12 décembre 2015

COP21 (6) : un accord politique pour un objectif inatteignable 

Il y aura forcément un accord aujourd’hui sous quelque forme que ce soit. La conférence n’offre pas de suspens. C’était préparé. Par contre à l’heure où j’écris on ignore encore quelle en seront les points précis. Mais une chose est déjà calculée: l’objectif de l’accord est inatteignable s’il suit les engagements préalables faits par les pays avant le début de la COP21.


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Les pays participants ont déposés ces derniers mois des estimations chiffrées de leur contribution nationale à réduire les émissions de GES (Gaz à Effet de Serre). Ces intentions sont nommées INDC (Intended Nationally Determined Contribution). Grâce à ces intentions préalables Laurent Fabius avait déclaré il y a deux semaines que 185 pays, couvrant 95% des émissions, avaient donné des chiffres de nature à limiter ou réduire leurs part dans les rejets polluants gazeux.

Indépendamment des volumes finaux, de l’aspect contraignant ou non, des différences d’exigences entre les pays et des moyens de contrôle et à quel terme, ce premier point est fondamental dans l’objectif d’atteindre une limitation de l’élévation de la température de 2° par rapport aux débuts de l’ère industrielle. En réalité le projet proposé ce matin par Laurent Fabius met la barre à une limitation de 3°, soit, 2,5° de moins que le pire scénario, ce qui ne sera de toutes façons pas réalisé. On peut se demander comment le ministre articule un tel chiffre puisque les études récentes sur les engagements infirment sans appel..

Je laisse de côté pour ce billet la question de la part anthropique versus la part naturelle de la variation chaude en cours. Je pars de l’hypothèse d’une variation purement anthropique.

Un calcul a été réalisé sur les engagements pris préalablement. La presse en a peu parlé. Ce calcul a été réalisé par deux sources distinctes. D’une part le statisticien Danois Bjørn Lomborg (image 1), de l’autre par le MIT, Massachusetts Institute of Technology.

 

 

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Qui est ce chercheur?

« Bjørn Lomborg est un statisticien danois, professeur à la Copenhagen Business School et ancien directeur de l'Environmental Assessment Institute de Copenhague. Ancien membre de Greenpeace…

A noter que Lomborg ne remet en cause ni le réchauffement de le planète récent ni les modèles des gaz à effet de serre (qu’il utilise d'ailleurs ci-dessous) tout en estimant leur sensibilité au CO2 exagérée. Il pense qu'il s’agit simplement d’un problème mineur et qu’il y a beaucoup de problèmes plus urgents à traiter tels que, par exemple et entre autres, fournir de l’électricité et de l’eau potable à l’Afrique. »

Lomborg a écrit un best-seller mondial, L’écologiste sceptique, mais qu’il ne met pas en cause les thèses du GIEC. Par contre et comme de plus en plus de chercheurs il fait partie des scientifiques qui affirment, preuves à l’appui, que la sensibilité du climat au CO2 a été exagérée, et que les réductions de GES auront beaucoup moins d’impact que pensé il y a encore quelques années. Ce serait une des raisons du découplage entre la montée réelle des températures qui ne suit plus la progression du taux de CO2 atmosphérique. Ce constat tend à invalider les modèles prédictifs du GIEC. L’image 2 montre la moyenne troposphère: le découplage entre les prévisions du GIEC en lignes fines, résumées par la moyenne en rouge, et les mesures de températures mesurées par satellites et ballons sondes s’écartent depuis la fin des années 1990.

Ce statisticien a évalué les conséquences sur la température envisageables selon les IDNC, les intentions mentionnées plus haut. Il s’est servi des modèles en cours. Il a estimé dans son étude que les engagements seraient bien suivis, et même poursuivis jusqu’en 2’100. Son article en anglais et en pdf peut être obtenu ici. À noter que son étude a été analysée et vérifiée par des pairs avant publication.

 

 

 

cop21,climat,variation climatique,réchauffement,accord,paris,co2,longstrom,Deux résumés presque identiques

Le résumé du Dr Bjørn Lomborg conclut:

« Toutes les politiques additionnées des Etats-Unis, de la Chine, de l’Union Européenne et du reste du monde réduiront probablement la température de 0.17°C en 2100. Les estimations de ces impacts sont robustes vis à vis des différentes estimations de la sensibilité climatique, du recyclage du carbone et des différents scénarios climatiques. Les promesses actuelles de la politique climatique n’apporteront qu’une faible contribution à la stabilisation du climat et leurs impacts resteront indétectables pendant de nombreuses décennies. »

L’image 3 montre les changements attendus en 2100 en °C (à gauche) et en degrés Fahrenheit (à droite) selon les hypothèses Promesses à Paris et Promesses à Paris tenues durant 70 ans.

De son côté le MIT prévoit que les promesses de la conférence de Paris ne feront baisser la température que de 0,2° C. L’image 4 du MIT tend à montrer que seule une réduction drastique des émissions de CO2 d’ici à 2030 pourraient inverser la tendance du réchauffement. Les informations sources sont disponibles via ce site. Ce tableau du MIT est cependant linéaire et ne tient pas compte des découvertes récentes de la moindre sensibilité de l’atmosphère au CO2, pas plus que des autres facteurs qui vont varier le climat comme les courants océaniques et la quantité de vapeur d’eau.

 

 

cop21,climat,variation climatique,réchauffement,accord,paris,co2,longstrom,Succès, forcément

La COP21 sera annoncée comme un succès, autant pour les sponsors que pour l’image de la France dont le gouvernement a fait un cheval de bataille en vue des élections de 2017. Elle sera un succès, au moins dans le langage et sur le papier, mais même si les engagement pris sont tenus au-delà de 2030 ils ne suffiront pas – dans l’hypothèse d’une variation chaude qui serait essentiellement due aux Gas à Effet de Serre. Le succès sera donc assez vite remplacé par une analyse plus réaliste.

La COP a probablement pris en compte la réactivation forte de l’océan austral dans l’absorption de CO2, dont je parlais récemment. Cela pourrait influencer positivement ces chiffres. Une reforestation massive sera aussi un facteur important pour piéger le CO2 et assainir l’atmosphère.

Je n’ai par contre rien vu dans les étapes intermédiaires sur les bénéfices prévisibles d’une variation climatique chaude sur les cultures, sur l’humidification du Sahel, sur la croissance des plantes augmentée par le CO2. 

Il faudra ultérieurement revenir sur le financement des engagements et sur la transition énergétique et ses conséquences, où les avis divergent.

 

 

A suivre.

 

PS: Le Matin en ligne de ce jour rappelle le discours catastrophe des écologistes: "... un réchauffement qui aggrave les phénomènes extrêmes (vagues de chaleur, sécheresses, inondations, etc) et menace la productivité agricole...". Mais c'est inexact. Cela ne se passe pas, il n'y a pas plus d'inondations ou de sécheresse statistiquement qu'il y a 30 ans, il y a moins d'ouragan et très peu d'ouragans majeurs, la mer n'a pas monté de 50 centimètres, le Sahel reverdit.

 

07:59 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : cop21, climat, variation climatique, réchauffement, accord, paris, co2, longstrom | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

comme quoi les promesses n'engagent que ceux qui y croient


- Cop15 2009: "consensus établi sur la nécessité de limiter la hausse des températures à 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels,
ce qui suppose une réduction de 80% des émissions de GES d’ici à 2050 par rapport à leur niveau de 1990. "
http://www.health-environment-program.org/actualites/


- 2015: "seule une réduction drastique des émissions de CO2 d’ici à 2030
pourraient inverser la tendance du réchauffement"

où l'accord de la Cop21 (article 2 a)
n'impose que d'atteindre le "maintien d'une moyenne globale de réchauffement en dessous de 2° des niveaux pre-industriels"


et n'en spécifie aucun palier chrono ni terme sinequanon
http://unfccc.int/resource/docs/2015/cop21/eng/l09.pdf


quand aux trans-financements versables : 100Mia par pays développés à ceux se disant "en développement", en 2015

l'Inde n'a pas fini de danser de 1000 bras
la Chine se réveille, le Brésil se cache sous la surface des eaux

les pouvoirs africains ont leur PIB addicts aux toxiques multis d'extractions minières non imposables, sont organisés à se victimiser d'une cop à l'autre

à l'instar cette prétendue assoce environnementale sans statuts affichés et son unique membre du Cameroon, squatteuse du site blog.tdg
aux contenus vides de sens, 1 cameroonaise obnoxious à vomir #jecensuresivousnem'encensezpas, surtout occupée à squatter tous médias tous events #jem'aimohjesuisformidable

son job aujourd'hui: s'exhiber au niveau de Didier Burkhlater

http://innovationcreationcommerce.blog.tdg.ch/archive/2015/12/11/ma-rencontre-avec-didier-burkhalter-avec-photo-272493.html

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 12 décembre 2015

Inquiétant: quand le temps de l'inaction ne cesse d'être prolongé par les politiques face à lobbies
face au grand ensemble dont le timing est incontrôlable

pour mémoire,
- alertes et infos données, & rejetées par les médias depuis 1975-1978

Intellectuels, scientifiques, écologistes luttant pour le dev durable, les énergies renouvelables, les désastres chimico alimentaires- santé- agricoles, conséquents des mésusages agricoles, chimiques etc, mesinformations XY, sur-exploitations toxiques & sur-industrialisations, actant pour la transition énergétique,
en tandem à Berlin & Allemagne du nord, Amsterdam, Londres et New-York
(pas en France bien au contraire furibarde, stagnant conservative 30 ans en arrière),

Les premières volontés politiques se réveillent vers 1995 seulement

pourtant c'était dès les années mi-1970, que scientifiques, biologistes, intellectuels engagés dans les mouvements écologistes ont alerté les politiques publiques des causes, effets, croissances exponentielles et seuils de non-retour
mouvements d'étudiants & scientifiques taxés de marginaux, au mieux traités d'utopistes, au pire de terroristes


PS. ne pas croire les médias qui tels des wikipédistes semblent être nés après 1995.

Jacqueline Roiz

Écrit par : suisse & enevois déshérité | 12 décembre 2015

Jacqueline Roiz adresse ces aspects dans son billet "la COP21 est schizophrène"

http://jacquelineroiz.blog.tdg.ch/archive/2015/12/08/cop21-est-schizophrene.html

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 12 décembre 2015

@suisse & genevois déshérité: Je crains de n'avoir rien compris. Pourriez-vous résumer votre point de vue en quelques phrases simples.
Si vous voulez contribuer à réduire l'émission de CO2, commencez déjà par votre propre action; renoncez à l'utilisation d'Internet, de votre tablette ou PC. Car si le but est "une réduction de 80% des émissions de GES d’ici à 2050 par rapport à leur niveau de 1990", il faut pédaler et renoncer à toute énergie électrique, à la construction de maisons, au chauffage, au frigo, à la TV/radio. Et malgré tous ces efforts, la temperature ne changera pas de façon mesurable.

Écrit par : Ben Palmer | 12 décembre 2015

@Ben Palmer Excellente réponse laquelle était déjà la même par ceux ayant compris dès 2002 que pour changer quelque chose il faut d'abord et avant tout régler les problèmes se présentant sinon en 2050 comme entendu de la part d'un politicien ,les jeunes à naitre auront déjà des épaules surchargées de milliers de dollars de dettes à rembourser
On nomme cette manière d'agit du pur je m'en fichisme aux autres les complications et les champs de patates à ramasser à mains nues et à 4 pattes en plus
Ce qui est paradoxal tout de même quand on entend sans cesse on est fatigué,fatigué et sans confort comment feront à-ils ? allez allez ceci n'est que nourriture pour page blanche ^qui elle en effet peut se passer de tout sauf des lecteurs il va de soi

Écrit par : lovejoie | 13 décembre 2015

Ce qui est bien avec cet accord c'est que tout le monde s'auto-congratule. On entend partout des "Vive nous". Ils ont réussi à limiter la hausse de température en dessous de 2°C. La Terre est sauvée, on pleure de joie partout sur la planète. Et tout ça en apposant des paraphes au bas d'un traité.

Je ne sais pas si tout le monde mesure le grotesque de cette affirmation. C'est un peu comme si une entreprise faisait la prédiction que si elle arrivait à créer un produit plus performant elle pourrait engrenger un bénéfice doublé l'année suivante. Et suite à une réunion de direction, l'ensemble de la direction avait décidé de lancer l'étude de ce produit miracle. Et que, sortant de la réunion, tout le monde se congratulait et savourait déjà les dividendes futures que les actions allaient leur permettre d'empocher. Le champagne coulerait à flot et certains contacteraient déjà leur banquier pour demander un nouveau crédit pour agrandir leur maison. Mais le problème est double: d'une part on n'a même pas commencé l'étude qui permettra éventuellement de créer ce produit. Et on ne parle même pas de le vendre. D'autre part, la projection des bénéfices ne repose sur rien de solide, elle n'est qu'une supposition. Ce n'est qu'après la commercialisation de ce produit, qu'on pourra vraiment mesurer les bénéfices réels.

Dans ce cas c'est encore pire. Comme dans le cas du nouveau produit, on lie une promesse de progrès technique à un bénéfice présumé. Mais on ne parle même pas des progrès techniques, on ne parle que du bénéfice en question. On suppose qu'on arrive à créer les technologies permettant de réduire les émissions de CO2 de X %, et on en déduit qu'on va réussir à limiter le réchauffement à Y °C. Cette relation n'est même pas mise en question, comme s'il s'agissait d'une loi aussi universelle que le théorème de Pytagore.

Mais ils ont un avantage. En 2100, quand somme toute on pourra vérifier cette supposition, les gens qui ont signé ces engagements seront morts depuis longtemps. On voit bien à quel point leur signature les engage. D'ailleurs il est probable qu'en 2100 personne ne se souviendra de cette conférence au résultat absurde. Donc personne ne prendra la peine de vérifier son résultat réel. Résultat qui, comme le souligne Hommelibre, sera sans doute totalement nul ou presque.

Écrit par : Kad | 14 décembre 2015

@Kad: bonne analogie. Les accords de la COP 21 ne sont que de l'air chaud.
On se souvient des prévisions de Paul Ehrlich:
"Il s'est fait connaître à la suite de son ouvrage controversé 'La Bombe P' (The Population Bomb) en 1968, où il met en garde des dangers de la surpopulation. Beaucoup de ses prévisions s'avèreront erronées, il y prédisait par exemple que la ville de Calcutta atteindrait une population de 66 millions d'habitants en l'an 2000, elle en comptera finalement environ 4,5 millions." Wikipédia

Écrit par : Ben Palmer | 14 décembre 2015

Dans ces discussions autour du CO2 on fait oublier que sans CO2, notre planète serait sans vie. Les plantes ont besoin de CO2 pour en extraire le C qui constitue le matériau de construction. Au dessous de 200ppm de CO2, les plantes meurent.
Dans l'évolution de notre planète toutes les ressources fossiles enfouis aujourd'hui sous la terre se trouvaient jadis dans l'atmosphère sous forme de CO2. Ce CO2 était la raison d'être des vastes jungles luxuriantes, des plantes et des animaux géants. Les concentrations de CO2 atteignaient jusqu'à 17 fois la valeur actuelle.

Écrit par : Ben Palmer | 14 décembre 2015

Le berceau de l'humanité se trouve dans les contrées tropiques. Avant "l'invention" du feu, l'être humain ne pouvait pas survivre dans les zones froides de notre planète, pieds nus et vêtu d'un pagne. Le peuplement d'autre zones est devenu possible grace au réchauffement de la planète. A l'époque les Vikings s'installaient sur Greenland parce que le climat y était propice à l'agriculture.
Il n'a pas de température standardisé sur notre planète, ni dans le temps ni géographiquement. Les températures moyennes annuelles aux USA varient entre 21,5°C (Floride) et -3,0°C (Alaska).
L'être humain ne s'est pas soumis au climat de la planète, il s'est adapté.

Écrit par : Ben Palmer | 14 décembre 2015

CO2, perversité actuelle: le + gros pollueur doit le rester encore... pour le bien des US!

de fait, si la Chine - 1er plus grand producteur de CO2 actuel, baisse radicalement ses taux de GES,

ce qui pour l'instant bénéficie à la Chine car l'un des effets de ses émissions de GES est de rafraîchir son atmosphère, ce qui retarde le réchauffement climatique en ses régions,

les US seraient les 1ers à en pâtir! victimes de désertification et dessèchement sur-accrus & incontrôlables


http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article30065
https://fr.wikipedia.org/wiki/Assombrissement_global

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 14 décembre 2015

" le + gros pollueur doit le rester encore... pour le bien des US!
de fait, si la Chine - 1er plus grand producteur de CO2 actuel,"

Non, la Chine n'est le plus grand producteur que si l'on ne tient pas compte de sa population. La production de CO2 par habitant est la seule mesure qui permette de comparer raisonnablement des pays avec de tels écarts de population. Le scandale, c'est que plus un pays est riche, plus il émet de CO2 par habitant. En tête le... Qatar, suivi par les usa en 12me position. La Chine est loin derrière (59me rang - 3x moins que les usa), sans compter que ce qu'elle produit pour l'exportation devrait être imputé aux pays importateurs qui se débarrassent de leur propre production de CO2 en faisant fabriquer ses biens à l'étranger.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_%C3%A9missions_de_dioxyde_de_carbone_par_habitant

Écrit par : Johann | 14 décembre 2015

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