11 octobre 2015

Races, homosexualité : la peur des mots (1)

La question homosexuelle illustre assez bien un biais français, mais pas seulement. Une attitude collective, surtout de la part des autorités. On marche sur des oeufs, l’on évite certains sujets controversés ou l’on en évacue tout risque politique. 

 


lgbt02.jpgLa question homosexuelle

 

La France intellectuelle et politique se voit comme la perle de la culture mondiale, morale et humaniste. Cela, c’est le conte de fées. Dans les faits elle a réglé la dissidence protestante dans le sang, et la révolution n’a fait que remplacer un pouvoir autoritaire par un autre encore plus autoritaire, qui a mis l’Europe à feu et à sang bien avant le nazisme. Entre autres. 

 

Que fait l’homosexualité dans une discussion sur les races, ou les types, ou les ethnies, et le racisme? Elle représente un groupe humain constitué par cette caractéristique commune de l’orientation vers le même sexe. Longtemps banni et dénigré ce groupe a dû faire face à des persécutions collectives. L’homosexualité fut considérée comme une maladie ou comme signe d’immaturité ou de névrose en psychanalyse, si elle était innée, ou comme une déviance subversive, éventuellement antisociale, si elle était un choix.

 

L’homosexualité fait l’objet de recherches scientifiques. Est-elle acquise par choix, ou au contraire d’origine génétique et donc innée et naturelle, ce qui ôterait l'idée d’un choix? Paraphrasant à l’inverse la célèbre phrase de Simone de Beauvoir «On ne naît pas femme on le devient», l’inné permettrait de dire: On ne devient pas homosexuel, on le naît. L’avantage est qu’aucun discours réprobateur ou psychanalytique ne pourrait plus tenter de la cerner ni d’intimider les personnes homosexuelles. On naît homo, point barre. Il n’y a ni à questionner, ni à changer. Un peu comme l’ancien concept rigide de race: c’est génétique, cela ne bouge pas et l’on n’en est pas responsable devant la société qui promeut la reproduction de l’espèce. Les associations LGBT américaines soutiennent cette hypothèse.

 

On remarque au passage la contradiction entre les théories du genre qui nient toute prédétermination innée de la sexualité des individus – la sexualité n’étant supposément construite que par la société, et cette possibilité d’un inné homosexuel qui dit exactement le contraire. Or les deux conceptions viennent du même milieux LGBT. L’incohérence surprend.

 

 

triangle-rose.jpgLa peur française

 

En France on privilégie l’homosexualité acquise. Pourquoi? A cause du nazisme. Ce passé politique impose  son agenda à la lecture de l’homosexualité, comme au mot race. Au détriment de la vraie recherche et de la liberté du discours. La peur du passé conditionne le discours qui dès lors ne présente aucun caractère objectif ni de liberté intellectuelle, et donc aucun intérêt. On a vu ce biais dans l’affaire Morano, qui se conclut par une manipulation politique et moralisatrice de l’opinion, où la télévision devient l’église moderne avec ses nouveaux prêcheurs, et où François Hollande surfe sur cette vague pour engranger des points. Ce biais existe aussi dans le discours sur l’homosexualité.

 

Oublions ces manipulations et rappelons ce qui se passait en Allemagne sous Hitler. Remémorons-nous le lourd tribut payé par les personnes homosexuelles au nazisme, et face à quoi la France n’arrive pas à faire la part des choses:

 

« … les nazis sont les premiers à avoir émis l’idée d’une homosexualité innée. Ils différenciaient donc les cas minoritaires de « déviance » supposée innée et définitive - qu’ils appelaient « les incurables » - de la majorité de ceux, contaminés par les premiers, qui pouvaient être ramenés à la normalité hétérosexuelle par divers « traitements » (emprisonnement, internement, travaux forcés, traitement hormonal, castration). (…) Voilà pourquoi, en France, l’acquis prime aujourd’hui encore. »

 

Incurables, les innés? On comprend dès lors que toute discussion en France est inutile et impossible, sur l’homosexualité, sur la race et sur d’autres sujets sensibles. On juge homophobes ou réactionnaires ceux qui parlent et questionnent librement. Mais ne soyons pas dupes: le refus de certains termes au prétexte quils seraient marqués politiquement n’est qu’une lâcheté intellectuelle, un défaussement sur un adversaire fabriqué et stigmatisé. Le débat doit être libre à défaut d’être serein. Il n’y a pas de mot réservé. Se priverait-on de parler de l’autogestion ou de la GPA parce que l’extrême-gauche en a fait un cheval de bataille? Non.

 

Hors de France la question de linné ou lacquis de lhomosexualité nest cependant pas tranchée. Elle est dimportance puisquil s’agirait soit d’un groupe biologiquement distinct dont l’orientation est suscitée par une génétique, et qui mérite alors une attention particulière, soit dun simple corporatisme de goûts sexuels choisis, comme lest la bisexualité, et dont la survalorisation actuelle na pas de raison particulière dêtre. Ce qui au demeurant nenlèverait rien à lhumanité ni à la respectabilité des personnes qui font ce choix, si cen est un.

 

 

(à suivre)

 

 

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Commentaires

Kasperle s'en prends à toi, mon John ...

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Écrit par : Victor-Liviu Dumitrescu © | 11 octobre 2015

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