07 octobre 2015

L’identité et les cons

La République ne gomme pas les différences d’origine et d’appartenance. La réalité européenne montre le contraire. Les drapeaux étrangers déployés lors de l’élection de François Hollande disent le contraire.

 


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Les faits montrent que les appartenances culturelles, religieuses et/ou nationales restent tenaces. Il n’y a aucune idéologie à dire cela, aucune posture politique ou partisane: il suffit d’observer le réel. En France, à la troisième génération, des jeunes issus de l’immigration maghrébine revendiquent encore l’identité familiale originelle. Amel Bent ne disait-elle pas qu’elle aimait mieux soulever le drapeau algérien que le drapeau français? Cela en dit long sur l’ambiance familiale.

 

Les communautés se regroupent naturellement. Les Chinatowns, les pubs pour anciens irlandais, les cercles linguistiques, n’ont jamais cessé d’exister depuis leur création. Je ne sais si c’est bien ou mal: c’est ainsi que les choses se passent, partout, depuis toujours.

 

Regardant Arte tardivement hier je découvre quelques paroles singulières d’hommes et de femmes politiques. Le documentaire s’intitule Histoires d’immigration. On y voit la ministre des affaires sociales de Basse-Saxe Aygül Ozkan prêter serment en terminant par Que Dieu me vienne en aide. Etrange formule dans un pays laïc.

 

 

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Plus encore, monsieur Erdogan harangue 16’000 germano-turcs, présents en Allemagne depuis quatre générations mais ne se sentant toujours pas chez eux. Recep Erdogan parle en tribun, en chef de parti, pour affirmer que personne ne doit s’assimiler et que l’assimilation est un crime contre l’humanité.

 

Interrogé suite à ce discours un jeune allemand d’origine turc, accompagné d’une charmante jeune femme portant foulard, dit qu’il a enfin le sentiment d’avoir trouvé une patrie et de savoir d’où il vient. Cela démontre qu’il n’y a ici qu’une intégration économique. L’identité et le sentiment d’appartenance vont toujours vers la Turquie. A la quatrième génération!

 

C’est ainsi et croire qu’il devrait en être autrement est une illusion ou un aveuglement. La laïcité et la démocratie ne sont pas des facteurs d’identité. Ils ne peuvent remplacer le sentiment d’appartenance collective avec nos ancêtres, nos paysages, notre langue, nos musiques, nos rites. S’intégrer se fait en gardant un pied dans notre passé. S’assimiler prend plus que quatre générations. Le changement d’appartenance est possible mais il est très lent et très progressif.

 

 

identité,culture,appartenance,origine,bent,erdogan,turc,hollande,algérieEt nous?

 

Certains défendent les particularismes des afro-américains, des hispaniques, des bretons, et sablent le champagne en l’honneur des terroirs régionaux. Ils acceptent que les occitans écrivent leurs panneaux routiers en langue d’origine, défendent le multiculturalisme pour les autres, se délectent en écoutant de la musique des îles Fidji. Libre à eux.

 

Mais combien n’est-il pas légitime que les habitants de nos pays expriment aussi leur appartenance, leur Histoire, leurs origines anciennes, leurs traditions, leurs rites, et même leur langue avant qu’elle ne soit massacrée par des nouveaux venus incultes et non assimilés. La défense de la culture et de l’identité est un vrai thème. Il n’a rien de réactionnaire, il est moderne, il redevient d’avant-garde parce qu’il n’a pas été épuisé par l’Histoire.

 

Traiter de raciste l’européen à peau claire qui invoque son appartenance, ou d’hitlérienne la blonde qui brigue la présidence de France, et en même temps louer le turcophile qui se sent enfin exister quand un politicien islamiste lui rappelle son origine, c’est le biais de l’antiracisme moderne. C’est une fausse route, c’est de la manipulation. Sous prétexte de générosité et de justice on nous humilie. 

 

Mais qu’y faire? Si les cons veulent insulter les européens d’origine, qui les en empêchera?

 

13:03 Publié dans Philosophie, Politique | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : identité, culture, appartenance, origine, bent, erdogan, turc, hollande, algérie | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

L'existence des quartiers chinois dans toutes les grandes villes occidentales est la preuve que vous avez raison lorsque vous mettez en évidence le refus, justifié ou non, ou l'incapacité de la plupart des immigrants à véritablement s'intégrer. Sauf à être une telle majorité, comme c'était le cas en Amérique du Nord lors des premières vagues d'immigration, que la question ne se posait même pas.
Il se trouve cependant, et c'est là que presque toute la classe politique majoritaire occidentale, rejointe sur ce sujet par les intellectuels bien-pensants et les croyants à la courte vue, que les Chinois de ces quartiers n'ont jamais constitué une menace pour l'identité nationale et culturelle des pays ainsi squattés. Ils ont peut-être facilité l'arrivée de certaines mafias criminelles, comme tous les immigrants venus en masse (il suffit de penser aux mafias italiennes), mais le crime étant une activité humaine universelle, cela n'a pas profondément changé les valeurs culturelles des pays d'accueil.

Écrit par : Mère-Grand | 07 octobre 2015

"les Chinois de ces quartiers n'ont jamais constitué une menace pour l'identité nationale et culturelle des pays ainsi squattés" C'est exactment ça. Les Chinois se sont intégrés, adaptés, mais ont gardé leur culture, leur réligion (sans manifester de l'intolérance envers d'autres croyances), leur style de vie (adapté si besoin était) sans imposer quoi que ce soit sur la population indigène. Il respectent les lois de leur pays hôte, ils participent et contribuent à l'économie, ils s'éduqent. Mais surtout ils ne vivent pas des aides et subventions des autres ou de l'Etat, il ne revendiquent pas des privilèges sociaux.

Écrit par : Ben Palmer | 07 octobre 2015

La question est de savoir jusqu'où la corde peut se tendre et quand elle va rompre. Quand Wotan va reprendre le pouvoir des âmes européennes comme il l'a fait en Allemagne dans les années 30...
Tabler sur le fait que les peuples sont civilisés à jamais, alors que leur jeunesse joue à Grand Theft qqch, c'est un peu naïf. On n'apprend pas à massacrer ses ennemis sur écran depuis le premier âge tendre sans que cela ne laisse quelques taches sur le psychisme. Nos chers amis musulmans n'ont qu'à couper encore quelques têtes de petits patrons français et les médias apprendront ce que veut dire "extrême droite", qualification utilisée à tort pour le FN actuel, quand exploseront les mosquées à l'heure de la Grande Prière. Je parie que cela va se passer dans les cinq ans à venir...

"Aspects du drame contemporain" de C.G. Jung
"Wotan", (paru en 1936):
"L'expérience divine sémitique, appelée Allah, fut pendant longtemps pour toute la chrétienté une conjoncture extrêmement pénible. Nous autres, qui sommes à l'extérieur, jugeons beaucoup trop l'Allemand contemporain en tant qu'être actif, que l'on doit rendre responsable; il serait peut-être plus exact de le considérer, à tout le moins, aussi en tant que sujet passif, qui agit moins qu'il "n'est agi".
Si nous appliquons avec conséquence nos considérations - singulières, avouons-le -,il nous faudrait conclure que Wotan devrait extérioriser non seulement son caractère fébrile, agité, brutal et tempétueux, mais aussi sa nature toute différente, extatique et divinatoire. Si cette conclusion se vérifie, le national-socialisme ne serait pas, et de loin, le dernier mot; il faudrait s'attendre, dans les prochaines années et décades, à ce que surviennent des événements procédant d'arrière-plans obscurs, et desquels, d'ailleurs, nous pouvons encore mal nous faire une idée à l'heure actuelle. Le réveil de Wotan est un recul et une régression; le flot, se heurtant à un barrage venu l'obstruer, a de nouveau fait irruption dans son ancien lit. Mais l'accumulation des eaux ne peut durer éternellement; elle constitue un "recul pour mieux sauter" et les flots finiront par déborder par-dessus l'obstacle. Alors se manifestera ce que Wotan "murmurait à la tête de Mimir":
"Déjà la source bouillonne;/ la couronne de l'arbre du monde/s'embrase aux sons éclatants du cor/ Que Heimbold brandit en sonnant vigoureusement l'alarme"
Citation de la Volüspa, un des poèmes de l'Edda.

En 1936, les gens intelligents avaient tous compris que cela allait très mal se passer en Europe avec Hitler au pouvoir. La guerre a quand même eu lieu. La plupart des gens ne veulent pas croire ce qu'annoncent ces accumulations de nuages noirs sur nos têtes. Tant pis pour nous, tant pis pour eux.

Écrit par : Géo | 07 octobre 2015

"les médias apprendront ce que veut dire "extrême droite", qualification utilisée à tort pour le FN actuel, quand exploseront les mosquées à l'heure de la Grande Prière. Je parie que cela va se passer dans les cinq ans à venir..."

Ca veut dire qu'il devrait se passer quoi, concrètement, dans les 5 ans ?

Écrit par : Plouf Ploufovitch | 07 octobre 2015

Vous dites que le sentiment d'appartenance nationale empêche l'intégration. C'est tout à fait vrai je pense, mais cela doit aussi s'appliquer aux Européens. Englober tous les Européens comme s'il s'agissait d'une seule communauté, cela présuppose qu'un sentiment d'appatenance unique existe en Europe. Cela présuppose qu'un Allemand par exemple considère sa nationalité allemande comme une appartenance régionale alors que sa véritable identité c'est "Européen". Rien n'est moins vrai c'est évident. Les nations existent toujours parce que le peuple européen n'existe pas et qu'il n'est pas près d'exister.

On le voit par exemple avec la Grèce. Avoir une monnaie commune, comme par exemple le Franc suisse qui est la monnaie commune des cantons suisses, cela présuppose une solidarité entre les différentes régions qui utilisent cette monnaie, par exemple des cantons urbains vis-à-vis des cantons plus ruraux. On peut aussi dire que lorsque l'Ostmark s'est fondu dans le Deutschmark pour devenir la monnaie unique des deux Allemagnes réunifiées, cette solidarité a existé comme elle continue d'exister aujourd'hui encore. La raison c'est qu'il s'agit d'un seul et même peuple et que les plus riches sont conscients de leurs obligations. Subventionner les plus faibles leur semble couler de source.

Il n'en est pas de même pour ce qui est de l'Europe. Les Allemands clament qu'ils ne veulent pas payer pour les Grecs ou autres nations. Il n'y a aucune solidarité en Europe. C'est la seule et unique raison de la crise de l'Euro. Et s'il n'y a pas de solidarité en Europe, c'est parce que la notion de peuple européen est une utopie et le restera probablement encore très longtemps.

Là où je veux en venir, c'est que pour l'Europe, les nations c'est l'ennemi à abattre. Ce sont les seuls véritables concurrents et c'est par eux que les peuples s'expriment. En détruisant les nations, on détruit le seul espace de démocratie qui existe et on soumet les peuples, pour les fondre dans un vague peuple unique sans aucune identité. Pour y arriver, il y a diverses stratégies utilisées. La première c'est le régionalisme. On montre comme la nation a réduit des populations en esclavage et a détruit leur langue locale au profit de la langue nationale unique. On pousse à recréer ces régionalismes en remettant des inscriptions un peu partout dans les langues anciennes, en poussant des partis locaux à demander la sécession, etc. On aboutit finalement à des situations comme celles de la Catalogne ou de l'Ecosse. Mais je pense que ces cas vont se multiplier un peu partout. J'ai vu dernièrement que la grande région formée par la réunion du Languedoc-Roussillon et du Midi-Pyrénées devrait prendre le nom d'Occitanie. On oublie donc que la langue parlée dans cette région est le Français en faisant référence à l'Occitan pourtant parlé par très peu de monde. C'est un pas de plus vers la régionalisation qui risque un jour de mener à une situation comme celle de la Catalogne.

De l'autre côté, on pousse à la dillution des sociétés dans un multiculturalisme lié à l'immigration. La crise des "migrants" est symptômatique. Du jour au lendemain, on nous force à accepter des populations entières sans même prendre le temps de vérifier leur provenance ou la recevabilité de leur demande d'asile. Il s'agit là d'une acceptation qui va bien au-delà des règles du HCR et qui est dès lors totalement injustifiée. On sait que parmi ces populations beaucoup n'auraient pas droit au statut de réfugié mais on feint de ne pas le voir. Et on ne parle pas non plus de retour. On prétend les assimiler. Cette dillution est une attaque claire contre l'identité nationale comme vous le dites. C'est juste un autre épisode d'une guerre contre les nations européennes. Je pense que c'est comme ça qu'il faut comprendre ce qui se passe sous nos yeux.

Écrit par : Kad | 07 octobre 2015

J'aime quand tu te lâches et que ton vocabulaire se châtre un peu.
Pour commencer à apprécier sa propre culture, il est souhaitable de visiter le monde.
Puis, lorsqu'on a compris d'où on vient, on est mieux équipé pour aller ailleurs et apprécier la différence.
C'est un processus lent. Pour pouvoir relativiser l'impact de nos sources sur nos mentalités, il faut passer beaucoup de temps ailleurs.
Peu sont ceux qui peuvent. Certains doivent et ne le font pas de gaieté de coeur.
Au final, Erdogan dit un peu fort quelque chose qui doit pouvoir être entendu.
Ton billet y contribue.

Écrit par : Pierre Jenni | 07 octobre 2015

Vous citez 2 ou 3 exemples pour en faire une généralité, exemples de gus qui souvent fantasment leurs origines dont ils n'ont souvent que peu la connaissance historique et culturelle.

C'est ainsi que les jihadistes sont pour la plupart des ignares concernant l'islam et ses origines pré-islamistes, car l'islam est imprégné des rites pré-islamistes.

C'est comme les occidentaux qui amourachent de l'Inde sans en parler une des langues, sans y avoir vécu, sans connaitre les textes et interprétations millénaires des védas, de l'hindouisme et du bouddhisme.

L'identité de tous ces paumés correspond à des histoires qu'ils se racontent, une identité d'origine complétement fantasmatique.

Écrit par : pli | 08 octobre 2015

Le problème est la contradiction permanente de tout discours de revendication identitaire. D'un côté, je veux que l'intégralité de mon identité (mes croyances, mes goûts, mes origines) soit perçue par autrui mais en même temps, je veux qu'il me traite exactement de la même manière que celui qui partage les mêmes croyances, les mêmes goûts, les mêmes origines que lui. C'est tout simplement impossible.
je peux à la limite attendre d'autrui qu'il me reconnaisse la jouissance d'un certain nombre de droits fondamentaux (les libertés démocratiques en gros) ou des droits basés sur la réciprocité (je cotise pour la sécurité sociale, il est normal que j'en bénéfice) mais pas plus. Si je suis une femme voilée, si je proclame mon appartenance à une communauté différente, je ne peux attendre d'un recruteur, ou d'un loueur, par exemple qu'il me traite exactement de la même manière qu'un(e) autre candidat(e) avec qui il pense partager davantage de valeurs ou de modes de vie.
A partir de là, il y a deux manières de gérer la problématique de la diversité dans une société moderne.
Soit on pose la société comme un assemblage de communautés spécifiques, et alors la seule préoccupation du politique est d'assurer une coexistence pacifiée entre elles, en se concentrant sur l'égalité formelle des droits mais en renonçant aux grandes tirades sur la solidarité et le "vivre ensemble".
Soit on considère qu'une société ne peut se structurer qu'autour d'un certain nombre de valeurs, de traits culturels, de modes de pensée communs et alors on considère qu'il est normal d'exiger des individus issus d'une immigration récente d'adopter ces valeurs pour être pleinement acteurs de la "communauté nationale". Dans cette deuxième situation, il peut y avoir débat sur l'étendue de ce qui a vocation à être commun. Par exemple, on peut estimer que le respect de certaines prescriptions alimentaires lié à des croyances spécifiques, ou la célébration de certains rites, ne sont pas en eux-mêmes préjudiciable à l'unité de la société. Mais en tout cas, on estime qu'il est légitime que la société "d'accueil" attende des arrivants "récents" qu'ils renoncent à une partie de leur identité.

La schizophrénie d'une partie de la pensée progressiste est de poser qu'on peut avoir le beurre et l'argent du beurre, qu'on peut pratiquer le vivre ensemble entre des gens qui affirment de plus en plus nettement leurs différences. La coexistence harmonieuse du string et de la burka, en quelques sortes. Mais ça n'a jamais marché durablement, dans aucune société. Déjà, parce qu'implicitement, toute revendication identitaire est, en creux la revendication d'une préférence. Si le voile est affirmation de pudeur, alors il porte implicitement un jugement sur l'impudeur des femmes sans voiles. La tolérance mutuelle peut sans doute suffire à garantir l'ordre civil, au moins provisoirement, mais elle ne permet pas de poser les bases d'une société fraternelle.
L'autre problème est que toute situation est dynamique; une société où les valeurs culturelles libérales (individualistes) sont largement majoritaires peut intégrer des communautés où des valeurs culturelles autoritaires sont dominantes. L'inverses n'est pas vrai. Si la grande majorité de la population adopte des valeurs culturelles autoritaires, elle aura tendance à exercer une contrainte sur ceux qui ne les partagent pas....

Écrit par : F-Cat | 08 octobre 2015

@F-Car
Remarquablement pensé et écrit. Quelques doutes sur la première partie de la conclusion: c'est là, en effet, que repose le problème essentiel: votre "peut intégrer" me semble trop affirmatif et trop optimiste. Il est probable que le prix à payer, en termes de paix sociale, soit trop élevé. "Peut supporter" me semblerait déjà plus réaliste.

Écrit par : Mère-Grand | 08 octobre 2015

Pli, que les revendications d'appartenance et d'identité soient confuses, précises, subjectives, ou quoi que ce soit, leur exactitude n'est pas le plus important. L'important est qu'elles existent, signifient un attachement, une émotion, une pensée de soi, et des conséquences pratiques dans les relations humaines.

Écrit par : hommelibre | 08 octobre 2015

Bien dit F-Cat.
Mais...
Tout s'accélère. La mondialisation au sens large, dont le monde entier a aujourd'hui une idée, contribue à la fois à l'uniformisation des repères et à son corollaire, le repli identitaire pour sauver ce qui peut encore l'être.
Tentez de vous projeter en 2030. C'est pas trop loin et pas trop difficile.
Vous réaliserez alors à quel point certaines caractéristiques culturelles n'apparaitront plus que comme des archaïsmes précieux pour la mémoire de l'humanité mais presque sans rapport à notre quotidien.

Écrit par : Pierre Jenni | 08 octobre 2015

Ca veut dire qu'il devrait se passer quoi, concrètement, dans les 5 ans ?
Écrit par : Plouf Ploufovitch | 07 octobre 2015

Vous avez vu le TJ de la 2ème chaîne française ce soir ? On y voit les prémices de ce que j'écrivais...
Étudiant dans les années 70, j'avais fait l'aide-chauffeur pour une société lausannoise de déménagement. J'avais accompagné leur chauffeur d'origine algérienne à Châlons, avec arrêt dans un routier. On a tout entendu, tout. Vous n'imaginez pas le racisme anti-arabe en France à cette époque. Bicots, crouilles, ratons, que sais-je...
Ce racisme hyper-violent est toujours là et très franchement, on a un peu l'impression que la jeunesse arabe fait tout pour le faire ressurgir. Et je pense qu'ils vont réussir...

Écrit par : Géo | 08 octobre 2015

"Vous avez vu le TJ de la 2ème chaîne française ce soir ? "

Pas le temps. Je travaille beaucoup en ce moment, et je n'ai pas le loisir de rester pendant une demie-heure devant le poste. Ce sera pour dans un mois ou deux.

Mais cela ne me dit pas ce qui est censé se passer dans les cinq ans précisément. Si vous voulez jouer les Nostradamus politiques, donnez-vous alors la peine de faire des prédictions testables. "quand exploseront les mosquées à l'heure de la Grande Prière", qu'est-ce que cela veut dire, au juste ?

En plus, votre référence au racisme des années 70 est étrange, puisqu'il n'a été suivi d'aucune explosion. Sa résurgence, si elle est réelle, devrait-elle avoir des conséquences différentes ?

Écrit par : Plouf Ploufovitch | 09 octobre 2015

Plouf Ploufovitch @ Voilà peut-être le noeud du problème avec vous : vous travaillez trop, pas le temps de réfléchir beaucoup mais envie de mettre son grain de sel à la va-vite. Trop vite...
Je suis né en 52 et depuis toujours, je me suis posé des questions sur ce qu'on appelait à l'époque la 2ème Guerre mondiale. Et ce qui se passait aux côtés des combats : la Shoah. J'ai suffisamment balancé ce passage de Jung sur le traumatisme en Europe causé par ce qui est arrivé en Allemagne pour ne pas avoir à le refaire. L'autre élément très traumatisant survenu ensuite est la guerre d'Algérie - que les Français refusaient de nommer "guerre" - où beaucoup de Français ont perdu leur âme. La gégène, les corvées de bois, les viols (40'000 femmes algériennes...).
Est-il rationnel de faire venir en France des gens d'un pays encore sous le choc de ce qui s'est passé pour avoir une main d'oeuvre bon marché à même de concurrencer la classe ouvrière locale ?
En réponse, le racisme était virulent chez nos voisins. Mais les Algériens sont restés, ils ont pu faire venir leur famille sous Giscard et ils ont eu des enfants. Qui ont vu ce que valait la situation de leur père, ce qui a provoqué leur mépris et le refus de la société française. Que vous le vouliez ou non, les Merah, Kouachi et autres Nemmouche sont devenus leurs héros et l'islam leur idéologie de combat contre la France, comme l'était le communisme quand j'avais leur âge.
Sur les mosquées dans les cinq ans et donc l'extrême-droite en France : la normalisation du FN, c'est-à-dire sa formation en vue du pouvoir et non seulement de la contestation-coup de poing du Vieux, a rejeté les gens d'extrême-droite avec la mise au rancart définitive du Vieux fasciste. A noter qu'il était courant de la part des médias mainstream de se référer uniquement au Vieux, minable stratégie qui ne trompait qu'eux-mêmes...
Ces gens d'extrême-droite ne se reconnaissant plus dans le FN, les groupuscules de leur mouvance vont se renforcer et se regrouper. Je n'ai aucune source ni rien à citer, mais cela me paraît logique. Des mosquées ont déjà brûlé en province, dont une récemment. La situation se tendant de plus en plus et se polarisant chaque jour davantage, je crains des attentats violents dans les cinq ans. Tout va dans ce sens, il ne s'agit pas de concurrencer Nostradamus.

Vous devriez moins travailler, ce n'est pas bon pour la santé. Surtout que je parierais que vous êtes devant un écran...

Écrit par : Géo | 09 octobre 2015

@ Géo

"Est-il rationnel de faire venir en France des gens d'un pays encore sous le choc de ce qui s'est passé pour avoir une main d'oeuvre bon marché à même de concurrencer la classe ouvrière locale ? "

on ne les a pas fait venir, ils ont été imposé par les accords d'Evian par le nouvel état Algérien.

où beaucoup de Français ont perdu leur âme.

c'était le but du FLN, de créer la rupture entre les populations, en terrorisant tout le monde, ils ont obliger par la terreur la population arabe a les aider après la victoire militaire du plan Challe.

http://www.histoire-en-questions.fr/guerre%20algerie/armee-djebel-jumelles.html

"les viols (40'000 femmes algériennes...)."

quels sont vos sources ?

"Qui ont vu ce que valait la situation de leur père, ce qui a provoqué leur mépris et le refus de la société française. "

le probléme ne vient pas de là

depuis 50 ans on a une montée du féminisme et des valeurs soixante-huitardes, c'est à dire éjection des pères destruction de la famille, société maternantes, les dégâts de ce type de société, sont encore pire dans les milieux immigrés, les dégâts du divorce sont encore pires, ce type de société détruis les bases de fonctionnement des sociétés immigrés, avec par dessus ça des acteurs sociaux assistante sociale, éducation nationale, gauchissant adeptes de la repentance, de la victimisation qui en remettent une couche. donc on se retrouve avec les enfants de banlieues issus de familles monoparentales, comme délinquants asociaux.

lisez la crise de la famille d'evelyne Sullerot. et aussi le rapport Bruel.

l'assimilation la fin du modéle français de michéle Tribalat.

extait de la crise de la famille page 267.

La montée du désarroi 2
que le moteur ou le frein de l'intégration scolaire des
enfants, il faut le chercher non pas tant dans le niveau socio-
économique de la famille d'origine que dans sa structure. Et
de décrire le modèle qui a fonctionné et fonctionne encore :
obéissance des enfants aux parents, grande considération
portée à la mère, vraie autorité du père, investissement fort
des deux parents dans un projet éducatif pour leurs enfants,
auquel ils sacrifient du temps, de la peine, et tout l'argent
que n'absorbent pas les besoins primaires.
Hélas 1, cette famille morale, responsable, avec une mère
respectée, forte et volontiers autoritaire mais prête à se
sacrifier, un père qui fait de la réussite de ses enfants un
but sacré, elle ne pouvait guère plaire aux postsoixante-
huitards n_i aux postmarxistes. Elle faisait même franche-
ment « réac ››. Christian Jelen eut beau dépeindre des réus-
' sites d'immigrés juifs d'Europe centrale, arméniens,
portugais, italiens, chinois et vietnamiens très pauvres à
leur arrivée en France, il fut traité de raciste. Il avait
dénoncé les causes familiales aux ratages scolaires et
même aux délinquances adolescentes : parents indiffé-
rents à l'école, surtout les pères, prolifiques par irrespon-
`sabilité, souvent fuyards, ou brutaux ; les mères peu consi-
dérées, mineures à vie, rabrouées, débordées, incapables
de suivre la scolarité de leurs enfants ; les désordres et dis-
putes sans fin dans les familles polygames 1 la reconnais-
sance systématique de la supériorité des garçons qui se
croient tout permis, sur les filles qui ne vont penser qu'à
fuir... Pour les familles maghrébines et surtout africaines
qu'il décrit, Jelen n'est pas indulgent, c'est le moins qu'on
puisse dire. Aussi l'a-t-on accusé de préjugés ethniques,
sans chercher plus loin les rapports famille/intégration
qu'il tentait d'établir. Du reste, la famille pauvre bonne
« intégrante ›› qu'il décrivait semblait ringarde, qu'elle fût
jaune, blanche ou café au lait, avec ses enfants qui se
tiennent bien à table et surtout ses parents « qui sont
davantage père et mère que mari et femme ››, selon le mot
d'une immigrée italienne qui a reussi.

vous devriez plus lire pour mieux connaitre la réalité.

Écrit par : leclercq | 09 octobre 2015

Autant que les archives permettent de le dire, aucun texte n’autorise à conclure à une volonté politique ou stratégique prônant les viols pour asseoir la puissance française en Algérie ; aucun document même ne tente d’en recommander l’usage ou de laisser les soldats s’y livrer. Contrairement à la torture, aucune justification n’affleure jamais dans les instructions. Le viol est totalement interdit dans l’armée française, puisqu’il est un crime au regard du code pénal.

les temps ont changé et, pendant la guerre d’Algérie, aucun juriste n’a cette position. Les cas de viols signalés à l’autorité militaire semblent avoir été sanctionnés disciplinairement et leurs auteurs peuvent même avoir été déférés devant la justice militaire. En tout cas, les quelques enquêtes connues sur des viols aboutissent toujours à des sanctions et à des inculpations – ce qui constitue une différence importante avec la pratique de la torture.

Écrit par : leclercq | 09 octobre 2015

http://www.lien-social.com/spip.php?article251&id_groupe=5

Écrit par : leclercq | 09 octobre 2015

Violence, subjectivités immatures et idéologies victimistes
Par Sophie Ernst, Institut National de Recherche pédagogique
N'y a-t-il pas quelque chose de massifiant, et de mystifiant, dans les discours interprétant les violences urbaines en termes de luttes des classes ? Travaillant dans l'école et avec les enseignants sur "tout ce qui fait débat et désordre", Sophie Ernst attire notre attention sur certaines caractéristiques psychologiques des jeunes auteurs de violence. Elle s'inquiète des effets délétères des dénonciations mémorielles victimistes sur des personnalités immatures, à l'identité fragile. Et s'inquiète tout autant du manque de constance dans les politiques d'accompagnement social et éducatif.



Photo AFP/AFP (droits réservés)
Dès le début des années 90, les violences urbaines ont occasionné des enquêtes de grande ampleur réalisées depuis toutes sortes d’institutions intéressées à en connaître : police, accompagnement social, urbanisme, éducation. Ces enquêtes ont permis de mettre en évidence dans les situations à risque avant tout la dimension sociale et globale du problème (banlieues enclavées, pluriethnicité, grande pauvreté, familles nombreuses, chômage, échec scolaire) et il est hors de doute que ces facteurs touchant globalement une population défavorisée sont essentiels. Cela étant, ces enquêtes sont souvent plus profondes, en termes de diagnostic comme en termes de solutions ; en rester à cette description ne nous donne en réalité aucune prise pour comprendre les passages à l’acte ni pour y remédier, car il manque les articulations fines – il n’y a que depuis les lieux du pouvoir que les pauvres sont une masse indistincte sans différences individuelles dans les conduites, les valeurs et les aspirations. La télévision s’est faite, tout particulièrement, l’écho de cette vision où la compassion la plus convenue le dispute à la fascination pour le spectacle. C’est ainsi qu’un sociologue nous a doctement expliqué pourquoi l’on brûle les voitures : parce qu’on n’en a pas. Normal, quoi. Il est certain que cette explication sommaire quoique basique a le mérite de trancher avec ce à quoi l’on nous avait accoutumé ces dernières années, en allant systématiquement chercher dans d’obscures sourates du Coran les raisons de chaque acte déviant de jeunes illettrés. Mais peut-on en rester là ? L’insistance sur la grande pauvreté et le chômage, comme causes déterminantes et automatiques des violences éveille immédiatement un réflexe offensé de toutes les catégories sociales pauvres ou qui ont grandi dans un milieu pauvre, qui ont le sentiment d’avoir subi avec dignité des situations au moins aussi difficiles : nous n’avions rien, nous non plus, et nous n’avons jamais tout cassé – et certainement pas mis le feu aux autobus, attaqué les pompiers, et détruit les écoles !

C’est là qu’il importe de lire avec plus d’attention des enquêtes réalisées par des psycho-sociologues, l’une des plus intéressantes à mon sens étant celle qu’a coordonnée Jean-Paul Grémy pour l’IHESI, actuellement INHES (Les violences urbaines, Institut des Hautes Etudes en Sécurité Intérieure 1996). Bien loin de ce qui nous est martelé comme «explications» voire justifications des violences, qui donnent des facteurs touchant globalement une population défavorisée, les études psychologiques sur cette petite partie de la population qui passe à l’acte révèlent des êtres qui sont bien moins immoraux, ou intrinsèquement violents, que perturbés et gravement immatures, au sens où ils n’ont pas intégré des apprentissages minimaux de maîtrise de l’émotivité, de l’impulsivité et ne sont pas à même de se poser comme sujets si peu que ce soit autonomes (cette analyse concerne le gros des troupes, non pas les meneurs, dont le profil est sensiblement différent). C’est une pathologie de la rationalité élémentaire qui se révèle ici.
C’est un fait psychologique qui est occulté par la tendance à trouver toutes les explications dans le chômage et les discriminations : or ces jeunes sont très difficilement employables, à peu près pour les mêmes raisons qui les rendaient très difficilement scolarisables... On est très en deça de la moindre qualification, et même de la disponibilité à l’apprentissage. Il est difficile de lier des gestes dans une conduite ayant du sens, avec le minimum de patience et de coordination qu’exige toute réalisation.

La lecture par un éducateur est étonnante car elle offre le portrait en négatif de ce que vise normalement l’éducation à l’autonomie dans les premières années. On a affaire à des individus dont la subjectivité est en grave souffrance, notamment du point de vue de la liaison du temps vécu : pas de sens du lien de cause à conséquence, enfermement dans le présent et l’impulsivité, difficulté à réaliser les conséquences d’un acte, encore moins à l’anticiper, une chaîne temporelle dangereusement hachée. Faire tourner son regard en changeant de point de vue sur une situation est impossible : il leur est notamment très difficile de se mettre en pensée à la place d’autrui. Toute situation est structurée de façon binaire, dans la dépréciation stéréotypée des « autres » : territoire- étranger au territoire, eux-nous, gagnant-perdant, fort-faible…

Ce sont des apprentissages premiers qui se sont mal réalisés et toute prévention devrait d’abord concentrer ses efforts sur la petite enfance et l’enfance, à l’école, dans l’encadrement éducatif de proximité et dans le soutien aux familles, car il est probable que ces ratages éducatifs viennent en partie de déstructurations familiales, dont les causes sont diverses et complexes, jamais réductibles à un seul facteur (et certainement pas à l’Islam). C’est aussi par là qu’on pourra comprendre pourquoi les jeunes issus de l’immigration africaine des vingt dernières années sont surreprésentés dans cette dérive anomique, souvent autodestructrice, parfois délinquante – ce sont ces familles, issues de mondes traditionnels eux-mêmes fragilisés, qui sont le plus désaccordées à une société post-moderne qui les déstructure à bien des égards. Les diffractions symboliques, inévitables dans toute acculturation, produisent ici du chaos, où il n’y a pas tant une perte de repères qu’une pléthore d’injonctions contradictoires et désarticulées, dans une immense confusion. Il est d’autant plus remarquable que certains réussissent à se construire malgré toutes les conditions défavorables. C’est en observant ces parcours exceptionnels, les conditions qui les ont rendus possibles, qu’on peut mettre en place des accompagnements pour aider les familles à aider leurs enfants, pour aider les établissements scolaires à exercer au mieux leur rôle éducatif. Action patiente et pragmatique qui n’a jamais reçu le soutien cohérent et la continuité de politique qu’elle nécessitait.

La différence avec les années 90 est que certaines idéologies ont été abondamment diffusées par des groupes associatifs et politiques, et ont donné lieu à des versions internet très violentes. Notamment toutes sortes de discours qui héroïsent et justifient les actions violentes en leur fournissant une explication stéréotypée jouant de l’inversion de culpabilité. Ce sont ces discours simplistes et manichéens, qui vont fournir une cohérence et une identité en liant des éléments chaotiques et en leur donnant une apparence de sens. Ainsi, à cette immaturité subjective se superpose une posture d’ex-colonisé, indigène de la République, victime du néo-colonialisme républicain, descendant d’esclave, victime du racisme et des discriminations, condamné au chômage ou au rejet sur le seul critère de son appartenance ethnique. Ces idéologies sont d’autant plus propagées et facilement intégrées qu’elles reposent sur une base de vérité, importante à reconnaître et à faire connaître, et que du coup, elles touchent une corde sensible dans l’opinion. Le racisme, l’exploitation et l’humiliation des dominés, c’est ce que nous ne voulons plus ni subir, ni faire subir, pour nous-mêmes ni pour nos enfants. Les enfants apprennent très tôt, et intuitivement, à utiliser les arguments qui leur donnent prise sur les émotions des adultes : il n’est pas sûr qu’ils auraient été convaincus par ces références mémorielles bien lointaines, et parfois complètement en porte-à-faux par rapport avec la réalité de leur filiation, s’ils n’avaient perçu d’abord le pouvoir d’intimidation qu’elles leur donnent sur les « autres » (le prof, le journaliste…). C’est le propre de l’idéologie, d’être non pas un mensonge ou une erreur, mais une vision tronquée de la réalité, mystifiante du fait qu’elle est simpliste et univoque. Lorsque le débat se situe entre intellectuels sur la question des postes à créer dans l’université pour des études post-coloniales, pas de problème, quelque polémiques et anachroniques que puissent être les dénonciations de la francité, de la République, de la société blanche et esclavagiste… Mais la vulgarisation démagogique et venimeuse des mêmes débats a des effets désastreux sur une jeunesse déjantée, qui, faute de pouvoir élaborer une subjectivité cohérente et réaliste, se précipite sur un discours qui lui donne non pas une épaisseur, mais un contour, non pas une consistance, mais une posture.

Ces idéologies victimistes et vindicatives donnent une illusion de subjectivité, parce qu’elles permettent de dire quelque chose à la télé. On est intéressant dans l’exacte mesure où l’on passe à la télévision, on n’existe et on ne se définit que comme l’image de soi fournie expressément à la télévision selon les codes idéologiques en vigueur : puis l’on reçoit de son image télévisuelle la garantie que l’on est bien ce qu’elle montre, dans un bouclage sans fin. Une telle clôture compromet les prises de conscience, aussi bien du côté des jeunes eux-mêmes, que des éducateurs et des responsables de politiques ; elles bloquent les évolutions psychiques et comportementales nécessaires. Il faut mesurer la détresse et le sentiment de chaos qui sous-tendent une telle posture de « dépendance agressive », pour comprendre que le chemin de réapproppriation et de construction de personnalités plus authentiquement structurées sera bien ardu.

En tout état de cause, ce n’est pas le colmatage des subjectivités immatures par les idéologies victimistes qui permettra ce chemin. Tout au contraire en déréalisant la vision de soi et du monde, elles entretiennent des erreurs graves d’adaptation, dont on se sort que par une spirale de haine de plus en plus violente. Une politique de remédiation demande de la persévérance et de la cohérence, et impose de distinguer les problèmes pour apporter des réponses ciblées, finement ajustées et coordonnées. Toutes choses dont s’accommodent mal les dénonciations massives, qui s’enivrent de leur propre intransigeance impatiente et exaspérée. Je doute fort qu’elles aident à repenser, restructurer et consolider les dispositifs d’accompagnement, déjà tellement mis à mal par les politiques de court terme.
Mais qui sait, le temps est peut-être venu pour les dénonciateurs eux aussi d’accéder à plus de maturité ?

Mardi 15 Novembre 2005
Julien Landfried

Écrit par : leclercq | 09 octobre 2015

par Jean-Pierre Le Goff, sociologue, président du club Politique autrement
La mort de deux jeunes à Clichy-sous-Bois a servi de déclencheur à des violences et des actes de vandalisme de bandes de jeunes dans les banlieues. Les formules, provocatrices et indignes d’un homme d’État, du ministre de l’intérieur accompagné d’une cohorte de journalistes et de caméras, avaient auparavant contribué a exacerber la tension. Ces violences dans les cités révèlent une réalité dont il faut prendre la mesure en évitant l’angélisme et les faux-fuyants.




Jean-Pierre Le Goff (photo d'Olivier Roller, 2002) Quelle solidarité première ?

La vie dans les banlieues ne se confond pas avec les images de ces nuits de violence et de destruction. Des réseaux d’entraide et de solidarité entre habitants se sont mis en place dans des conditions souvent difficiles. La grande majorité désire plus de sécurité, plus d’emploi, de meilleures conditions de vie et d’habitat. C’est sur ce terreau-là qu’une dynamique positive peut se développer et non sur les bandes de jeunes adolescents et post-adolescents qui ont basculé dans la délinquance et la destruction.
Attaquer les pompiers, brûler la voiture de son voisin, ou tuer ce dernier comme par inadvertance, - « sans le faire exprès » diront certains -, incendier des magasins, des écoles, des gymnases du quartier où l’on habite, arrêter des bus pour y déverser de l’essence et y mettre le feu devant des passagers affolés... Face à de tels actes sauvages, la condamnation claire et la nécessité urgente d’un retour à l’ordre ne se discutent pas. C’est le préalable à tout débat sensé sur la question.
Mais, là aussi, on a pu assister à des réactions minoritaires, au sein du milieu journalistique et gauchiste, qui rompent avec la morale et le civisme élémentaires. Le mouvement spontané de sympathie ne se tourne pas vers les victimes des violences qui sont, non seulement les pompiers et les policiers, mais les habitants de ces quartiers qui craignent pour leur sécurité et leurs biens, se voient privés de moyens de transport, de commerces, d’écoles... On ne prend guère en considération la crainte des autres jeunes des quartiers qui ne veulent pas être confondus avec les bandes, continuent de croire à l’école et au travail pour « s’en sortir ».
Chez certains beaux esprits s’opère un curieux renversement : ce sont les agresseurs eux-mêmes qui sont considérés d’emblée comme les victimes. De telles réactions délétères rejoignent la façon dont les agresseurs mettent en avant leur statut de victime comme justification de leur violence et de leurs exactions ; elles contribuent à enfoncer un peu plus ces jeunes déstructurés dans l’impasse.
Les mesures pour rétablir l’ordre donnent lieu pareillement à des protestations qui dénoncent aussitôt les mesures prises comme une marque supplémentaire de répression et de « stigmatisation » des banlieues, sans se soucier outre mesure du climat de peur et de « ras-le-bol » des populations concernées.
On peut se demander si la prolongation des mesures de couvre-feu est l’instrument approprié du retour au calme ; on doit demeurer vigilant contre des brutalités policières et des atteintes possibles à l’État de droit. Mais considérer la répression nécessaire comme une dangereuse atteinte aux libertés ou une marque supplémentaire de la « stigmatisation » des banlieues relève d’une idéologie gauchisante de plus en plus coupée des réalités et du sens commun.

Comment interpréter les événements ?

De multiples analyses et commentaires interprètent les événements avec des schémas qui, pour l’essentiel, se refusent à voir ou secondarisent le caractère sauvage, désespéré et nihiliste de la révolte des bandes de jeunes. Certains y voient un signe de la montée des communautarismes, de l’emprise de l’islam radical, voire la concrétisation d’une guerre des civilisations. D’autres au contraire les considèrent à tout prix comme l’expression d’une pure révolte contre les discriminations et les inégalités, ou encore, à l’inverse de toutes les apparences, comme étant le signe d’une intégration. De tels schémas idéologiques ont pour effet de rabattre des événements dans des catégories générales prédéterminées qui en dissolvent la singularité. Avant même d’aborder les conditions qui ont rendu possible de tels événements et de le situer dans le cadre des banlieues et de la société, il convient de délimiter le phénomène et de cerner ses aspects nouveaux.
Il importe en tout premier lieu de prendre en compte ce que les éducateurs, les enseignants, les psychiatres observent depuis des années. Il existe un phénomène de bandes constituées de jeunes adolescents et de post-adolescents en situation d’échec et désocialisés, animés par le ressentiment et la haine à l’égard de la société et des institutions. Ces jeunes minoritaires sont désœuvrés et déstructurés ; ils ont perdu l’estime d’eux-mêmes et le sens du réel. Leur sentiment d’appartenance se limite souvent à leur quartier ou à leur immeuble. Leur langage colle aux affects et aux pulsions ; ils ne mesurent pas la portée de leurs actes et le sentiment de culpabilité est le plus souvent absent. Fascinés par les clichés sur la réussite et l’argent, ils vivent dans un univers où l’image est maître, et ils acquièrent des comportements de dépendance à l’égard des stupéfiants. Ils se réfugient dans des bandes machistes où les rapports de force dominent avec les phénomènes de caïds et s’enferment dans une sous-culture de la délinquance et du ghetto. Nombre d’animateurs, d’éducateurs sociaux, mais aussi d’enseignants se trouvent désemparés devant de tels individus perpétuellement agités, aux comportements asociaux et immaîtrisables. Ces jeunes ont une image dépréciative d’eux-mêmes qui peut se retourner en agression. Lors des nuits de violence, ils sont entrés dans une logique de destruction et d’autodestruction en s’attaquant aux quartiers où ils habitent.
C’est précisément cette réalité dérangeante qu’il s’agit d’aborder en face. Des militants de gauche et des journalistes bien-pensants la dénient en y collant des formules passées en complet décalage. C’est ainsi qu’on répète bêtement la formule attribuée aux classes dominantes de l’ère industrielle : « Classes laborieuses, classes dangereuses », pour l’appliquer aux actes de vandalisme des banlieues. Quel rapport avec des jeunes désocialisés qui ne travaillent pas et ne forment pas une classe ? S’il fallait tenter des comparaisons historiques, la notion de lumpenprolétariat serait plus proche de la réalité. Mais là aussi, le caractère très jeune des casseurs qui ne sont guère en haillons [1] et agissent souvent par mimétisme télévisuel, sort du schéma.
On invoque également le chômage pour expliquer les événements. Mais il est d’autres périodes dans l’histoire de France où le chômage était massif, comme dans les années trente, sans qu’on assiste pour autant à de pareils phénomènes de destruction. Comme on oublie souvent de le dire, ces jeunes ne sont pas en total abandon, mais ils sont assistés par l’État providence. Leur univers n’est pas la survie matérielle, mais ils sont fascinés par l’argent facile et les marques du look branché. Les chômeurs ne s’attaquent pas, que l’on sache, aux écoles, aux gymnases, aux centres sociaux, aux bus... comme le font ces bandes. Et si l’on tient, là aussi, à la comparaison historique, il faudrait poser la question : a-t-on jamais vu les chômeurs des années trente s’attaquer à la « soupe populaire » ?
Quant aux conditions matérielles de vie et de logement dans les cités, elles n’ont rien à envier à la pauvreté et aux logements insalubres des cités ouvrières du début du siècle. Chômage et habitat, s’ils entrent bien en ligne de compte, ne suffisent pas à expliquer le phénomène dans sa nouveauté. Contrairement à ce que laissent entendre nombre de commentateurs attitrés, le type de violence auquel on assiste aujourd’hui n’est pas mécaniquement et unilatéralement déterminé par la situation économique et sociale des banlieues, sinon c’est à un autre mouvement de révolte d’une bien plus grande ampleur à laquelle on aurait assisté. La misère existante dans les cités de banlieues n’est pas comparable à celle qu’ont pu connaître les couches populaires dans le passé : il existe des mécanismes d’assistance sociale qui, s’ils ne transforment pas les conditions matérielles de vie, en atténuent la dureté.
Les événements des banlieues relèvent moins de la pauvreté et de la misère telles qu’on a pu les connaître autrefois que de phénomènes de déstructurations identitaires qui sont plus difficiles à comprendre. Les violences des bandes de jeunes des banlieues révèlent de façon paroxystique une désaffiliation due à l’érosion des collectivités d’appartenance qui inscrivaient l’individu dans une collectivité et le structuraient « de l’intérieur » : famille, collectivité de travail, classes sociales, appartenance nationale... Autant d’éléments qui sont aujourd’hui érodés ou en crise et qui, contrairement aux discours angéliques « post-modernes », sont constitutifs des identités individuelles et collectives. Les situations de chômage et d’habitat dégradé se combinent avec une déliquescence des liens familiaux, pudiquement dénommée « famille monoparentale » : le plus souvent absence du père, la mère subsistant tant bien que mal des revenus de l’aide sociale et étant la plupart du temps absente lorsqu’elle travaille. Dans les familles issues de l’immigration, cette situation peut être aggravée par une inadaptation des parents à la culture française, entraînant une désorientation des jeunes qui coincés entre deux cultures peuvent « errer sans repère dans une sorte de no man’s land anthropologique » [2]. C’est sur ce terreau que les groupes fondamentalistes musulmans présents dans les quartiers peuvent tenter de se développer en présentant leur doctrine comme le levier d’une restructuration identitaire et leur encadrement des jeunes désœuvrés comme la condition de la paix sociale dans les banlieues.

Que faire ?

Face à cette réalité, il n’existe pas de remèdes simples dont les effets seraient immédiats. Mais il est important à la fois de fixer des repères et de tirer des leçons des pratiques passées. Avant même d’envisager des mesures particulières, il est des questions centrales auxquelles il n’est plus possible d’échapper.
Tout d’abord, la question de l’érosion de l’autorité parentale n’est pas facile à traiter. Les mesures de sanctions financières envers les parents des familles décomposées sont démagogiques et ne résolvent rien. Les associations aidées par des psychologues et des psychiatres pour s’occuper des parents et des enfants en difficulté paraissent indispensables, mais on ne peut reconstruire de façon volontariste des familles déstructurées. La puissance publique ne peut pas se substituer complètement aux familles et les aides psychologiques ne peuvent pas tout. Le problème n’est pas seulement à poser dans des termes psychologiques - le risque existe bien de s’enfermer dans cette problématique - en dehors du terreau social et culturel, d’un ethos commun. On ne peut échapper à la question de la famille comme une des structures anthropologiques de base de la société que des conceptions modernistes et gauchistes ont rapidement mis de côté. Il en va de même des fonctions structurantes de la morale, de l’interdit et de la limite qu’un angélisme post-soixante-huitard et rousseauiste a trop longtemps dénié. Dans ce domaine, comme dans d’autres, ce qui se passe dans les banlieues, reflète de façon extrême des phénomènes que l’on retrouve à différents degrés dans l’ensemble de la société.
D’autre part, le comportement fortement instable et violent d’une minorité de jeunes en grande difficulté n’est compatible ni avec l’enseignement ni avec le travail en entreprise. La réponse à cette situation ne peut pas être seulement répressive. Elle implique avant tout un type d’aide et d’encadrement social relevant d’institutions spécialisées, avant même d’envisager de les réinsérer dans le cursus scolaire ou dans les entreprises. Il existe des stages fortement encadrés mêlant vie collective, travail, réalisations concrètes et activités physiques dans des lieux fermés ou ouverts qui sortent les jeunes de la cité. L’idée d’un service civil pour tous les jeunes alliant réalisations de tâches utiles, apprentissage de la vie collective et formation professionnelle va dans le même sens. Cela suppose d’importants moyens, particulièrement en termes d’encadrement, et tout cela à un coût pour des résultats qui ne sont pas acquis pour la totalité des jeunes concernés.
L’apprentissage, s’il doit être pleinement pris en compte et valorisé, ne constitue donc pas une panacée. L’appel constant à l’« éthique » et à la « citoyenneté » des entreprises, pour nécessaires qu’il puisse paraître, ne suffit pas : même si les entreprises peuvent faire des efforts pour accueillir des jeunes en difficulté, leurs perspectives d’embauche sont liées à celles des carnets de commande et leurs critères restent avant tout ceux de la compétence et de l’efficacité. Les employeurs ne sont pas vraiment désireux de prendre en charge des jeunes instables, peu assidus. Et l’association de l’idée d’apprentissage à celle de jeunes en grande difficulté risque de nuire à la revalorisation de l’image de l’apprentissage dans l’opinion.
Il n’y a donc pas de solution simple. Mais il n’en demeure pas moins que la réalisation de tâches pratiques, l’insertion dans un collectif de travail, sont des éléments indispensables pour retrouver une confiance en soi pour ceux qui sont en situation d’échec scolaire, quitte à retrouver une filière scolaire après cette expérience. Qu’on le veuille ou non, dans sa dimension anthropologique, le travail demeure un élément fondamental de la structuration individuelle et sociale. Il est un élément décisif de la constitution de l’estime de soi, de la confrontation avec la réalité et de l’apprentissage de la limite, de l’insertion dans les rapports sociaux. Toute la question est de savoir quelles conditions favorables sont à mettre en place pour que l’insertion et la formation des jeunes en situation de travail puissent se faire dans de bonnes conditions. L’expérience des entreprises dites « intermédiaires » » qui insèrent les jeunes dans le travail en échappant pour partie aux contraintes et aux lois du marché méritent, dans cette optique, d’être valorisées.
Le discours généreux de la citoyenneté coupée du travail est une impasse. Toutes les mesures d’assistanat économique et social, de même que les activités associatives multiples, pour nécessaires et utiles qu’elles soient, ne peuvent suppléer à l’absence de travail. Les responsables associatifs, les animateurs, les formateurs, les psychologues..., malgré tous leurs efforts, se voient condamnés à jouer un rôle d’accompagnateur ou de « pompier » du social, s’il n’existe pas d’activité de travail et de perspective d’emploi pour les jeunes en difficulté.
Le modèle républicain implique un modèle d’égalité et de citoyenneté qui fait fi des appartenances ethniques et communautaires. Ce modèle a un caractère d’idéalité qui ne coïncide jamais avec les faits, mais c’est ce caractère d’idéalité lui confère sa dynamique et il a su au cours de l’histoire passer des compromis. Ce modèle s’appuie sur une certaine morale du travail, sur une culture commune liée à notre histoire, sur l’idée de promotion sociale... Ces points-clés sont en panne, mais la question est de savoir comment les relancer, plutôt que d’affirmer qu’il a définitivement échoué et passer rapidement à un autre modèle de type anglo-saxon qui n’a pas d’ancrage solide dans notre tradition et qui montre aussi ses limites. La discrimination positive dans le domaine économique et social mérite d’être évaluée à la lumière de ses résultas effectifs et non aux « bonnes intentions » qu’elle affiche. Elle peut créer des effets pervers comme l’évaluation des ZEP l’a montré. Dans le domaine de l’habitat, la discrimination positive apparaît comme une mesure pouvant favoriser la rencontre et l’échange entre les différentes catégories sociales. Là aussi il convient d’examiner avec soin à quelles conditions précises elle peut être efficace, en évitant les effets qui amèneraient les catégories sociales plus favorisées à aller habiter ailleurs. Mais dans ces deux domaines, la discrimination positive nous paraît rester dans le cadre du débat sur les adaptations possibles et nécessaires.
La discrimination positive à destination de ce qu’on appelle désormais les « minorités visibles » - autrement dit une différence de traitement, notamment à l’embauche, fondée sur les critères de race et de couleurs de peau - , est d’une autre nature et portée. Elle ouvre la boîte de Pandore en favorisant la généralisation de la suspicion de racisme dans les rapports sociaux, l’hypertrophie des plaintes et des droits. Elle renforce la « victimisation » existante dans une logique de concurrence sans fin entre tous ceux qui s’estiment être des victimes, contribuant ainsi au délitement du lien social et de la citoyenneté. _ La discrimination positive en faveur de ce qu’on appelle les « minorités visibles » constitue un nouveau tremplin pour le courant xénophobe et raciste, et peut favoriser à terme des affrontements ethniques.
On ne saurait enfin passer outre la question de la nation comme cadre central d’intégration, élément constitutif de l’existence collective d’un peuple, et partie constitutive de l’héritage européen. Qu’on le veuille ou non, la nation demeure une référence identitaire et le lieu central de la citoyenneté. Elle constitue un pôle d’identification avant même l’appartenance européenne dont la prégnance demeure faible, tout particulièrement dans les banlieues. Cela implique l’acceptation de l’ambivalence de son histoire en étant conscient qu’aucun peuple en l’affaire ne dispose d’un blanc-seing et un patriotisme qui ne se confond pas avec le nationalisme chauvin et xénophobe. À l’inverse, toute une idéologie gauchisante minoritaire au sein du milieu associatif réduit l’histoire de notre pays à ses pages les plus sombres et renforce la mentalité victimaire des jeunes désaffiliés en présentant leur situation dans la continuité de celle qui fut celle des esclaves et des peuples colonisés. Cette idéologie travaille à l’encontre de l’intégration et elle peut recouper ou se trouver mêlée à des thèmes fondamentalistes musulmans. Sans nier les pages sombres de notre histoire, l’intégration implique la conscience des acquis de notre histoire et le partage d’un patrimoine culturel commun. C’est aussi dans ce cadre, que l’éducation populaire peut retrouver un nouveau souffle. La citoyenneté n’est pas l’affichage des différences dans une logique de victimisation, mais elle implique le souci de partager les acquis de notre propre histoire et de créer un avenir commun.
L’histoire n’est pas tracée d’avance ; elle est ouverte sur de possibles régressions. Les violences récentes nous le rappellent. Les problèmes rencontrés dans les banlieues sont les nôtres, ils concernent une partie de nos compatriotes fragilisés par la crise que nous vivons. Dans cette affaire, notre responsabilité est engagée et il importe à la fois de regarder la réalité en face et de savoir quel modèle de vivre-ensemble et de citoyenneté nous voulons essayer de faire prévaloir au milieu du chaos ambiant. Les paroles d’Albert Camus « empêcher que le monde se défasse » prononcées dans d’autres circonstances [3] gardent leur acuité dans la situation présente.


Notes
[1] Lumpen signifie miséreux, en haillons.
[2] Emmanuel TODD, Le destin des immigrés, Seuil, Paris, 1994, p. 382.
[3] Albert CAMUS, Discours de Suède (1957), Folio Gallimard, Paris, 2001, p. 19.

Écrit par : leclercq | 09 octobre 2015

Un petit mot pour dire qu'il y a longtemps que je n'ai lu de billet sur le blog de la TdG aussi richement et pertinemment commenté.
Merci aux contributeurs pour leur reflexion et leur discipline.

Écrit par : Chuck Jones | 09 octobre 2015

leclerq@ "les viols (40'000 femmes algériennes...)."
quels sont vos sources ?

Je l'ai lu ailleurs que Wikipedia mais ne suis pas capable de me souvenir où:

Lutte contre le viol
Article connexe : Patriarcat (sociologie).

Dès 1950, ce sont les intellectuels de France pendant la guerre d'Algérie qui, dans leur lutte pour dénoncer la torture, tentent aussi de lever le voile sur les innombrables viols commis par l'armée française. Parmi les nombreuses victimes, seulement quelques-unes ont eu le courage de dénoncer ce crime devant une cour ; notamment Djamila Boupacha, une combattante du FLN torturée par le contingent de parachutistes sous les ordres du général Massu. Son avocate Gisèle Halimi et l'auteur féministe Simone de Beauvoir créeront le comité à son nom pour plaider sa cause devant la Cour. Gisèle Halimi défendra d'autres victimes de viol, notamment l'affaire Bobigny.

"Le viol est totalement interdit dans l’armée française, puisqu’il est un crime au regard du code pénal." Ah mais bien sûr, du moment que c'est interdit, hein ? Il ne viendrait à l'idée d'aucun soldat de violer puisque c'est interdit. Et les corvées de bois, c'est permis ? Votre défense est ridicule. Chaque individu plongé en conditions de guerre se tamponne des lois et des conventions. Jusqu'à quel point, cela dépend des individus...
Après avoir vu l'institutrice française nue, seins coupés, clouée à la porte de son école et ses 53 élèves égorgés, je doute que vous ou moi serions capables de beaucoup de pitié pour l'ennemi...

"on ne les a pas fait venir, ils ont été imposé par les accords d'Evian par le nouvel état Algérien." Les accords d'Evian n'ont jamais été appliqué, sauf erreur.

Écrit par : Géo | 09 octobre 2015

@ Géo

"notamment Djamila Boupacha, une combattante du FLN torturée par le contingent de parachutistes sous les ordres du général Massu. Son avocate Gisèle Halimi et l'auteur féministe Simone de Beauvoir créeront le comité à son nom pour plaider sa cause devant la Cour. Gisèle Halimi défendra d'autres victimes de viol, notamment l'affaire Bobigny."

les combattantes du FLN ça ne les dérangeait pas de poser des bombes, pour déchiqueter des jeunes de 20 ans, moi je ne défends pas des gens comme ça.

" les innombrables viols commis par l'armée française."

il est impossible de chiffrer ce crime puisque c'était un délit puni par l'armée française.

"on ne les a pas fait venir, " source pour en finir avec la repentance coloniale de Daniel Lefeuvre

"où beaucoup de Français ont perdu leur âme. "

les unités d'intervention n'ont pas perdu leur âme, elles ont combattu le FLN, mouvement de guérilla et terroriste, avec efficacité et avec les moyens appropriés, on ne combat pas un mouvement terroriste en respectant les droits de l'homme, le FLN ne les respectait pas les droits de l'homme lui, il faut se donner tous les moyens pour vaincre. les poseurs de bombes ne les respectent pas eux les droits de l'homme, une frappe chirurgicale, à l'américaine elle les respecte les droits de l'homme. comme l’hôpital en Afghanistan qui vient récemment de se faire bombarder.

"ce sont les intellectuels de France pendant la guerre d'Algérie qui, dans leur lutte"

sont déconnectés de la réalité de la guérilla et du terrorisme, et évidement ils étaient communistes, qu'ils regardent donc les horreurs communistes avant d'accuser les autres.

et la majorité des viols en Algérie étaient commis par des appelés, contaminés par le socialisme.

Écrit par : leclercq | 09 octobre 2015

@ Géo

"Et les corvées de bois, c'est permis ? "

vu le comportement des Djounoud envers les prisonniers français, il ne fallait pas qu'ils s'attendent à de l’indulgence une fois prisonniers. la corvée de bois c'est mieux que de mourir avec le ventre rempli de cailloux.

https://soldatducontingent8308.wordpress.com/2014/02/16/massacre-de-jeunes-appeles-du-contingent-lembuscade-de-palestro/

Un horrible spectacle les attend. Sur les rochers couverts de sang, plane une fade odeur de mort. Deux cadavres mutilés gisent dans les buissons. Les yeux sont crevés, les corps vidés de leurs entrailles et bourrés de cailloux. Les testicules ont été coupés et les pieds, dépouillés de leurs chaussures, sont zébrés de coups de couteau.

http://babelouedstory.com/thema_les/disparus/2053/2053.html

Chaque individu plongé en conditions de guerre se tamponne des lois et des conventions.

faux un soldat obéi à sa hiérarchie.

Écrit par : leclercq | 10 octobre 2015

suite

http://isly.pagesperso-orange.fr/algerie.htm

"Dès 1950, ce sont les intellectuels de France pendant la guerre d'Algérie qui, dans leur lutte pour dénoncer la torture, Son avocate Gisèle Halimi et l'auteur féministe Simone de Beauvoir créeront le comité à son nom pour plaider sa cause devant la Cour. "

"Les sévices, la question, la torture… Soudain, avec la bataille d'Alger, nos assassins lointains avaient trouvé un bon javelot à planter dans le dos du soldat, surtout s'il portait l'uniforme de para, une arme enfin capable de détruire à la fois la dernière raison de son combat et la dernière valeur qui lui valait le respect de la nation : son honneur et son courage.

L'interrogatoire, sévère ou non, ne pouvait qu'être un acte de violence physique ou mentale. Il rejoignait ces besognes qui étaient passées pour nécessaires ou tout au moins pardonnables dans l'autre guerre dont la cause était juste - le bombardement des populations civiles, l'exécution sommaire de l'ennemi sans uniforme, la balle dans le dos de l'officier allemand qui s'égare dans la nuit ou dans la tête du prisonnier encombrant -, mais qui deviennent exécrables dans une guerre dont la cause est réputée mauvaise.

Là où le jeune officier voyait dans son prisonnier sa seule chance d'atteindre les racines de la terreur et de sauver des innocents au prix de sa propre innocence, le rhéteur lointain y voyait l'être humain qu'un autre être dégrade. Depuis son univers sans doutes, sans enfants crucifiés, sans filles empalées, sans hommes émasculés, sans membres épars dans le sang, il ne s'abaissait pas à comprendre celui qui voulait éviter le retour de ces spectacles. Il se serait montré scandalisé si on avait osé lui parler de la connivence qui se crée entre l'interrogateur et l'interrogé, ou encore de la brutalité comme d'un rite qui permet à l'interrogé d'offrir un visage héroïque avant de dénoncer les siens.."

Écrit par : leclercq | 10 octobre 2015

@ Géo

ce sont ces gens là que les intellectuels français défendaient !!!

http://popodoran.canalblog.com/archives/2010/03/09/17056552.html

« La France a commis un crime : Elle a livré le peuple algérien aux tueurs et aux assassins ! » (Ferhat Abbas (ex-leader du FLN)

Écrit par : leclercq | 10 octobre 2015

http://p6.storage.canalblog.com/65/15/399668/50980998_p.jpghttp://p5.storage.canalblog.com/54/50/399668/50980962_p.jpg

Les bombes dans les lieux publics ont fait des centaines de petites victimes innocentes

ces fillettes mutilées remercient beaucoup notamment Djamila Boupacha, une combattante du FLN

Écrit par : leclercq | 10 octobre 2015

@ Géo

"Est-il rationnel de faire venir en France des gens d'un pays encore sous le choc de ce qui s'est passé pour avoir une main d’œuvre bon marché à même de concurrencer la classe ouvrière locale ? "

http://djazair-france-docs.blogspot.fr/2008/04/limmigration-algrienne-en-france.html

En 1962, les accords d’Evian, prévoient que les « ressortissants Algériens résidant en France auront les mêmes droits que les nationaux français, à l’exception des droits politiques ». Les autorités françaises pensaient que cette mesure faciliterait le retour au pays des travailleurs Algériens après l’indépendance. Or, à l’inverse, elle a entraîné un mouvement migratoire de travailleurs vers la France.

faire venir tu disais, c'est con on espérait qu'ils rentrent chez eux eux c'est le contraire qui s'est passé.

http://popodoran.canalblog.com/archives/accords_d_evian_texte_complet/index.html

" la misère s'étend et les Algériens sont contraints de s'expatrier pour nourrir leurs familles. Les administrateurs de la colonie encouragent cette émigration pour alléger la pression sociale. Mais la métropole est peu disposée à accepter ces nouveaux travailleurs, qui n'ayant aucune formation professionnelle, ne répondent pas à la demande des entreprises."

http://fresques.ina.fr/reperes-mediterraneens/fiche-media/Repmed00133/les-travailleurs-algeriens-en-france.html

" L'immigration algérienne en France a d'abord été régulée par un accord entre les deux États, signé le 10 avril 1964, qui fixait un contingent trimestriel de nouveaux travailleurs algériens autorisés à venir en France. L'accord ayant été dénoncé par l'Algérie dès 1965, un nouveau est signé le 27 décembre 1968. Il prévoit un contingent de 35 000 entrées annuelles, ramené par la suite à 25 000 en 1972 et 1973. "

http://cadmus.eui.eu/bitstream/handle/1814/8343/CARIM_AS%26N_2008_22.pdf?sequence=1

dans ce lien on apprend qu'il était prévu qu'ils rentrent chez eux mais ça n'a pas marché pas d'emploi pour eux en Algérie.

https://books.google.fr/books?id=Twz0kOnCxXYC&pg=PA66&lpg=PA66&dq=10+avril+1964,+algerie&source=bl&ots=V4ryvdesEM&sig=zY0gqkM07fuDwMfxBXXuUwbYxjg&hl=fr&sa=X&ved=0CCQQ6AEwAGoVChMI-bbG9I66yAIVw34aCh2bKgK7#v=onepage&q=10%20avril%201964%2C%20algerie&f=false

contingent de 12000 entrées suivant l'accord de 64, volonté de la France de réduire le flux Algérien.

https://books.google.fr/books?id=01ERwhw78fwC&pg=PT89&lpg=PT89&dq=10+avril+1964,+algerie&source=bl&ots=CpE08zuqxP&sig=HXWlFuK7rDzq3cuHY4q3HzuZFnQ&hl=fr&sa=X&ved=0CEcQ6AEwCGoVChMI-bbG9I66yAIVw34aCh2bKgK7#v=onepage&q=10%20avril%201964%2C%20algerie&f=false

donc la France n'a jamais réussi à stopper l'émigration Algérienne imposée par l'état Algérien.

"où beaucoup de Français ont perdu leur âme. "

les Soldats du FLN les Djounoud n'ont pas perdu leur âme eux.

"Un horrible spectacle les attend. Sur les rochers couverts de sang, plane une fade odeur de mort. Deux cadavres mutilés gisent dans les buissons. Les yeux sont crevés, les corps vidés de leurs entrailles et bourrés de cailloux. Les testicules ont été coupés et les pieds, dépouillés de leurs chaussures, sont zébrés de coups de couteau."

au contraire l'élite de L'Armée Française ont été des seigneurs.

http://popodoran.canalblog.com/archives/2014/04/14/29667327.html

"Une nouvelle fois le drapeau tricolore fut amené. Une nouvelle fois l’armée française plia bagages poursuivie par les regards de douleur et de mépris et les cris de tous ceux qu’elle abandonnait. Le génocide des harkis commençait…

Dans le bled –comme en Indochine- les Musulmans qui avaient toujours été fidèles à la France s’accrochaient désespérément aux camions et, à bout de force, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Ce sont, là, des images que seuls ceux qui ont une conscience ne pourront de si tôt oublier…

Et c’est de cette façon que mourut l’Algérie française… dans la honte, les larmes et le sang… Oui, c’était bien la fin!… la fin d’un monde… la fin d’une génération de soldats… la fin d’une épopée… la fin d’un mythe… la fin d’une race d’hommes… de vrais… celle des Seigneurs de la guerre ! "

trahis par De Gaulle, qui était un Orgueilleux sans cœur, il devait savoir ce qui allait se passer pour les Harkis et les pieds noirs, il aurait du faire le nécessaire pour que ces gens ne soient pas massacrés torturés.

Écrit par : leclercq | 11 octobre 2015

aucune unité militaire américaine en Afghanistan n'arrive à la cheville de ces guerriers.

Reconstitué en 1955 pour les besoins de la guerre d’Algérie sous l’appellation de REP (Régiment Etranger de Parachutistes), il mit hors de combat 8000 « fells », récupéra plus de 5000 armes mais compta également 300 tués –dont le Colonel Jeanpierre- et 500 blessés.

Pour son seul séjour en Algérie, le 1er REP avait reçu pour ses légionnaires parachutistes, plus de trois mille citations. Son drapeau portait cinq palmes et la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.

Il était le premier régiment de choc de l’armée française. Premier par sa bravoure, premier par son sacrifice, premier par ses héros qui le composaient, premier par ses citations, douloureusement premier par le nombre de ses morts et premier dans le cœur des Pieds-Noirs.

Écrit par : leclercq | 11 octobre 2015

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