27 septembre 2015

Nous ne sommes pas égaux : exemple de l’avion

L’égalité a pris une place prépondérante dans l’organisation des relations humaines. Une place probablement excessive en regard des contradictions et aberrations auxquelles elle conduit parfois. D’autant plus excessive que l’égalité n’est pas un but en soi, elle est une disposition au service, par exemple, de la justice. Ce concept devra un jour être relativisé et limité à de strictes applications clairement définies.

 


égalité,justice,Le poids du voyageur

 

Les personnes grosses sont en principe égales aux personnes minces. La justice est la même pour les deux, ainsi que le respect qui leur est dû. En cas de maladie elles bénéficieront de la même qualité de soins. Sont-elles pour autant égales? Certainement pas. Et leur traitement, quand il impose une égalité par défaut, peut aboutir à une forme d'injustice. 

 

Prenons le cas de deux voyageurs en avion. L’un pèse 60 kilos, l’autre 120 kilos. S’ils voyagent en même classe dans le même avion ils paient le billet au même prix. Les seules différences admises sont liées aux prestations entre, par exemple, la première classe et la classe économique. Nous ne tolérerions pas qu’elles soient liées à des caractéristiques personnelles, comme la couleur de la peau, la taille ou le poids. Nous jugerions qu'il s'agit d'une discrimination. La question s'est d'ailleurs posée chez Air France:

 

« Si une compagnie aérienne ne transporte pas des tomates en conserve mais des humains, elle doit à chacun un prix relatif au service rendu, et pas au kilo de passager transporté. Ce qui n’est pas le cas d’Air France. Les personnes en surpoids dénoncent cette pratique s’étonnant de l’annonce de la compagnie mardi de proposer un second siège à 75% du prix aux personnes ayant un tour de taille supérieur à 135 cm. 

 

« Ça fait des années qu’on en discute, à la demande d’Air France. Mais ce n’était pas officiellement signalé aux voyageurs. Là, on trouve ça cher et c’est une mesure violente et discriminatoire », relève Béatrix de Lambertye, porte-parole de l’association Allegro Fortissimo. »

 

 

 

égalité,justice,Le prix du billet

 

Pourtant le poids global de l’avion influe sur la consommation de kérosène, donc sur le coût du vol et le prix du billet. L’influence qui résulte d’une différence de poids entre passagers est sans doute minime en regard de tout ce qui entre dans la charge à transporter, en premier lieu l’avion lui-même. Mais elle n’est pas nulle. Une personne de 60 kilos paie donc autant qu’une autre de 120 kilos. La limite de poids de bagage est la même pour les deux. En cas de surcharge de de poids les deux voyageurs paient la même taxe au kilo supplémentaire.  

 

Pourquoi ne pas payer le billet selon notre poids corporel? Chacun s’acquitterait de sa part selon ses caractéristiques. L’égalité par défaut, qui impose un prix du billet unique pour le même voyage dans la même classe, n’est pas juste: ce n’est qu’une égalisation selon une moyenne appliquée à tous. Le principe du tarif à la prestation nie le coût réel de chaque passager. Le voyageur mince est discriminé: en regard du coût moindre qu’il engendre par son poids, il doit payer proportionnellement davantage que la personne grosse.

 

Cependant nous acceptons cette discrimination dans une sorte de contrat social implicite. De la même manière un vêtement est vendu au même prix en taille S et en taille XXL. Pourtant il y a plus de coton, de matière, en XXL, ce qui devrait en augmenter le prix de revient et le prix de vente – ne serait-ce que de très peu. Mais nous acceptons tacitement une moyenne. Les plus petits paient pour les plus grands. De ce point de vue aussi l’égalité (ici de prix) produit un résultat injuste, même si la discrimination est infime. Or qu'est-ce qui est important: le principe de l’égalité, qu’on voudrait voir ne souffrir d’aucune entorse, ou le réel, plus proche de la sagesse et du respect des différences?

 

20:08 Publié dans Philosophie, Politique, société | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : égalité, justice | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Je me réjouis de lire les commentaires à votre article, excellent d'ailleurs mais je crois que c'est la quadrature du cercle que d'essayer de trouver une solution. Amicales salutations.

Écrit par : grindesel | 27 septembre 2015

oooooo, vous êtes mal informé! Dans la plupart des catalogues par correspondantes, les vêtements de grande taille sont plus chers!

Écrit par : cijeo | 28 septembre 2015

@ cijeo:

Dont acte. Alors il y a une justice dans les catalogues! :-)
Mais en rayon, côté hommes, les différentes tailles d'un même modèle sont au même prix.

Écrit par : hommelibre | 28 septembre 2015

Ici, il est question de poids, mais la taille peut aussi être un problème dans les transports.
Une personne mesurant 1.90m a un inconfort sérieux ! Chez easyJet, p.ex., on peut avoir des sièges avec de l'espace supplémentaire pour les jambes, mais avec un surcoût ( autour de 15 Fr, si mes souvenirs sont exacts.)
Les avions sont de vraies boîtes à sardines et les sardines hors-calibre sont destinées à souffrir, c'est clair ;-))
Lors de mon dernier vol, il y avait un passager en surpoids important, juste de l'autre côté du couloir. J'ai pensé qu'il n'arriverait pas a s'asseoir dans l'espace alloué, mais ça a joué. Cet homme était dans une situation des plus inconfortables, aussi de par le regard des autres passagers. Il était très débrouillard, rapide et efficace et a forcé mon respect.
Je me suis imaginé son quotidien, comme j'imagine celui d'une connaissance, qui mesure 1,95m et qui doit se courber à tout bout de champ.
Nous pensons que les trop gros sont responsables de leur corpulence, mais les grands ne le sont évidemment pas.
Aux grands, on propose de l'espace supplémentaire pour les jambes à un prix modique, parce qu'on accepte leur difficulté comme un vrai problème. Peut-on parler d'handicap dans ce cas ? Ces personnes sont en tout cas physiquement hors-norme.
Il ne serait pas idiot d'avoir quelques places du type "business" ou "première classe" à disposition, même sur les vols low-cost avec un surcoût acceptable.
(Ca pourrait intéresser les femmes enceintes ou des parents avec de petits enfants, qui prennent bien sûr souvent les places avec espace devant.)

Écrit par : Calendula | 28 septembre 2015

Oh merci Calendula, j'allais moi aussi parler des très grands.
C'est le cas de ma famille: nous sommes 6, aucun gros; 2 femmes de 1.80m et les hommes autour d'1.95m. Prendre l'avion c'est nouer ses jambes autour du cou. Quand arrive le moment de se "déplier", les plus âgés...vous voyez.
Les équipes de basket avec lesquelles j'ai voyagé plus d'une fois devraient elles aussi bénéficier de places "XXL".
Bref, les corpulents de tous genres, les hors-normes, tous ces gens, ils sont très très nombreux, méritent mieux que ça.

J'aime beaucoup le sujet de ce jour Homme Libre! Bonne journée.

Écrit par : colette | 28 septembre 2015

Les personnes minces, qui se nourrissent sainement et qui font du sport paient les mêmes primes d'assurance maladie que celles qui boivent, fument, mangent gras et se vautrent devant leur télé en bouffant des chips. Ou est l'égalité là-dedans? Je sais qu'il faut être solidaire etc.... mais quand on en arrive à devoir payer pour les comas éthyliques de gamins en mal de sensations fortes, je dis stop! Ou ceux qui ont des accidents en roulant bourrés.

Une autre injustice - et je sais que je vous provoque: quid du prix des coiffeurs? Les femmes paient 3x plus cher que les hommes, même s'il s'agit d'une simple coupe sur cheveux courts. Elle est où, l'égalité?

Écrit par : Arnica | 28 septembre 2015

Intéressant Calendula:

"Nous pensons que les trop gros sont responsables de leur corpulence, mais les grands ne le sont évidemment pas. "

Cela introduit une notion de choix dans nos caractéristiques, et de conséquences de nos choix. En fait c'est difficile à trancher. Les très grands, d'accord, il n'ont pas tiré sur leur cou pour grandir! Mais si la prise de poids est souvent la conséquence de notre mode d'alimentation et de vie, certaines obésité sont des maladies et non des choix. D'ici que certains demandent à l'assurance maladie de prendre en charge le surcoût...

Votre idée d'avoir quelques places spéciales me paraît prenable. Le surcoût réel de ces places serait toujours incluses dans le prix du billet des autres passagers, forcément, car la compagnie ne peut les offrir que si elle gagne assez ailleurs. On saurait que ce n'est pas une question d'égalité mais de solidarité. J'aime assez cette idée.


Colette, avec mes 1m80 je vous comprends. Les voyages en classe eco sont toujours inconfortables...

Écrit par : hommelibre | 28 septembre 2015

Arnica, vous touchez là un autre aspect. On admet que les maladies ne sont pas forcément dépendantes de notre mode de vie, même si cela se discute pour certaines. Il y a des maladies génétiques, et aussi des périodes où nous contractons un virus ou autre bactérie parce que des événements nous ont affaiblis et mis en stress, etc. On constate aussi que se soigner a un coût variable selon les maladies.

Si chacun économisait depuis la naissance le montant de ses primes il n'aurait pas besoin d'assurance (pour autant qu'il ne tombe pas malade très jeune).

Dans les assurances il y a aussi la solidarité, mais pas seulement: c'est une sorte de pot collectif, d'économies réalisées à plusieurs afin de disposer des montants nécessaires en temps voulu. Celui ou celle qui ne tombera jamais malade ne sera pas volé car il ne peut pas le savoir d'avance. S'il décède sans jamais avoir affaire à la médecine il aura participé à une sorte de bien social, la bonne santé de tous et les soins qui y ramènent étant au fond un bénéfice pour chacun. Imaginons que beaucoup de personnes malades et sans moyens pour se soigner ne puissent plus travailler: la charge de faire tourner la société serait répartie sur les valides, de moins en moins nombreux!


Sur ceux qui conduisent bourrés, là en effet c'est un autre problème, ou sur les états éthyliques de certains ados. Je pense que l'on peut admettre une marge de risque dans les comportements. Nous ne sommes pas tous "sages" à 15 ou 20 ans, et si nous faisons des conneries, c'est plutôt bien qu'elles ne nous soient pas imputées financièrement pour le reste de notre vie. Mais ça se discute.

Écrit par : hommelibre | 28 septembre 2015

J'aime le ton de ce billet et la question qui reste ouverte.
J'observe attentivement mes réactions de culpabilité lorsque je questionne la solidarité que voudrait imposer la gauche. Elle m'est suspecte. Qui peut décider d'une répartition équitable ?
La véritable notion de solidarité vient de notre capacité innée d'empathie. Nous savons intuitivement que nous faisons partie d'un tout lié, que nos individualités, nos caractères, ne sont "que" des facettes incarnées provisoirement en nous pour le plaisir et la nécessité de la diversité.
Et le monde commence à être sérieusement lassé par l'incohérence, les excès et la fuite en avant accélérée vers le profit.

Écrit par : Pierre Jenni | 28 septembre 2015

@hommelibre,

En réalité, le calcul des tarifs des compagnies aériennes est un domaine assez opaque et en tout cas pas facile à comprendre.
C'est easyJet que je connais le mieux. Vous verrez, en allant sur leur site, que selon les jours, le tarif peut varier du simple au triple. De plus, si vous prenez votre billet très en avance, il sera forcément meilleur marché que si vous le prenez plus tard.
Ainsi, votre voisin de siège aura certainement déboursé une somme différente de la vôtre, indépendamment de sa corpulence ou de son âge. D'après ce que j'ai testé, les enfants payent le même prix que les adultes, même s'il y a des cases "enfant" (jusqu'à 12 ans) et "adulte" à cocher.
Toute prestation supplémentaire est payante : bagage en soute, choix du siège et ensuite, les consommations à bord.
Avec ce système, on payerait en principe que ce que l'on reçoit en prestations et la solidarité serait réduite au minimum. Mais il n'existe pas de sièges larges ...
Pour pousser une logique individualiste très loin : je pourrais me plaindre, en tant que voisine d'un passager hors norme, d'avoir été envahie dans mon espace attribué. L'espace est tellement restreint, que lorsque la personne devant vous met son siège en position semi-couchée, vous pouvez vous sentir un peu oppressé.

Écrit par : Calendula | 28 septembre 2015

Oui, encore un autre aspect Calendula: les prix variables selon... on ne sait pas toujours précisément.

Prendre un billet à l'avance c'est garantir à la compagnie un roulement de passagers et donc une rentabilisation de ses vols. Un avion rempli, trois mois à l'avance, couvre mieux ses frais qu'un autre seulement à moitié plein. Le prix du billet est donc ici lié à la prestation, ajoutée de la circonstance particulière du taux de remplissage.

La réduction ne court aussi parfois que sur les vols habituellement moins remplis (ce qui est logique mais pas égal!!!).

Finalement Easy Jet semble avoir une politique inégalitaire mais adaptée et réaliste: elle incite à prendre le billet assez tôt pour garantir le remplissage et la couverture de ses coûts. Mais si tout le monde prenait son billet trois mois à l'avance, le tarif incitatif couvrirait-il les frais? Serait-il toujours aussi bas?

Les consommateurs ne semblent pas sensibles à ces différences dans ces termes. Ils partent du principe que le prix normal est le plus cher et que les réductions sont un bonus.

Après, en effet, le siège devant soi en position semi-couchée, ce n'est pas très agréable, ni pour son espace, ni pour écrire.

Écrit par : hommelibre | 28 septembre 2015

Pierre, je suis d'accord sur la véritable solidarité. Elle est un engagement personnel ressenti comme juste (l'est-il ou non est secondaire) et bienveillant. La justice n'est pas alors l'égalité mais le fait que l'autre ait aussi une part de confort de vie et de soulagement de sa charge. Je crois beaucoup plus à cette solidarité-là qu'à celle imposée.

La répartition équitable peut cependant être mesurée, par exemple la part d'impôts payés selon les revenus. Les revenus ne sont pas égaux, les charges non plus, et pourtant nous bénéficions tous et toutes des mêmes infrastructures, du plus pauvre au plus riche.

Cet aspect social est fixé dans la loi. Il me paraît, non pas juste car il consacre une inégalité et de plus il ne s'agit pas ici de justice, mais opportun et bienveillant, ou solidaire, pour que chacun vive et se sente une place dans la société sans en être exclu.

Sur la culpabilité, je pense que la gauche n'a pas le monopole de la solidarité.

Écrit par : hommelibre | 28 septembre 2015

Homme libre, vous opposez des principes abstraits : l'égalité et la justice, la morale et la réalité, (et on pourrait continuer la liberté et l'intérêt général, l'unité et la diversité, etc...). Mais ce genre de débats philosophiques, aussi intéressant soient-ils comme exercices intellectuels, ne peuvent pas aboutir à des décisions pratiques reconnues comme incontestables par tous.
La vérité, c'est que le fonctionnement de chaque société obéit à des arbitrages implicites entre ce qui est "rationnel" (une organisation sociale totalement irrationnelle n'est pas viable sur le long terme), et ce qui est de l'ordre des valeurs, de la morale, de la culture, du sentiment de qui est bien ou pas bien... C'est par exemple ce qu'Orwell appelle la common decency. Chaque société considère qu'il y a des choses qui ne se font pas, point à la ligne.
C'est aussi une question d'empathie. Je n'ai pas envie qu'une personne grosse aie un accès moins facile que moi au transport aérien parce que je considère (pourquoi, je n'en sais rien) que pouvoir accéder à un avion est un droit fondamental alors que par ailleurs, je trouve normal qu'un obèse qui se nourrit 2 fois plus moi dépense 2 fois plus pour sa nourriture. C'est sans doute contradictoire à un certain niveau mais tant pis.

C'est aussi une question de légitimité : à mes yeux, une compagnie aérienne n'a pas de droit à opérer une discrimination envers ses clients. Alors que je trouve normal qu'un enseignant valorise les bons élèves et saque les mauvais.

Sinon, de manière plus calculatrice, je peux accepter que certaines "injustices" soient en ma défaveur parce qu'intuitivement, je comprends que contribuer au bien-être global d'un maximum de gens dans la société va indirectement me bénéficier. par exemple, si je suis célibataire, je peux râler à l'idée que je vais contribuer indirectement aux allocations familiales que touche mes voisins qui ont 4 enfants. Je peux aussi me dire que je vais participer au financement d'infrastructures (écoles...) qui vont leur bénéficier alors qu'elles ne me seront d'aucune utilité. Il y a bien une forme d'injustice là-dedans. Mais en même temps, je peux aussi me dire que les cotisations de ces gamins contribueront à terme à payer ma retraite. Et que c'est en finançant des écoles qu'on formera peut-être des chercheurs qui demain trouveront des remèdes contre les maladies susceptibles de me toucher. Dans le même ordre d'idées, contribuer à la solidarité envers les plus pauvres va peut-être éviter que demain un jeune qui a grandi dans un quartier pourri ne me braque au détour d'une rue.

La vérité, c'est que tous, nous bénéficions à des degrés divers de certaines "injustices" et qu'il est très difficile de dire si à terme nous sommes gagnants ou perdants des mécanismes redistributifs en tout genre. C'est sans doute ce qui fait que nous sommes prudents par rapport à la notion de justice. Dans une société parfaitement juste, qui serait gagnant, qui serait perdant par rapport à la situation actuelle ? Personnellement, je ne suis pas sûr d'avoir envie de vérifier...

Écrit par : F-Cat | 28 septembre 2015

F-Cat:

Je ne défends pas l'égalité à tout prix, au contraire, et j'apprécie votre réflexion que je partage.
Les relations sont balisées par des lois mais beaucoup de choses se règlent par une sorte de négociation implicite, par un contrat de fait.

"... je peux accepter que certaines "injustices" soient en ma défaveur parce qu'intuitivement, je comprends que contribuer au bien-être global d'un maximum de gens dans la société va indirectement me bénéficier."

Oui. De même:

"La vérité, c'est que tous, nous bénéficions à des degrés divers de certaines "injustices" et qu'il est très difficile de dire si à terme nous sommes gagnants ou perdants des mécanismes redistributifs en tout genre."

Le bien commun est aussi constitutif de notre bien individuel. C'est pourquoi nous faisons une balance. Une société qui veut tout régler par une sorte d'absolu égalitaire va au-devant de deux maux: des contradictions sans fin entre les revendications de justice, catégorielles et/ou individuelles, sans plus de paix civile, et une judiciarisation croissante de la vie en commun. C'est in fine ce que je critique dans le dogme égalitariste.

Je ne souhaite pas que règne une égalité absolue. Je crois que la désirer est irréaliste et conduit au forçage et à la contrainte. Nous sommes responsables de faire la balance entre les divers intérêts. Revendiquer une égalité absolue (ce qui est dans l'air du temps) me paraît erroné. Alerter la justice, les médias pour toute situation dans laquelle on décèlerait une discrimination, même minime, est épuisant et fera perdre la notion même d'importance et de hiérarchisation des discriminations ou des injustices. L'égalité et l'indifférenciation sont cousines et de nature à déconstruire la capacité d'adaptation, l'expérience personnelle, la sagesse, entre autres.

Je ne pense pas que l'on puisse aboutir à des décisions incontestables et universelles. Comme vous, je ne souhaite pas ce monde-là. C'est pourquoi j'en parle, non pour inciter à lancer des chaînes sans fin de revendications, mais pour remettre en avant le fait qu'il y a un contrat, une négociation implicite, et que c'est ainsi que les choses peuvent être souples et adaptées, même si par ailleurs elles peuvent paraître inégales et injustes. Je pense que cela en vaut la peine même si c'est parfois un peu abstrait – quoiqu'aujourd'hui j'ai pris un exemple concret d'une problématique qui s'est posée dans le réel.

Je m'emploie de plus en plus à démettre le concept d'égalité de son piédestal. Il est une disposition et non une fin, comme je l'écris. L'égalité, en tant que dogme, conduit à une rigidité que je déplore. Ici il ne s'agit que de quelque chose de simple, soit le prix moyen des billets d'avion par rapport au coût réel de chaque voyageur. Je vais continuer à explorer le concept, sur des éléments concrets ou en tant qu'élément de philosophie politique.

Merci de partager votre réflexion.

Écrit par : hommelibre | 28 septembre 2015

Le concept d'égalité mérite certainement une discussion approfondie et un traitement équitable ! Il faut probablement distinguer plusieurs strates de ce terme.
Simplement sur Wikipedia, on trouve ceci ( sous: égalité devant la loi)

"On oppose à la notion d'égalité en droit, celle d'égalité matérielle. La première est une égalité de moyen quand la seconde est une hypothétique égalité de résultats, portée par l'égalitarisme."
ou bien:
"Le principe d'égalité devant la loi est un principe central de la démocratie. Alors que l'Ancien Régime fonctionnait sur le principe de l'inégalité en droits, les régimes issus des révolutions française et américaine prennent pour fondement l'égalité en droits1. Pour autant, les élections n'étaient pas ouvertes à tous les citoyens, distinguant les actifs et les passifs. La distinction se faisant sur des critères revenu."

En lisant cela, on comprend bien, en quoi cette notion est absolument
fondamentale dans nos sociétés.

Etrangement, c'est un adage pas égalitaire, qui est un des piliers de la pensée socialiste et communiste:

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins »

Il me semble, que l'article de Wikipedia à ce sujet ne contient pas du tout le mot "égalité" .

https://fr.wikipedia.org/.../De_chacun_selon_ses_moyens,_à_chacun_sel...

Il y a de quoi creuser et chercher ...

Écrit par : Calendula | 29 septembre 2015

De droit ou de résultat: nuance de taille. L'égalité de droit est en effet un pilier qui renforce la définition de la justice. Un procès doit être équitable avec les mêmes procédures pour les deux parties, et les textes de lois s'appliquent à tous, quitte à ce que less juges les apprécient selon la situation après examen (procès), ramenant de la souplesse et de l'ajustement à la rigidité principielle de la loi.

Dans le prix du billet d'avion il n'y a pas d'égalité de droit. Une compagnie privée peut faire les tarifs qu'elle veut et vendre deux places côte à côte à des prix différents. S'il y a acheteur pour les deux cela doit être à chaque fois considéré comme un contrat particulier. C'est d'ailleurs le cas dans les différents tarifs appliqués selon la date d'achat du billet. Dans l'avion votre voisin paie peut-être plus cher que vous mais il n'en fait pas un cas de discrimination ni n'invoque l'égalité de droit. Il serait probablement débouté.

Le règlement de l'IATA prévoit le cas du passager obèse:

"La plupart des compagnies aériennes appliquent à cet égard les résolutions adoptées au sein de l'Association du transport aérien international (IATA), qui prévoient qu'un passager acquitte le tarif correspondant au nombre de sièges qu'il souhaite occuper.

Aussi, dès lors qu'une personne manifeste le souhait, au moment de la réservation, de disposer pour elle seule de plus d'un siège, pour des raisons personnelles ou de confort qu'elle n'a pas à justifier, elle doit payer le nombre de places ainsi réservées."

On pourrait aussi discuter la largeur moyenne des sièges:

"Il s'avère cependant que les dimensions des fauteuils d'avion, particulièrement en classe économique, ne permettent pas aux passagers de forte corpulence d'y être installés dans des conditions de confort satisfaisantes.

Or, le règlement d'un siège additionnel constitue indéniablement une contrainte financière particulièrement pénalisante et un frein à l'accès de ces personnes au transport aérien."

Mais alors pourquoi n'importe quel passager ne pourrait-il pas obtenir deux sièges pour son confort, le deuxième étant à tarif préférentiel, comme une personne obèse? La compagnie arguerait peut-être que dans un cas il y a une situation corporelle due peut-être à des excès de table, peut-être à une maladie. Si l'on fait une différence pour la personne obèse, et entre les causes de l'obésité, les autres sont alors "discriminées".

En fait on tombe ici dans un autre cas de figure: la volonté imposée par un passager de demander une égalité de résultat à la compagnie. Celle-ci doit être libre de fixer ses tarifs comme elle l'entend. Un passager qui accepte un prix n'est pas censé s'occuper du prix accordé à son voisin. Sinon, que dire des tarifs préférentiels accordés au personnel de ces compagnies hors de leur temps de travail? La caractéristique personnelle d'être employé confère alors un privilège. Discriminatoire? Oui, bien sûr, mais il n'y a pas ici d'obligation d'égalité de résultat. La compagnie reste maître et le client peut aller voir ailleurs.

Une lutte jusqu'au-boutiste contre les discriminations conduirait à la limitation du droit privé et du droit à la liberté de commerce est l'on s'acheminerait dès lors vers une société étatiste et autoritaire.

On pourrait même se dire que les soldes sont une discrimination: elles contraignent à acheter à une période limitée dans le temps sans avoir le même choix qu'en début de saison. Ce serait absurde. On doit admettre que la discrimination n'est pas toujours un défaut de l'égalité de droit. Et l'on doit désacraliser le mot même de discrimination, pour faire accepter les différences de particularités, de situation, de moment, de contexte.

Écrit par : hommelibre | 29 septembre 2015

En ce qui concerne les politiques tarifaires des compagnies aériennes, l'Amérique du nord a tranché:

"... des juridictions étrangères ont traité de cette question, notamment aux États-Unis et au Canada. Ainsi, saisis sur les politiques tarifaires appliquées en la matière par les compagnies, les juges y ont estimé qu'elles ne constituaient pas une pratique discriminante."

La France, pays paraît-il de liberté, les juges en ont décidé autrement:

www.vivelesrondes.com/forum/viewtopic_92425.htm"

En 2007 un passager obèse a gagné contre Air France et a reçu un préjudice moral. On a alors évoqué la "normalité corporelle", celle-ci étant considérée comme discriminatoire. Mais on ne peut construire les avions en fonction de toutes les particularités. Il y a forcément un standard moyen. Et un passager obèse doit bien tenir compte de sa réalité corporelle particulière. Il le fait quand il achète des vêtements: pourquoi ne le ferait-il pas en prenant l'avion, par exemple en payant un siège en classe affaire ou en payant deux sièges? Et s'il ne prend qu'un siège et "déborde" sur ses voisins, ceux-ci pourraient-ils demander un dédommagement pour l'inconfort subi et la prestation altérée?

Certaines compagnies aériennes pèsent leurs passagers:

www.tdg.ch/monde/compagnie-aerienne-ouzbeke-pese-passagers/story/17616246

Uzbekistan Airlines, Samoa Air, en particulier.

Je ne trouve pas cela choquant. Les réactions sur un forum du Figaro sont contrastées:

"Excellent chose! Ma compagne réunionnaise est très légère mais elle a beaucoup de bagages quand elle va à la Réunion. AF la taxe lourdement mais ne le fait pas pour les gens lourds qui pourtant, au total voyageur bagages, pèsent beaucoup plus qu'elle. Discrimination des gens maigres?"

"Normal, on a pas a payer pour eux. Deja que du point de vue sante, les obeses pesent un POIDS considerable sur les frais de sante. Et qu'on arrete de parler de "ce n'est pas leur faute". Pour la majorite, oui, c'est de leur faute, ca mange n'importe quoi, ca ne fait pas d'excercise, ca prend la bagnole pour faire 100m."

"Donc quand un train est bondé, il y a les gros, qui occupent 2 sièges voir 3 (déjà vu en région parisienne) et les normaux voir svelte, sur qui on déborde (si vous êtes assis avant le "gros" et qu'il souhaite s'assoir à coté, gare aux débordements...).
Le constat est simple, les places sont trop étroites dans certains trains/avions pour "optimiser" le nombre de passager et répondre à la politique du chiffre. Après, je trouve normal que l'on paie au prorata de la place que l'on occupe."

"Tout dépend du type de l'avion. Pour des petits coucous à hélice (Twin Otter par exemple), il est normal que les compagnies demandent les poids des passagers afin de bien équilibrer l'appareil et d'éviter de partir en surcharge. Pour des jets en revanche, c'est inutile, les compagnies se basent sur un poids moyen de 75 kg/passager, les enfants équilibrant les obèses."

(Ce dernier comm fait mention du poids moyen, qui est une notion techniquement juste, mais pas de la discrimination telles que décrite dans mon billet ni de l'inconfort).

www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/08/16/97002-20150816FILWWW00030-une-compagnie-aerienne-pese-ses-passagers.php

Écrit par : hommelibre | 29 septembre 2015

Calendula, excellente idée d'avoir ressorti cet adage;

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ».

Il consacre l'inégalité de résultats comme un fait naturel dans l'organisation de la société, même socialiste.

Écrit par : hommelibre | 29 septembre 2015

Bonjour,

Il n'y aurait donc pas que l'avion qui pénalise les grands ou les gros: même dans les TPG, essayez, si vous êtes de taille athlétique, de vous assoir sur une place à côté de la porte, juste à gauche en entrant, celle qui est généralement délimitée par un panneau en verre : impossible de s'y installer sans que les genoux tapent contre le verre. Douloureux.

Pour en revenir à la taxe au poids, c'est absurde.

Prenez l'exemple d'un container maritime : il a un gabarit et il peut contenir des coussins en plume ou des pièces détachées en plomb. Il occupera une place dans le porte-container - que ce soit celui en plume ou celui en plomb - identique.

Le tarif du transport de ces deux containers sera pareil, plume ou plomb.

Soyons logique jusqu'au bout : un individu athlétique avec une grande capacité thoracique respirera donc plus d'oxygène qu'un maigrichon anémique. Doit-on l'imposer davantage? Ah, non, nous ne sommes pas encore taxés au volume d'air expiré, mais ça risque d'arriver...

Bon voyage!

Écrit par : Rawan | 29 septembre 2015

L'image des passagers obèses (sic) qui occupent trop de place, me fait automatiquement penser aux grosses voitures dans le parking des supermarchés genevois, à celles qui mordent les lignes séparant les places, ou qui prennent carrément deux places.
Parfois, je dois monter dans ma 206 par la porte du passager-avant, parce que quelqu'un a trouvé moyen de se mettre entretemps si près de la portière du conducteur, que malgré ma corpulence normale, je n'arrive pas à me faufiler dans ma voiture.
J'ai des pensées inavouables et profère quelques jurons qui ne conviennent point à une dame, qui n'a pas forcément la souplesse d'une contorsionniste de 20 ans.
Ces voitures-là dans l'espace d'une ville à l'ancienne sont une insulte au bon sens et me choquent bien plus, que des personnes trop grosses. A l'achat d'une sorte de tank, il s'agit réellement d'un choix délibéré.

Je ne veux pas savoir pourquoi les gros en sont là, ils n'ont pas à se justifier 50 fois par jour. De les culpabiliser ou de les enquiquiner n'est certainement pas une option. Ca doit être tellement pénible à vivre au quotidien, simplement parce qu'on s'essouffle, parce qu'on n'arrive pas à se baisser, parce qu'on est forcément perçu comme disgracieux et on a probablement quelques soucis de santé en plus.
Il me semble que ces gens sont déjà assez punis comme ça. Chacun de nous qui connaît une personne trop grosse sait, quelle souffrance cela représente.
Attention : je ne dis pas que ce sont des victimes, je dirais plutôt qu'il s'agit d'une sorte de malchance ( maladie ou hérédité , qui fait qu'on stocke beaucoup ) ou d'une mauvaise gestion à un moment donné. Une fois un certain cap dépassé, ça demande de sacrés efforts pour revenir en arrière.

Écrit par : Calendula | 29 septembre 2015

@ hommelibre,
On est bien obligé d'accepter ses particularités !
C'est tout le problème des diktats normatifs, qu'on peut accepter ou pas. Quel sentiment de liberté, si on décide non seulement de se moquer des diktats, mais en plus de s'abstenir de juger les autres !
Le problème de l'accès aux transports n'est pas du même ordre, que celui du complexe esthétique. Je crois qu'on a "peur" de ne pas plaire ...
Il faudrait surtout comprendre, ce que la dictature des normes esthétiques peut avoir de commercial et de futile. Ca fait vendre des produits, des soins, des opérations.
Chausser du 43 (43 fillettes, comme on dit ...) n'est pas considéré comme
féminin. Ce qui serait donc en quelque sorte embarrassant, d'autant plus que cela ne peut se "corriger".
Porter des talons haut semble être une sorte de "must" dans le landerneau des magazines féminins, alors que c'est tellement inconfortable et anatomiquement aberrant.
Le comble du chic, c'est de déclarer : "Je ne porte que des talons hauts et je suis tellement bien dedans, que je peux même courir avec. " On soupçonne bien, qu'il y a au bas mot exagération, mais on est censé se pâmer d'admiration devant tant de féminité. Ca doit être en rapport avec l'archétype de Cendrillon ;-)))

Écrit par : Calendula | 30 septembre 2015

On ne doit pas se placer sur le plan d'une forme de morale, Calendula. Il ne s'agit pas de culpabiliser les obèses, mais de constater leur particularité et d'en tenir compte. Cela se fait pour les habiller. On ne va pas les diriger vers le rayon Small pour éviter de les culpabiliser ou faire comme si on n'avait rien vu! Qu'ils se sentent mal et quelle que soit la raison, le fait est là.

Ce qui serait moche serait de se moquer d'eux. On ne le tolère que chez Brassens... :-)

Mais c'est comme les grandes pointures de chaussures chez les femmes: j'en connais qui le vivent mal! Mais c'est ainsi. N'acceptait-on plus sa différence et ses particularités? De quoi avons-nous peur?


Les gros 4x4, oui, ils sont envahissants sur les parkings. Et quand on roule derrière eux on ne voit pas ce qui se passe plus loin devant, donc difficile d'anticiper.

Écrit par : hommelibre | 29 septembre 2015

Je relève ces deux articles de la Constitution suisse

Art. 2 But
1 La Confédération suisse ....
3 Elle veille à garantir une égalité des chances aussi grande que possible.

Art. 8 Egalité
1 Tous les êtres humains sont égaux devant la loi.
2 Nul ne doit subir de discrimination du fait notamment de son origine, de sa race, de son sexe, de son âge, de sa langue, de sa situation sociale, de son mode de vie, de ses convictions religieuses, philosophiques ou politiques ni du fait d'une déficience corporelle, mentale ou psychique.
...

Je vais tenter maintenant par un exemple concret d'illustrer la difficulté de respecter ces deux principes apparemment contradictoires.

La législation suisse en matière de taxis est communale, voire cantonale à Genève.

Dans plusieurs communes et dans les dernières tentatives de législation genevoise, un article permet, sur le principe de l'art. 2 Cst, de limiter le nombre de permis qu'une entreprise détiendrait et empêcher cette dernière à se développer tant que tous les candidats à l'obtention d'un permis n'ont pas été satisfaits. C'est donc la mort programmée des entreprises qui sont pourtant les seules garantes d'un service permanent.

Pourtant, l'art. 8 Cst précise bien qu'il est impossible de discriminer des individus, notamment sur des questions de situation sociale.
Ainsi l'Etat favorise le petit face au gros. Sur des principes d'égalité des chances pour le moins discutable puisque le candidat pour un permis supplémentaire a suivi le même chemin que l'artisan indépendant en s'inscrivant sur une liste d'attente. Son tour venu, il se voit refuser un nouveau permis.

Nous pouvons mesurer ici les limites de l'intervention de l'Etat dans son interprétation extensive de l'art. 2 qui, dans le domaine du taxi, viole les règles d'égalité de traitement entre petite et grande entreprise.

Ici, c'est le "gros" qui est discriminé. Alors que dans de nombreux cas c'est plutôt l'inverse avec des traitements fiscaux extrêmement avantageux concédés aux grosses structures qui envisagent de s'installer dans notre pays.

Écrit par : Pierre Jenni | 29 septembre 2015

@ Rawan:

Pas si simple. Les conteneurs maritimes sont en principe taxés au poids maximum qu'ils peuvent contenir, sur la base d'une tonne par m3. Si vous le remplissez de couettes en plumes, même bien tassées, vous ne serez pas à une tonne / m3 mais vous paierez comme si.

De plus, quelle que soit la surface au sol, il y a des tarifs différents: il y a des conteneurs moins hauts mais de même surface pour les transports d'objets très lourds. En effet le poids au m3 varie fortement selon la nature des matières transportées. Pour le même volume les transports fragiles comme le verre utilisent des conteneurs sans toit et non empilables, ce qui augmente le tarif.

Certains prestataires calculent le tarif de fret soit au poids soit au volume:

www.logistiqueconseil.org/Articles/Transport-maritime/Conteneur-conteneurisation.htm

A la poste le prix d'envoi d'un colis varie selon le volume et le poids.

Écrit par : hommelibre | 29 septembre 2015

Pierre,

Les définitions devront un jour être revues. Le mot discrimination entre autres: la situation sociale, le niveau de revenus et le cercle de connaissances que nous avons acquis dans notre travail, produit une forme de privation pour certains ou de préférence/privilège pour d'autres. Se faire inviter à une soirée en présence d'une personnalité, parce que l'on connaîtrait l'organisateur par notre travail, discrimine-t-il les autres?

Le mots "droits" aussi prête à confusion. Il y a le Droit, qui garantit un traitement identique et équitable à chacun en matière de justice. Et puis il y a "Les droits" comme décrits dans la Constitution ou dans la DUDH. En poussant à l'absurde: la Suisse a 4 langues nationales; un romanche ne peut cependant pas travailler à Genève s'il ne parle pas le français. Y a-t-il, dans l'absolu, une discrimination par la langue, ou doit-on considérer cela comme une adaptation à la réalité locale, supérieure au fait que l'égalité de circulation et de travail en Suisse doit être garantie pour tous les citoyens?

Certains points ne sont pas des droits mais des nécessités: avoir un travail par exemple, n'est pas un droit mais une nécessité. Et en cas de chômage, que faut-il faire? Les chômeurs vont-il obliger les employeurs à embaucher, par principe, au nom d'un supposé droit, même en l'absence de nécessité ou de moyens pour l'employeur?

DUDH:

Article 23
1. Toute personne a droit au travail...

Ces droits sont soit des nécessités soit des revendications. Le mot "droits" est utilisé de manière abusive ou au moins inappropriée.

On voit, avec tes exemples et ceux-ci, que l'égalité des droits est aléatoire et excessive. Le mixage des deux mots est une erreur sémantique et intellectuelle qui produit beaucoup de souffrance dans la société par les frustrations qu'elle engendre quand nos supposés "droits" ne sont pas satisfaits.

Écrit par : hommelibre | 29 septembre 2015

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