16 décembre 2015

30 ans de prison : déraisonnable

Petite parenthèse dans les débats politiques et environnementaux. C’est l’histoire d’une femme de 36 ans, condamnée en juillet dernier à 30 ans de prison. Quel crime a-t-elle commis? Elle a eu des relations sexuelles avec des garçons âgés de 16 et 17 ans. 


justice,condamnation,sexualité,mineur,femme,utah,usa,Cette femme était professeur à l’école obligatoire Davis High School dans l’Utah, aux Etats-Unis. C’est l’un des étudiants qui a dénoncé les faits, en 2013, suivi un an après par deux autres. Curieusement le premier garçon a eu une relation avec elle avant de dénoncer les faits, puis un deuxième trois mois après qu’elle ait été arrêtée puis libérée. Etrange comportement que de dénoncer un fait en justice puis de le réitérer: n’aurait-il pas dû être considéré comme complice lors du deuxième rapport? Ou avait-il aimé cela et la dénonciation avait-elle un caractère plus personnel? Un troisième garçon a pour sa part déclaré que cette histoire était ridicule et qu’elle n’avait pas à se retrouver en procès.

La majorité sexuelle aux Etats-Unis varie d’un État à l’autre. Au niveau fédéral un mineur de moins de 12 ans est protégé contre toute sexualité. De 12 à 16 ans, les relations ne sont pas condamnables avec une personne plus âgée de 4 ans au maximum – par exemple un mineur de 14 ans avec un adolescent de 18 ans. Ensuite l’âge fédéral de la majorité sexuelle est 16 ans, si aucune législation locale n’en décide autrement.

Dans l’Utah cette majorité sexuelle est à 18 ans. Mais entre 16 et 18 ans il est légal d’avoir des relations avec une personne de moins de 10 ans plus âgée, par exemple 17 ans - 27 ans. La dame n’y était pas: elle avait 36 ans. La loi a donc été appliquée dans toute sa sévérité.

Elle a été condamnée à 30 ans de prison. Et, bien qu’ils s’agisse de mineurs, je pense que la sentence est déraisonnable. Les garçons avaient 16 ans et 17 ans, un âge où l’on commence à savoir dire non il me semble. Une part de responsabilité devrait être portée à la charge des garçons. Ils n’ont pas été mis dans une contrainte physique. Peut-on parler d’une contrainte psychologique? Je suis méfiant avec cette notion qui décrit en général une situation plutôt confuse.

30 ans de prison: elle aurait certes dû y penser avant et c’était à elle de préserver le cadre avec des mineurs. J’estime néanmoins cette sévérité excessive. Si la loi a du sens et si l'infraction est indiscutable, ici on aurait pu faire preuve de davantage de mesure par rapport aux faits et à l’âge de ses victimes, en particulier au vu du comportement étrange du premier garçon, et de la responsabilité qu’on devrait leur inculquer. Bien que mineurs ils avaient 16 et 17 ans et ont été quelque part aussi partenaires des faits. Mais le contexte scolaire ainsi que la répétition des faits ont leur part dans cette sentence. Cela ne m’empêche pas de trouver ce jugement trop sévère. Les juges, eux, ne l’ont pas entendu ainsi.

 

 

16:28 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : justice, condamnation, sexualité, mineur, femme, utah, usa | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Cette sentence laisse pensif quand on pense au nombre de jeunes garçons de 16 -17 ans qui ont pu fantasmer sur des enseignantes trentenaires durant leur scolarité.... En France, l'actuel ministre de l'économie a rencontré son épouse alors qu'il était lui-même lycéen et elle son prof de français (elle a 20 ans de plus que lui)... Et tout le monde trouve cette anecdote plutôt piquante...

Bon, dans le cas que vous évoquez, la répétition de l'acte avec des partenaires différents plaide effectivement pour l'irresponsabilité de la dame et peut justifier une sanction, même pénale, mais 30 ans, c'est tout simplement délirant.

Écrit par : F-Cat | 16 décembre 2015

Il vaut mieux être jugé pour pédophilie en Suisse - ils s'en sortent avec des sursis - qu'aux USA!

Écrit par : Patoucha | 16 décembre 2015

Il vaut mieux être jugé pour pédophilie en Suisse - ils s'en sortent avec des sursis - qu'aux USA!

Écrit par : Patoucha | 16 décembre 2015

Cher Homme Libre, je tiens à nuancer tes propos. Cette dame a été réincarcérée lors de sa récidive.
Elle risque 30ans de prison. Elle n'a pas encore été condamnée.

Plus récemment, une jeune institutrice à Baltimore a été arrêtée pour avoir couché avec un ado d'une quinzaine d'années.

Elle lui aurait dit sur le ton de la plaisanterie plusieurs fois qu'elle voulait que son marie meure.

HL, tu ne devrais pas avoir de mal à voir où je veux en venir. En tant qu'américain, dans de nombreux cas de Forensic Cases, - La version "vie vraie" de CSI/Les Experts, il arrive souvent que l'épouse qui veut se débarrasser de son mari use de stratagèmes, de ruses, de sournoiseries, de fourberies, pour se débarrasser de son mari.

Elle aurait risqué et détruit la vie de ce jeune homme aussi.

On doit protéger les jeunes hommes aussi des prédatrices sexuelles.

Quant à la lourdeur de la peine, et l'âge de la majorité sexuelle de cet état-là, étant donné que l'état est majoritairement mormon... celà explique le concept de majorité sexuelle à 18ans.

Écrit par : Nick Mgtow | 16 décembre 2015

et plus proche de nous que le droit aux US:
l'inceste se voit (enfin!) ré-inscrit dans le code pénal français ..quoique. Car

"les peines ne changent pas. Il faut toujours rechercher l'absence de consentement du mineur"


http://www.francetvinfo.fr/sante/soigner/l-inceste-fait-son-retour-dans-le-code-penal_1225431.html

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 16 décembre 2015

Juste deux remarques a propos de votre article:

Avec la justice il faut se méfier de la différence entre la condamnation prononcée et la peine effectivement purgée.

Les femmes il semble que les femmes soient systématiquement libérées avant le terme de leur peine et souvent au bout d'une durée ridicule comparée a la condamnation.

D'autre part je ne serait pas surpris que ce cas soit instrumentalise pour faire avancer un agenda féministe, pro-pedosexuel ou les deux a la fois.

Écrit par : de passage | 16 décembre 2015

Nick, mon anglais m'a trahi, le verbe to sentence signifiant condamner, alors il ne s'agit pas encore de la fixation de la sentence. Mais la peine possible et proposée, puisqu'il laisse ouvert, reste démesurée à mon avis.

Difficile de te suivre là où tu vas. C'est une spéculation, on ne peut pas condamner sur une spéculation. Et le/les garçons ont leur part de libre arbitre à cet âge. On ne devient pas criminel si facilement, même si la blonde a des atouts.

Écrit par : hommelibre | 16 décembre 2015

J'ai lu plusieurs articles sur le sujet... mais je comprends ta confusion, certains articles laissant déjà entendre qu'on l'avait condamnée, pour faire dans le sensationnel sans doute ;)

Écrit par : Nick Mgtow | 17 décembre 2015

@de passage

« D'autre part je ne serait pas surpris que ce cas soit instrumentalise pour faire avancer un agenda féministe, pro-pedosexuel ou les deux a la fois. »


Quel agenda féministe ou pro-pedosexuel ?

Écrit par : Chuck Jones | 17 décembre 2015

@de passage

« D'autre part je ne serait pas surpris que ce cas soit instrumentalise pour faire avancer un agenda féministe, pro-pedosexuel ou les deux a la fois. »


Et exactement en quoi une sentence de 30 ans en prison sert-elle un agenda féministe ou pro-pedosexuel ?

Écrit par : Chuck Jones | 17 décembre 2015

Quelle serait la peine si les sexes seraient inversés, un homme de 36 ans auraient eu des relations sexuelles avec des filles de 16 et 17 ans.

Souvent, s'il s'agit d'une femme adulte avec des mineurs, il n'y même pas poursuite.

Écrit par : Straight | 18 décembre 2015

> Et exactement en quoi une sentence de 30 ans en prison sert-elle un agenda féministe ou pro-pedosexuel ?

Agenda feministe:
La peine est trop dure pour cette pauvre femme victime du patriarcat il faut modifier les lois pour prevoir des peines plus basse pour les femmes ou tout un tas d'amenagements qui epargneront la prison aux femme ou vont vider les peine de leur consistance.

Agenda propedosexuel:
Regardez comme ce cas est absurde une peine aussi lourde pour un delit aussi faible: Tout cela ne serait jamais arrivé si la pédosexualité était dépénalisée.

Écrit par : de passage | 23 décembre 2015

"Nick, mon anglais m'a trahi," Non
"le verbe to sentence signifiant condamner," Oui
"alors il ne s'agit pas encore de la fixation de la sentence." Si. C'est une condamnation indéterminée fixant un minimum et un maximum. La libération sera accordée par une commission appelée "parole board" qui peut décider d'une libération conditionnelle à tout moment après l'accomplissement du temps minimum.

Écrit par : Charles | 23 décembre 2015

Encore une fois la bêtise s'exprime! La mécanique de la justice a frappé, sans discernement, sans considération de l'humain!

Écrit par : jean | 25 décembre 2015

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