématique, puisqu'il est impossible de porter le deuil en permanence. Toute mort évitable est inacceptable, mais comment s'indigner activement de façon à la fois globale ( concernant toute la Terre), tout en considérant chaque individu décédé en tant qu'être unique ? On sait bien que ce n'est pas réalisable, sauf peut-être par une démarche de compassion bouddhiste.

Autrefois, on était préservé de cette conscience des catastrophes éloignées, parce qu'on en était moins informé et pas quasi instantanément.

Ainsi, je ne vois pas le productivisme d'une façon aussi généralisée que vous. Je pense qu'il faut envisager ce phénomène au cas par cas, culture par culture.
Notre individualisme doit faire une sorte de contre-poids à ce productivisme.

Écrit par : Calendula | 20 décembre 2015

@ Calendula

"Ne dit-on pas, que tant les Etats- Unis que les pays européens ne veulent désormais plus envoyer leurs soldats au combat au sol ? Que les pertes humaines sont devenues insupportables, suite aux milliers de morts en Irak ou en Afghanistan."

http://lavoiedelepee.blogspot.fr/2011/09/le-mythe-de-laversion-de-lopinion.html

" Les vétérans meurtris dans leurs têtes vivent si difficilement le retour au pays, que l'opinion publique américaine en est profondément marquée."

manque de sécurisation psychologique des hommes.

Elle tient à l’effort particulier qui a été fait par les Australiens pour sécuriser psychologiquement leurs hommes en leur donnant confiance dans leur capacité individuelle et collective à maitriser leur environnement.

http://lavoiedelepee.blogspot.fr/2015/04/leffondrement-invisible.html

"Par ailleurs, comme nous avons moins d'enfants, il me semble que nous sommes bien plus affectés par une mort prématurée,"

tout à fait en accord.

"On est d'accord d'envoyer des avions, des bombes, de la technologie, des conseillers militaires, mais pas de soldats-chair à canon."

je ne pense pas qu'on ne soit pas d'accord pour envoyer des troupes au sol ex le Mali

"Comment construire alors cette force mentale qui pousse les soldats à se dépasser dans la pire des situations, celle du combat rapproché ?

La plupart des récits de guerre aborde cette problématique. La lecture de certains d’entre eux, notamment les ouvrages d’Erwan Bergot, met en lumière la force du collectif doublée de l’expérience du feu, comme facteurs d’émergence d’une culture du combat rapproché. En s’affranchissant de la pudeur propre aux sociétés qui ne côtoient la guerre qu’au travers du prisme déformant de la télévision, les forces terrestres doivent donc mettre l’accent sur la construction d’un « esprit combattant » et la conservation de cette forme particulière de culture qu’est celle du combat rapproché.

Réduite à sa plus simple expression, cet « esprit combattant » pourrait se résumer en deux éléments constitutifs majeurs : l’esprit de corps et la préparation opérationnelle.

Le premier est le fil de l’émulation qui va lier et fédérer les soldats autour de valeurs communes, comme le culte de la mission, le sens du sacrifice ou bien encore le courage. C’est l’honneur de servir ou « le pour quoi je vais me battre ». On cherche à persuader, c’est-à-dire à agir sur les sentiments des soldats au travers de l’histoire des anciens et d’exemples de bravoure. Transmis au sein des régiments, cet esprit de corps garantit que « le tout » soit plus efficace que la somme des individualités aussi brillantes soient-elles. Cette cohésion doit servir de bouclier protecteur contre les adversités du combat.

Le second est l’aiguille qui tisse le fil de l’émulation en une maille solide et éprouvée. C’est la façon de se battre ou « le comment je vais affronter l’ennemi ». On cherche à convaincre, c’est-à-dire à agir sur la raison des soldats au travers de cas concrets travaillés à l’entraînement. Certes, rien ne remplace l’expérience du feu, mais une préparation opérationnelle réaliste en centre d’entraînement sera gage de crédibilité en mission. Cet entraînement doit amener les hommes à tutoyer leurs limites sans pour autant les user avant leur déploiement.

Alors que le chapitre afghan est en passe d’être clos (88 soldats tués en l’espace de 12 ans) et celui au Mali en pleine mutation (7 morts en 11 mois), les troupes françaises s’apprêtent à intervenir en République de Centrafrique. Il y a fort à parier que nos combattants seront de nouveau confrontés à la mort. Certes leur métier les prédispose à cette rencontre. Toutefois, pour l’opinion publique, « tuer ou être tué » ne doit être ni dénoncé, encore moins édulcoré. Ce que certains appellent « le grand soir » marque profondément les individus qui l’ont vécu.""

Mais, pour qu’une majorité vive en paix, une minorité doit faire la guerre!!!

Écrit par : leclercq | 20 décembre 2015

Je suis en partie d'accord avec vous Calendula, sur le fait que les noms gravés tentent de préserver une mémoire de chaque mort, donc de chaque ancien vivant. En même temps j'ai le sentiment que nous nous sommes habitués aux carnages: 1ère et 2ème guerres mondiales, avec entre autres les vagues successives de russes pour contenir les armées allemandes, les fosses communes des génocides, les centaines de milliers de morts en Irak, etc.

Alors oui le rappel des noms, comme ceux des victimes des attentats, est important. Mais je ne sais pas s'ils nous donnent la mesure de la vie et de la mort. Les tués du 13 novembre semblent avoir sidéré davantage que ceux du 7 janvier. La force du nombre. Et si l'on veut comparer l'incomparable, ce n'est rien face aux accidents de la route. L'information de masse généralise aussi. Parfois elle individualise un drame, pour un quelconque usage médiatique.

Dans les guerres récentes nous entendons la voix de nos pays et en effet les morts deviennent insupportables. Mais on ne montre plus vraiment les morts que nos armes sophistiquées infligent. Qui a vu les morts d'Irak, à part quelque corps calcinés et quelques< tank inutilisables? Où sont les centaines de milliers de morts? Et en Syrie, où sont-ils? Où sont les milliers de morts sans noms tués par des drones? Des milliers, sans plus de précision, voilà ce que l'on peut lire. Eux-même, chez eux, pourquoi ne s'élèvent-ils pas du nombre de morts parmi les leurs comparés aux nôtres?

L'individualisme semble faire contrepoids. Pour combien de temps? Imaginons une crise mondiale très grave, sur tous les plans, que vaudront quelques millions d'individus face à des millions de vagues de soldats? On ne peut que faire le compte après coup et tenir un livre des records. On parle de drames climatiques éventuels: ce qui se compte en millions semble plus attractif et prégnant que ce qui se passe pour chacun, comment attribuer de nouvelles terres au Bangladesh, jusqu'où faudra-t-il construire des digues le long des deltas si les eaux montent vraiment?

Les fleuves de sangs sont fascinants. Le petits ruisseaux ne sont que comme Les ronds dans l'eau de F. Hardy.

De plus nous ne supportons plus la mort des soldats. Pourtant s'il faut faire une guerre il faut aussi en assumer le prix. Je ne pense pas qu'il s'agisse ici de préservation de la dimension individuelle mais de sensiblerie.

Il y a en effet des nuances et des variations dans le productivisme dont je parle, que d'ailleurs je constate plus que je ne condamne, car quels sont les autres modes de fonctionnement qui permettrait les mêmes avantages sans le nombre?

Écrit par : hommelibre | 20 décembre 2015

Chuck,

D'accord avec vous que Le Grand Troupeau est difficile.
Mes préférence vont à des romans moins brillants:

Regain, si simple et touchant.
Un de Beaumugne
et aussi Les grands chemins.

Giono a été une passion pour moi.



Charles,

Vivre harmonieusement, c'est un vaste programme à mon avis. Dans l'idée cela a l'air simple mais dans les faits c'est complexe.

Écrit par : hommelibre | 20 décembre 2015

"Vivre harmonieusement, c'est un vaste programme à mon avis. Dans l'idée cela a l'air simple mais dans les faits c'est complexe." Pas toujours:
http://fr.sputniknews.com/videoclub/20151216/1020340099/amour-timour-jeu.html
Sommes-nous moins intelligents?

Écrit par : Charles | 20 décembre 2015

@hommelibre

Ce sujet est vraiment passionnant, parce qu'il faut faire attention à chaque mot : sensiblerie ou respect de la vie des soldats ?

Lorsque les gouvernants rechignent à envoyer des soldats pour combattre au sol, font-il de la sensiblerie ou respectent-ils les vies de leur concitoyens ?
Ou bien ont-ils plutôt peur pour leur carrière politique, sachant que les pertes humaines sont mal supportées par les électeurs potentiels ?
Tant que le leader politique se trouvait lui-même à la tête de ses troupes, il avait une certaine crédibilité. Désormais, il est dans un bureau et il envoie des soldats au front.
Je suis bien d'accord qu'être soldat signifie risquer sa vie pour son pays. Mais ne nos jours, il n'y a plus de "chair à canon", les deux guerres mondiales du XXème siècle ont probablement eu cet effet-là.
Il me semble qu'on ne peut pas utiliser les sacrifices humains de ces deux guerres-là pour parler des guerres d'aujourd'hui, puisque l'Union Européenne s'est construite, entre autres, pour éviter de nouveaux conflits armés. On n'est plus habitué à ce que des soldats européens meurent ici ou ailleurs.
On est d'accord que l'UE n'est pas parfaite, que les objectifs sont peut-être avant tout économiques, donc productivistes au sens premier du terme, mais on n'a au moins plus eu de guerre entre les membres de l'UE depuis des décennies.
Il me semble avoir lu que désormais, à travers le monde, ce sont les civils qui meurent en plus grand nombre que les soldats, justement à cause des nouvelles formes de combat, impliquant davantage de matériel technique ou chimique.
Comment en revenir à la guerre qui se passerait entre soldats, celle où certains humains étaient désignés pour subir l'épreuve du feu et de prendre sur eux de résoudre les conflits de pouvoir à l'aide des armes ou avec la force et la résistance de leur corps ?

Les hommes politiques font-ils de la sensiblerie ou sont-ils trop à l'écoute de la sensiblerie des populations ?
Le texte cité par leclercq parle de la motivation par le "pour quoi je vais me battre".
Lorsqu'il a fallu décider de retourner en Irak ( suite à l'histoire des armes de destruction massive...) Tony Blair a pris la décision d'y envoyer les soldats britanniques. J.Chirac a pris la décision contraire.
On peut décider qu'une guerre n'est pas opportune, qu'elle n'est pas notre affaire, que nos soldats n'ont pas à y risquer leur vie. On peut croire qu'une solution politique existe. On peut même être amené à se dire qu'on va sacrifier de grands nombres civils du pays ciblé ( ce semble être le cas en Syrie actuellement) en choisissant d'effectuer des bombardements.

Généralement, on aimerait éviter le conflit armé et pour cela, trouver des solutions diplomatiques et politiques. C'est peut-être de la sensiblerie, mais peut-être aussi le résultat d'expériences passées, qui ont montré que la guerre crée de nouveaux problèmes, qui peuvent engendrer d'autres guerres.

Écrit par : Calendula | 20 décembre 2015

@Calendula

- « Ne dit-on pas, que tant les Etats- Unis que les pays européens ne veulent désormais plus envoyer leurs soldats au combat au sol ? Que les pertes humaines sont devenues insupportables, suite aux milliers de morts en Irak ou en Afghanistan. »

L'un des rares cas où les morts et les estropiés empêcheraient l'oncle Sam de mener sa danse comme il l'entend ?


- « Il me semble que cela a commencé avec la guerre du Vietnam. Les vétérans meurtris dans leurs têtes vivent si difficilement le retour au pays, que l'opinion publique américaine en est profondément marquée. »

L'opinion publique US se fout, mais alors complètement, de ce qui se passe dans la tête des vétérans, SAUF, à "Veterans day", le jour des vétérans, quand la machine à fabriquer les drapeaux US et les petits rubans jaunes chauffe à rouge pour glorifier l'armée US, et la publicité TéVé (payée par les contribuables) matraque ... "Toi aussi, sois un héros!"

http://oregonstrategist.com/wp-content/uploads/2013/10/Homeless-Veteran.jpg

http://shoebat.com/wp-content/uploads/2015/10/Veterans_Day_Parade.jpg

http://www.iveteransdayimages.com/wp-content/uploads/2015/10/veterans-day-images2.jpg

http://happyveteransday2015images.com/wp-content/uploads/2015/08/Happy-Veterans-Day-Wishes.jpg

http://trumpetandtaps.org/wp-content/uploads/2014/11/1413923314-NationalVeteransDayRun-tickets-575x232.jpg

http://www.somosfamilialv.org/images/stories/homeless_veterans.png


Eh oui, 1 vétéran US sur 4 n'a pas de toit ... et vit dans la rue.
Mais l'opinion publique US n'aime pas trop qu'on le lui dise.

http://4.bp.blogspot.com/-uq2gN-X9Zwo/VNq7Jb2ZljI/AAAAAAAAnHg/AzJUt7Mktwk/s1600/Homeless_Vet_Cartoon.jpg


A vrai dire, les vétérans US emmerdent tellement l'opinion publique, emmerdent tellement le commandement militaire, et emmerdent tellement le gouvernement, que le gouvernement essaye de les cacher comme il peut, en prison, par exemple.

http://www.nextgov.com/defense/2013/12/va-and-defense-chiefs-confront-reality-700000-incarcerated-veterans/74816/


700'000 vétérans emprisonnés sur 2'000'000 vétérans ayant servi depuis 2001.
En gros, 1 sur 3, non ?

Ce qui intéresse "l'opinion" c'est qu'on leur raconte des histoires ... mais pas trop souvent et pas trop gore, hein ? ... dans lesquelles, à la fin, l'Amérique triomphe, parce que *** God Bless America ***, et l'Amérique empapaoute tous les autres.

http://n.b5z.net/zirw/z18b1/i/u/68100167/i//July11/0717god_bless_america.jpg

http://www.tuxboard.com/photos/2014/12/US-army-world-tour.jpg

http://uberhumor.com/wp-content/uploads/2015/08/drop-some-knowledge-bombs-on-your-friends-with-these-bizarre-facts-31-photos-29.jpg


Et si les Etats-Unis veulent éviter d'envoyer des troupes au sol, c'est pour deux raisons ...

- chaque américain fait prisonnier est une bombe à faire péter la volonté guerrière de l'opinion publique US;

- envoyer des troupes au sol, c'est courir le risque qu'un chasseur de souvenirs ramène des photos ou des vidéos qui ont la capacité de tailler en pièces la propagande officielle du commandement militaire et de l'administration US, risquant de péter la volonté guerrière de l'opinion publique US.


En fait, "Veterans Day" porte très mal son nom.
Les américains n'aiment pas les vétérans ... ils aiment les *** héros *** ... ***** morts *****.

https://sachemspeaks.files.wordpress.com/2014/12/homeless-soldier.jpg


Comme ça ils risquent pas de recevoir des médailles sur la gueule.

http://www.vvaw.org/gallery/images/fall11_photos_web/dc_pg_4-1.jpg

http://www.vvawai.org/archive/sw/sw48/images/starman_small.jpg

Écrit par : Chuck Jones | 20 décembre 2015

@ Calendula

"Il me semble avoir lu que désormais, à travers le monde, ce sont les civils qui meurent en plus grand nombre que les soldats, justement à cause des nouvelles formes de combat, impliquant davantage de matériel technique ou chimique. "

les nouvelles guerres sont insurrectionnelles, et justement le meilleur moyen de les perdre (ce que font les états unis), c'est d'impliquer davantage de matériel technique, chimique donc de tuer de plus en plus de civils alors que ça devrait être le contraire.

mon lien au-dessus montre bien que les américains ont eu tout faux au Vietnam, ils ont tout misé sur le matériel, très mauvaise préparation psychologique des soldats, donc incapable de protéger la population qu'ils étaient venus défendre contre l'horreur communiste.

"Elle tient à l’effort particulier qui a été fait par les Australiens pour sécuriser psychologiquement leurs hommes en leur donnant confiance dans leur capacité individuelle et collective à maitriser leur environnement."

en ne donnant pas ça à leur soldats, ils les ont cassés, Chuck Jones en cite très bien les dégâts plus haut. il faut un entrainement poussé un esprit de corps pour supporter le traumatisme du combat. des hommes sont des guerriers ès mais ce sont des raretés

http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=8&ved=0ahUKEwiB0PzmuuzJAhUHnBoKHdRrAbYQFghLMAc&url=http%3A%2F%2Fwww.cdef.terre.defense.gouv.fr%2Fcontent%2Fdownload%2F3180%2F49712%2Ffile%2FGalula_Petraeus.pdf&usg=AFQjCNECOWhqY5ONNVZLJEooQ5y-8YPK2g&sig2=8F2ZlKXWQ_ApB-atJUne7Q

14- Un chef n’a pas de tâche plus importante que celle qui consiste à donner le ton. S’il
n’impulse pas à son niveau le volet politique de la contre-insurrection, les subordonnés ne se
sentiront pas autant impliqués. Ainsi, des cadres subalternes de la 101ème Division aéroportée
n’étaient pas convaincus de la nécessité de sortir de l’approche strictement militaire. Dans un
contexte où les erreurs, les frustrations et les pertes s’accumulent, le chef doit aussi veiller au
rappel des principes éthiques qui accompagnent les règles d’engagement. Rien n’est plus
destructeur que des mauvais traitements infligés à la population et aux prisonniers.

La notion d’Axe du Mal
Inspirée par certains cercles intellectuels gravitant autour de la première administration Bush, cette
notion a grandement diminué l’efficacité des efforts américains pour réduire les insurgés en Irak et en
Afghanistan. Face aux difficultés rencontrées, cette doctrine a été abandonnée pour une approche
plus pragmatique54.
La notion d’« Axe du Mal » exclut de fait toute possibilité de négocier avec l’adversaire, qui ne peut
dès lors qu’être anéanti. Cette conception manichéenne est à l’origine de nombreuses bévues. En
Afghanistan, la ligne adoptée, qui faisait des Talibans et des jihadistes internationaux un ensemble
homogène a renforcé les liens entre ces derniers, alors qu’il aurait été plus efficace de les fragmenter.
En Irak, la politique de débaassification conduite par Paul Bremer a poussé les Sunnites (dont
d’anciens membres de l’administration et des services de sécurité) dans le camp insurgé. La politique
du général Petraeus vise au contraire à dissocier par une politique de réconciliation nationale et de
ralliement ces éléments « réconciliables » du noyau dur des insurgés.
L’illusion technologique
La guerre du Golfe de 1991 a consacré la « révolution dans les affaires militaires » comme le nouveau
dogme de la communauté militaire américaine. Les parlementaires américains, séduits par le concept
du « zéro mort » et de la « guerre propre », se sont tournés vers les solutions technologiques du
complexe militaro-industriel pour conduire des guerres peu coûteuses en vies humaines et donc
politiquement. La guerre technologique a logiquement été mise en avant lors du début de la
« guerre contre la terreur ». Cependant, les limites de la technologie face à l’asymétrie sont
rapidement apparues. L’imposante machine de guerre américaine n’a pas porté dans les rangs
ennemis le choc et l’effroi à l’échelle escomptée. Elle a cependant provoqué de nombreux dégâts
collatéraux et le retournement d’une partie de la population en faveur des insurgés. De plus, l’ennemi
asymétrique contourne les atouts des armes modernes (capacités de détection et de traitement à longue
L’illusion technologique
La guerre du Golfe de 1991 a consacré la « révolution dans les affaires militaires » comme le nouveau
dogme de la communauté militaire américaine. Les parlementaires américains, séduits par le concept
du « zéro mort » et de la « guerre propre », se sont tournés vers les solutions technologiques du
complexe militaro-industriel pour conduire des guerres peu coûteuses en vies humaines et donc
politiquement. La guerre technologique a logiquement été mise en avant lors du début de la
« guerre contre la terreur ». Cependant, les limites de la technologie face à l’asymétrie sont
rapidement apparues. L’imposante machine de guerre américaine n’a pas porté dans les rangs
ennemis le choc et l’effroi à l’échelle escomptée. Elle a cependant provoqué de nombreux dégâts
collatéraux et le retournement d’une partie de la population en faveur des insurgés. De plus, l’ennemi
asymétrique contourne les atouts des armes modernes (capacités de détection et de traitement à longue
formées au contact avec les populations, mèneront une campagne de contre-insurrection réussie.
Aujourd’hui comme hier, la clé de la victoire dans un conflit asymétrique réside dans la
détermination politique à mener une telle guerre à son terme, la faculté d’adaptation des forces
et de leur mentalité, mais aussi la foi en la victoire et en la justesse de sa cause.

Écrit par : leclercq | 21 décembre 2015

Bonjour Chuck,

Merci pour tous ces liens.
Ces documents ne sont-ils pas tous le fait d'Américains ? Si c'est le cas, vous abonderiez dans mon sens !
En effet, quand bien même les autorités essayent de camoufler la réalité, même ici en Europe, une citoyenne lambda comme moi est au courant.
Il ne faut pas compter sur les grands médias pour mettre cette réalité-là en première page ! Mais il y a des choses qui passent.
Pourtant, je me souviens avoir lu des choses sur les vétérans du Vietnam déjà dans les années 1975. C'étaient des articles bien documentés dans "Time" et/ou "Newsweek" que je lisais toutes les semaines, parce que mon père y était abonné. J'ai abandonné cette pratique depuis longtemps, donc je ne sais pas, où en est la presse écrite américaine à ce sujet. J'ai abandonné tout espoir quant à la télévision, mais ...
Dans les séries télévisées américaines, on voit la figure du vétéran traumatisé et mal intégré au retour. Je pense en particulier à "Homeland" ou "Person of Interest", dont l'inspiration est très différente, mais qui donnent des fictions qui reposent sur des ex-soldats. Il y en a aussi des flopées dans "NCIS", qui malheureusement est devenu un peu gnangnan ces dernières années.
Les Américains ont cette faculté de mettre en scène leurs problèmes dans des séries ou des films. C'est peut-être encore un aspect du productivisme, puisqu'ils arrivent souvent à faire de l'argent avec une réalité dramatique.

Je connais moins le côté cinéma, témoignages écrits et oeuvres littéraires. Je pense que le sujet n'est absolument pas tabou, ni censuré. Si je me souviens bien, lors de sa première campagne électorale, B.Obama a promis d'arrêter la présence militaire en Afghanistan et de renoncer à de nouvelles interventions militaires à l'étranger. A l'époque, les analystes ont pensé que cela a pesé en partie dans son succès, les Américains en ayant assez de voir rentrer des cercueils, que l'on montre d'ailleurs le moins possible.
En cela, je suis d'accord avec vous : du côté gouvernemental, on essaye de cacher la dure réalité au maximum, mais justement parce que l'on sait que la majorité des citoyens n'est plus d'accord avec l'interventionnisme.

Écrit par : Calendula | 21 décembre 2015

http://www.bleujonquille.fr/documents/docs/Galula_Petraeus.pdf

Écrit par : leclercq | 21 décembre 2015

Bonjour leclercq,

La technicité de la guerre contemporaine est le fait du "progrès", n'est-ce pas ?
Pourquoi envoyer des hommes au front, si on peut l'éviter ? Un drone, une bombe, un missile, un avion ou un hélicoptère sont plus "chirurgicaux".
Et puis, c'est toute une industrie qui fleurit.
Je ne sais pas si c'était mieux avant, si vous et moi, ainsi que tous les experts qui analysent les conflits à postériori aurions pris de meilleures décisions dans le feu de l'action.
Les leaders gouvernementaux décident dans des situations complexes et souvent, nous ignorons les éléments qui font pencher la balance.
Lorsqu'on apprend ces choses bien plus tard, on peut se prononcer sur le plan A idéal.
La situation en Syrie a pourri pendant des années. Saurons-nous un jour, qui a empêché une solution politique ou un cessez-le-feu ? On a bien des idées, mais pas encore de certitudes.

Écrit par : Calendula | 21 décembre 2015

@ Calendula

"Pourquoi envoyer des hommes au front, si on peut l'éviter ? Un drone, une bombe, un missile, un avion ou un hélicoptère sont plus "chirurgicaux".

parce que on ne peut pas l'éviter.

"Cependant, les limites de la technologie face à l’asymétrie sont
rapidement apparues. "

"Dans les séries télévisées américaines, on voit la figure du vétéran traumatisé et mal intégré au retour. "

on voit le résultat de la préparation psychologique inexistante.

mais aussi la foi en la victoire et en la justesse de sa cause.

personne ne parle des populations vietnamiennes qui ont été soumises au joug communistes.

les guerres anti-guérilla ne se font pas avec des appelés où des engagés "bourrins".

En conclusion de son livre L’Amérique en guerre, Irak-Afghanistan, Gérard Chaliand rappelle « qu’il
faut des cadres militaires et politiques intelligents, au fait, adaptables, capables de prendre des
décisions, des troupes spéciales motivées qui restent suffisamment longtemps pour se familiariser avec
l’environnement, la culture locale, pour savoir qu’on ne pourra jamais oublier ce terrain-là, pour le
meilleur et pour le pire. On ne fait pas ce travail avec des appelés ni même avec des engagés
circonstanciels ».

http://www.bleujonquille.fr/documents/docs/Galula_Petraeus.pdf

Écrit par : leclercq | 21 décembre 2015

leclercq,

Complètement d'accord avec vous, que s'il faut envoyer des hommes en guerre, il faut les préparer, afin que les dégâts psychologiques ne soient pas pires que les blessures physiques !
C'est certes une vision très moderne, autrefois on ne se posait pas tant de questions.
Mais peut-être que le sens et la nécessité du combat était tellement évident, que l'engagement allait de soi.
(On peut toutefois en douter... D'après ce que j'ai compris, la désertion a existé de tout temps et ce n'était pas que le fait de couards...)

Écrit par : Calendula | 21 décembre 2015

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